Traduction : SOTT


Les nouveaux leaders « pro-Occident » de la Libye
Parmi les nombreux commentaires que nous avons lus et reçus concernant la supposée mort de Kadhafi, l'un des plus courants disait en substance : « Kadhafi était un dictateur brutal qui mérite ce qui lui est arrivé ». La croyance très répandue (du moins dans les nations occidentales) selon laquelle Kadhafi était un « dictateur brutal » est le résultat de plus de 30 ans de propagande (principalement) US, britannique et française contre l'ancien leader libyen. Les raisons de cette longue campagne de propagande sont nombreuses, mais la principale est le fait que non seulement Kadhafi était farouchement indépendant concernant sa terre natale, mais qu'il s'est efforcé d'apporter une indépendance financière aux autres nations africaines.

C'est les médias, idiot !

Le quidam moyen semble avoir des difficultés à saisir l'idée que les « intérêts nationaux » des gouvernements démocratiques vont souvent à l'encontre des idéaux démocratiques et que, lorsqu'ils poursuivent ces intérêts, les gouvernements tentent de donner l'impression qu'ils restent fidèles aux idéaux démocratiques. Autrement dit, les gouvernements mentent sur leurs activités anti-démocratiques afin de préserver une façade de démocratie et, par-là même, éviter d'énerver la population. (Pour ceux qui auraient oublié - ce qui peut se comprendre - les principes démocratiques fondamentaux, visitez ce lien pour un petit cours de rattrapage.)

Maintenir une façade démocratique tout en poursuivant des « intérêts » non démocratiques n'est aujourd'hui possible que grâce à la connivence dévouée et quasi unanime des médias officiels, qui diffusent sans faille la propagande gouvernementale auprès du public, une propagande qu'en retour, le public accepte comme parole d'évangile, dans la croyance que la presse est libre et indépendante du contrôle gouvernemental. Mais virtuellement tous les médias officiels occidentaux sont aujourd'hui détenus par une poignée de corporations puissantes et d'individus super riches comptant parmi leurs amis et confidents proches des membres haut placés des gouvernements occidentaux. Quiconque possède un ordinateur et un peu de temps pour faire des recherches par lui-même peut facilement vérifier ce fait. L'étendue de la véritable liberté de la « presse libre » peut également être vérifiée en revoyant de quelle façon les médias occidentaux ont aveuglément accepté et rapporté comme vérité les mensonges du gouvernement avant et après l'invasion de l'Irak en 2003. Il est donc raisonnable de conclure que les médias occidentaux, en général, agissent comme des Ministères de la Propagande pour le compte des gouvernements occidentaux, en particulier lorsque ces derniers suivent des politiques qui vont à l'encontre des idéaux démocratiques.

À la lumière de ces faits, considérons alors cette question : « Kadhafi était-il vraiment un dictateur brutal ? »

Les véritables crimes de Kadhafi


Mandela et Kadhafi
Tout au long de son règne, Kadhafi a insisté sur un partage plus large (et plus équitable) des profits générés par le pétrole de son pays, un partage plus grand que ce que les compagnies pétrolières multinationales acceptaient d'ordinaire. En effet, lors d'un discours donné en 2009 à des étudiants de l'université de Georgetown, Kadhafi a menacé de bouter les compagnies pétrolières occidentales hors de Libye, en nationalisant ses puits et ses réserves de gaz naturel. Il est incontestable que Kadhafi a utilisé les richesses pétrolières de son pays pour transformer la Libye en la nation la plus progressiste et moderne de toutes les nations africaines. En 2007, un magazine commercial africain notait que la Libye, « contrairement aux autres pays producteurs de pétrole comme le Nigeria [où les grandes compagnies pétrolières ont une emprise sur le gouvernement], a utilisé les revenus du pétrole pour se développer. »

