Traduction : SOTT


Félicitations à l'UE pour son Prix Nobel de la Paix
Lorsque j'ai vu pour la première fois le gros titre dans le Wall Street Journal de Murdoch, j'ai pensé que c'était une blague et je me suis demandé si le WSJ s'était mis à publier des articles satiriques. Mais quand il s'avéra que le compte-rendu selon lequel l'Union européenne avait reçu le prix Nobel de la paix de cette année était authentique, je suis allé vérifier quels autres organes de propagande traditionnels véhiculaient l'histoire. À ma grande surprise, c'était bien vrai et cela m'a immédiatement rappelé une autre absurdité : celle du chef suprême de la guerre du gouvernement américain (avec sa « liste des personnes à assassiner » par-dessus le marché) recevant le même prix en 2009.

Ma deuxième réaction fut d'écrire un article satirique en mettant en avant une organisation candidate tout aussi improbable pour un prix de la paix, comme la Réserve Fédérale ou le Congrès américain. Mais ridiculiser le comité Nobel aurait été trop facile et, en tout état de cause, comme beaucoup d'autres, je voulais vraiment connaître la raison derrière ce choix. À lire certains des commentaires sur The Telegraph et The Guardian, il est clair qu'il y a un sentiment écrasant d'ahurissement et de frustration face à ce que le prix Nobel de la paix est devenu : une farce.

Maintenant, il est pour le moins clair que l'Union européenne n'est pas Mère Térésa ! Mais quelle est donc la raison de l'attribution du (jadis) éminent prix international de la paix à l'UE ? Voici les hypothèses que j'ai trouvées pour l'instant :

1. Le comité a été corrompu par des influences politiques et institutionnelles
2. Le comité a été chargé de repousser les limites du double langage orwellien
3. Un coup de pub
4. Un écran de fumée
5. Une blague d'initiés

1. Influence politique et institutionnelle

Je me souviens avoir grandi avec l'illusion que le prix Nobel de la paix était véritablement un prix indépendant fondé sur le mérite et la compassion, qui célébrait les accomplissements de personnes ayant consacré leur vie à aider les autres. Mère Térésa, lauréate en 1979, et Martin Luther King, en 1964, étaient de bons exemples de lauréats qui consacrèrent leur vie à des causes estimables. Mère Térésa était unique dans le sens où aucun éclaircissement ni justification n'étaient nécessaires pour expliquer pourquoi elle avait reçu le prix.

Cependant, le comité Nobel a déjà fait des choix controversés par le passé. Par « controversé », j'entends que le choix du comité était manifestement motivé par des intérêts politiques et/ou institutionnels. Par exemple, le marchand de mort Henry Kissinger fut choisi en 1973. L'homme est champion du monde des crimes contre l'humanité, dont quatre millions de morts pendant la guerre du Vietnam, des bombardements aveugles au Laos et au Cambodge, et son célèbre Mémorandum d'Étude sur la Sécurité nationale N°200 de 1974, qui préconisait le génocide en recommandant l'élimination de 500 millions de « bouches inutiles ». En 2001, le prix Nobel de la paix fut décerné conjointement à l'Organisation des Nations Unies et à Kofi Annan, « pour leur travail consacré à l'établissement d'un monde mieux organisé et plus pacifique ». Stephen Lendman écrit :
Au cours de l'exercice de ses fonctions, M. Annan a violé le mandat de la Charte des Nations Unies, qui est de « préserver les générations futures du fléau de la guerre... » Au lieu de cela, il a soutenu l'illégalité impériale. Il a repoussé la paix avec mépris. Il n'a jamais condamné ni tenté de mettre fin aux sanctions dévastatrices contre l'Irak. Elles ont tué environ 1,5 million d'innocents, des hommes, des femmes et des enfants. Il est resté là à regarder et n'a rien fait. Il n'a jamais dénoncé la guerre illégale menée par l'Amérique en 2003. Il est resté muet pendant que l'OTAN, guidé par Washington, ravageait l'Afghanistan. Il a soutenu les pires crimes israéliens.
Le prix Nobel de la paix de 2007 fut décerné conjointement au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et à Albert Arnold (Al) Gore Jr., « pour leurs efforts de développement et de diffusion de plus grandes connaissances sur le réchauffement climatique anthropique... ». Comme nous l'avons découvert depuis, le réchauffement climatique est une vaste fraude et Al Gore a des liens très douteux avec les géants du pétrole et autres acteurs de l'industrie.

