Article mis à jour suite aux mises en demeure répétée du jeune docteur Damien Calaque, celui-là même qui avait qualifié la thèse des Bogdanov d' "escroquerie" alors qu'il était encore étudiant (voir commentaires plus bas)
Ceci est un commentaire d'un article paru le 23 avril dans Le Monde sous le titre « Les chercheurs et la menace Bogdanov »

© Wikipedia
Igor et Grichka Bogdanov
En préambule rappelons rapidement les faits. En 1999 et 2002, les frères Bogdanov ont tout deux officiellement obtenu d'universités françaises dûment accréditées (nommément l'Ecole polytechnique et l'université de Dijon) un doctorat d'Etat suite à la présentation de leur thèse face à un jury composé de scientifiques reconnus.

© Inconnu
BHL quelques secondes après un attentat patissier
Nous pourrions présumer que, comme des milliers de doctorants, une fois leur diplôme en poche, les jeunes lauréats partiraient le coeur léger vers de nouveaux horizons.

Ce serait sans compter avec une poignée de scientifiques et de médias qui au cours des dix dernières années ont mené, et continuent à mener, une chasse au sorcières dont l'acharnement et la perversion ne peuvent que laisser perplexe.

Le Monde, quotidien à la réputation au-dessus de tout soupçon comme le prouve la présence de Louis Schweitzer (officiellement reconnu coupable dans l'affaire des écoutes de l'Elysée et Vilvorde) et de Bernard Henri Lévy à son conseil de surveillance, nous pond, par l'intermédiaire de Stéphane Foucart, un papier à faire frémir Théophraste Renaudot.

Faisons cesser l'insoutenable attente et plongeons-nous immédiatement dans la lecture de cette prose captivante.


Le Monde : Nombre de physiciens, d'astronomes, de cosmologistes n'en ont pas cru leurs yeux. Ce n'est pourtant pas un canular, mais une véritable dépêche de l'Agence France-Presse qui circule depuis la fin mars, et selon laquelle Alain Riazuelo, chercheur (CNRS) à l'Institut d'astrophysique de Paris (IAP), a été condamné pour "contrefaçon", après une plainte de Grichka Bogdanov. L'astrophysicien avait publié sur son blog - pour en faire une vigoureuse critique - une "pré-thèse" de l'animateur et auteur à succès. Il a été condamné à verser 1 euro de dommages et intérêts au plaignant pour violation de ses droits d'auteur et à une amende de 2 000 euros avec sursis.

Rendu à la mi-mars, le jugement n'en finit pas de faire des remous. Une dizaine de chercheurs - parmi lesquels Jean Audouze, Luc Blanchet, Michel Cassé, Daniel Kunth - publiaient, mardi 17 avril sur le site du quotidien Libération, un long texte de soutien à leur pair. "La communauté des chercheurs s'est émue et ressent ce jugement comme une faute morale portant atteinte à l'éthique du protocole scientifique", écrivent-ils.


Dès les premières lignes, le ton est donné et l'auteur tente, bien maladroitement il est vrai, d'hystériser le lecteur à grands renforts de superlatifs et d'exagérations. On lit : "Nombre de physiciens, d'astronomes, de cosmologistes n'en ont pas cru leurs yeux", "La communauté des chercheurs s'est émue" et au final on apprend qu'en fait de "nombre de chercheurs" et de "communauté scientifique", il s'agit d'une "dizaine de chercheurs".

En consultant l'article de Libération, on constate que cette poignée de signataires gravite autour du même domaine de l'astrophysique. On peut accorder ici un bon point à l'auteur qui en évoquant "Nombre de physiciens, d'astronomes, de cosmologistes" a presque réussi à nous convaincre d'une révolte embrasant, dans un élan de solidarité face à l'ennemi commun, les laboratoires de France et de Navarre, toutes diciplines confondus.

L'éléphant serait-il en train d'accoucher d'une souris ?

Une petite minorité soutenue par quelques médias de masse tenterait-elle de parler au nom d'une majorité moins bruyante ou moins médiatisée ?