Tout au long du règne de Kadhafi, les citoyens libyens ont joui d'un accès gratuit à la santé, à l'éducation, à l'électricité et à l'eau. L'achat d'une voiture par tout citoyen était financé à 50% par le gouvernement. Le gaz dans la Libye de Kadhafi coûtait 0,14$ le litre. Sous ce « dictateur brutal », pour toute nouvelle naissance, les mères recevaient 5000$. Tous ces avantages, de même que nombre d'autres avantages sociaux sous Kadhafi, font passer les prétendus systèmes socialistes de la France et des autres pays européens pour des régimes capitalistes prédatoriaux. Aujourd'hui, avec la disparition de Kadhafi, les généreux avantages sociaux de la Libye et le niveau de vie auparavant élevé de ses citoyens sont gravement menacés par le nouveau régime fantoche pro-occidental.

Kadhafi a également contribué à mettre en place l'Union africaine. Il a lourdement et généreusement investi, à hauteur de 6 milliards de $, dans beaucoup d'autres pays africains. Dans toute l'Afrique, des hôpitaux, écoles, hôtels et routes portent le nom de Kadhafi, en signe de gratitude au « dictateur brutal ». Les investissements libyens ont aidé à relier une grande partie de l'Afrique au réseau téléphonique, à la télévision, à la radio, etc. Nombre de grosses compagnies africaines dans lesquelles Kadhafi avait investi via le « Portefeuille d'investissement libyen en Afrique » risquent maintenant la ruine financière, l'argent du pétrole libyen étant désormais détourné vers l'Occident via le nouveau gouvernement libyen.

Mais il ne fait aucun doute que la plus grande menace posée par Kadhafi aux va-t-en-guerre de l'OTAN fut ses efforts pour accélérer la création d'un Fonds monétaire africain et d'une Banque centrale africaine, et pour établir le dinar or comme monnaie panafricaine (la Libye possède 144 tonnes d'or pour une population de 6 millions d'habitants, n'a aucune dette extérieure et a 150 milliards de dollars de réserves liquides). L'idée de Kadhafi était que les nations africaines et musulmanes devaient s'allier pour créer cette nouvelle monnaie et l'utiliser afin d'acheter du pétrole et d'autres ressources, à l'exclusion du dollar et d'autres monnaies. Tandis que dans un reportage, Russia Today déclarait que ce projet modifierait l'équilibre économique du monde », les plans de Kadhafi visant à une restructuration financière radicale des économies africaines auraient indubitablement sonné le glas du pillage par le FMI des économies africaines ; sans parler du Franc CFA, une monnaie coloniale liée à l'Euro et à la banque de France, et utilisée dans 12 anciennes colonies françaises (d'où l'enthousiasme effréné avec lequel le gouvernement français a rejoint la bataille).

Pacificateur

Dans un article d'avril 2011 pour le London Evening Post, l'écrivain Jean-Paul Pougala disait à propos de Kadhafi :
Kadhafi est dans le coeur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d'Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l'obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l'ANC dans sa bataille contre l'apartheid. 
C'est pour cela qu'à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d'aller rompre l'embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l'ex-Président américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s'insurgea : « Aucun État ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres 
ce qu'ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd'hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d'être ingrats et d'oublier nos amis d'hier. »
Un « humaniste généreux » ? Irions-nous jusqu'à dire : un socialiste authentique ? Feu le combattant pour la liberté Kwame Ture a décrit Kadhafi comme un « diamant au sein d'une fosse d'imposteurs africains. » Des « imposteurs africains » installés et financés par les gouvernements occidentaux.

En septembre 2011, dans un article du Guardian, Julian Borger et Terry Macalister soulignaient que les compagnies pétrolières occidentales avaient prévu de démanteler le pétrole libyen avant la prétendue « révolution ». Cela vous surprend-il ? La campagne de bombardement de l'OTAN a commencé le jour du 8e anniversaire de l'invasion de l'Irak. S'agit-il d'une simple coïncidence ? Le soulèvement égyptien était plus ou moins légitime, vu les politiques psychopathiques d'un véritable « dictateur brutal » - Hosni Moubarak - qui avait mené des millions d'Égyptiens au bord de la famine. Mais remarquez comment Moubarak a été traité, comparé à Kadhafi. Or aucune des conditions en Égypte n'existait dans la Libye socialiste.