2. Double langage

Dans son essai 'Politics and the English Language' [La politique et la langue anglaise - NdT], George Orwell remarque que le langage politique sert à déformer et obscurcir la réalité. Le prix Nobel de la « paix » fait exactement cela quand il est attribué à un président américain occupé à mener des guerres d'agression simultanées en Afghanistan, en Irak, au Yémen et au Pakistan. La remise du prix Nobel de la « paix » à l'Union européenne relève tout autant du double langage orwellien :

L'Union européenne est :
  • complice dans la mort de 1,5 million d'Irakiens, tous les États membres de l'Union européenne ayant rallié les États-Unis pour envahir l'Irak sous le faux prétexte d'armes de destruction massive inexistantes ;
  • complice dans la mort de plus de 40 000 Afghans, tous les États membres de l'Union européenne ayant rallié les États-Unis pour envahir l'Afghanistan sous le faux prétexte de la « guerre contre le terrorisme » ;
  • complice dans la mort de 40 000 Libyens, plusieurs grands pays de l'Union européenne ayant rallié les États-Unis pour bombarder la Libye, jusqu'à la faire revenir à l'âge de pierre ;
  • complice dans la mort de plus de 30 000 Syriens, plusieurs grands pays de l'Union européenne ayant rallié les États-Unis pour armer, entraîner, financer et diriger l'Armée Syrienne Libre [ASL], alias Al-Qaïda en Syrie.
La position officielle de l'Union européenne a soutenu et facilité TOUTES ces guerres illégales, avec des troupes, des financements, l'utilisation de bases aériennes des États membres et autres équipements. Ce qu'il faut, ce sont des arrestations et des procès pour crimes de guerre contre l'humanité à l'encontre du Politburo de l'Union européenne, pas des prix Nobel de la « paix ».


Criminels de guerre : Barroso, président de la Commission européenne, parle stratégie de guerre avec Bush Jr
L'Union européenne mène actuellement une campagne d'oppression agressive contre l'Iran. Le 23 janvier 2012, le Conseil de l'Union européenne a publié un rapport dans lequel il réaffirme ses préoccupations au sujet du « développement et de la nature du programme nucléaire iranien » En conséquence, le Conseil a annoncé qu'il imposerait un embargo sur les exportations de pétrole iranien. En outre, il a déclaré qu'il « gèlerait les avoirs détenus par la Banque centrale d'Iran et empêcherait le commerce des métaux précieux et des produits pétrochimiques vers et depuis le pays ». Ces sanctions causent des dommages substantiels et des pertes en vies humaines en Iran. Les importations de plus de cinquante types de médicaments vitaux pour les personnes souffrant de certaines maladies telles que le cancer touchant des enfants, la thalassémie, la sclérose en plaques (SEP), les maladies des voies respiratoires et cardiaques, ont diminué de manière drastique.

Que la récompense arrive au moment où les dirigeants de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et de la France se disputent pour savoir qui devrait garder le contrôle de la fusion ratée entre le fabricant d'armes britannique BAE Systems et son équivalent français EADS, fusion qui donnerait naissance à l'une des plus importantes machines de guerre privées au monde, est plutôt révélateur des véritables intentions de l'Union européenne. Sont-ce là les actions de nations en quête de paix ?

3. Publicité

Thorbjørn Jagland
© dagbladet.no
Jagland prétend s'être fait piégé par Synnøve Svabo, qui l'aurait poussé à mettre ses mains sur ses seins, lors d’un passage à la télévision nationale.
Le chef du comité Nobel, Thorbjørn Jagland, n'a pas peur de la publicité. En mai 1998, M. Jagland, alors Premier ministre de la Norvège, prétendit s'être fait piégé par Synnøve Svabo, qui l'aurait poussé à poser les mains sur ses seins lors d'un passage à la télévision nationale. En tant que Président du comité, Jagland est connu en Norvège pour sa position pro-Union européenne forcenée. Il a une fois qualifié l'Union européenne de « plus grand accomplissement de la civilisation moderne ». Quelque peu fortuitement, le seul membre du comité Nobel farouchement opposé à l'entrée de la Norvège dans l'Union européenne, Agot Valle, ancien député du parti socialiste de gauche, était en congé maladie dernièrement et n'a donc pas pris part à la décision cette année.

Depuis le choix controversé d'Obama en 2009, on n'a guère prêté attention au prix Nobel. Saviez-vous qu'en 2011, les lauréates de la paix étaient Ellen Johnson Sirleaf, Leymah Gbowee et Tawakkol Karman, « pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et des droits des femmes à participer pleinement à l'établissement de la paix » ?

Non. Je ne le savais pas non plus avant de faire des recherches pour cet article. On dirait bien que c'est le genre de personnes dignes de recevoir un prix de cette nature, mais parce que la presse ne leur a guère prêté attention, le comité Nobel n'a reçu aucune attention non plus. D'un autre côté, choisir le parti l'institution politique qui gouverne plus de 500 millions d'Européens a ramené le comité du Nobel sous le feu des projecteurs, donc tout ceci n'est peut-être rien de plus qu'un coup de pub et une quête de gloire de la part du « peloteur » Jagland.

