« Pourquoi ne nous contactent-ils pas ? demande le sceptique.

Il serait préférable pour nous de poser cette question : pourquoi ne nous ont-ils pas laissés tranquilles ? »

- John Keel, Our Haunted Planet.

La parade des Damnés - Todd Schorr
La plus célèbre chute de poissons survient à Mountain Asb, dans la vallée d'Abedare, Glamorganshire au Pays de Galles, le 11 février 1859. Dix minutes après la première chute, une seconde se produit au même endroit. Certaines personnes, croyant avoir affaire à des poissons de mer, les placent dans l'eau salée, où ils trouvent une mort instantanée. D'autres poissons, placés dans de l'eau fraîche, s'y comportent à merveille. Certains d'entre eux sont envoyés encore vivants au jardin zoologique de Regent's Park, où on les identifie à des vairons et à des épinoches.

En 2010, en Australie, une pluie de poissons s'abat sur la ville de Lajamanu ; chose étrange, les poissons sont encore vivants quand ils percutent le sol. Ce n'est pas un événement isolé, car en 1974 et 2004, la ville voit le même phénomène se produire.

Ces deux histoires, l'une tirée du classique de Charles Fort, Le Livre des Damnés, et l'autre d'une des nombreuses hécatombes d'animaux qui surviennent en masse depuis quelques années, montre que la grande étrangeté dans laquelle baigne notre planète a toujours été présente et n'est pas apparue soudainement dans la seconde moitié du XXe siècle. À qui veut comprendre la réalité de ce phénomène qui tourmente l'humanité depuis des temps immémoriaux, un éminent ufologiste britannique conseille trois auteurs essentiels : Charles Fort (ses œuvres complètes), Jacques Vallée et ses Chroniques des apparitions extraterrestres (une traduction trompeuse de Passport to Magonia) et John Keel (ses œuvres complètes). Ainsi que l'a remarqué Joseph Allen Hynek, « il est en effet stimulant de considérer que l'entièreté du phénomène OVNI ne pourrait bien être que le sommet de l'iceberg, signalant un tout nouveau domaine de connaissances de la Nature qui est totalement inexploré, aussi inexploré et inimaginable que celui des processus nucléaires au siècle dernier. »

« Les faits ne cessent pas d'exister parce qu'ils sont ignorés » - Aldous Huxley .


Charles Fort
Charles Fort (6 août 1874, État de New York - 3 mai 1932, Bronx), passa la plus grande partie de sa vie à New York, et vécut quelques années à Londres. Il passa plus de 30 ans à écumer le British Museum et la New York Public Library pour dénicher des données qui n'avaient pas été prises en considération par la science officielle, ou qui avaient reçu une explication non satisfaisante. Ses recherches sont compilées dans quatre livres, Le Livre des damnés, Nouvelles Terres, Lo ! et Talents insolites. Dans ces quatre volumes, Fort répertorie et commente un vaste éventail de phénomènes : il est le premier à collecter des témoignages et des rapports d'observations d'ovnis apparus au XIXe siècle ; en ce sens, on peut le considérer comme le père de l'ufologie. Les données collectées vont des étranges bruits entendus dans le ciel à la chute de neige rouge ou noire, de poissons, de coquillages, de vers, de grenouilles, de gelée, en passant par les empreintes inexplicables, la perturbation de la gravité, les poltergeists, les créatures étranges, les combustions spontanées et autres phénomènes mystérieux. Il amassa près de 40 000 notes (qu'il détruisit parfois avant de reprendre son travail de catalogage).

Dans ses ouvrages, il prend un malin plaisir à pointer du doigt les échecs et l'inaptitude des autorités scientifiques, qui préfèrent ignorer ou éliminer les faits qui ne rentrent pas dans leurs systèmes de pensée. Pour Fort, la science progresse en dominantes. Une dominante est un système d'idées qui définit la réalité pour une culture particulière à une époque donnée. Cette police de la pensée scientifique a traversé deux phases, l'une marquée par la religion et la toute-puissance de la classe sacerdotale, et l'autre, qui a cours aujourd'hui, dominée par les matérialistes.

Ces dominantes fonctionnent en grande partie sur ce que Fort appelle l'exclusionnisme, i.e. la science orthodoxe doit exclure les données qui ne rentrent pas dans son système, d'où le nom de « damnés », qui désigne tous les faits rejetés par la science orthodoxe. Ces idées sont connues aujourd'hui grâce aux travaux du philosophe des sciences Thomas Kuhn, qui postule que la science avance à coups de révolutions scientifiques qui remplacent les anciens paradigmes dominants devenus obsolètes. En d'autres termes, quelles que soient l'époque ou la branche scientifique, un système d'idées autoritaires et orthodoxes - un paradigme - est mis en place définissant l'univers, l'humanité et son Histoire, le but étant d'imposer et de justifier le pouvoir d'une petite élite sur les masses ; la communauté scientifique joue le rôle du clergé ; elle oriente les recherches, lesquelles ne serviront qu'à pérenniser la domination de cette oligarchie. Ce paradigme fonctionne en ostracisant, ignorant ou ridiculisant tous les libres penseurs qui s'élèvent contre ce système dogmatique.

