Traduction SOTT

Psychopaths rule our world
© Sott
Cela va être long donc prenez une tasse de thé ou de café et installez-vous. Ceux d'entre vous qui aimez les informations en octets brefs, cet article n'est pas pour vous !

J'ai lu beaucoup ces derniers temps. Je veux dire BEAUCOUP. Eh bien, quoi de neuf ? Quoi qu'il en soit, l'éventail des sujets que j'ai couvert est varié; j'ai tendance à suivre mon intuition. Je vais souvent lire un livre qui suggère un autre livre, et ainsi de suite, mais dernièrement, cela a été très éclectique et apparemment sans rapport. Laissez-moi vous donner un échantillon en remontant seulement il y a quelques semaines: j'ai lu You Are Not So Smart (Vous n'êtes pas si intelligent) de David McRaney parce que j'avais lu un extrait de celui-ci sur la liseuse sans fil (livre électronique) de mon mari. Je n'utilise pas de liseuse électronique parce que je souligne et prend des notes, donc j'ai acheté mon propre exemplaire. Cela m'a amenée à Redirect : The Surprising New Science of Psychological Change (Redirect : La surprenante nouvelle science du changement psychologique) de Timothy D. Wilson qui m'a ensuite amenée à un autre de ses livres: Strangers To Ourselves (Etrangers à nous-mêmes). Cela m'a ensuite amenée à Making Sense of People: Decoding the Mysteries of Personality (Donner du sens aux gens : décoder les mystères de la personnalité) de Barondes Samuel. Certains livres que j'avais commandés il y a quelque temps arrivèrent ensuite: Amarna Sunset de Aidan Dodson; Akhenaten: Egypt's False Prophet (Akhenaton : le faux prophète de l'Egypte) de Nicholas Reeves; Akhenaten & Tutankhamun: Revolution & Restoration (Akhenaton et Toutankhamon : Révolution et Restauration) de Silverman, Wegner and Wegner; Akhenaten: History, Fantasy and Ancient Egypt (Akhenaten : Histoire, Légende et Egypte Ancienne) de Dominic Montserrat. Puis vint The Fall of Rome And the End of Civilization (La chute de Rome et la fin de la civilisation) de Bryan Ward-Perkins. Le suivant: Dark Ages: The Case For a Science of Human Behavior (Les Âges Sombres : le cas pour une science du comportement humain) de Lee McIntyre, suivi par The Taboo of Subjectivity: Toward a New Science of Consciousness (Le Tabou de la subjectivité : vers une nouvelle science de la Conscience) de B. Alan Wallace. Ici et là, j'ai lu des bribes de Bertrand Russell. (J'ai aussi lu Three mysteries de Gladys Mitchell, mais c'était juste de la lecture amusante.) Et maintenant je lis War Before Civilization: The Myth of the Peaceful Savage (La guerre avant la civilisation: le mythe de la Paix sauvage) de Lawrence H. Keeley en alternance avec Does the New Testament Imitate Homer? (Le Nouveau Testament imite-t-il Homère?) Par Dennis R. MacDonald.

Comme je le disais, tout cela peut sembler sans lien, même pour moi, mais la chose étrange est que tous les livres ci-dessus tournent autour d'un thème particulier: la Science / le milieu universitaire - a vraiment perdu la boule, et ce qui a été proclamé comme la réponse à tous les problèmes de l'humanité est devenu le moyen probable de notre destruction. Ce n'est pas une mince affaire, je peux vous l'assurer, et cela mérite une certaine considération. Dans le livre Dark Ages: The Case For a Science of Human Behavior (Les Âges Sombres: Le cas pour une science du comportement humain), on peut lire :

A quoi ressemblerait la vie au cours d'un Âge sombre ? Voudriez-vous le vivre? Ou voudriez-vous juste voir les résultats de la journée - peut-être même que vous vous sentiriez chanceux de vivre aux «temps modernes» et de ne pas voir tout ce qui n'avait pas été fait. Bien sûr, aucune personne vivant dans un âge sombre n'appellerait cette époque comme ça, mais cette étiquette vient plutôt d'une époque postérieure placée sur une époque plus ancienne, dans lequel l'état de la civilisation humaine était plus avancé. Avec le recul, il est facile de voir ce qui a été manqué. Mais néanmoins n'y a-t-il pas un moyen de juger notre propre époque ?

