Travailleuse domestique
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Le nombre de travailleurs domestiques a grimpé de 60 % en quinze ans

Ils sont officiellement plus de 50 millions dans le monde, a surveiller les enfants, faire les courses, le jardinage, la cuisine... Eux, ce sont les travailleurs domestiques, qui font l'objet d'un vaste rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Le nombre de personnes employées à domicile a augmenté de 60 % en quinze ans.

Surtout des femmes

Qui sont ces nouveaux travailleurs à domicile ? Avant tout, ce sont des femmes. Si l'on compte bien quelques hommes, notamment parmi les jardiniers, maîtres d'hôtel ou chauffeurs, leurs comparses représentent 83 % du total de ces "domestiques". L'activité représente ainsi 7,5% de l'emploi salarié des femmes dans le monde. La plupart sont employés dans des zones où le droit du travail n'est pas important : sur 52,6 millions de recensés, 21,4 millions travaillent en Asie et 19,6 millions en Amérique du Sud. En France, les employés de maison représentent selon l'OIT 2,3 % de l'emploi total.

60 % en 15 ans

De plus en plus de personnes exercent ce métier : en quinze ans, il a augmenté de 60 % ! Mais si les chiffres officiels font état de 52,6 millions de travailleurs domestiques dans le monde, beaucoup d'experts s'accordent à dire que le nombre est vraisemblablement plus élevé. « Il s'agit d'une estimation très prudente, leur nombre est certainement plus élevé », souligne Sandra Polaski, directrice générale adjointe de l'OIT. Beaucoup d'employés de maison sont en effet des travailleurs sans papiers qui ne sont pas déclarés par leurs employeurs, sans compter les 7,4 millions de jeunes âgés de moins de 15 ans, qui n'entrent pas non plus dans le périmètre de l'étude. Au total, le nombre de ces « domestiques » serait plus proche des 100 millions.

Pas de cadre légal

Dans beaucoup de pays, ce type d'activité n'est absolument pas encadré. Selon le rapport de l'OIT, seuls 10 % de l'ensemble des travailleurs domestiques sont couvert par la législation du travail au même titre que les autres travailleurs. Flou juridique oblige, beaucoup d'entre eux finissent exploités par leurs employeurs. Ainsi, note le rapport de l'OIT, 30 % d'entre eux ne bénéficient d'aucune protection légale, et 45 % n'ont même pas droit à un jour de repos par semaine.

Dans certains pays, ils peuvent ainsi travailler jusqu'à 70 heures par semaine. « Parce que très souvent, on ne fait pas de distinction entre les heures travaillées et le repos, la notion d'heures supplémentaires n'existe pas et le travail exercé au delà des horaires normaux n'est pas du tout rémunéré », explique Amelita King-Dejardin, spécialiste du travail domestique à l'OIT.

Une convention ignorée

Pour tenter d'inverser la vapeur, l'Organisation a instauré en 2011 une convention internationale sur le travail domestique, qui prévoit d'encadrer la durée du travail quotidien, une limitation des paiements en nature et un repos hebdomadaire. Pour l'instant, sur 183 Etats membres de l'OIT, seuls trois l'ont signée : les Philippines, l'île Maurice et l'Uruguay. Le droit du travail a encore des progrès à faire...