Du reste, à travers une description sentimentaliste des états d'âme d'une poignée d'astrophysiciens, l'auteur tente d'éclipser la principale information : la justice a officiellement déclaré Riazuelo coupable de contrefaçon et l'a condamné.
© Inconnu
Alain Riazuleo, officiellement condamné pour contrefaçon par la justice française

Le Monde : D'autres initiatives sont en cours. En particulier, un autre texte de soutien à M. Riazuelo devrait être publié dans une prochaine édition de Ciel & Espace.


Une petite clique parle au nom de toute la communauté scientifique française mais ne nous inquiétons pas, bientôt ils seront rejoints par des bataillons entiers de chercheurs quittant coupelles et paillasses pour se rallier à cette cause essentielle. Du moins c'est ce que l'auteur voudrait nous laisser croire.

Notez que l'auteur prend ses précautions en écrivant "devrait être publié" plutôt que "sera publié" et il s'aventure encore un peu plus sur le terrain de la conjecture en annonçant une publication dans "une prochaine édition de Ciel & Espace", c'est-à-dire pas forcément le prochain, peut-être le suivant, ou en 2013 éventuellement, on ne sait pas trop...

Ce type d'annonce multipliant les suppositions est fort commode vu que bientôt les élections et autres événements viendront occuper la scène médiatique et personne ne viendra vérifier l'existence du bataillon fantôme, qui, fort probablement, n'existe que dans l'esprit de l'intéressé.
© Ciel & Espace
En attendant les soutiens à Riazuelo, Ciel & Espace s'interroge...

Le Monde : Dans un premier temps, M. Riazuelo avait récupéré auprès d'un chercheur britannique, John Barrow, un texte mathématique rédigé par Grichka Bogdanov, à une époque où ce dernier cherchait à rassembler un jury de thèse. M. Barrow n'avait pas donné suite, mais avait conservé copie de la "pré-thèse" en question.

Sa mise en ligne, par Alain Riazuelo, a-t-elle réellement porté préjudice à Grichka Bogdanov ? Ce dernier argumente que "le document mis en ligne datait de 1991 et n'était pas assez abouti pour être rendu public". Pour les chercheurs interrogés par Le Monde, les poursuites engagées à l'encontre de l'astrophysicien s'apparentent plutôt à une volonté d'éteindre toute critique sur les prétentions scientifiques des deux animateurs. Seuls 62 internautes ont cliqué sur le document...


Faudrait-il rappeler à l'auteur que la qualification d'un délit comme la contrefaçon, officiellement reconnue et condamnée dans cette affaire par la justice française, ne dépend pas des quantités contrefaites. A l'instar des autres crimes et délits, c'est la qualité de l'acte qui en fait l'illégalité. Voyez-vous un assassin se défendre face à la cour en avançant qu'il n'a tué qu' "une dizaine" de victimes ?

Notez ausi que dans ce passage Grichka Bogdanov parle en sa personne, en revanche les défenseurs de Riazuelo restent dans l'anonymat et sont pudiquement dénommés "les chercheurs interrogés". Il est évidemment moins risqué de porter des accusations de manière anonyme, surtout quand ces dernières peuvent s'avérer erronées voire diffamatoires...

Alors que les anonymes sont qualifiés de "chercheurs", pour faire référence aux Bogdanov, l'auteur utilise avec condescendance le terme « animateurs ». Avec 2 thèses en poche, 6 publications scientifiques et une douzaine de livres à leur actif, ils ne méritent manifestement rien de mieux.

Notez afin que "M. Riazuelo avait récupéré auprès d'un chercheur britannique, John Barrow, un texte mathématique rédigé par Grichka Bogdanov". C'est donc Riazuleo qui par le biais d'un intermédiaire a mis la main sur une "pré-thèse" de G. Bogdanov et l'a publiée en ignorant non seulement les règles les plus élémentaires régissant les droits d'auteur mais aussi la confidentialité inhérente aux travaux de recherche qui sont publiés sous forme de thèse et/ou de publication scientifique seulement après avoir été dûment validés par des pairs.