La simple vérité est qu'il n'y a eu aucune révolution populaire à grande échelle contre Kadhafi ; tout ce qu'il y a eu, ce sont des mercenaires, une campagne médiatique occidentale bien orchestrée qui a joué un scénario dicté du début à la fin, une forte infiltration par des agents des renseignements militaires US et européens, et des bombes de l'OTAN. Beaucoup de bombes de l'OTAN.

Mensonges de guerre médiatiques

Peut-être tout ceci nous aide-t-il à comprendre pourquoi, en juillet dernier, d'immenses foules de Libyens ont envahi les rues de Tripoli en soutien à Kadhafi et pourquoi les récents sondages suggèrent que 90% de la population libyenne soutenaient leur « dictateur brutal ». Peut-être pouvons-nous également comprendre pourquoi les médias occidentaux nous présentent des images comme celles ci-dessous - où de prétendues « foules de Libyens font la queue pour s'extasier sur le "cadavre du dictateur brutal" » :


Une « foule » pas très convaincante fait la queue pour voir le « cadavre du dictateur brutal »
Cliquez ici pour voir d'autres de photos de « foules ».

Il ne devrait donc pas être surprenant de réaliser que les allégations de « crimes de guerre » lancées contre les forces pro-Kadhafi et selon lesquelles Kadhafi aurait « bombardé sa propre population » durant la campagne de bombardement de l'OTAN ne sont que la continuation d'une campagne de diabolisation du Leader libyen ; une campagne qui dure depuis des années. Des allégations destinées à couvrir le fait que, tout comme nous l'avons vu lors du prélude à la « guerre humanitaire pour sauver les Kosovars » en 1999 (et où des « efforts considérables furent entrepris pour dévoiler des preuves de crimes de guerre »), ce sont bien les bombes de l'OTAN qui ont pris les vies de milliers de civils libyens. Lors des bombardements du 30 avril, le fils de Kadhafi, Saif el-Arab, 29 ans, ainsi que trois de ses petits enfants, ont été tués. La fille de 4 mois d'Aïcha, la fille de Kadhafi, faisait partie des victimes.

Dans les égouts

Était-ce vraiment le colonel Mouammar Kadhafi qui a été traîné hors de son « trou à rat » ? Il est manifeste que l'histoire de la « mort » de Kadhafi est une resucée de celle de la mort de Saddam Hussein (traîné hors d'un « réduit sous terre », « se terrant comme un rat », etc.), et les images et vidéos qui font le tour des sites de média officiels sont bien trop granuleuses pour prouver quoi que ce soit. Au moins l'une d'elles (ci-dessous) est clairement une version retravaillée d'une photo supposément prise sur le site de la mort d'Oussama Ben Laden - photo qui en elle-même pourrait être prise comme preuve que les mêmes personnes sont impliquées dans les deux événements mis-en-scène.

Regardez l'épaule gauche de « Kadhafi ». Parmi les photos de morts prises au « QG de Ben Laden », il y avait celles d'un homme avec un pistolet à eau (jouet) sous lui. Le pistolet était d'un vert vif, le sang était rouge foncé, et l'homme portait une chemise blanche et avait les cheveux noirs. Il avait également une main sur la poitrine.

Voilà l'original :


Déjà vu
Ça vous semble familier ? Le photographe de la CIA a simplement inversé la photo et mis le visage de Kadhafi dessus. Le pistolet à eau a été légèrement déplacé de sorte que l'orange sur le pistolet ne soit plus visible. (Chapeau bas à Pundit Press pour avoir remarqué ce détail).

Le visage du vrai Mouammar Kadhafi possède des traits plutôt distinctifs.