Regardez autour de vous. Nous vivons dans une époque de progrès technologique énorme, où nous sommes capables de plier la nature à notre volonté, et pourtant nous souffrons des mêmes problèmes sociaux qui affligent la race humaine depuis des millénaires. Malgré les énormes progrès que nous avons faits dans notre compréhension de la nature, qui peut honnêtement dire que l'essentiel des problèmes qui sont la cause de la misère humaine d'aujourd'hui ne sont pas de notre propre création? Et pourtant qu'avons-nous fait à leur sujet?

La comparaison entre notre succès dans la compréhension de la nature et notre incapacité à nous comprendre est vaste. Nous avons des satellites et des télécopieurs qui transmettent des histoires de cruauté barbare qui auraient pu être racontées par nos ancêtres. Nous avons des armes de guerre toujours plus sophistiquées et pas encore de véritable compréhension de ce qui cause la guerre en premier lieu. ... Nous sommes aussi ignorants des relations de cause à effet derrière notre propre comportement que ceux qui vivaient dans le huitième ou le neuvième siècle ... [Nous sommes ignorants des causes] derrière la maladie, la famine, les éclipses et les catastrophes naturelles. Nous vivons aujourd'hui dans ce qui sera un jour considéré comme l'âge des ténèbres de la pensée humaine à propos des problèmes sociaux. (McIntyre, du MIT, 2006)
Bien sûr, je voulais vraiment dire au professeur McIntyre qu'il devrait lire Ponérologie Politique pour avoir quelques clés à propos de ce qui ne va pas avec notre monde, mais j'étais trop occupée à creuser dans les sciences cognitives après ça. Ce que l'on apprend de la plus moderne, et rigoureusement documentée des sciences cognitives (voir Wilson et Barondes ci-dessus) est que G.I. Gurdjieff a été assez juste dans son appréciation de la psychologie humaine : l'homme est vraiment une «machine» conduite par un inconscient réactif et entravé par une fausse personnalité extérieure qui est rafistolée comme mécanisme d'adaptation pour tenter d'atténuer les tensions entre l'inconscient et le monde extérieur. Ce que nous apprenons également c'est que Freud a été très mauvais pour la psychologie en tant que science, pour ne pas mentionner certains autres scientifiques qui sont passés avant lui et ont jeté de très mauvaises bases. Cette citation est un peu longue, mais vaut la lecture et rend le sujet bien clair comme du cristal :
Au XIXe siècle, la grande ombre de Descartes influença la réflexion sur la nature de l'inconscient. Descartes est mieux connu pour sa division forte entre l'esprit et le corps. Le soi-disant dualisme cartésien, ou le problème «corps-esprit », continue d'occuper les philosophes et les psychologues. Beaucoup se sont très justement opposés à l'idée que l'esprit et le corps sont des entités distinctes qui obéissent à des lois différentes, et quelques philosophes ou psychologues d'aujourd'hui s'identifieraient eux-mêmes comme dualistes, en fait, Antonio Damasio a surnommé la «séparation abyssale entre le corps et l'esprit» comme « L'erreur de Descartes ».

Descartes a également fait une erreur liée, moins connue mais non moins flagrante. Non seulement a-t-il doté l'esprit d'un statut spécial qui n'était pas lié à des lois physiques, mais il a également restreint l'esprit à la conscience. L'esprit se compose de tout ce que les gens pensent consciemment, a-t-il soutenu, et rien d'autre. Cette équation de la pensée et de la conscience élimine d'un trait rapide, toute possibilité de pensée non consciente - un mouvement qui a été appelé la «catastrophe cartésienne» par Arthur Koestler et «l'une des gaffes fondamentales faites par l'esprit humain» par Lancelot Whyte. Koestler note à juste titre que cette idée a conduit à un appauvrissement de la psychologie à laquelle il aura fallu trois siècles pour y remédier.