En outre la "préthèse" dont il est question date de 1991, tandis que Grichka a obtenu son doctorat d'Etat en 1999. Le contenu de ce document ne peut donc nullement laisser présager de la qualité finale d'une thèse présentée 8 années plus tard. En plus du non-respect des règles élémentaires de confidentialité et de droits d'auteur, la publication de ce texte préliminaire et, de fait, non abouti, a pu éclairer sous un jour défavorable la thèse finale qui s'en inspire.
© Inconnu
Intro de "Topological theory of the initial singularity of spacetime", article publié en 2011 dans la revue à comité de lecture " Classical and Quantum Gravity"

Le Monde : L'affaire inquiète d'autant plus que d'autres chercheurs, également critiques, témoignent de pressions ou de menaces voilées de poursuites. "Entre novembre 2004 et février 2005, j'ai participé à un forum en ligne où certains se sont mis à parler des "travaux" des frères Bogdanov. Ces derniers sont intervenus, me demandant de lire un de leurs papiers, ce que j'ai accepté, raconte le mathématicien Damien Calaque (université Lyon-I, Ecole polytechnique fédérale de Zurich). Je l'ai ensuite durement critiqué, ajoutant qu'à mes yeux la thèse (en mathématiques) de Grichka relevait de l'escroquerie intellectuelle. Ils m'ont dit de faire attention et de replacer mes propos dans un contexte juridique..."


Calaque qualifie les travaux des Bogdanov d' "escroquerie intellectuelle". De deux choses l'une, soit la déclaration de l'intéressé est VRAI et il n'a alors rien à craindre d'un examen juridique, soit cette déclaration est FAUSSE et là, effectivement, il risque fort que la justice la considère comme diffamatoire. Vu l'importance accordée par Calaque à un éventuel examen juridique de ses assertions, la deuxième hypothèse semble être la plus probable.

En parlant de "pressions ou de menaces voilées de poursuites." l'auteur tente d'inverser les rôles et de faire passer Calaque pour la victime. C'est pourtant bien les Bogdanov qui, en premier lieu, ont été traités d'escrocs. Si, titulaire d'une thèse d'Etat, positivement évaluée par un jury de scientifiques reconnus et officiellement décernée par une université française dûment accréditée, on vous accusait d' "escroquerie intellectuelle", comment réagiriez-vous ? Auriez-vous la délicatesse d'informer votre accusateur du caratère répréhensible de ses propos et de lui accorder une dernière chance avant de saisir la justice ?


Erratum (septembre 2012) :

Damien Calaque a directement contacté Sott.net par Email afin que sa photo soit retirée de notre site. Notez pourtant que cette photo est librement accessible sur le site de l'Université de Lyon-1.

A cette occasion, il n'a pas manqué de citer les articles de loi qui lui semblaient pertinents et de nous mettre instamment en demeure.

Compréhensif et soucieux de la vie privée de ce jeune docteur, nous avons retiré ladite photographie et l'avons remplacée par le mail de mise en demeure.

Quelque jours plus tard, Damien Calaque qui semble décidemment avoir beaucoup de temps libre (ou avoir du mal à digérer certains faits exposés dans cet article), nous contactait à nouveau et nous mettait à nouveau en demeure de retirer sous huitaine la copie de son message.

Voilà donc le même Damien Calaque, qui se plaignait des risques de poursuites auxquelles il s'exposait suite aux propos diffamants qu'il avait proférés à l'égard des frères Bogdanov nous menaçant à son tour de poursuites si sa photo ou son message n'étaient pas retirés de notre site.

Fin 2004 - début 2005, Calaque qualifiait ouvertement la thèse des Bogdanov d' "escroquerie" alors que l'intéressé était encore étudiant. Il se déclarait même prêt à témoigner devant la Cour contre les Bogdanov.

Quand il s'agit d'autrui, Damien Calaque a démontré sa propension à menacer, à blesser et à diffamer mais quand il s'agit de sa petite personne il se montre au contraire fort précautionneux et légaliste.

Cela ne vous rappelle rien ?
« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil à toi ! Ou comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. »
Luc, 6,41
Après cet interlude biblique revenons à ce mémorable article publié par notre excellentissime quotidien:


Le Monde : Les deux animateurs demandent ensuite à rencontrer le mathématicien pour le convaincre. La rencontre a lieu fin 2010 à Paris. "Ils m'ont expliqué qu'Alain Riazuelo serait "châtié", dit Damien Calaque. Je leur ai répondu que s'ils poursuivaient en justice un membre de la communauté scientifique, je n'hésiterais pas à témoigner contre eux."


