Nicolas Sarkozy en père Castor. | DR
Des millions de salariés devaient toucher une prime de 1.000 euros. C'est râpé, ce sera beaucoup moins.

On se souvient de la proposition de Nicolas Sarkozy, qui avait appelé les entreprises privées de plus de 50 salariés à distribuer une prime, si les dividendes étaient en hausse sur les deux dernières années. Le président plaidait pour un montant de 1.000 euros par salarié.

Dire que la montagne a accouché d'une souris n'est pas totalement vrai, car toutes les entreprises ont respecté la mesure, mais dans des proportions bien lointaines...

Les salariés les mieux lotis vont bénéficier de primes avoisinants les 600 euros, croit savoir France-Info. C'est notamment le cas chez Rhodia, le géant français de la chimie.

"Le niveau médian tourne autour de 300 euros", indique Philippe Burger, le coordinateur de l'enquête réalisée par le cabinet Deloitte. "Mais dans un quart des cas, c'est même moins de 150 euros...", rajoute-il au micro de France Info.

Chez Securitas, par exemple. Cette entreprise spécialisée dans la sécurité n'a proposé que...3,5 euros de prime à ses employés. "C'est de la provocation, j'ai parlé avec des salariés qui veulent rendre le chèque qu'on leur fera, ils disent qu'ils ne sont pas des mendiants", ajoute le représentant syndical à France-Info.

Du côté des organisations patronales c'est la soupe à la grimace. Selon Geneviève Roy, la vice-présidente de la Confédération générale des PME, les patrons rejettent encore en bloc cette loi : "Ils ont eu l'impression que l'Etat se mêlait trop de la vie des entreprises privées. En plus il y a eu la crise, et beaucoup d'entre nous n'ont pas la trésorerie suffisante pour verser une grosse prime".

Si, selon le gouvernement, environ 4 millions de salariés devaient bénéficier de cette prime, le nombre sera certainement inférieur. Toutes les entreprises de plus de 50 employés n'ont pas, loin s'en faut, de dividendes en hausse, condition sine qua non pour être contraint au versement de cette prime.