Malgré la bourde de Descartes, un certain nombre de théoriciens européens du XIXe siècle, tels que Pascal, Leibniz, Schelling et Herbart, a commencé à postuler la présence de la perception non consciente et de la pensée. Un groupe de médecins britanniques et philosophes particulièrement remarquables ont développé des idées sur un processus inconscient, ce qui était ouvertement anticartésien et remarquablement similaire à la réflexion actuelle sur l'inconscient adaptatif. ... Leur description des processus inconscients est remarquablement similaire aux vues modernes, en effet, des citations de certains de leurs écrits pourraient facilement être confondues avec des titres dans des revues modernes psychologiques.

[...]

Pourquoi les travaux de Hamilton, Laycock et Carpenter ont été largement oubliés? La réponse, en grande partie, est que le genre très différent d'inconscient proposé par Freud empêchait ces points de vue d'entrer en scène. À ma connaissance, Freud n'a jamais cité ou fait référence à ces théoriciens. S'il était au courant de leurs écrits, il a probablement considéré leurs idées sans rapport avec la dynamique répressive de l'Inconscient avec un I majuscule.

Qu'en serait-il si Freud n'avait jamais proposé sa théorie de la psychanalyse? ...

Imaginez que la psychologie expérimentale ait débuté en tant que discipline influencée par la pensée psychanalytique à deux égards. Premièrement, les chercheurs n'éprouvaient pas le besoin de se distancier des idées difficiles-à-tester au sujet d'un inconscient dynamique. Ils étaient aussi libres de théoriser sur la pensée non consciente que Laycock, Carpenter et Hamilton, à savoir une collection de systèmes de traitement de l'information efficaces et sophistiqués. Deuxièmement, ils étaient libres d'enquêter sur l'esprit, même les parties qui étaient inconscientes, avec des techniques expérimentales. Une partie importante de l'héritage freudien a été un rejet de la méthode scientifique comme moyen d'étudier l'esprit. ...

[Sans Freud et ses mauvaises idées] les psychologues cognitifs et sociaux [auraient] appliqué leurs techniques expérimentales bien rodées pour l'étude de l'inconscient sophistiqué et adaptatif plus tôt qu'ils ne l'ont fait. Non découragée par les obstacles théoriques et méthodologiques, la psychanalyse créée par la psychologie expérimentale, la recherche et la théorisation sur l'inconscient adaptatif aurait prospérée. ...

L'inconscient freudien est ingénieux, intelligent et sexy et a été le thème de la grande littérature, au moins depuis Sophocle. Il y a peu de grandes pièces ou de romans sur le pilote automatique de l'esprit, et se concentrer exclusivement sur l'inconscient adaptatif peut sembler comme parler d'amour romantique sans la passion et le sexe.

Cette opinion est toutefois trompeuse, car elle sous-estime le rôle que joue l'inconscient adaptatif dans toutes les choses importantes et intéressantes de la vie, y compris Lieben und Arbeiten de Freud (travail et amour). Comme nous le verrons, l'inconscient adaptatif n'est pas impliqué dans toutes les petites choses, mais joue un rôle majeur dans toutes les facettes de la vie. L'incapacité à trouver de la grande littérature sur l'inconscient adaptatif en dit plus sur l'omniprésence de la pensée psychanalytique que sur toute autre chose. ...

[Il existe] un vaste système non conscient assez différent de ce que Freud a imaginé. [...] Par ailleurs, Freud et ses disciples étaient souvent en désaccord sur des points clés, et durant sa longue carrière Freud lui-même a changé d'avis sur des concepts clés tels que la nature du refoulement. La question se pose donc de savoir comment lesquelles de ces nombreuses idées sont vraies. Un énorme avantage de l'approche moderne psychologique est une dépendance à l'égard de la méthode expérimentale pour étudier les phénomènes mentaux. Il y a eu une explosion de recherche sur l'inconscient adaptatif en raison du développement de certaines techniques expérimentales assez habiles pour l'étudier ...