Selon l'analyse ponérologique développée par Andrew Lobaczewski, la corruption de la science est due à l'infiltration de celle-ci par des psychopathes qui, dès qu'ils ont atteint pouvoir et influence, « damnent » tous faits scientifiques qui menaceraient leur position. La méthode consiste à promouvoir une vision matérialiste qui postule que la matière est la source et l'explication de toute existence et que les phénomènes non-matériels sont des sous-produits (par ex : la conscience est un sous-produit de la matière), ou bien qu'ils doivent être d'emblée invalidés, le dogme étant que ce qui est immatériel (par ex : comme les phénomènes psi) n'a aucune réalité. Ces systèmes de contrôle sont renforcés et prospèrent via l'entremise de suiveurs autoritaristes qui attaqueront et ridiculiseront toute personne remettant en cause ce paradigme : « Les pratiques scientifiques et médicales suivent souvent l'autorité de la culture et de l'endoctrinement, au lieu d'examiner intelligemment le sens des preuves à la manière dont les chimpanzés savent le faire. »

Pour citer Bertrand Russell, « je suis contraint de craindre que la science ne soit utilisée pour asseoir le pouvoir d'un groupe de dominants plutôt que pour rendre l'homme heureux. » Fort nous rappelle que nous devons pratiquer la vraie science, i.e. suivre les faits, peu importe où ils nous mènent, et s'écarter des paradigmes officiels lorsqu'ils échouent à analyser efficacement ces faits.

Voici un exemple parmi tant d'autres de l'exclusion de données qui remettent en cause la dominante de l'époque : dans l'Europe post-newtonienne, la science, dirigée par l'Académie des sciences sise à Paris, considérait comme non-scientifique l'idée que des pierres pussent tomber du ciel. Le père de la chimie moderne Antoine Lavoisier, dans un magnifique exemple de raisonnement circulaire, déclara devant ses camarades académiciens qu'aucune pierre ne pouvait tomber du ciel parce qu'il n'y avait aucune pierre dans le ciel. En 1772, un comité, dont Lavoisier faisait partie, fut désigné par l'Académie pour examiner un rapport sur une pierre brûlante tombée du ciel à Lucé, dans la Somme. L'explication exclusionniste voulait, à l'époque, qu'aucune pierre ne tombât du ciel. L'analyse de Lavoisier « prouva irréfutablement » que cette pierre n'était pas tombée, mais qu'elle avait été frappée par la foudre :
L'opinion qui nous paraît la plus probable, celle qui cadre le mieux avec les principes reçus en physique, avec les faits rapportés par M. l'abbé Bachelay et avec nos propres expériences, c'est que cette pierre, qui peut-être était couverte d'une petite couche de terre ou de gazon, aura été frappée par la foudre et qu'elle aura été ainsi mise en évidence
Officiellement, les chutes de pierres furent damnées, et l'explication de la foudre fut le standard de l'exclusion. Dans un commentaire, Fort souligne le pouvoir de la culture officielle, sa capacité à modeler la réalité et à filtrer les données en fonction de leur niveau « d'acceptabilité » :
On peut avoir toute la science de Lavoisier et rester incapable d'analyser, ou même de voir, au-delà des hypnoses ou des contre-hypnoses conventionnelles de son époque. Le Livre des Damnés, p. 20.
Lavoisier n'est pas le seul à avoir supprimer toutes connaissances de bombardements cycliques enracinées dans la psyché collective. Au XVIIIe siècle, les thèses uniformitariennes de Leibniz furent popularisées par les géologues Charles Lyell et James Hutton, qui proclamaient que la terre avait été modelée par des processus engagés dans le passé et qui se poursuivaient dans le présent, une thèse résumée par l'adage « le présent est la clé du passé ». Cette nouvelle dominante supprima et ignora tous les faits pointant vers des catastrophes cosmiques soudaines pour les 200 années à venir, jusqu'en juillet 1994, où la comète Shoemaker-Levy 9 se disloqua et entra en collision avec Jupiter.

Cette dominante fortéenne allait servir une élite dans sa prise de pouvoir totalitaire sur le reste de l'humanité. Des pierres frappées par la foudre pour expliquer la chute d'objets célestes et calmer les peurs ancestrales de la population, nous sommes arrivés à la guerre perpétuelle et à une hypothétique Troisième guerre mondiale pour distraire les masses du véritable danger cosmique, sans parler des lancements de missiles pour dissimuler des explosions cométaires. Il n'y a qu'à voir comment les autorités scientifiques attaquèrent Velikovskyn qui affirmait que les cieux étaient des messagers de mort et de destruction. Le catastrophisme velikovskyen menaçait les fondements de l'astronomie contemporaine, l'héritière de la philosophie naturaliste de la Grèce classique, plus tard promue par le judéo-christianisme, qui postulait que les cieux étaient stables et que la Terre était en sécurité, suspendue sereinement dans l'espace, à l'abri de toutes rencontres avec des objets célestes. Velikovsky détruisait la crédibilité des pouvoirs en place et des « Bruce Willis », qui endormaient la population en lui faisant croire qu'ils était capables de la protéger et de lui assurer paix, prospérité et sécurité.

« S'il y a un esprit universel, doit-il être sensé ? » - Charles Fort


Le cauchemar - Henry Fuseli
Au bout de ses longues décennies de recherches, la seule conclusion logique qui vint à Fort fut que l'humanité n'était peut-être pas au sommet de la chaîne alimentaire. Fort postule l'existence d'une sorte de quatrième dimension archaïque qui engloberait la Terre : la Supermer des Sargasses, qui, occasionnellement, se déverserait sur Terre, expliquant les chutes de poissons, de grenouilles, l'apparition d'entités inconnues, etc... . Dans son ouvrage Lo !,, il théorise que les chutes de bigorneaux, de chenilles ou de pierres sont dues à un phénomène électrique : la téléportation (mot qu'il invente en 1931), ces créatures étant téléportées sur Terre depuis une autre réalité.