Remarquez les paupières tombantes et les rides sous les yeux
Un de ces traits distinctifs est la ptôse, ou « paupières tombantes ». Elle peut être causée par un relâchement des muscles permettant de soulever les paupières, par des lésions des nerfs qui contrôlent ces muscles, ou par un relâchement de la peau des paupières supérieures. Qu'il s'agisse d'un trait génétique, de la conséquence du vieillissement, ou de chirurgie plastique, Kadhafi possédait cette caractéristique.

Autre trait distinctif : des « rides » marquées qui descendent en diagonale, du coin des yeux jusque vers les pommettes. Vérifiez sur n'importe quelle photo récente du « dictateur brutal », et vous verrez ces rides bien visibles sur chaque photo.

Maintenant, regardez cette photo de « Kadhafi mort » :


Qu'est-il arrivé aux « paupières tombantes » et aux rides sous les yeux ?
S'agit-il du même homme ?

Au cours d'apparitions publiques ces dernières années, Kadhafi apparaissait avec pas mal de cheveux sur la tête pour un homme de son âge.

Le voilà avec Berlusconi en 2009 :

Une autre photo prise la même année :

Je n'ai pas trouvé de photos de l'arrière du crâne de Kadhafi, mais je pense que ces deux-là nous donnent une vue suffisante pour conclure qu'il avait pas mal de cheveux sur tout le crâne (en omettant les côtés dégarnis). Comparez les photos ci-dessus avec une capture écran de la « vidéo » montrant le haut du crâne de l'homme qui a été traîné hors du « trou à rat » :


Dégarni sur le haut : le « Kadhafi des égouts »
Certes, sur les premières photos ci-dessus, Kadhafi portait peut-être une perruque ou un postiche. Curieusement, le Washington Post s'est donné beaucoup de mal pour nous expliquer que les tests d'ADN pratiqués par les médecins libyens sur l'homme qu'on avait sorti du « caniveau » confirmaient que les cheveux de ce type n'étaient pas ceux de Mouammar Kadhafi, car le pauvre type portait une perruque. Que sommes-nous censés croire, ici ? Qu'ils ont pratiqué des tests de vérification d'identité sur une perruque ?! Sont-ils idiots à ce point ? Sans doute pas. Il est plus probable qu'ils aient pratiqué des tests sur de vrais cheveux, parce qu'il est clair que le « Kadhafi des égouts » AVAIT des cheveux. Mais vu que ces cheveux ne correspondaient pas à ceux de Kadhafi, ils ont inventé le coup de la perruque. Que sommes-nous censés conclure d'autre du commentaire du Washington Post selon lequel « ces cheveux n'étaient pas ceux de Mouammar Kadhafi », si ce n'est que l'homme qu'on a sorti des égouts n'était pas Mouammar Kadhafi ?

Des décennies de mensonges

Nous attendons toujours avec impatience les scènes de liesse populaire en Libye suite à l'annonce de la chute du « dictateur brutal ». J'imagine que ça va prendre un peu de temps de convaincre les 90% de la population libyenne qui soutiennent Kadhafi qu'un gouvernement fantoche occidental et une occupation économique du pays par des multinationales occidentales est en fait une bonne chose.

Les déclarations des dirigeants occidentaux sur les « crimes » de Kadhafi, tandis qu'ils se délectaient du meurtre brutal télévisé d'un pauvre hère en Libye, m'ont écœuré.

Le 20 octobre, le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré :
J'estime qu'il faut avoir une pensée pour toutes les victimes de Colonel Kadhafi. Ceux qui sont morts dans le vol de la Pan-am au-dessus de Lockerbie, Yvonne Fletcher, assassinée sur London Street, et bien entendu toutes les victimes des attentats de l'IRA, qui utilisait de l'explosif SEMTEX venant de Libye. Nous devons aussi nous rappeler de tous les Libyens qui sont morts aux mains de ce dictateur brutal et de son régime.
Ils ont oublié de citer la fin de son commentaire :

« Et nous devons aussi nous rappeler que je suis un gros menteur. »

Évidemment, les tabloïds britanniques comme The Sun ne sont que trop heureux de répéter les âneries de Cameron, avec une pincée de chauvinisme typique :

Mais jetons rapidement un œil aux « crimes de Kadhafi » mentionnés par Cameron :

L'attentat du vol 103 de la Pan-am au-dessus de Lockerbie. Il s'agissait clairement d'une opération sous faux-drapeau destinée à diaboliser la Libye. Visitez le site Web du père d'une des victimes, Dr. Jim Swire, pour en avoir les preuves. La Libye n'a jamais reconnu sa responsabilité dans l'attentat du Vol 103, mais a toujours payé des dommages et intérêts aux familles afin « d'acheter la paix » - c'est-à-dire sa réintégration au sein de l'élite occidentale.