Voici donc un scientifique qui affirme publiquement que "s'ils [les Bogdanov] poursuivaient en justice un membre de la communauté scientifique, je n'hésiterais pas à témoigner contre eux."

Suis-je le seul à percevoir dans cette déclaration des similtudes troublantes avec les serments d'allégeance prêtés dans quelque organisation mafieuse où l'appartenance au clan est finalement plus importante que tout le reste, y compris la justice ou même la vérité ?

Si la justice prouve que le confrère de Calaque est coupable, ce dernier continuera-t-il à le défendre ? S'il est prouvé que le confrère ne dit pas la vérité, Calaque restera-t-il de son côté ? Que choisir entre la défense d'une corporation et celle de la vérité ? Calaque semble avoir fait son choix.


Le Monde : Le cosmologiste Alain Blanchard, professeur à l'université Paul-Sabatier à Toulouse, avait pour sa part dit, dans un article publié en novembre 2004 sur le site d'Acrimed (acrimed.org), ressentir un "malaise profond" à l'idée que les thèses des deux animateurs, soutenues en 1999 et 2002, aient bénéficié d'"une validation institutionnelle de l'Université". Cette situation représentant à ses yeux un "dégât irréparable".



Invitation à la remise de la médaille d'or
de l'université P. Sabatier à F. Fucilla
Voici donc maintenant Blanchard, professeur à l'Université Paul Sabatier, qui invoque la respectabilité de l'Université, son "malaise profond" et des "dégâts irrépérables". Un désastre serait-il survenu ? Un terroriste aurait-il rasé un site universitaire ?

Que nenni ! Les "dégâts irréparables" mentionnés par Blanchard font référence à deux thèses décernées selon les règles de l'art et qui selon nombre de scientifiques renommés sont au moins aussi bonnes que des milliers d'autres thèses décernées chaque année.

Je vous ferai grâce d'une liste à la Prévert des évalutions positives prononcées par des scientifiques de renom sur les qualités scientifiques des thèses soutenues avec succès par les Bogdanov. Vous trouverez de très nombreux témoignages circonstanciés dans ce site et également dans celui-ci.

Blanchard qui semble tant se soucier de l'image des universités françaises a-t-il eu la même réaction de vierge effarouchée lorsque, le 30 mars 2012, son établissement, l'Université Paul Sabatier, a officiellement remis sa médaille d'or à Francesco Fucilla dont les dérives présentées en détail dans cet article, rappellent plus un mauvais extrait du "Parrain" que le parcours d'un scientifique émérite.

A l'heure où ces lignes sont écrites, la lettre officielle d'invitation à la remise de la médaille d'or de l'université Paul Sabatier à Francesco Fucilla est consultable directement sur le site de l' "académie" créée par ce dernier.

Blanchard prendra-t-il publiquement la parole pour faire part de son "malaise profond" face au comportement de l'université Paul Sabatier dans l'affaire Fucilla ?
© Sott.net
Remise officielle de la médaille d'or de l'université Paul Sabatier à Francesco Fucilla

Le Monde : "Pendant plusieurs jours, j'ai reçu, de la part des jumeaux, des coups de téléphone à mon bureau et à mon domicile pour que je retire mes propos, raconte M. Blanchard. Ils m'expliquaient en substance vouloir me protéger, puisque, selon eux, France 2 menaçait de poursuivre l'auteur de l'article en question et que je pourrais en faire les frais devant la justice... Il ne s'est finalement rien passé."

Sous la pression, l'astronome Jean-Louis Heudier avait, lui, demandé le retrait des propos qu'il avait tenus dans le même article... "J'y disais que l'intervention que j'avais accepté de faire dans leur émission avait été manipulée au montage, pour me faire l'éloge de leurs travaux, témoigne-t-il aujourd'hui. Vu l'ampleur prise par cette affaire, j'ai en effet demandé le retrait des propos qui m'étaient attribués dans l'article d'Acrimed. (Les frères Bogdanov) ont ensuite utilisé cela pour dire que ce retrait était la preuve que j'étais d'accord avec eux. C'est une autre de leurs manipulations."


Nous entrons ici dans le vif du sujet. La première question est la suivante : Les Bogdanov méritent-ils leur thèse ?

