Seisme Japon mars 2011
© Yasushi Kanno/AP

Des sismologues japonais ont annoncé dans la revue Nature avoir trouvé des indices pour expliquer comment le méga-séisme de mars 2011 au Japon a pu se produire sur une faille considérée jusqu'alors comme à faible risque.

Hiroyuki Noda, de l'Agence japonaise des Sciences et technologies marines et terrestres (Jamstec), et Nadia Lapusta, de l'Institut de Technologie de Californie (Caltech) ont conçu un modèle mathématique du séisme de magnitude 9 qui a frappé la côte nord-est du Japon le 11 mars 2011.

Baptisé séisme de Tohoku-Oki, du nom de la province la plus proche de l'épicentre, il a provoqué un gigantesque raz-de-marée. En déferlant sur les côtes, il a tout détruit sur son passage, provoquant à la centrale de Fukushima le plus grave accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl.

Plus de 27.000 personnes sont mortes ont ou été portées disparues dans la catastrophe.

Le séisme s'est produit le long de la zone de subduction entre la plaque Pacifique et la plaque Eurasiatique. Son épicentre se situait à environ 200 kilomètres à l'est de l'île de Honshu, au coeur d'une zone en forme de losange au fond de l'océan.

Cette zone de la fosse du Japon avait été généralement considérée comme stable, car les mouvements de plaque y étaient lents et continus, un mécanisme appelé fluage par les spécialistes.

Un peu comme une soupape de sécurité sur une machine à vapeur, ce glissement régulier, en empêchant les forces de s'accumuler, éviterait le développement de séismes, selon une théorie communément acceptée.

Mais Hiroyuki Noda et Nadia Lapusta suggèrent que les segments de faille qui connaissent ce fluage à long terme s'affaiblissent lorsqu'une rupture se produit à proximité. Et si la faille est infiltrée par des fluides géologiques chauds, ceux-ci agissent comme un lubrifiant, facilitant un glissement important.

« Les segments de faille glissant par fluage sont actuellement considérés comme des obstacles à la rupture sismique. Notre étude montre qu'ils peuvent se joindre à de grands tremblements de terre, amplifiant le risque sismique », a déclaré Hiroyuki Noda.

Les sismologues estiment que leurs résultats peuvent avoir des répercussions sur la stratégie de prévention des tremblement de terre au Japon, mais aussi dans d'autres pays, notamment en Californie, où la faille de San Andreas présente un profil sismique similaire.