Le meurtre de l'officier de police Yvonne Fletcher au St. James's Square, à Londres, en avril 1984. La Libye a été accusée, mais un grand nombre de preuves indiquent que Fletcher a été tuée par un agent de la CIA/MI6, à nouveau dans une tentative de diaboliser la Libye. Un documentaire de Channel 4 nous le démontre de façon détaillée et scientifique, mais ça n'empêche pas Cameron de propager ce mensonge.

Les « victimes des attentats de l'IRA qui utilisait de l'explosif SEMTEX venant de Libye ». Il ne fait aucun doute que, à quelques occasions, les dirigeants de l'IRA ont bien acheté des armes libyennes. Mais il ne fait également aucun doute que tous les prétendus attentats majeurs de l'IRA ayant causé la mort de civils furent l'œuvre des services secrets britanniques. La fausseté et la complicité des médias britanniques dans ce mensonge fut révélée plus en détail en septembre dernier, lorsqu'il a été révélé qu'un réseau de médias avait utilisé une séquence CGI d'un jeu vidéo violent et l'avait fait passer pour une véritable séquence vidéo, dans la tentative de présenter Kadhafi comme un allié des terroristes :

© ITV/MI5
La chaîne britannique a prétendu qu'une « erreur humaine » expliquait cette incrustation « film de l'IRA 1988 » sur une scène prise d'un jeu vidéo, au cours d'un documentaire diffusé en septembre dernier, et dans lequel le narrateur énumérait à l'attention des téléspectateurs britanniques les exactions passées (inexistantes) de Kadhafi
Considérez également ce lien intéressant entre les prétendus attentats de l'IRA et l'attentat de Lockerbie :

Entre les années 1970 et le début des années 1980, le Dr Thomas Hayes a réussi à se hisser à la tête du British Royal Armaments Research Establishment [Établissement royal de recherche et développement en armements - NdT] (RARDE). Son témoignage fut central au verdict bidon du procès Lockerbie. Une enquête parlementaire sur le prétendu attentat de l'IRA en 1974 - les Sept Maguire - et sur son procès dévoila des preuves médico-légales majeures indiquant que les accusés étaient innocents. Ces preuves, qui étaient connues du Dr. Hayes et de deux de ses collègues du RARDE, ne furent pas présentées au procès des Sept Maguire. Les Sept furent libérés en appel après avoir passé quinze ans en prison.

Cela vous donne juste un petit aperçu des extrémités auxquelles les gouvernements et les agents des renseignements occidentaux sont allés (et sont prêts à aller) pour « protéger leurs intérêts ». Avec des médias officiels vendus, la domination corporatiste et fasciste est une affaire conclue - à moins que nous ne nous éveillions tous à la réalité de la situation et commencions à appeler les choses par leur nom : ce sont des conneries, de bout en bout.