Comme mentionné précédemment, nombre de scientifiques compétents et en particulier les membres des jurys de thèse qui ont pris une décision souveraine et connaissent, à priori, le sujet abordé et le contenu des thèses ont fait part, par écrit, de leur appréciation positive des travaux présentés avec succès par Igor et Grichka Bogdanov.

Un des membres officiels du jury de thèse, Costas Kounnas, physicien à l'École Normale Supérieure de Paris et au CERN de Genève et qui publie régulièrement dans des revues de renom depuis plus de trente ans, écrit :
« Mon rôle a consisté à examiner l'intérêt physique des conjectures de Mr Bogdanoff ainsi que de garantir la nature correcte des raisonnements impliqués (...) A mon avis, les deux conjectures formulées par G.Bogdanoff sont bien fondées, exposant des idées nouvelles qui ont des implications plausibles en cosmologie et dans d'autres phénomènes gravitationnels, tels que les trous noirs, les worm holes, etc. Au terme de ma lecture de la partie conjecturale en physique j'ai pu constater que l'exposé ne contient pas de remarques incorrectes. » (rapp 26 janv 2000).
Après la lecture détaillée des rapports (pré-thèse et post-thèse) produits par les membres du jury et autres scientifiques évaluateurs, force est de constater que les évaluations positives de scientifiques compétents et reconnus s'accumulent et démontrent que le niveau des thèses des Bogdanov est au moins égal à celui de milliers de thèses défendues avec succès chaque année en France.

En outre, les Bogdanov ont publié avec succès 6 publications scientifiques dans des revues scientifiques à comité de lecture, sachant que nombre de docteurs dont la légitimité du diplôme ne sera jamais discutée ne publieront pas un seul article pendant toute leur carrière.
© Flammarion
Les Bogdanov sont à ce jour auteurs de 13 ouvrages
Par conséquent, si la qualité intrinsèque des thèses des Bogdanov n'est nullement inférieure à celles d'autres docteurs, comment expliquer l'acharnement de certains scientifiques qui depuis des années nourrissent une telle polémique ?

N'y a -t-il rien de plus prioritaire dans la vie d'un chercheur : la poursuite de ses propres travaux de recherche par exemple ? La correction d'erreurs majeures dans des publications de références ? La réduction de la dépendance de la science vis-à-vis des intérêts politiques et industriels ? Les alliances indues entre chercheurs validant leurs travaux respectifs au sein de différents comités de lecture ?

Arkadiusz Jadczyk semble avoir mis le doigt sur le vrai problème (traduction d'un extrait d'échange avec Riazuleo) :
Une fois de plus le problème est ailleurs. Le problème est lorsque des scientifiques connus et "respectés" écrivent n'importe quoi et que personne n'ose remettre en question ce qu'ils écrivent - c'est le symptôme d'une société et d'une recherche malades. Des discussions ouvertes sur le sujet pourraient apporter une solution. Mais rares sont ceux qui osent poser des questions. Pourquoi ? Vous savez pourquoi. Parce que ces scientifiques célèbres siègent dans tout un tas de comités et que votre carrière, votre salaire et vos invitations à des conférences scientifiques dépendent de leur opinion. C'est pour cette raison que vous choisissez de vous focaliser sur les Bogdanov, parce qu'ils jouissent d'une notoriété, qui provoque la jalousie et aussi parce qu'ils n'ont pas le pouvoir de vous faire du tort.
En effet, ce qui distingue les frères Bogdanov de nombre d'autres titulaires d'un doctorat n'est pas la qualité de leur travaux mais leur notoriété.

A ce sujet, le nombre de vocations scientifiques que les Bogdanovs ont suscitées grâce à leur émission "Temps X" a probablement rendu plus de services à la science que tous les doctorats d'astrophysique réunis. A ce titre, les Bogdanov méritent la médaille d'or du CNRS et même la Légion d'honneur ! Mais arrêtons là cette digression.

A contrario des autres docteurs donc, les Bogdanovs sont célèbres. Cette différence en termes de notoriété explique la différence de traitement dont ils ont fait, et font encore, l'objet, 13 ans (!) après que Grichka a obtenu sa thèse.

