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Avec le temps, puisqu'on n'en parle presque plus, on pourrait penser que la crise nucléaire est terminée. Oui, la crise spectaculaire, avec ses explosions, ses émanations gigantesques, ses déplacements de population, est terminée. Mais la crise nucléaire est maintenant permanente au Japon.
Pour les évacués qui ne peuvent pas rentrer chez eux, pour les évacués à qui les autorités demandent de rentrer chez eux alors que c'est encore contaminé, pour les familles séparées, pour les enfants qui ne peuvent plus jouer dehors parce qu'ils savent que c'est dangereux, pour les personnes dont on a repéré des nodules dans la thyroïde, pour les parents qui doivent surveiller quotidiennement la nourriture de leur famille, pour les milliers d'ouvriers qui travaillent dans l'ex-centrale de Fukushima Daiichi, pour les personnes recrutées pour décontaminer les zones interdites, pour les personnes contaminées, pour ces centaines de milliers de Japonais qui manifestent régulièrement pour sortir du nucléaire, la crise n'est pas terminée.
Difficile de faire une synthèse. Car cette catastrophe n'aura sans doute pas de fin.Voici plutôt quelques aspects actuels de cette crise nucléaire permanente, abordée par thèmes.
Nouvelles sur l'ex-centrale de Fukushima Daiichi
Unité 1
Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.
Depuis qu'il avait été mis sous tente par Tepco, le réacteur 1 ne faisait plus trop parler de lui. Mais le 22 mai 2012, on apprenait qu'il ne restait plus que 40 centimètres d'eau au fond de la cuve du réacteur et qu'une fuite existait probablement au niveau de la canalisation reliant la cuve du réacteur à la piscine torique. Le 26 juin 2012, une analyse endoscopique a été réalisée : la radioactivité de l'eau située dans les soubassements prouve une
rupture de confinement.
Unité 2
Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.
Un nouveau thermomètre semble défectueux : le thermocouple "TE-2-3-69N1" montrait une température anormalement élevée de
144°C le 22 juillet 2012. Petit à petit, les ex-réacteurs (officiellement, ce ne sont plus des réacteurs depuis le 19 avril 2012) se dégradent, l'eau salée, les coriums et la forte radioactivité accélérant la corrosion des matériaux.
Selon Arnie Gundersen, du combustible se serait
échappé de l'enceinte de confinement, d'après l'observation du 28 juin 2012 au fond de la chambre de suppression n° 1.
Unité 3
Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.
Le 11 juillet 2012, un robot n'est pas revenu de l'une de ses
explorations dans le réacteur n°3. Même les robots conçus pour résister à la radioactivité ont des problèmes. Et encore, ce sont de tout petits robots.

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Unité 4
Le 11 juillet 2012, Tepco a fini de démanteler le sommet du bâtiment réacteur 4.
Les 18 et 19 juillet 2012, deux assemblages neufs ont été retirés de la piscine 4, ce qui porte à 1533 le nombre d'assemblages restant à retirer : 1331 de combustible usé et 202 de combustible neuf. Le début de ce transfert phénoménal ne se fera pas avant décembre 2013. D'où l'inquiétude légitime qui motive cette
pétition.
Fuites et pannes
Il y a toujours des
fuites à Fukushima Daiichi, mais on en parle moins car elles sont régulières, ce n'est plus spectaculaire. Le 26 juillet 2012, les sous-sols du bâtiment turbines de l'unité 6 étaient encore inondés, il a fallu pomper et transvaser durant 6 heures. D'où vient cette eau ? Mystère. Est-elle radioactive ? On peut le supposer car l'eau récupérée a été stockée dans un réservoir.
Pollution
Air : 16 mois après le terrible mois de mars 2011, le site rejette toujours
10 millions de Bq/h de radio-césium. Où vont ces poussières mortelles ? La plupart vers l'océan pacifique, mais le vent peut les pousser aussi vers les terres. Autre moyen de transport rapide pour la dissémination planétaire :
le jet stream.
Terre : personne ne veut de la terre contaminée qu'on racle partout dans les territoires touchés par les retombées radioactives. On en fait quoi ? Si on était sûr qu'elle ne contenait que du césium, il « suffirait » de la mettre de côté durant 300 ans.
Eau :
228 000 tonnes d'eau contaminée sont actuellement stockées sur le site. Tepco aimerait s'en débarrasser en la rejetant à la mer, mais pour l'instant l'opérateur n'a pas d'autorisation. L'objectif de réutiliser l'eau en circuit fermé ne marche pas car la nappe phréatique remplit les sous-sols. On en fait quoi ? Il y aura un moment donné où, matériellement, il ne sera plus possible de la stocker.
On trouve aussi de l'
eau contaminée très loin de Fukushima, à 25 km du centre de Tokyo. Si aujourd'hui les nappes phréatiques sont polluées, c'est à cause de la migration progressive des radionucléides dans le sous-sol, partout où il y a eu des retombées.
Le MEXT a mis en ligne des
résultats de mesures très fines sur l'eau du robinet : du césium 134 et 137 est détecté à des concentrations très faibles dans 11 provinces.
Irradiation
On vient de découvrir qu'une société filiale de Tepco demandait à ses employés d'insérer leur dosimètre dans un
boîtier en plomb. Ce qui évidemment fait baisser la dose enregistrée et permet aux ouvriers de travailler plus longtemps sur le site contaminé. Par la même occasion, leur espérance de vie va sans doute diminuer, mais les entreprises de l'industrie nucléaire se moquent bien de ce genre de détail, on l'avait déjà
remarqué depuis longtemps.
Suite de l'article :
La catastrophe de Fukushima
Et pour les conséquences qui se font déjà bien sentir, les images parlent d'elles-mêmes [Lien]