La conclusion de Fort est que l'humanité n'a rien de si spécial :
Je crois que nous sommes des biens immobiliers, des accessoires, du bétail. Je pense que nous appartenons à quelque chose. (...) Des cochons, des oies et des vaches doivent tout d'abord découvrir qu'on les possède, puis se préoccuper de savoir pourquoi on les possède. Peut-être sommes-nous utilisables, peut-être un arrangement s'est-il opéré entre plusieurs parties : quelque chose a sur nous droit légal par la force, après avoir payé pour l'obtenir. Le Livre des Damnés, p. 70
Bien que cette Supermer des Sargasses soit un super-continent matériel, Fort postule que ses habitants ne viennent pas des confins de l'univers, mais sont au contraire présents tout au long de l'Histoire humaine :
Pourquoi n'ont-ils pas atterri, disons à Central Park, et organisé une monstrueuse parade sur Broadway, un tournant historique, avec des éruptions de lancers depuis les gratte-ciels ? Je peux penser à plusieurs raisons, l'une d'elles étant que les Martiens sont présents et sont en communication avec cette Terre depuis des années et que, d'une manière occulte, ils contrôlent ou exploitent ses habitants. Ils ne se sont pas dévoilés, sauf lorsqu'ils patrouillent le ciel à la vue de tous. Charles Fort : The Man Who Invented the Supernatural, Jim Steinmeyer, p. 210.
Comme le souligne John Keel :
« Charles Fort a perçu une vérité ignorée par les scientifiques et les historiens. Notre monde a deux ensembles de lois naturelles. Le premier nous dit des choses simples et stupides au sujet de la gravité et de la nature. Le second nous dit que l'espace et le temps sont constamment déformés dans notre réalité, et que nous sommes tous sujets aux lois non identifiées de ce deuxième ensemble. Nous ne savons pas quand nous pourrons traverser cette porte magique qui nous transportera soudainement à 10 000 km. » Politics of the imagination : The Life, Work and Ideas of Charles Fort, Colin Bennett,p. 8.

The spectre of monster appeal - Todd Schorr
Fort réalisa que ces phénomènes damnés apparaissent par cycles, année après année, siècle après siècle, et qu'ils tendent à se produire dans les mêmes zones géographiques. Tous ces événements sont interreliés. Le biographe de Fort et auteur de science-fiction Damon Knight analysa toutes les données pour voir si des modèles, des récurrences pouvaient être dressés. Knight découvrit que les phénomènes étudiés par Fort avaient des cycles répétés de 9,6 ans :
Un fait saillant au sujet des OVNIs et qui manque à tous les récits modernes que j'ai vus est que les données de Fort montrent que ce ne sont pas des événements isolés. OVNIs, corps inconnus vus dans l'espace, apparitions et disparitions, poltergeists, chutes de substances étranges et d'organismes du ciel, toutes ces choses présentent une forte corrélation positive entre elles. Prises ensemble, elles mettent en évidence une fluctuation rythmique. Disneyland of the Gods, John Keel, p. 18.
John Keel atteignit des conclusions similaires. Dans son ouvrage fondamental, Operation Trojan Horse, publié en 1970, il découvrit que les pics d'activités de grande étrangeté se déroulaient en avril, juin, septembre, novembre et décembre, plus particulièrement le vendredi et le samedi de ces mois.

« Il se pourrait que des habitants d'autres mondes, d'autres parties de l'existence organique, aient déclaré une guerre sur cette terre » - Charles Fort


John Keel
John Keel, un admirateur précoce de Charles Fort et chasseur de phénomènes damnés par la science officielle, naquit dans le nord de New York en 1930 et mourut il y a trois ans, en juillet 2009. Scénariste pour la radio et la télévision puis reporter freelance pour des journaux, il publia un ouvrage sur ses expériences au Proche Orient, Jadoo,, avant de s'intéresser aux phénomènes fortéens à partir des années 1960. Il est plus connu pour son ouvrage sur le Mothman (1975), qui servit d'inspiration au film du même nom en 2002, et ses travaux sur les Men in Black. Lors de ses recherches sur les vagues d'OVNIS de 1966-1967, il s'attela d'abord à prouver la véracité de l'hypothèse extraterrestre qui voulait que les OVNIs fussent des objets strictement matériels provenant des confins de la galaxie. Cependant, après un an d'enquête, Keel réalisa que l'hypothèse extraterrestre ne tenait pas. D'ailleurs, Joseph Allen Hynek et Jacques Vallée en arriveront à la même conclusion :
« J'ai abandonné l'hypothèse extraterrestre en 1967, lorsque mon propre champ d'investigation a révélé des similitudes incroyables entre les phénomènes psychiques et les OVNIs... Les objets et apparitions ne viennent probablement pas d'une autre planète et pourraient même ne pas être des constructions matérielles permanentes. Il est plus probable que nous voyions ce que nous désirons voir et interprétions de telles visions selon nos croyances contemporaines. »
À l'instar de Charles Fort, Keel remarque que le phénomène OVNI moderne qui a débuté en 1947 n'a rien de nouveau. Le physicien