Pour mieux comprendre cette situation, je vous recommande la lecture préalable de l'article intitulé "L'école de la République" qui analyse en détail comment le système éducatif français façonne l'essentiel des comportements et du mal-être propres à la plupart de nos concitoyens. L'excellent ouvrage intitulé "La fabrique de la défiance" vous permettra d'encore mieux comprendre les mécanismes psychologiques et émotionnels qui animent la plupart d'entre nous.

"La fabrique de la défiance", excellent ouvrage co-rédigé par Algan, Cahuc et Zilberberg
En substance on y découvre que, victimes d'un système éducatif destructeur poussant à l'individualisme, à la compétition, à une perfection inatteignable et niant la créativité, les émotions, la vulnérabilité, l'identité de chacun ; la grande majorité des français restent toute leur vie des enfants blessés, jaloux, apeurés, en quête du regard approbateur du parent biologique puis du parent symbolique qu'est la reconnaissance sociale et qui, malgré tous leurs efforts, ne seront jamais vraiment obtenus car ils ne seront jamais assez parfaits. Il y aura toujours quelqu'un de meilleur.

Cette compétition, ce classement permanent, sont fondés sur la performance intellectuelle, en général et les résultats en mathématiques, en particulier. Il en découle une société fortement hiérarchisée sur la base des diplômes et de l'intellect et faisant totalement abstraction de valeurs aussi fondamentales que l'empathie, l'honnêteté, la détermination, le partage ou la créativité.

Coupés dès leur plus jeune enfance, de ce qu'ils veulent vraiment, de qui ils sont vraiment, les Français n'existent plus par eux-mêmes, leurs objectifs ne dépendent plus de leurs aspirations personnelles, ils n'existent plus que par rapport à l'autre, le statut relatif devient l'étalon à l'aune duquel se mesure le succès, seul substitut disponible au véritable bonheur, au vrai accomplissement personnel.

C'est bien là que naissent jalousie et défiance. Ainsi, à l'instar d'un n-ième concours, il ne suffit pas d'être riche encore faut-il que les autres le soient moins. C'est la même chose pour la célébrité ou tout autre attribut considéré comme valorisant.

Dans cette course effrénée et illusoire au statut, il ne suffit donc pas de gravir les échelons. Il faut également, tant que possible, prévenir l'ascension de l'autre qui est considéré avant tout comme un concurrent, comme une menace. Ainsi ceux qui se situent au-dessus sont l'objet d'une déférence mêlée de jalousie, tandis que ceux qui sont en-dessous sont traités avec condescendance et mépris.

A l'instar de nombre de Français, une majorité de scientifiques sont animés par de telles dynamiques souvent inconscientes et fort complexes voire paradoxales. Ainsi nous prétendons honnir la richesse (bassement matérielle donc inférieure à la valeur de référence, l'intellect) mais nombre y aspirons ardemment et secrètement. Dans la même veine, le Français méprise la célébrité en public mais il en rêve en privé. La célébrité est une forme d'admiration que l'enfant narcissiquement blessé recherche désespérément même, voire surtout, quand il prétend le contraire.

Bien sûr aucun individu, qu'il soit chercheur ou non, admettra publiquement jalouser la notoriété d'autrui ou mépriser des personnalités du "show business", mais qu'en est-il de la réalité ?

La primauté de l'intellect dans la mentalité française explique les préjugés que peuvent nourrir certains scientifiques à l'égard de célébrités du petit écran, considérés comme des individus marqués du sceau de la superficialité et de l'ignorance et par conséquent indignes de rejoindre la nomenklatura intellectuelle incarnée par la recherche française.

En parallèle, la jalousie issue de ce système éducatif hyperconcurrentiel peut motiver, consciemment ou non, certains scientifiques à refuter qu'un diplôme flatteur soit décerné à des individus jouissant déjà d'un certain statut social et qui grâce à cette distinction académique graviront un échelon social supplémentaire et menaceront d'autant la position sociale relative des scientifiques concernés.
© Inconnu
L'école de la République, machine à
formater, sélectionner, classer et déshumaniser

Le Monde : Igor et Grichka Bogdanov démentent toute tentative de pressions sur des scientifiques. "Nous sommes ouverts aux critiques, mais lorsque celles-ci sont honnêtes et objectives, dit Igor Bogdanov. Or ce n'est pas la démarche de M. Riazuelo, qui nous poursuit de sa vindicte depuis 2004." Depuis des années, l'astrophysicien critique, en termes crus, les écrits des deux animateurs. Pourquoi, alors, ne pas l'avoir attaqué pour diffamation ? "Parce qu'il y avait prescription et que la violation du droit d'auteur était notre dernier moyen de le faire taire pour qu'il cesse de se comporter comme un délinquant", répond Igor Bogdanov.

