La comète ISON (indiquée par les traits blancs) photographiée à proximité de l’étoile Castor (Gémeaux) par Rolando Ligustri
Trois comètes remarquables pour cette année 2013. Deux sont à suivre en mars et avril. La troisième, la comète ISON, devrait être spectaculaire dans le ciel de la fin novembre ! Beaucoup y voient « la comète du siècle » !

Il est sans doute encore trop tôt pour le dire mais cette nouvelle année 2013 s'annonce très prometteuse en terme de comètes. Encore discrètes à ce jour dans l'épaisseur des nuits d'hiver (été dans l'hémisphère sud), pas moins de trois de ces "boules de neige sale" découvertes récemment sont susceptibles d'être pour le moins, visible à l'oeil nu et pour le mieux, offrir en spectacle leurs longues chevelures, de jour comme de nuit ...


Position de la comète ISON le 5 février 2013
Celle qui concentre le plus l'attention n'est autre que la comète C/2012 S1 (ISON) ou comète ISON pour faire plus court. Nombreux sont les astronomes professionnels et amateurs à voir en elle ce que les médias appellent "la comète du siècle" ! Toutefois Don Yeomans du programme de recherche et étude des "objets proches de la Terre" (Near-Earth Object, NEO) de la NASA tempère en rappelant que "les comètes sont notoirement imprévisibles". Certains se souviendront en effet de la grande déception provoquée en 1973 par la très attendue comète Kohoutek, annoncée comme grandiose, et qui fit un "pschittt" retentissant !

Ci-dessous, premières de la comète ISON capturée les 17 et 18 janvier 2013 par la sonde spatiale Deep Impact.


Découverte le 21 septembre 2012 par les astronomes russes Vitali Nevski and Artyom Novichonok, cette comète dont le noyau a une taille pour l'instant estimée entre 1 et 10 km a reçue son nom du programme ISON (International Scientific Optical Network) qui sonde les grandes étendues célestes. L'étude et les calculs de sa trajectoire par le JPL (Jet Propulsion Laboratory) montrent qu'elle devrait passer très près du Soleil, à un peu plus d'un million de km de sa surface, le 28 novembre 2013. Si elle résiste aux puissants vents solaires et à l'attraction gravitationnelle de l'astre le plus massif du système solaire (99,5 %), la comète ISON pourrait alors briller autant que la Lune et être visible en plein jour ! Waouh ! Cela ne passerait pas inaperçu ! Pour les chercheurs, cela n'est pas impossible. Souvenez-vous de l'audacieuse comète Lovejoy qui, en 2011, avait survécu après s'être littéralement "brulée les ailes" en frôlant le Soleil (voir et revoir les images et vidéos ici). C'était pourtant une comète de taille deux fois inférieure. Certains scientifiques comme Matthew Knight de l'Observatoire Lowell (Arizona) se plaisent à rêver que cette nouvelle comète se brise en petits morceaux, offrant ainsi le merveilleux spectacle d'un "collier de perles" à découvrir dans les télescopes, à l'instar de feu la comète Shoemaker-Levy 9, pulvérisée lors de son saut dans l'atmosphère de Jupiter (en 1994).

Représentation du nauge de Oort, vaste « réservoir à comète » qui entoure le Soleil

Distante encore de quelques 763 millions de km du Soleil (mesure effectuée les 17 et 18 janvier 2013 par la sonde spatiale Deep Impact), la comète ISON n'a pas encore franchie les bornes du système solaire interne délimitée par l'orbite de Jupiter. Pour les chercheurs d'ailleurs, ce serait la première fois qu'elle s'aventure par "chez nous" et si prés du foyer stellaire. Comme beaucoup d'autres comètes avant elle et après elle, C/2012 S1 (ISON) s'est beaucoup éloignée de son berceau. Elle a probablement pour origine le nuage de Oort, immense nuée de corps glacés qui enveloppe le système solaire et s'étend bien au-delà de Pluton, sur plusieurs dizaines de milliards de kilomètres. Bousculé qui par les forces gravitationnelles d'une étoile de passage dans le voisinage (il y a fort fort longtemps ...), qui par toute une flopée d'étoiles, ce corps composé de roches et de glace d'eau (fraichement conservé depuis la naissance du système solaire, il y a 4,5 milliards d'années) a été désorbité et, par conséquent, dévié - irrésistiblement attiré - vers l'objet le plus massif, notre Soleil.

Actuellement distante de de 793 millions de km de la comète, la sonde spatiale Deep Impact (NASA) a pour nouvelle mission de l'observer et suivre son évolution à travers le système solaire interne. Il apparait pour l'instant que la queue de la comète s'étend sur plus de 64 000 km ! Les premières mesures et images ont été réalisé les 17 et 18 janvier dernier.
Deep Impact a visité les comètes Tempel 1 (juillet 2005) et Hartley 2 (novembre 2010) puis espionné à distance la comète Garradd (ou C/2009 P1 Garradd) en janvier 2012. Depuis son lancement en 2005, la sonde spatiale a déjà parcourue plus de 7 milliards de km !

Bien avant que la comète ISON ne se donne en spectacle sans représenter un quelconque danger pour les habitants de la Terre, une autre de ses consoeurs vient nous rendre visite pour la première fois, en mars prochain. Il s'agit de la comète Pan-STARRS du nom de l'observatoire d'Hawaï - et du programme de recherche d'astéroïdes et de comètes "potentiellement dangereux" - (Panoramic Survey Telescope And Rapid Response System) qui a fait sa découverte en juin 2011.


Après un long périple depuis le nuage de Oort, cette comète dont le noyau mesure environ 9 km de long, ne sera éloignée que de 160 millions de km de la Terre, le 5 mars prochain. Progressant toujours en direction du Soleil, elle ne s'en approchera que d'environ 50 millions de km le 10 mars. "De par sa petite distance avec le Soleil, Pan-STARRS pourrait être très active, produisant beaucoup de poussières et donc une remarquable queue de poussière" pronostique l'astronome Matthew Knight. Au cours de cette période, sa proximité avec notre étoile devrait la rendre visible exclusivement au crépuscule les 12 et 13 mars 2013.

La comète Lemmon, plus brillante que prévue, photographiée le 28 janvier 2013 dans le ciel de Nouvelle-Zélande par Rolf Wahl Olsen
Enfin la comète Lemmon (C/2012 F6), découverte en mars 2012, pourrait elle aussi créée la surprise, notamment pour les observateurs situés dans l'hémisphère sud. Distante actuellement d'environ 148 millions de km de la Terre (un peu moins d'une unité astronomique, distance moyenne Terre-Soleil), elle se montre beaucoup plus brillante qu'attendu. Contrairement aux deux autres précédemment évoquées, celle-ci n'en est pas à son premier passage. Certes, cela fait probablement 11 000 ans qu'elle n'est pas venue dans les parages (voir son orbite elliptique). C'est lorsqu'elle approchera le Soleil à une distance minimum de quelques 100 millions de km (0,7 unités astronomiques), fin mars, qu'elle sera bien sûr le plus visible. Sa luminosité devrait atteindre la magnitude 2 ou 3, comparable à celle des principales étoiles de la Grande Casserole (partie de la Grande Ourse). Il faudra attendre le début du mois d'avril 2013 pour la découvrir dans le ciel boréal avant qu'elle ne s'en retourne aux confins du système solaire.

Voir galerie photo des comètes sur Spaceweather.

Crédit photo et vidéo : NASA/JPL-Caltech, Rolando Ligustri et Rolf Wahl Olsen.