A ce moment, elle fut changée par magie en un magnifique petit elfe - John Bauer
Jacques Vallée, dans ses Chronique des apparitions extraterrestres et dans son dernier ouvrage en collaboration avec Chris Aubeck, met en exergue les liens entre les aliens d'aujourd'hui et les comportements d'êtres mentionnés dans les temps anciens et souvent interprétés comme des dieux, des anges, des démons, des fées, ou décrit comme le petit peuple du folklore celtique, les elfes et les gnomes de la tradition paracelsienne, les familiers de l'ère de la sorcellerie ou les élémentals de l'occultisme. Ces entités volaient dans les airs avec des engins variés comme des sphères de lumière, enlevaient les humains, avaient des relations sexuelles avec eux, leur montraient des mondes parallèles et leur transmettaient des messages qui seraient à la base de nouvelles religions ou de nouveaux mouvements sociaux. Vallée démontre que le phénomène est stable, a des traits invariants - comme la chaleur ressentie par les témoins ou l'odeur pestilentielle de ces êtres - , mais aussi qu'il a un caractère caméléon, i.e. que la forme des objets et l'apparence des occupants varient en fonction de l'environnement culturel des témoins. Les soucoupes volantes ne sont qu'un autre référentiel qui donne une explication plausible et acceptable à des événements grotesques et baroques, pour citer Keel. Ce phénomène électromagnétique poursuit l'humanité depuis des millénaires et manipule ses croyances :
Il est facile de voir pourquoi certains mordus et certaines sectes voient tout cela avec inquiétude et essayent de blâmer les Neufs Inconnus ou les Illuminati. Quiconque étudie l'Histoire consciencieusement peut détecter la présence d'une sorte d'influence extérieure, une influence largement nuisible, voire sinistre. Pourtant, les anciens dieux et les modernes frères de l'espace sont venus à nous sous une apparence bienveillante. Ils n'ont jamais pratiqué ce qu'ils enseignaient. Our Haunted Planet, Keel, p. 148.
Ainsi que l'a découvert Richard Dolan dans ses deux ouvrages fondamentaux sur l'Etat de sécurité nationale et les OVNIs, les pouvoirs en place font montre d'un immense intérêt pour ce phénomène, mais il est clair qu'ils ne sont pas au sommet de la hiérarchie. Nous ne voyons que ce que ces êtres nous laissent voir et réagissons exactement de la façon dont il veut que nous réagissions. Sorcellerie, Vaudou, spiritualisme/spiritisme ou magie noire ne sont que des fragments du phénomène ; pour le comprendre, il faut l'étudier dans sa totalité.

Keel est le pionnier de la thèse ultraterrestre - plutôt qu'extraterrestre - , également dénommée « hypothèse paraphysique ». Keel exprime l'idée que les ultraterrestres sont fondamentalement hostiles envers les êtres humains, les manipulant de diverses manières en mettant en scène, par exemple, des miracles religieux pour implanter de nouvelles croyances :
« Ils sont en fait étroitement liés à la race humaine, et, d'une manière insondable, font partie de notre environnement Immédiat ; dans une très large mesure, leur principal souci est de nous induire en erreur, de nous désinformer et de nous jouer des tours. Ces membres mystérieux (...) sont nos bienfaiteurs et nos ennemis. Ils nous éduquent et nous tourmentent. Ils nous ont donné l'espoir, ils ont guidé nos religions et nos philosophies, et ils nous ont regardé ramper en dehors des grottes et construire des fusées qui vont jusqu'à la Lune. » Our Haunted Planet, p. 89.
Le phénomène OVNI est une manipulation cosmique, une blague perpétrée par des entités invisibles qui ont toujours pris un malin plaisir à terrifier, confondre et égarer la race humaine :
« Il apparaît clair que nous sommes face à un processus extrêmement dangereux, ici sur Terre, quelle que soit la source ultime du phénomène OVNI. » (Messengers of deception, Jacques Vallée, p. 211.)

Le domaine visible du spectre électromagnétique
Pour expliquer sa thèse ultraterrestre, Keel propose que le monde en trois dimensions que nous connaissons est englobé dans un superspectre qui est la source de toutes les manifestations paranormales, des phénomènes psi aux ovnis en passant par les lutins et les fées du folklore médiéval, les anges ou encore les monstres des lacs. Ce superspectre est extradimensionnel, ce qui signifie qu'il existe en dehors du continuum espace-temps mais influence pourtant tout ce qui se passe à l'intérieur de notre réalité. Nos yeux peuvent être comparés à un récepteur radio : ils sont câblés pour ne recevoir qu'une petite fraction du spectre électromagnétique, i.e. seulement la gamme moyenne des ondes électromagnétiques connues sous le nom de lumière visible. Ainsi, toutes les gammes supérieures ou inférieures sont invisibles. Des instruments comme des radars qui sont câblés pour lire des fréquences supérieures peuvent occasionnellement intercepter ces objets invisibles à l'œil nu. Les OVNIs sont des métamorphisations d'énergie :
Ainsi, d'après toutes les normes de nos sciences (et de notre sens commun), les OVNIs n'existent pas réellement en tant qu'objets physiques. Ils pourraient être une partie constante de notre environnement, mais ils ne font pas partie de notre réalité. Nous ne pouvons, par conséquent, les cataloguer comme des produits manufacturés de quelques civilisation extraterrestre qui partagerait nos dimensions de temps et d'espace. Ils sont extradimensionnels, ils sont capables de se mouvoir au sein de nos coordonnées spatiales, mais aussi d'entrer et de quitter notre monde tridimensionnel. Si cette hypothèse est véridique, alors ils pourraient être capables d'opérer en dehors de nos limitations temporelles. Nos années pourraient être des minutes pour eux, notre futur pourrait être leur passé, et, de ce fait, ils ont une connaissance totale des choses qui nous attendent. Operation Trojan Horse, Keel, p. 52.
Par ailleurs, comme ce phénomène est basé sur l'électromagnétisme, on peut se poser la question de savoir si les perturbations du condensateur solaire par des comètes, les dérèglements du champ magnétique terrestre et l'augmentation générale de l'activité électrique affectent la fréquence des observations d'OVNIs et des événements étranges survenant sur Terre.