En toile de fond de cette nouvelle affaire, une autre se profile. En octobre 2010, Marianne révélait l'existence et la teneur d'un rapport - anonyme et d'une nature inédite -, commandé par le Comité national de la recherche scientifique (CoNRS), selon lequel les thèses accordées aux deux animateurs sont scientifiquement ineptes.

Là encore, les deux animateurs demandent à des scientifiques cités par l'hebdomadaire de retirer leurs propos. Et, là encore, l'affaire finira dans les prétoires.

Deux plaintes ont en effet été déposées contre l'hebdomadaire. "La première est classique, c'est une banale affaire de diffamation avec une vingtaine de mentions visées dans quatre articles, explique Me Nicolas Bénoit, le conseil de Marianne. La seconde est plus étonnante puisque les plaignants estiment que la divulgation du rapport en question porte atteinte à leur vie privée." Les deux plaignants confirment ces informations.

Le rapport du CoNRS ulcère les deux hommes, qui n'entendent pas en rester là, contestant la légalité et l'existence même du texte en question. "D'autres actions seront bientôt menées à propos de ce pseudo-rapport, prévient ainsi Igor. On devrait bientôt en entendre parler fortement." Son frère assure, de son côté, "détenir des preuves" contre "certaines personnalités haut placées au CNRS" dans la fuite du rapport.

Les intimidations des deux animateurs, dont la proximité avec l'entourage de M. Sarkozy est notoire, n'amusent pas les chercheurs. De source proche du CNRS - qui a assuré la défense de M. Riazuelo -, d'intenses pressions politiques se sont exercées pour que le président de l'organisme de recherche, Alain Fuchs, accepte de recevoir les deux hommes. Ce fut fait le 25 octobre 2010, bien que M. Fuchs démente avec force y avoir été contraint.

Et, dans la dernière affaire en date, la diligence des services de police alimente les soupçons. Déposée le 19 mai 2011, la plainte de Grichka Bogdanov a donné lieu à une convocation de M. Riazuelo signifiée moins d'une semaine plus tard... De plus, selon plusieurs témoins, en rendant son jugement le 14 mars, la présidente de la 31e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a déclaré oralement que le chercheur avait "manqué de prudence", vu "la notoriété du plaignant".

Sollicité par Le Monde, Alain Riazuelo dit préférer s'abstenir de tout commentaire.


En substance, nous apprenons donc que les Bogdanovs, après avoir gagné ce premier procès comptent poursuivre en justice d'autres diffamateurs, nommément Marianne et le CNRS. Cette perspective semble révolter l'auteur. Aurions-nous raté un épisode ? Est-il devenu illégal de recourir à la justice pour faire respecter le droit ? Est-il malséant d'appeler à ce que la loi soit respectée ? La communauté scientifique dispose-t-elle de quelque immunité qui la dispense de respecter les règles de notre république ?

Jusqu'à nouvel ordre la France est encore un État de droit où la justice constitue le dernier rempart contre la barbarie et l'arbitraire. Comment sinon protéger le citoyen ?

Les Bogdanov ont obtenu leur thèse en 1999 et 2002. Depuis les lynchages médiatiques, les propos diffamatoires, les fuites de documents s'accumulent. Que faire pour que cessent plus de 10 années d'acharnement ?

En France un procès, aux issues toujours incertaines, coute au bas mot des dizaines de milliers d'euros, dure des mois et mobilise énormément de temps, de stress et d'énergie. Conscient de tels efforts, personne n'intente un procès à la légère. C'est le dernier recours lorsque toute les tentatives de négociation, d'explication et de conciliation ont échoué.

Certes, certaines multinationales aux ressources quasi-illimitées et armées de légions de juristes peuvent avoir systématiquement recours à la voie juridique pour dissuader tout opposant. Mais nous ne parlons pas ici de Monsanto ou McDonald. Nous parlons simplement de deux citoyens français.

