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De jeunes habitants d'Amiens-Nord ont affronté les forces de l'ordre dans la nuit de lundi à mardi.

Des policiers ont dû être appelés en renfort, en provenance de toute la région et même de Paris. Des jeunes habitants d'Amiens-Nord ont affronté les forces de l'ordre dans la nuit de lundi à mardi. Des violences qui ont duré plusieurs heures avant que le calme ne revienne finalement. Un hélicoptère de la gendarmerie reste néanmoins en alerte et les bus ne devraient pas circuler dans cette partie de la ville durant la journée de mardi.

Manuel Valls sur place mardi

Le maire de la ville, Gilles Demailly, affirme ne pas avoir "connu une nuit aussi violente" depuis des années. Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, est attendu sur place mardi après-midi, a-t-il annoncé sur BFM TV.

Au total, seize policiers ont été blessés, notamment par des tirs de chevrotine et de mortier et des jets de projectiles. Le plus gravement touché s'est vu prescrire quinze jours d'ITT. Mais les forces de l'ordre n'ont procédé à aucune interpellation.

Le maire d'Amiens a par ailleurs indiqué que le montant des dégâts s'élevait à 1 million d'euros. Le bilan matériel est en effet assez lourd. "On a subi de gros dégâts : une soixantaine de poubelles brûlées, dix à vingt véhicules incendiés... Mais aussi un centre de loisirs, une école maternelle et une salle de sport ont été incendiés", détaille sur Europe 1 le directeur du cabinet du préfet, Thomas Lavielle. Selon le Courrier Picard, tous les lampadaires d'une des avenues du quartier ont aussi été vandalisés et couchés au sol.

Lacrymo contre tirs de mortier

Les jeunes avaient enflammé des poubelles pour dresser des barricades dans les rues. "Il y avait de la fumée partout, ça n'arrêtait pas d'exploser. C 'était vraiment impressionnant", raconte une habitante du quartier sur Europe 1. "Les CRS tiraient des bombes lacrymogènes et au flash-ball tandis que les jeunes tiraient au mortier. Ça faisait des feux d'artifice verts, rouges...", poursuit-elle.

Un contrôle d'identité qui tourne mal

Tout est parti d'un contrôle d'identité alors qu'une dizaine de jeunes étaient réunis pour rendre hommage à l'un de leurs amis mort dans un accident sur un scooter. "On était là, tranquilles, pénards. Et les CRS sont venus faire un contrôle de papiers et ça s'est très très mal passé avec les jeunes", explique Mohammed, un éducateur du quartier, sur Europe 1. "Il y a eu des insultes et puis c'est devenu la guerre", poursuit-il.

Dimanche soir, des échauffourées avaient déjà opposé CRS et jeunes d'Amiens-Nord après un contrôle routier. Et au début du mois d'août, des policiers avaient été brièvement pris à partie par une vingtaine de jeunes dans ce quartier. Amiens-Nord fait partie des quinze zones de sécurité prioritaire annoncées la semaine dernière par Manuel Valls.