Une mère célibataire a été mise à la porte de son « logement » de 4 m² qu'elle louait 200 euros par mois. Le propriétaire, qui a changé la serrure du logement à cause de 3 mois d'impayé, lui a signifié par SMS avoir empaqueté ses affaires dans des sacs poubelles entreposés dans le couloir.

La série noire du mal logement continue. Après avoir révélé hier le cas d'un homme qui avait vécu 15 ans dans un appartement de 1,56 m², la Fondation Abbé Pierre annonce avoir constaté l'expulsion d'une mère célibataire d'un logement de 4 m², boulevard Brune dans le 14ème arrondissement de Paris. En pleine trêve hivernale, et alors que le thermomètre affiche des températures au-dessous de zéro. Pour ce logement indécent, bien inférieur à la surface habitable légale (9 m²), la jeune femme payait pourtant 200 euros par mois, depuis avril 2010...

Une violation de domicile

La situation était connue de l'association comme des services de la mairie depuis juin 2012, assure L'Abbé Pierre. Mais à ce jour, aucun arrêté interdisant le local a l'habitation n'a été pris. Or, après 3 mois d'impayé et « plusieurs menaces successives, lundi dernier, le propriétaire avait tout empaqueté dans des sacs poubelles posés dans le couloir de l'immeuble et avait envoyé un SMS à madame pour la prévenir qu'elles y resteraient jusqu'à jeudi », explique-t-on à la Fondation.

Le commissariat de l'arrondissement, mis au courant de cette indélicatesse, a estimé qu' « il s'agissait d'une violation de domicile et (qu') elle était en droit de faire venir un serrurier pour réintégrer les lieux ». Dans la mesure où aucun juge n'avait au préalable autorisé l'expulsion. Après s'être rendue sur place, accompagnée d'un adjoint au maire du 14ème, la Fondation explique avoir fait remplacer à son tour la serrure, de manière à ce qu'elle puisse au moins y « sécuriser ses affaires ». En attendant, la locataire est hébergée avec son fils par son oncle, et « devrait y rester car elle a peur de réintégrer le logement ».

Le propriétaire pourrait être poursuivi pour hébergement incompatible avec la dignité humaine (article 225-14 du code pénal), voire mise en danger de la vie d'autrui (article 223-1 du code pénal).