En bref, on a Cameron qui jubile et qui balance des mensonges devant les caméras ; on a Hilary Clinton qui se trouvait justement en Libye il y a quelques jours et qui a exigé Kadhafi « mort ou vif » la veille même du jour où un type qui lui ressemble un peu s'est fait sortir d'un « trou à rat » pour être ensuite exécuté et (bientôt) enterré dans un « lieu secret », loin des regards indiscrets ; on a les récits délibérément contradictoires sur la façon dont ce type a été tué, et qui sont répandus dans tous les médias officiels ; on a Kadhafi qui, il y a encore deux ans, était accueilli à bras ouverts (et armé) par les Premiers ministres et présidents britannique, français, américain, italien, et qui est soudainement diabolisé comme un « dictateur brutal », et son pays et ses citoyens, bombardés au point d'en revenir à l'âge de pierre ; tout ça me fait chier. Mais bon, ce qui m'inquiète vraiment ici, ce n'est pas la montée de ma pression artérielle, mais l'avenir de la Libye. Déjà, les vautours se rassemblent, convoitant leur prix : les ressources naturelles de la Libye. Le ministre de la Défense Gérard Longuet s'est exprimé en ces termes :
Les nouveaux dirigeants libyens « nous doivent beaucoup »

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a déclaré vendredi dans un entretien au Monde que la France entendait jouer un rôle de "partenaire principal" auprès la Libye, dont les nouveaux dirigeants "savent qu'ils nous doivent beaucoup".
Paris "va s'efforcer de jouer le rôle d'un partenaire principal, dans un pays dont les dirigeants savent qu'ils nous doivent beaucoup", dit-il.
"Les pays de la coalition vont probablement adopter des positions plus bilatérales dans leur relation avec la Libye. Chacun cherchera à tirer son épingle du jeu", poursuit Gérard Longuet.
"Nous ne serons ni les derniers ni les plus vulgaires. Nous n'avons pas eu d'engagement tardif, médiocre, incertain. Et nous n'avons rien à nous faire pardonner", dit-il encore.
La Libye produisait 1,6 million de [barils de] pétrole par jour avant le soulèvement, un marché qui suscite la convoitise de nombreux pays. Elle a également d'énormes besoins pour reconstruire ses infrastructures.
Je suis un « Dictateur brutal », sortez-moi de là

L'essentiel ici, c'est que des gens comme Kadhafi ne restent pas leaders d'une nation majeure pendant plus de 40 ans sans avoir l'auto-préservation inscrite en premier sur la liste de leurs priorités. Dire que Kadhafi s'est contenté d'attendre qu'une meute de vandales sanguinaires le traîne hors d'un caniveau avant de le tabasser et de l'assassiner, c'est exagérer un chouïa sa réputation de véritable « homme du peuple ». Les dizaines d'années d'expérience que Kadhafi a acquises en observant et en subissant, directement et indirectement, la traîtrise de la « diplomatie occidentale » ne lui auraient laissé aucun doute sur ce qui l'attendait si un changement de régime imposé par les US avait jamais lieu en Libye. Il aurait également été suffisamment égoïste pour réaliser qu'il serait plus utile à sa Libye bien-aimée vivant que mort.

À ce stade, nous ne pouvons donc exclure la possibilité que, comme Saddam Hussein, Kadhafi ait quitté la Libye bien avait d'être forcé de finir en martyre dans un caniveau, avec seulement son « pistolet d'or » pour s'interposer entre lui et une clique enragée de tueurs payés par la CIA. Comme dans le cas de Saddam, il y a des preuves indiquant que ce scénario est probable. Comme l'a remarqué Joe Quinn à l'époque, la mort de Saddam Hussein fut très probablement mise en scène. Voyez cet article sur la Capture, le procès et la condamnation de Saddam Hussein pour avoir la preuve que Saddam a lui aussi été sorti discrètement du pays bien avant que quelqu'un qui lui ressemble n'ait été traîné hors d'un « caniveau ». Considérez également que le prétendu corps de Kadhafi a été enterré en secret - comme c'est pratique - dans une tombe anonyme dans le désert. Tout comme le coup d'Oussama Ben Laden jeté « en mer », cette petite manœuvre pue le cover-up.

Lorsqu'on tente de découvrir et de dévoiler les mensonges du gouvernement et des médias, il est souvent utile de consulter les communiqués de presse diffusés au début de tout événement majeur. Dans un communiqué du 21 février, le secrétaire aux Affaires étrangères britannique William Hague a déclaré que Kadhafi avait déjà quitté le pays.