L'impasse de l'hypothèse extraterrestre

L'histoire du mouvement extradimensionnel démontre comment, pour reprendre l'analyse de Fort, une dominante s'est constituée au sein de la science naissante qu'était l'ufologie et a ignoré les écrits de Keel, du fortéen Ivan Sanderson, de Jacques Vallée et son hypothèse interdimensionnelle,, pour s'accrocher à l'hypothèse extraterrestre (ETH). Tous les aspects hyperdimensionnels ont été ridiculisés, attaqués ou ignorés. Vallée se remémore ses premières années au sein de l'ufologie, alors que Keel et lui étaient les seuls à défendre la réalité hyperdimensionnelle : « Nous étions parmi un petit groupe d' "hérétiques" qui ne cessaient de questionner le dogme de l'ETH. Il (Keel) réalisa très tôt que les OVNIs ne pouvaient être compris en dehors d'autres phénomènes terrestres paranormaux. (...) Il mérite d'être reconnu comme l'un des penseurs indépendants les plus créatifs de l'ufologie. » Les preuves que Keel présente dans ses ouvrages détruisent l'ufologie basée sur l'ETH et influencée par les livres et les films de la culture officielle qui ont conditionné des millions de personnes à travers le monde. La majorité des chercheurs ont adopté l'hypothèse qui veut que les OVNIs soient des vaisseaux venus d'autres planètes qui auraient découvert notre existence quand nous avons fait exploser la première bombe atomique après la Seconde Guerre mondiale.

Traditionnellement, l'hystérie des soucoupes volantes débuta lorsqu'un homme d'affaires américain et pilote du nom de Kenneth Arnold rapporta avoir observé une série d'OVNIs au-dessus du Mont Rainier, dans l'État de Washington, le 24 juin 1947. Cependant, le phénomène ne date pas des années 1940 ni même du XIXe siècle avec la vague de 1897. Les manipulateurs, pour citer Vallée, ont toujours fait montre d'un intérêt sordide pour la race humaine tout au long de son existence. Quand on étudie le phénomène OVNI dans toute sa complexité, l'hypothèse d'une intelligence extradimensionnelle est la plus satisfaisante pour expliquer la grande étrangeté dont est baignée cette planète et, comme le souligne Vallée, l'absurdité apparente du phénomène.


Meadowelves par Nils Blommér
Qu'il s'agisse de folklore médiéval ou de littérature mythologique sur fées, lutins, vampires, monstres ou extraterrestres venant de planètes extrêmement avancées, ces manifestations font partie d'un modèle historique et ont la même source et le même but, qui est d'implanter de fausses croyances et d'égarer l'humanité. Les infestations démoniaques ou le vampirisme d'autrefois (qui peut également être un moyen de décrire les psychopathes - ces deux phénomènes allant généralement de pair) décrivent en fait des abductions par des aliens. D'ailleurs, Keel ne se considérait pas comme un ufologue mais comme un démonologue, l'ufologie étant, selon lui, un autre terme donné à la démonologie. Lors de ses investigations, il se retrouva en face de forces aux attitudes enfantines, rusées, sauvages, et caractérisées par un sens de l'humour malsain - un comportement rappelant les descriptions des agissements pervers des démons et des valkyries de l'époque médiévale :
« Selon les normes humaines, ces entités phénoménales sont émotionnellement dérangées. Le chercheur solitaire s'aventurant dans ces divers cadres de référence lutte pour les doter de qualités humaines, pour trouver une justification à leur comportement irrationnel, pour rendre vraisemblable leur nature totalement implausible. Peu ont osé se confronter à la vérité évidente : la source de tous ces [phénomènes paranormaux] n'est pas saine d'esprit. » The Eighth Tower, Keel, p. 133.
Pour donner des exemples, ces démons s'amusent à créer des doppelgänger, i.e des doubles de personnes vivantes. Un double de Keel apparut à plusieurs occasions. Lee Harvey Oswald eut aussi son double. Un autre fait marquant est la propagande raciste qui émerge des contactés. John Nebel, qui passa des milliers d'heures à interviewer des contactés et qui présente ses résultats dans son ouvrage Way Out World, commenta ses conclusions lors d'une émission sur WNBC :
« Une partie qui m'a toujours dérangé est la propagande raciste qui ne cesse de resurgir d'un groupe à l'autre. (...) Les allusions sont toujours si soigneusement formulées que les coupables pourraient facilement nier les intentions de leurs remarques. (...) Comme c'est habituellement le cas, les groupes racialement défavorisés sont les juifs et les Noirs, et les thèmes du fascisme et du communisme semblent résonner plus d'une fois depuis les coulisses. »Our Haunted Planet, p. 85
Cependant, derrière ces agissements qui n'ont à première vue aucun sens, se cache une tactique de guerre psychologique, de COINTELPRO cosmique i.e. la répétition de propagande, de demi-vérités ou de mensonges plausibles jusqu'à ce qu'ils soient acceptées par la population. La croyance moderne en des visiteurs extraterrestres sort ne vient pas de l'étude des faits, mais de la répétition du paradigme extraterrestre, à travers des milliers de contacts venant prétendument d'entités originaires d'autres planètes :
« Pour la première fois, je commence à entrevoir une image cohérente du phénomène des « soucoupes volantes », remarque Jacques Vallée ; je poursuis l'idée que les ovnis puissent être une sorte de système de contrôle, et je suis conscient du lien existant entre eux et la conscience humaine. » (Messengers of deception, p. 7.)

