Manifestante indienne contre les viols
© Reuters
Une femme manifeste suite au viol collectif et au décès de la jeune étudiante.

Une brigade anti-harcèlement de la police indienne mise en place dans un district près de Mumbai verbalise en priorité les femmes seules et les jeunes couples qu'ils surprennent dans les rues à la nuit tombée.

Depuis le viol collectif et la mort récente d'une étudiante le 16 décembre dernier à New Delhi, dix à quinze policiers en civil patrouillent dans les rues du district de Thane, qui touche Mumbai. Mais au lieu de rechercher d'éventuels agresseurs sexuels, ils distribuent plutôt des amendes aux couples non mariés encore dehors à une heure tardive.

« Les couples non mariés et les femmes seules, que l'on repère dans des lieux isolés ou dans des recoins de parcs et de jardins tard le soir ont été priés de ne pas fréquenter ce genre d'endroits », a simplement commenté un policier, Ramakant Mahire.

« Lorsque nous les attrapons, nous leur disons de ne pas fréquenter ces lieux et de ne pas causer de nuisances dans les lieux publics », a-t-il ajouté. Il a encore précisé que la police faisait en sorte que les rues soient désormais désertes après le coucher du soleil.

Les couples se comportant de manière inappropriée écopent d'une amende de 1200 roupies (20 francs) et peuvent éventuellement voir la police appeler leurs parents, a-t-il ajouté.

Pour leur sécurité

Selon l'édition de mercredi du quotidien The Times of India, 95 personnes ont été visées par une main courante de la police pour «trouble à l'ordre public» depuis le début des patrouilles. Ramakant Mahire n'a pas confirmé ce chiffre.

« De toute évidence, si une fille est seule dans un lieu sombre le soir, les garçons pourraient essayer de l'approcher. C'est pour leur sécurité », a plaidé le policier.

Cité dans le quotidien Indian Express, le commissaire de police de Mumbai, Satyapal Singh, a suggéré de son côté qu'il y avait un plus grand taux d'agressions dans des pays où l'éducation sexuelle faisait partie des programmes scolaires, comme aux Etats-Unis.

« Selon une étude, là-bas le viol est plus banal que de fumer une cigarette », a-t-il lancé lors d'une discussion publique lundi.