La dernière partie de l'article du Monde semble insinuer qu'un complot hourdi par les Bogdanov leur permet de contrôler tout à la fois :
- la justice ( "Ce n'est pourtant pas un canular, mais une véritable dépêche [...] selon laquelle Alain Riazuelo [...] a été condamné pour
© Inconnu
La balle magique selon la thèse officielle
"contrefaçon
"),
- la police ( "la plainte de Grichka Bogdanov a donné lieu à une convocation de M. Riazuelo signifiée moins d'une semaine plus tard.")
- et la sphère politique ("Les intimidations des deux animateurs, dont la proximité avec l'entourage de M. Sarkozy est notoire", [...] d'intenses pressions politiques se sont exercées pour que le président de l'organisme de recherche, Alain Fuchs, accepte de recevoir les deux hommes")

Depuis des années Le Monde s'affirme comme le chantre de la pensée dominante récusant toute idée de complots et reprenant en chœur les thèses officielles les plus abracadabrantes dont:
- l'écroulement en chute libre de la tour WTC7 sans avoir été effleurée par le moindre aéronef
- la balle magique tirée par Lee Harvey Oswald, dernier recours pour sauver la thèse du tireur isolé
- un Boeing 757 qui entre dans le Pentagone sans laisser de traces d'ailes sur les murs où de débris conséquents sur la pelouse extérieure
- la thèse du prédateur isolé appliquée à Dutroux en dépit des tonnes de preuves attestant d'un réseau pédophile organisé

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Les médias de masse tentent d'imposer la version officielle de l'Histoire malgré des incohérences flagrantes
S'éloignant donc d'une longue tradition de colportage des thèses officielles et de négations de tout complot y compris les plus flagrants, Le Monde suggère tout à coup que les frères Bogdanovs ont pris le contrôle des sphères juridiques, judiciaires et politiques du pays.

A eux deux ils feraient régner la terreur au sein de la communauté scientifique - soit tout de même 60000 chercheurs pour 36 milliards de budget annuel - au point que plus aucun scientifique n'ose témoigner de l'incompétence crasse et de l'autoritarisme révoltant des Bogdanov de peur de terribles représailles. Rien de moins !

Bien entendu, notez que si les Bogdanov avaient perdu leur procès, nous aurions eu droit à des commentaires triomphalistes du type "justice est faite", "les Bogdanov déboutés", "la science sort vainqueur", "la communauté scientifique innocentée", "le triomphe de la vérité",... Mais quand les Bogdanov gagnent, Le Monde évoque un vaste complot et parle de "canular", d' "intenses pressions", de "manipulations", de "menaces".

Étantdonné le soutien systématique apporté par les médias de masse en général et par le Monde en particulier aux thèses dominantes et aux intérêts des élites qui les contrôlent, rien ne porte à penser que dans le cas des thèses obtenues par les Bogdanov ledit quotidien déroge à la règle.

Par conséquent, si comme semble le suggérer l'auteur, cet article révélait au grand jour un complot impliquant politiques, magistrats et policiers, alors, comme tous les autres articles tentant de le dénoncer, il aurait été interdit de publication ou plus probablement son contenu aurait été diamétralement opposé.

Après les pseudo-débats interminables sur la viande Hallal, l'horaires des piscines, voici donc un nouveau sujet essentiel : la thèse des Bogdanov. Seul un esprit particulièrement paranoiaque suspecterait-là une diversion.

Évidemment, lorsque le Monde traite, avec un parti-pris manifeste, de la thèse obtenue par Grichka il y a 13 ans, il entretient évidemment l'illusion d'un monde scientifique aux comportements irréprochables et qui veille à l'excellence de ses impétrants.

Mais il éloigne aussi les regards de sujets autrement plus essentiels (et plus embarrassants) pour nos chères élites comme, au hasard : le génocide du peuple palestinien, le rôle d'informateur assuré par Mohamed Mérah au sein des services secrets, l'impunité des réseaux pédophiles, le canular du réchauffement climatique, l'hégémonie de la finance mondiale, sans oublier bien sûr l'asservissement des médias de masse à une petite élite dénuée de toute humanité.

© Inconnu
Palestinien transportant son fils abattu par les forces israéliennes pendant l'opération "Cast lead"