Mais voici le problème: la recherche sur l'inconscient adaptatif suggère que beaucoup de ce que nous voulons voir n'est pas visible. L'esprit est un outil merveilleusement sophistiqué et efficace, bien plus que l'ordinateur le plus puissant jamais construit. Une source importante de son immense pouvoir est sa capacité à effectuer rapidement des analyses non conscientes d'un grand nombre d'informations entrant et de réagir à cette information de manière efficace. Même si notre esprit conscient est occupé ailleurs, nous pouvons interpréter, évaluer et sélectionner l'information qui convient à nos fins.

C'est la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il est difficile de se connaître soi-même car il n'y a pas d'accès direct à l'inconscient adaptatif, peu importe l'effort que nous y mettons. Parce que nos esprits ont évolué pour fonctionner largement en dehors de la conscience, et le traitement non-conscient fait partie de l'architecture du cerveau, il peut ne pas être possible d'accéder directement à des processus non conscients. «Rendre l'inconscient conscient» n'est peut-être pas aussi facile que la visualisation et la compréhension du langage d'assemblage contrôlant notre programme informatique de traitement de texte. (Wilson)
Dans The Psychoanalytic Movement (le mouvement psychanalytique), Ernest Gellner parle du système freudien de la psychanalyse et de ses partisans comme d'une secte et il avait raison. J'irai même plus loin en suggérant que Freud était un homme très malade - si ce n'est un vrai psychopathe - projetant son propre paysage intérieur sur l'ensemble de l'humanité et les résultats pour la science, pour l'humanité, pour comprendre les souffrances de l'humanité, ont été très, très mauvais.

À ce stade, les livres d'Akhenaton sont entrés en scène et j'ai fait un détour dans l'histoire de l'Egypte. Ce fut certainement instructif, en particulier le livre de Montserrat, mentionné ci-dessus. Si jamais il y avait un exemple à trouver de comment la science est tordue et pervertie par l'inconscient des processus psychologiques, l'histoire de l'Egypte (sans parler de ce qu'on appelle «l'archéologie biblique» qui est étroitement liée) en serait un parfait exemple. Oubliez d'essayer de psychanalyser Akhenaton (comme les freudiens l'ont fait), essayez juste de déterminer pourquoi l'homme était si détesté par toute l'Egypte qu'ils ont voulu effacer sa mémoire pour toujours ! Puis-je suggérer qu'il était l'un de ceux qui ont décidé qu'il n'y avait qu'une seule Vérité et il l'a eu et, en conséquence, cela a presque détruit l'Egypte ? Nous n'allons pas en parler maintenant puisque j'ai un gros poisson à faire frire, mais si vous êtes très intéressés par le sujet, les livres mentionnés ci-dessus sont parmi les meilleurs que j'ai lus parmi des centaines.

Puis vint The Fall of Rome and the End of Civilization (la chute de Rome et la fin de la civilisation). Permettez-moi de reproduire ici la critique que j'ai écrite pour amazon.com :
Bienvenue à l'Antidote du révisionnisme post-moderniste

Je n'ai jamais réalisé que je pouvais devenir tellement absorbée par une étude sur la chute de Rome que je voudrais vraiment rester éveillée tard dans la nuit pour le finir, mais c'est comme ça que l'on sait que ce livre est bon!

J'ai été particulièrement fascinée par les descriptions des preuves archéologiques qui sont rapportées pour corroborer les arguments de Ward-Perkins. Les graphiques et autres images ont été très utiles aussi. Il ne pouvait pas faire plus simple ou plus clair.