L'abduction du couple Hill
Parmi des exemples de manipulations, on peut citer l'abduction du couple Hill en 1961, avec la description par la femme d'une carte des étoiles vue à l'intérieur de l'OVNI, un témoignage qui convainquit les partisans de l'ETH que les soucoupes volantes venaient d'un autre système solaire. Citons aussi l'affaire des Ummites, évoquée dans le Collège Invisible de Vallée, et où il est question de messages envoyés en Espagne et en France par une soi-disant fédération cosmique de planètes venant d'une planète dénommée UMMO. Après analyse, l'affaire s'avéra être une manipulation humaine. Citons également les contacts entre George Adamski et de mystérieux vénusiens, et qui, selon Jim Marrs, mit fin à toutes discussions ouvertes sur l'ufologie au sein des milieux scientifiques. Notons également le fait que les OVNIs déchargent de temps à autre quelques fragments matériels sur leurs sites d'atterrissages, une occasion en or pour les partisans de l'ETH, qui présentent cela comme une preuve que le phénomène est extraterrestre.

Toutes les époques et toutes les cultures ont leur police scientifique et leur police spirituelle et religieuse, fruits de manipulations hyperdimensionnelles et qui établissent un nouveau cadre de référence acceptable à la culture en place. Le système de contrôle chrétien imposé par l'Église a été remplacé par un système de contrôle matérialiste, de la même manière que, lorsque les fées, les leprechauns et les anges bibliques tombèrent en désuétude au XIXe siècle, ils furent remplacés par une explosion de nouveaux mouvements religieux. Le spiritualisme qui vit le jour dans l'État de New York avec les sœurs Fox ne mit que quelques années à atteindre l'Europe ; en France, Kardec conçut sa propre doctrine sous le nom de spiritisme. N'oublions pas non plus l'émergence de la Théosophie et de l'occultisme. Il y en avait pour tout le monde : théosophie, occultisme, et pour ceux qui n'avaient pas abandonné le catholicisme, quelques apparitions de la vierge à Lourdes ou au Portugal (Fatima) 59 ans plus tard ranimèrent la ferveur chrétienne. Tout cela sur fond de bouleversements sociaux et d'observations de comètes.

Les médiums, plongés dans un état de transe inconscient, se donnaient volontiers à des forces professant être leurs proches disparus ou quelque entité « extraterrestre » déversant des messages sur la charité, l'amour et l'altruisme - le New Age du XIXe siècle était né. Ces forces se retrouvaient avec une armée de victimes à leur disposition. Le mouvement New Age n'est qu'une énième adaptation du système de contrôle à une réalité sociale changeante marquée par la sécularisation. Les masses ne se satisfaisant plus des contes de fées monothéistes, il fallait trouver autre chose :
« L'opération cheval de Troie est simplement le même vieux doté d'une nouvelle façade. Les émissaires du diable d'antan ont été remplacés par de mystérieux « hommes en noir. » Les quasi-anges des temps bibliques sont devenus de magnifiques hommes de l'espace. Les démons, les diables et les faux anges étaient reconnus comme des menteurs et des pilleurs par les premiers hommes. Aujourd'hui, ces mêmes imposteurs apparaissent sous les traits de Vénusiens aux longs cheveux. » Operation Trojan Horse, p. 201.

2012
À l'aube de la fin 2012, la désinformation qui entoure cette année bat son plein. Les ultraterrestres jouent l'une de leurs manipulations favorites, qui est d'instiller des prophéties sur une prétendue fin du monde. Ils instillent la croyance parmi les contactés que l'homme est incapable de résoudre ses propres problèmes, et qu'une intervention extraterrestre est impérative pour sauver la race humaine ; un thème qui a beaucoup de succès mais qui n'est en fait qu'une resucée des prophéties apocalyptiques qui essaimaient en Occident avant la sécularisation du XIXe siècle. Aujourd'hui, les gentils frères de l'espace remplacent simplement les figures monothéistes. Cette croyance déresponsabilise et décharge de toute obligation personnelle ; quel meilleur moyen de détourner l'attention de la population des changements terrestres et des crimes et génocides des pathocrates ? Pourquoi s'en préoccuper ou chercher des solutions, puisque des dieux extraterrestres vont résoudre le problème ?

Les travaux de Keel choquent toujours le monde de la communauté ufologique, car ils mettent en doute l'hypothèse extraterrestre naïve et simpliste. Ils présentent une interprétation plus complexe où les facteurs symboliques et mythologiques ajoutent une couche à la dimension mythique des observations. Peu importe la théorie proposée, elle doit pouvoir expliquer toutes les données, ce que n'a pas fait l'ETH. Les croyants de l'ETH n'ont sélectionné que les observations qui rentraient dans leur dogme, ostracisant les données damnées qui indiquent que ces entités n'ont pas vraiment à cœur le bien-être de la race humaine :
« Ces recherches sont tombées entre les mains de tout un assortiment d'adeptes et d'étudiants en pseudosciences marginales. Elle ont été utilisées pour promouvoir des croyances en tout et n'importe quoi - de la chute de l'Atlantide à des visiteurs extraterrestres venus de quelque planète distante. Souscrire à n'importe laquelle de ces croyances innombrables, c'est exclure toutes les autres possibilités. Nous devrions considérer toutes les possibilités, éviter toute croyance et accepter seulement les faits durs, bruts. » Our Haunted Planet, p. 17.
Les partisans de la thèse « les OVNIs sont des machines construites sur une autre planète » ont eu plus de 60 ans pour démontrer leur croyance. Il est clair qu'aujourd'hui, ils ont lamentablement échoué. Ils ont été manipulés et pris pour des idiots à la fois par les pouvoirs en place (pensons au projet Blue Book, au programme SETI et au rapport Condon), mais surtout par le phénomène ultraterrestre lui-même. Dans cette catégorie tombent tous les ardents défenseurs d'une hypothétique révélation sur la réalité extraterrestre. Peu d'entre eux sont prêts à accepter la possibilité qu'ils sont manipulés de A à Z par ceux là-mêmes dont ils proclament l'existence « matérielle ». Comme le remarqua Keel lui-même, « 98% de la littérature sur les soucoupes volantes est bonne à jeter aux ordures. »