En août, Ynet News rapportait :
« Un convoi de six véhicules blindés a traversé la frontière libyenne vers l'Algérie samedi soir, a rapporté l'agence de presse égyptienne. Bien que l'identité des passagers ne soit pas claire, une source au sein des forces rebelles a estimé que le convoi transportait de hauts responsables libyens - dont le leader assiégé Mouammar Kadhafi. »
Le communiqué citait une source du conseil militaire libyen indiquant que des troupes loyales au régime Kadhafi avaient escorté le convoi jusqu'à la frontière.

Le 24 août, IOL News story nous disait :

« Le Burkina Faso, large bénéficiaire de l'aide libyenne, a offert l'exil à Mouammar Kadhafi, mais a également reconnu le Conseil national de transition (CNT) comme gouvernement de la Libye. »


La ville moderne libyenne de Misrata, avant et après les bombardements par l'OTAN et ses mercenaires - PAS par Kadhafi ni par ses « supporters loyalistes ». Des bombardements qui ont fait retourner la ville à l'âge de pierre.
Le 1er septembre, Reuters rapportait :
« Mouammar Kadhafi a appelé le président algérien Abdelaziz Bouteflika pour négocier un passage dans son pays, mais ce dernier a refusé de prendre son appel. »
Et le 11 octobre, le Bulawayo News rapportait :
« Un responsable du conseil de gouvernement de la Libye a estimé que Mouammar Kadhafi se cachait dans le désert du sud-ouest, près des frontières avec le Niger et l'Algérie. »
Nous suggérons que la publication de photos (granuleuses) et d'une vidéo macabres montrant la prétendue mort de Kadhafi n'était pas du tout destinée au public (même si nombre de gens semblent s'être réjouis du lynchage), mais plutôt aux leaders de toute autre nation qui aurait la velléité de désobéir aux dictats de l'empire US et de la Banque mondiale. Le Vice-Premier ministre britannique Nick Clegg a semble-t-il confirmé les réflexions initiales de Joe à ce sujet lorsqu'il a déclaré le 22 octobre :
« La mort de Mouammar Kadhafi envoie un signal fort aux autres dans la région, à savoir que les péchés des dictateurs grotesques finissent toujours par les rattraper. »
Dans cette déclaration, Clegg s'éloigne des raisons initiales données par le gouvernement britannique à une attaque contre la Libye - l'intervention humanitaire - et dévoile la véritable raison des 8 mois de bombardements de la Libye, de sa population et de ses libertés : un impérialisme barbare à l'état brut, initié - quelle coïncidence - le 19 mars, le jour même de l'invasion de l'Irak il y a 8 ans.

En supposant un instant que c'est vraiment Kadhafi qui a été assassiné en plein jour, alors les paroles mielleuses du ministre des Affaires étrangères William Hague...
« Nous aurions voulu qu'il vienne répondre de ses crimes devant la justice, devant un tribunal international ou libyen, et nous n'approuvons pas les exécutions extrajudiciaire »
... relèvent de la foutaise monumentale, à tel point que Hague mériterait un prix. Si Kadhafi a bien été exécuté le 20 octobre, alors Hague et sa clique aux US et en France sont évidemment ravis. Avoir Kadhafi sur le banc des accusés à La Haie était la dernière chose que les membres des entreprises (gouvernements) criminelles US, britannique et françaises auraient voulu, en grande partie à cause de tous les morceaux qu'il aurait crachés. Ils ne voulaient pas qu'une petite séance-vérité comme celle délivrée par Slobodan Milosevic ternisse leur image (éclaboussée de sang) de libérateurs - un épisode judiciaire embarrassant qui, heureusement pour les gouvernements de l'OTAN, s'acheva brutalement avec l'élimination de l'ancien dirigeant serbe dans sa cellule.

Tandis que nous méditons sur les implications sinistres liées au fait de vivre dans un monde où des foules de gens se réjouissent du spectacle terrifiant d'une mise à mort et applaudissent au meurtre de types biens, nous vous quittons sur les mots répugnants de la très psychopathique Hillary Clinton :