Il n'y a qu'une seule chose que je voudrais critiquer : l'auteur ne semble pas avoir regardé assez attentivement la question des possibles cataclysmes planétaires et des changements climatiques résultants, les pandémies, etc. Il ne parle en effet que d'un possible impact d'un «astéroïde» à un moment donné aux alentours de 536 -537 à la page 134, mais exclut le fait que cela ait été susceptible d'avoir eu beaucoup d'effets. Je pense que c'est un peu myope. Tout d'abord, il faut considérer qu'il y a plus de possibilités d'impact d'astéroïde, à savoir des explosions aériennes de fragments cométaires qui arrache de la terre sans laisser de traces à la manière des cratères ou d'autres preuves de l'événement. Mais ils détruisent les bâtiments et tuent des êtres humains à une échelle massive. Qui plus est, il est peu probable que ces évènements aient été enregistrés car si vous êtes assez près pour voir réellement ce qui se passe, vous êtes probablement mort à l'instant suivant. En outre, si une personne voit [l'évènement] à une distance suffisamment grande pour survivre, la probabilité de l'époque serait d'écrire à ce sujet comme d'un « impact » de Dieu. L'événement de la Tounguska en est un bon exemple. Une pluie de telles explosions pourraient facilement expliquer bon nombre des anomalies de ces périodes. De tels événements peuvent aussi, comme des recherches récentes l'ont indiquées, introduire, par le bais de la comète, des agents pathogènes de maladies qui peuvent avoir été la cause de la peste noire, comme le professeur Mike Baillie, dendrochronologiste (QUB, Belfast) en discute dans son livre New Light on the Black Death (Nouvelle lumière sur la Peste Noire).

The Cycle of Cosmic Catastrophes: How a Stone-Age Comet Changed the Course of World Culture (Le cycle des catastrophes cosmiques: comment une comète de l'âge de pierre a changé le cours de la culture mondiale) est aussi un contexte utile pour ce genre de choses qui peut arriver si l'on garde à l'esprit que ces événements peuvent être plus ou moins localisés. Ils peuvent également affecter les conditions météorologiques pendant des années, détruisant les récoltes et causant des famines à long terme étendues.

Puis il y a le travail des astronomes Victor Clube et Bill Napier (et d'autres) qui discutent de la chute de Rome assez précisément. J'exhorte le professeur Ward-Perkins à regarder sous cet angle plus en profondeur. The Cosmic Serpent, The Cosmic Winter, Rain Of Iron And Ice: The Very Real Threat Of Comet And Asteroid Bombardment (les livres de Helix) (Le Serpent cosmique, l'hiver cosmique, pluie de fer et de glace: la menace très réelle de bombardement de comètes et d'astéroïdes) [sont tous de bonnes sources].

C'est une tâche souvent ingrate de chercher vraiment la vérité - qui est ce qui s'est réellement passé - mais à la fin, cela en vaut la peine, je pense. Comme l'auteur l'a déclaré à l'issue de ce livre, nous ne devrions pas réviser le passé selon nos propres idéologies, car ceux qui oublient l'histoire sont condamnés à la répéter.
Pendant que je lis tous ces livres, mon mari travaille lui-même sur un livre. Il a un contrat et une date d'échéance pour le manuscrit, j'ai donc été creuser des ressources pour lui comme cela était nécessaire pour mes propres recherches. Le sujet de son livre coïncide aussi avec ce qui suscite mon intérêt du moment : la corruption de la science et ce qui est vraiment à la racine de celle-ci. Comment quelque chose qui a été proclamé comme la réponse à tous les problèmes de l'humanité finit-il par être le chemin de notre destruction ? Parce que, ne vous trompez pas à ce sujet: nous avons dépassé ainsi le point de non-retour, si vous n'êtes pas conscient de cela, c'est que vous ne faites pas attention.


La conscience existe-t-elle en dehors de la matière ?

La science a pris une sérieuse mauvaise tournure dans le milieu du XIXe siècle, du temps où Darwin publia son Origine des espèces, et c'est pourquoi en effet, nous vivons conséquemment dans un Âge Sombre. Ce n'était pas que la sélection naturelle était fausse, en soi, mais la manière dont les principes ont été appliqués a été désastreuse. La Sélection Naturelle a été saisie comme la seule et unique loi sous-jacente de l'Univers - et cela a été fait par des individus avec un camouflage psychologique très particulier comme nous allons le voir. Le même genre de personnes qui deviennent ultra-religieuses et qui tuent des gens au nom de leur dieu, qui peuvent - et souvent le deviennent - devenir des adeptes de la religion de la science.