Une séance de spiritisme au XIXe siècle
Voyage au royaume de la tromperie

Le dénominateur commun des manifestations étudiées par Keel, qu'il s'agisse d'OVNIs, de dinosaures ou de créatures en forme d'amoeba

Sweet Tooth - Todd Schorr
se baladant en plein milieu du territoire américain, est la tromperie. Lors de ses investigations dans le domaine de la démonologie, Keel se rendit rapidement compte que ce phénomène avait une propension à établir de fausses croyances, à égarer le chercheur et à instiller de la confusion et de la désinformation. Il appelait cela le facteur réflectif, dans le sens où le phénomène reflète les attentes, les croyances ou les théories qui motivent le chercheur. Lors de sa chasse au Mothman,
« [Keel] restait bloqué sur différents fragments de conversations relayées au cours de ses entrevues avec les contactés et qui touchaient parfois une corde sensible chez lui, de manière subtile. Il s'en allait alors créer une nouvelle théorie pour expliquer ces indices qui résonnaient dans sa tête. Peu après ces contorsions mentales, il recevait une confirmation qui le menait dans la direction à laquelle il songeait déjà. Le problème est que ces confirmations s'avéraient souvent illusoires et le conduisaient vers des chemins errants. »
Les mêmes conclusions furent tirées par Joe Fischer lors de sa descente au royaume de la tromperie et de la manipulation, lorsqu'il commença à fréquenter un groupe de spirites et qu'il rencontra sa guide, une soi-disant jeune fille grecque qui se présentait comme son âme sœur dans une vie antérieure. La désillusion survint quand il vit la véritable image du mal dissimulée derrière le masque d'amour et de spiritualité :
« Ils sont maîtres de la tromperie, ils sont éloquents et volubiles et possèdent une vaste connaissance (...) La sobre conclusion est que l'humanité est la proie de phénomènes surnaturels étranges depuis la nuit des temps. Ces phénomènes changent pour s'accommoder aux changements de systèmes de croyances. » ( The Siren Call of Hungry Ghosts, Fisher, p. 305.)
Les synchronicités sont également une autre ruse destinée à renforcer les croyances et préjugés des victimes. Si, un matin, un Vénusien frappe à votre porte pour vous demander un verre d'eau, vous pouvez parier que le même événement est en train de se produire quelques kilomètres plus loin. Des manifestations paranormales dupliquées ayant lieu simultanément dans différents lieux et ciblant une catégorie de personnes particulières sont orchestrées pour donner du crédit à un nouveau cadre de référence. L'ufologie, de même que la littérature occulte, abondent en synchronicités.


Le Mothman
En bon fortéen, Keel passa énormément de temps à étudier les observations de créatures étranges tombées mystérieusement sur notre planète hantée. Pour Keel, ces manifestations sont la preuve que ces myriades de monstres ont découvert des portes, fenêtres ou portails entre la quatrième dimension et notre monde, portails qu'ils traversent pour atterrir dans des régions terrestres spécifiques où des activités paranormales se déroulent siècle après siècle, et qui sont marquées par des fluctuations du champ magnétique terrestre. Point Pleasant, aux Etats-Unis, où eurent lieu les fameuses apparitions du Mothman en 1966, est considéré comme l'une de ces fenêtres. Point Pleasant est un lieu d'intense activité ufologique marqué par des observations d'étranges créatures autres que le Mothman.

Il semble que ces créatures soientlarguées par ces fenêtres par des OVNIs dans le but d'accomplir d'étranges travaux. L'un des faits les plus marquants est le nombre d'attaques et d'événements hostiles à l'encontre des animaux et des humains. Ce phénomène est un élément essentiel du phénomène OVNI, mais il est complètement ignoré par les ufologues, qui préfèrent croire aux frères de l'espace bienveillants. Ces monstres ont tous un dénominateur commun : ils jaillissent de nulle part (notamment lors de périodes d'intenses activités électriques : orages, tempêtes, ouragans...), sont observés sur une durée très courte par de nombreuses personnes, et commettent des actes violents : par ex, ils attaquent des personnes et des automobiles. Mais malgré leur taille gigantesque, ils laissent rarement de preuves physiques, comme des empreintes de pas ou des excréments. Une fois qu'ils ont commencé à attirer sérieusement l'attention, ils disparaissent sans laisser de trace.

Quelques exemples de ce type de créatures : Momo, apparu dans le Missouri et qui effraya les autochtones au début des années 1970 ; l'homme lézard, qui fit une apparition courte mais remarquée en Caroline du Sud, à la fin des années 1980

Le Momo
; le loup géant du Wisconsin, dans les années 1990, et dont les attaques ranimèrent le folklore local au sujet des loups-garous (voir The Complete Guide to Mysterious Beings, pour une analyse approfondie de ces observations de créatures).

