Thaer Halahleh et Bilal Diab, en grève de la faim depuis plus de 70 jours, sont en danger de mort. Incarcérés dans les prisons israéliennes au titre de la « détention administrative », ils font partie avec cinq autres des initiateurs d'une grève de la faim collective sans précédent. Le 17 avril, journée nationale des prisonniers palestiniens, 1550 détenus palestiniens se sont joints à leur mouvement, auxquels se sont depuis ajoutés 400 autres.
Les deux Cisjordaniens, âgés de 34 et 27 ans, ont été incarcérés en juin 2010 et août 2011 au titre de la « détention administrative ». Ce régime, qui concerne près de 300 Palestiniens, permet à l'armée israélienne de garder une personne pour 6 mois renouvelables indéfiniment, sans jugement, sur la base de preuves souvent gardées secrètes.
« Parmi les 4600 prisonniers palestiniens, 400 sont malades dont 18 atteints du cancer. Ils n'ont pas accès aux soins, raconte aussi Claude Leostic, présidente de la Plateforme des ONG pour la Palestine. Depuis 2006 et la prise du pouvoir dans la bande de Gaza par le Hamas, certains détenus gazaouis n'ont plus eu la possibilité de voir leur famille. L'isolement et la torture restent aussi très pratiqués », ajoute la militante.En France, un collectif d'associations autour d'Amnesty International et de l'Association France Palestine solidarité a donné un écho à la mobilisation sur place, en dénonçant lundi « les mesures punitives quotidiennement infligées aux prisonniers palestiniens, telles que l'isolement et le refus régulièrement opposé aux familles et aux avocats qui veulent visiter les prisonniers ». Les prisonniers originaires de la bande de Gaza, en particulier, n'ont droit à aucune visite.
Dimanche, le président palestinien Mahmoud Abbas a exprimé son inquiétude devant « la situation extrêmement dangereuse des prisonniers. Certains d'entre eux risquent des lésions très graves, ce qui serait un désastre national que personne ne saurait tolérer », a-t-il prévenu. L'Organisation mondiale de la santé, puis Tony Blair, envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Russie, UE et ONU) se sont également dits « inquiets » de l'état de santé des prisonniers palestiniens.
D'autres détenus sont en danger selon l'avocate de l'ONG palestinienne Addameer, Mona Neddaf, qui a pu rendre visite lundi à plusieurs grévistes de la faim. Elle alerte notamment sur la situation de Hassan Safadi, en grève de la faim depuis 71 jours, et Omar Abou Shalal (69 jours).
La situation pourrait rapidement évoluer compte tenu de l'état de santé de Thaer Halahleh et Bilal Diab. L'Égypte est aussi intervenue auprès d'Israël pour tenter d'obtenir un geste sur les mesures d'isolement contre certains prisonniers et l'interdiction des visites.
Les représentants des prisonniers palestiniens étaient lundi « en consultation », à Ashkelon, sur un projet d'accord avec Israël, qui mettrait un terme à leur grève de la faim, selon le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqaë, cité par l'AFP. Des négociations portaient notamment sur la libération d'une poignée de détenus et des mesures pour l'accès à la santé.




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