Vous voyez, au XVIIe siècle, le monothéisme a donné naissance à la science. Comment cela peut arriver, psychologiquement parlant, est analysé par le brillant Bob Altemeyer (et drôle), professeur aujourd'hui à la retraite de psychologie à l'Université du Manitoba (Canada), dans son livre Etonnantes Conversions: Pourquoi certains se tournent vers la foi et d'autres abandonnent la religion (1997). Très brièvement, l'idée est que le monothéisme, par la promotion de l'idée qu'il existe un « seul vrai Dieu » a conduit à la notion qu'il y a une Seule Vérité, et ce concept s'ancre dans les esprits (et oserais-je dire les cœurs ?) de nombreuses personnes qui auraient obtenus des scores très élevés en conscience pour des tests psychologiques modernes (Voir Barondes, ci-dessus.). Altemeyer indique clairement que la conscience du caractère combiné avec une grande intelligence, peut faire en sorte qu'un individu se concentre afin de trouver des réponses et quand la question est « Quelle est la Vérité «, un tel individu remarque très vite que les croyances ne correspondent pas toujours à la vérité, et en fait, peuvent être une pierre d'achoppement.

Au moment où la méthode scientifique était en train de naître, il était très difficile pour ces questionneurs de la réalité de vivre dans une époque où les questions concernant la vue du Cosmos promue par l'Eglise pouvaient vous faire tuer. Ce qui nous préoccupe en ce moment est comment la civilisation occidentale s'est-elle fondée sur ce point de vue de cette manière particulière (le matérialisme total) ? Le fait que ces fondateurs de la science se soient tournés vers la littérature des anciens - la Grèce et Rome - pour soutenir et expliquer leur travail est particulièrement intéressant. Oh, en effet, la suggestion a été faite que beaucoup de textes anciens que nous avons aujourd'hui ont été en fait créés pendant la Renaissance comme un moyen de soutenir l'impulsion scientifique croissante (Voir Fomenko), car on peut voir qu'aucun d'entre eux ne contient autre chose que ce dont étaient réellement concernés les penseurs de la Renaissance. Ce n'est pas trop difficile à comprendre et, compte tenu du fait que ce que nous connaissons comme la Bible a probablement aussi été créée relativement tard, les deux parties semblent avoir été dessinées sur la même tradition de création de « textes anciens « - fabrication de mythe - sur lesquels fonder leur vision particulière du monde. C'est même le cas de nos jours, si vous le remarquez, comme à propos du «Réchauffement climatique» - la falsification des registres de température pour soutenir un agenda politique sur la taxe fiscale du carbone fondée sur le réchauffement climatique.

La prémisse de base de la méthode scientifique est 1) Tout est soumis à une remise en question ; 2) il n'existe aucune source privilégiée qui doit être crue sans aucun doute. Je ne vois rien de mal à cela. Ce que je ne vois pas est : comment cette définition du style cognitif scientifique exclut l'étude de la conscience en dehors de la matière ? Évidemment, de nombreux crimes restent sans témoin, et pourtant les systèmes juridiques ont une façon de recueillir des preuves pour montrer que le crime s'est produit et quels en sont les auteurs. Lorsque l'on traite de questions non matérielles, pourquoi une méthode similaire ne peut-elle pas être utilisée ? En aucun cas l'étude de la conscience n'est en contradiction avec les deux principales prémisses de la méthode scientifique. Et, il doit être souligné que l'hypothèse où il n'y a rien que de la matière, et que la conscience ne peut pas exister en dehors de la matière, est elle-même une croyance - c'est donner à une hypothèse le rôle des faits et c'est privilégier les individus qui prétendent ceci sans preuves.

