Après Sandy, l'ouragan 2.0, les autorités israéliennes ont établi une nouvelle frontière dans l'histoire des réseaux sociaux et de la communication en temps de guerre.

L'attaque sur le chef militaire du Hamas Ahmad Jabari, mortellement touché par une frappe aérienne israélienne, a en effet fait l'objet d'une couverture en temps réel sur Twitter.

Le New York Times indique que le compte Twitter officiel des forces de défense israéliennes (IDF), @IDFSpokesperson, a publié « plus de 25 messages durant les cinq heures qu'ont duré l'attaque ». Les officiers israéliens ont même lancé leur propre mot clé sur l'attaque, #PillarOfDefense, du nom de l'opération, « Pilier de défense ».







Quelques minutes après l'annonce initiale, les IDF ont publié une vidéo prise depuis l'hélicoptère ayant mené l'attaque sur le chef militaire du Hamas : « Au cas où vous l'auriez manqué, la vidéo de la frappe sur Ahmad Jabari, chef miliaire du Hamas. » Cette vidéo a immédiatement été reprise par les télévisions du monde entier. L'image annonçant la mort d'Ahmad Jabari a également fait le tour d'Internet.









Les IDF ont par la suite publié des messages, renvoyant notamment vers leur blog, expliquant que cette attaque « intervenait après un mois d'attaques fréquentes de roquettes sur Israël », et que l'opération « Pilier de défense » répondait à deux objectifs : protéger les civils israéliens et mettre hors d'usage les infrastructures terroristes dans la bande de Gaza.









Israël a aussi profité de Twitter pour publier un message d'avertissement à l'adresse des forces palestiniennes. « Nous recommandons qu'aucun cadre du Hamas, que ce soit des leaders bas niveau ou de haut rang, ne montre sa tête au-dessus du sol dans les prochains jours. » Le message a été retweeté par les internautes plus de 3 700 fois. Le soin apporté aux différents outils numériques est éloquent et reprend tous les codes de la communication web, comme le précise Numerama. Infographies, vidéos, suivi des événements en langues française et espagnole.


Dans la matinée, les IDF ont publié une page centralisant toutes les informations relatives à l'opération militaire.

Twit
© Twitter
Habituellement très discrètes sur leurs opérations, les forces armées israéliennes ont cette fois décidé de communiquer massivement. David Saranga, diplomate au consulat israélien à New York, s'est expliqué, en jargon Twitter, dans des propos relayés par Le Figaro.fr : « Vu débat sur Twitter et vu nombreuses personnes avec infos pas fiables, semble un bon moyen pour faire passer message officiel ici. »

Interrogé par le Jerusalem Post, le major Avital Leibovich, responsable de la presse étrangère au sein de l'armée israélienne, admet que « la blogosphère et les nouveaux médias sont une autre zone de guerre ».

« Cette stratégie de présence en ligne est rendue d'autant plus cruciale que les ennemis contre lesquels Israël se bat sur le terrain sont aussi très présents sur le Web », poursuit Le Figaro.fr. Si les militants islamistes palestiniens utilisent de façon intensive les forums et les vidéos, ils le font désormais en mode « breaking news ».





Comme le souligne le site The Atlantic, après avoir découvert la guerre du Golfe en direct sur les chaînes d'info en continu, « nous sommes maintenant arrivés à la dernière itération de la guerre numérique : lorsque les opérations militaires sont bloguées en temps réel et que les mises à jour sont publiées directement sur le fil d'actualité de vos réseaux sociaux. »