Les chiffres du chômage américain concernant le mois de janvier 2013 sont tombés vendredi : le taux de chômage s'élève « officiellement » à 7,9%. Cet adjectif est très important vous allez très vite comprendre pourquoi.

Petite déception pour les investisseurs boursiers, le taux de chômage aux Etats-Unis est remonté à 7.9% en janvier d'après le Département du Travail alors que le consensus de marché attendait 7,8%. Cela n'empêche pas les marchés de toujours grimper de jours en jours, pour preuve le Dow Jones vient de dépasser l'indice des 14 000 points, ce qui n'était plus arrivé depuis octobre 2007, à croire que tout va bien dans le meilleur des mondes ! Ecoutez donc les mass-média gobant l'information sans même la vérifier, après tout, n'est-ce pas notre président qui avait eu le culot de déclarer que la crise était derrière nous ?

Comment en arrive-t-on à ce résultat ?

En effet c'est la première question que l'on se pose lorsque l'on se retrouve en face d'une telle estimation qui, certes reste élevé mais qui au vu d'autres pays ferait presque « bon élève » toute proportion gardée.

C'est simple, ce chiffre correspond à l'indice U3 utilisé par le Département du Travail américain pour calculer ce taux, or cette méthode de calcul révèle nettement d'énormes carences pour l'établissement de données fiables. En effet, il se base uniquement sur les demandeurs enregistrés mensuellement. Pour vous donner un ordre d'idée, les chômeurs n'ayant plus droit à une indemnisation disparaissent des statistiques par cette méthode, comme s'ils avaient disparus. Ceux inscris depuis plus d'une année ne se manifestant plus auprès des agences d'emploi sont eux aussi sorti de ce calcul avec cette méthode. Enfin, même les employés à temps partiel souhaitant trouver un emploi à temps complet ne sont pas comptabilisés, à savoir qu'une personne ayant travaillé ne serait-ce qu'une seule heure dans le mois est considérée comme bénéficiant d'un emploi. Ainsi on retrouve deux tendances, la première qui est d'enlever des statistiques le plus de chômeur possible et l'autre qui est de ne pas comptabiliser ceux ne cherchant pas à s'inscrire dans les agences.

D'ailleurs, si vous vous souvenez bien, les chiffres du chômage avaient fait l'objet d'un vif débat durant la campagne présidentielle Romney accusant l'administration d'Obama d'avoir truqué ces chiffres. Il faut préciser que jamais dans l'histoire des Etats-Unis un président avait été réélu avec un chômage supérieur à 8%, à l'époque le taux avait subitement baissé de 8,2 à 7,8% provoquant une véritable colère au sein du parti républicain.

Comparaison de ce résultat avec quelques statistiques intéressantes ...

La population américaine croît d'un million d'habitant environ tous les 5 mois, c'est un fait depuis de nombreuses années. Or, depuis 2008, le taux de population employée a commencé à chuter alors que dans le même temps, la population active est restée au même niveau. Pour résumer, d'un côté nous avons une population totale qui augmente d'un million tous les 5 mois et de l'autre une population active qui se stabilise. La population active n'a jamais cessé d'augmenter depuis 40 ans et le gouvernement américain veut nous faire croire que c'est le cas depuis 2008 ? Ainsi, on peut estimer qu'il manque près de 12 millions de personnes dans les statistiques uniquement en se basant sur cette méthode de falsification des résultats.

Notre raisonnement est cohérent avec l'explosion des bons d'aides alimentaires qui sont distribués aux américains les plus pauvres :
En effet Bush avait mis en place ce système pour aider les américains à se nourrir en 2007, souvenez-vous des coupons alimentaires (que l'on vous avait enseigné à l'école lorsque vous étiez plus jeune) que les gouvernements distribuaient à la population pendant la guerre, c'est le même principe. A l'heure actuelle, près de 48 millions d'américains soit 15% de la population en bénéficient ! Les chiffres ne cessent d'augmenter : en décembre 2008, "seulement" 31,6 millions d'américains en bénéficiaient.

Quel est le véritable taux de chômage ?
Un graphique vaut parfois mieux qu'un long discours. Celui-ci est très intéressant car il vous montre le taux officiel basé sur l'indice U3, on découvre aussi l'indice U6 utilisé par le BLS (Bureau of Labor Statistic) qui permet une mesure plus large des chiffres du chômage puisqu'il prend en compte certains chômeurs découragés ou en temps partiels cherchant malgré tout un emploi à plein temps. Enfin, nous avons l'indice utilisé par Shadowstats qui prend en compte quant à lui toutes les personnes exclues des statistiques.

Comme vous le voyez, le taux de chômage aux Etats-Unis est situé entre 15 et 23%, qui a parlé de rêve américain ? Quand on sait que les taux de chômage en Espagne ou en Grèce se situent "officiellement" dans les 26% il y a de quoi avoir froid dans le dos. Vous me direz certainement que vous le saviez, que cela n'apporte rien, ou que nous ne sommes pas mieux avec nos 9 millions de chômeurs "officieux", je vous répondrai simplement que tous les analystes se basent sur les chiffres officiels pour leur prévision, autant dire qu'avec un taux aussi biaisé ils ne risquent pas d'être au bout de leur surprise !

Avec de tels chiffres au compteur, inutile de croire à une hypothétique croissance ...