4. Écran de fumée

Une autre raison plausible à la décision scandaleuse de cette année nous vient de Robert Bridge :
C'est un écran de fumée, une tactique de diversion pour détourner l'attention des crimes commis par les banques centrales et leurs acolytes politiques.

Cependant, rien ne peut justifier l'attribution du prix Nobel de la paix de cette année, ce qui prouve que cette institution est devenue un outil cynique de l'élite mondiale pour que l'argent continue à circuler dans une seule direction : vers les banquiers et les grandes entreprises. Bien que de nombreux pays européens aient souffert sous des dictatures, aucun d'entre eux n'est prêt pour la dictature de la dette monumentale et la servitude contractuelle qui les attend. Ces nations autrefois fières ont été transformées en appendices hyper-dépendants de Bruxelles, qui n'hésitera probablement pas à envoyer les forces de l'OTAN pour toucher son chèque de loyer mensuel.
Le prix de cette année ne pouvait pas tomber à un meilleur moment pour les technocrates européens corrompus et les fonctionnaires non élus alliés aux banquiers qui sont en train de détruire ce qui reste de la démocratie en Europe, en poursuivant plein pot leurs projets d'union politique de tous les États membres de l'Union européenne, le tout gouverné de façon centralisée par des fonctionnaires non élus. Il n'est pas surprenant que les Grecs aient été déconcertés par la récompense :
Aujourd'hui, les Grecs ont beaucoup de mal à comprendre pourquoi le comité Nobel a décerné son prix annuel de la paix à l'institution qui les a bombardés avec un torrent de mesures d'austérité douloureuses.

Ces trois dernières années, l'Union européenne récemment couronnée a exigé une flopée de coupes douloureuses en échange de deux formules de prêt d'une valeur de près de 200 milliards d'euros (160 milliards de livres). Pour satisfaire ses créanciers étrangers, la Grèce devra encore une fois tailler dans ses pensions de retraite en échange d'une aide plus importante.

« Il est ridicule de parler de la paix dans l'Union européenne lorsque certains membres [comme la Grèce] sont confrontés à une forme sévère de guerre financière et d'occupation indirecte », a déclaré Suzanna, 31 ans, ancienne spéculatrice au chômage. « C'est une blague. Les gens essaient de se battre pour leurs droits ici. De quel genre de paix parle-t-on ? »

Les mesures d'austérité ont amplifié la récession grecque - qui devrait se poursuivre pour une sixième année consécutive - avec maintenant un quart de la population officiellement sans emploi. Depuis le début de la crise, les syndicats ont organisé de nombreuses manifestations contre les politiques de l'Union européenne vis-à-vis d'Athènes. Au moins quatre personnes ont été tuées dans les manifestations.
Avec des manifestations similaires en Espagne et au Portugal contre les programmes d'austérité écrasants, l'attribution du prix de la paix ne profite qu'aux promoteurs de l'union politique. Nigel Farage, député européen et leader du parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni, est passé dans l'émission Daily Politics de la BBC et a souligné l'hypocrisie absolue de cette décision en énumérant les politiques oppressives de l'Union européenne, la suppression de la démocratie, le mépris total de cette institution envers la loi, ses pistonnages histoires de s'assurer que les bénis oui-oui de Bruxelles soient placés à la « tête » des gouvernements nationaux, et le nombre croissant d'émeutes dans de nombreux pays en raison des politiques économiques austères de l'Union européenne :



5. Pas de blague


nobel
© Inconnu
[Prix Nobel de la paix offert pour toute commande de tacos aux crevettes]
Le Nobel de la paix, ça vaut peut-être même pas un plat de Tacos.
En 1964, Jean-Paul Sartre reçut le prix Nobel de littérature, qu'il refusa. Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, ont déclaré que c'était un « grand honneur ». Cependant, étant donné la controverse extraordinaire déclenchée par leur projet politique, il serait bien plus honorable pour eux de refuser le prix. Loin d'être un phare pour la paix, l'Union européenne soutient les guerres d'agression des États-Unis et mène elle-même une guerre économique contre sa propre population, afin d'imposer l'acceptation d'un contrôle centralisé sur tous les aspects de sa vie.

À bien des égards, le choix du comité montre simplement à quel point l'élite politique est devenue distante et de plus en plus déconnectée des gens ordinaires. C'est la raison pour laquelle ce prix Nobel de la paix ressemble autant à une plaisanterie. Cette insanité pourrait bien être la goutte d'eau qui ne fera qu'éroder davantage le peu de confiance que les peuples avaient encore pour leurs dirigeants. Quant au comité du Nobel, ils se sont complètement discrédités et dévalorisés eux-mêmes avec leurs manœuvres politiques flagrantes.

Mère Térésa, sans parler de Martin Luther King, doivent se retourner dans leurs tombes. Quant à Kissinger, qui n'est malheureusement pas encore mort, il continue à proférer des âneries.