Keel divise ces manifestations en deux groupes. Le premier est constitué d'animaux terrestres et marins réels inconnus de la science, tels l'Abominable homme des neiges, ainsi que de divers amphibiens et reptiles. Quant au second groupe :
« Il est plus probable qu'ils ne s'agisse pas d'animaux mais de déformations de notre réalité, insérées dans notre continuum espace-temps par les forces espiègles du superspectre. » The Eighth Tower, p. 107.
Il semble que ces créatures paranormales soient utilisées pour faire diversion et masquer d'autres activités malfaisantes. Elles sont lâchées dans des lieux spécifiques, soit pour effrayer la population et la faire s'enfuir, soit au contraire pour l'y attirer en masse. Keel découvrit que la plupart de ces monstres se manifestent près de l'eau - marécages, lacs ou rivières - ou près d'endroits boisés,au moment même où des OVNIs sont engagés dans des activités secrètes non loin de là. Ces activités clandestines passent complètement inaperçues, car l'attention de la population de ces régions est détournée vers ces apparitions. Alors que tout le monde est occupé à chasser le Yéti ou une chauve-souris de taille humaine, des vaches, des chevaux et des enfantsdisparaissent ou se font mutiler quelques kilomètres plus loin.

Une partie des recherches de Keel porte sur les canulars impliquant des OVNIs. Keel était convaincu que ces mystifications avaient été conçues à dessein pour discréditer le phénomène OVNI dans son ensemble et répandre de la désinformation. Il relate les expériences de nombreuses personnes, qui, en rentrant en voiture chez elles, font l'expérience d'un missing time (perte de temps). Au lieu de mettre 20 minutes, les personnes mettent trois heures à accomplir le trajet. Confuses, cherchant des réponses, elles en parlent à leurs proches, à des médecins ou à des ufologues. Quelques jours plus tard, elles rapportent avoir vu un dinosaure ou un cyclope en plein milieu de leur jardin - la réalité étant qu'elles ont été programmée pour voir ces créatures et qu'il s'agit d'une expérience hallucinatoire au cours de laquelle un faux souvenir a été implanté dans leur cerveau. Les entités ultraterrestres ont le pouvoir de posséder complètement l'esprit d'une personne :
« Nous sommes des robots biochimiques impuissants contrôlés par des forces qui peuvent brouiller nos cerveaux, détruire nos mémoires et nous utiliser comme elles le veulent. (...) Nous sommes prisonniers d'une partie de poker jouée avec des cartes marquées. » Disneyland of the God, p. 174.
Bien évidemment, les victimes de ces expériences sont alors considérées comme cinglées, et l'affaire est close :
« Supposez que le plan soit de transformer des millions de personnes et dans un futur proche, de déclencher tous ces esprits en même temps. Aurions-nous soudainement un monde de saints, ou aurions-nous un monde de fous armés se tirant dessus depuis des clochers ? »Operation Trojan Horse, p. 271
Quel est le but ultime de ces forces du superspectre ?


Matrix
Keel s'interroge sur les intentions ultimes des ultraterrestres en ce qui concerne les humains : à quoi l'homme leur sert-il ? Quelle fonction énigmatique sert-t-il dans ce Disneyland des dieux ? À l'instar de Fort, Keel infère que notre espèce est une source de nourriture pour ces entités, du « bétail pour les dieux », et que les ultraterrestres se nourrissent de l'homme psychiquement et énergétiquement (plutôt que physiquement) :
« Peut-être la planète Terre n'est-elle rien de plus qu'une gigantesque ferme. Nous sommes malheureusement la récolte. » (Our Haunted Planet, p. 183)
Le fortéen Ivan T Sanderson et Salvador Freixedo, surnommé le John Keel d'Amérique Latine, atteignent une conclusion identique.

On peut également tirer des conclusions similaires de la lecture de The Origin of life: The Fifth Option, de Bryant Shiller, qui analyse les différentes théories sur les origines de la vie du point de vue d'un ingénieur des systèmes, et propose ce qu'il appelle l'hypothèse de la conception rationnelle comme unique solution testable à ce mystère : i.e. une intelligence (extraterrestre selon lui ; il ne prend pas en compte la réalité hyperdimensionnelle) a conçu la vie biologique sur cette terre pour accomplir certains buts bien définis. Les conclusions de ses travaux sont trop longues pour être abordées ici, mais pour résumer, il postule que le système vivant, i.e. l'entièreté du système biologique terrestre, a pour but principal sa propre perpétuation sur des périodes de temps immenses. En lisant Schiller, le lecteur a l'impression que l'humanité est une immense exploitation agricole ayant pour seule fonction de se reproduire et de se multiplier pour pérenniser le système, et que ces forces malignes du superspectre, au regard des cycles de grande étrangeté découverts par Fort et Keel et qui sont souvent liés aux catastrophes cycliques que subit notre chère planète, récoltent l'humanité de la même manière que nous récoltons la nourriture en fonction des saisons. Selon Shiller, les barrières qui empêchent le « bétail » de s'enfuir sont maintenues via l'inclusion d'un sous-système autolimitatif à l'intérieur du système vivant, et qui ciblerait toute tentative d'une espèce d'évoluer trop rapidement.

Au vu de l'état du monde et du fait que la quasi-totalité de l'humanité préfère avaler bêtement les mensonges de ses maîtres psychopathes et se vautrer dans la médiocrité, cette conception intelligente qu'est l'homme ressemble plus à une expérience qui a capoté qu'à autre chose. Si l'humanité est un champ agricole, il est fort probable que « la récolte » soit pour bientôt, pas via un « ravissement » extraterrestre mais via des frappes cométaires.