En ce qui concerne l'idée que les anciens manuscrits ont été créés de toutes pièces pour soutenir les questions des penseurs de la Renaissance, que l'Europe a émergé des Âges Sombres, je conviens que cela est certainement possible - voire probable. La question est : y avait-il une sorte de mémoire de cette époque ancienne qui infusait ces idées de la vie ? Lee McIntyre écrit :
Les Âges Sombres sont l'une des périodes les plus intrigantes de l'histoire humaine. Ils marquent une période de près de 600 ans vierge de tout progrès de la civilisation humaine dans laquelle la connaissance de l'antiquité a presque complètement disparu de l'Occident. Il fut un temps où peu de gens recevait une forme d'éducation quelle qu'elle soit, et la vie était régie par les superstitions et les craintes alimentées par l'ignorance (McIntyre, 2006).
Est-ce qu'aucun d'entre nous se « souvient » vraiment de quoi que ce soit il y a 500 ans autre que ce qu'on nous enseigne dans les classes d'histoire ? Y a-t-il une sorte de «mémoire populaire» de la Renaissance elle-même, par exemple ? Non, probablement pas. Pouvons-nous nous fier à l'histoire qui nous raconte à ce propos que certains manuscrits antiques ont survécu ici et là ? Peut-être. Mais les analyses scientifiques de ces documents rendent leur provenance très douteuse. Une forme de critique et d'autres techniques soulèvent aussi des questions troublantes sur eux. Il est probablement plus sûr de penser que les penseurs de la Renaissance sont venus à ces idées par eux-mêmes - forte et brute cogitation - et les sources présumées antiques qui « pensent la même chose, posent les mêmes questions » ont tout juste été cuisinées pour donner de la validité traditionnelle aux idées qui étaient en contradiction avec les vues de la réalité promue par l'Eglise romaine. Comme Altemeyer le souligne, ces individus qui sont nés dans des familles religieuses fortes et abandonnent ensuite leur religion, sont des individus de grande conscience qui sont aussi très brillants et très motivés pour résoudre les problèmes, y compris, bien souvent, des questions sur pourquoi sommes-nous ici ? Quel est le sens de la vie? et ainsi de suite.


L'Empire romain vers 395 de notre ère

Néanmoins, il y a quelque chose à ce sujet que nous devrions examiner attentivement. Alors, tournons-nous vers le livre de Ward-Perkins où il rassemble les preuves archéologiques à l'égard de l'ancien Empire romain. Ici, dans la preuve de la bêche - la dure réalité - nous constatons que l'empire romain était un monde très semblable au nôtre sauf qu'ils n'ont pas eu notre réseau électrique pour alimenter la machinerie, de sorte que leurs méthodes de production étaient différentes. Mais ils produisaient des biens en masse, avaient un large réseau de distribution, même les paysans savaient lire et écrire (apparemment, basé sur le graffiti) et avaient des maisons de bonne qualité et de la vaisselle, des produits venus de terres lointaines, etc. Après, Rome s'est effondrée (et je suis convaincue que cela était dû à la perturbation cataclysmique, plus que tout autre raison), Ward-Perkins affirme que la vie a été réduite au niveau de l'âge du Bronze, voire pire. Non seulement il y eut un déclin dramatique dans la sophistication économique et la prospérité, mais il y eut aussi une baisse de la production agricole et une chute du nombre de la population. La diffusion généralisée des biens des marchandises cessa, l'écriture disparut totalement dans certaines régions et devint très restreinte dans d'autres.

C'est durant ces Âges Sombres que le christianisme, le judaïsme, l'islam, sont devenues les religions dominantes de l'Occident, avec le Christianisme menant la charge. Que ces idées aient émergé dans un Âge Sombre devrait nous arrêter. Comme indiqué, ceci a ensuite conduit à l'idée d'» Une Vérité» qui a conduit à la Renaissance et à la naissance de la science. D'une certaine manière, cette idée qu'il n'y avait qu'une seule «bonne» façon de penser qui a infecté la pensée de type religieux, s'est installée, les choses ont été soit noir soit blanc, et ceci a ré-émergé au sein de la science elle-même à un certain point, comme nous allons le voir. C'est une façon de penser qui semble être à la racine de nos problèmes d'aujourd'hui; «vous êtes avec nous ou contre nous». Comment cela est-il passé de l'Âge Sombre à la Science, le diable est dans les détails.

À ce stade, nous avons besoin de parler un peu de ce qui se passait à l'époque de l'émergence du monde occidental des Âges Sombres. Comme Bryan Ward-Perkins le note dans son livre, The Fall of Rome (La Chute de Rome), la plus grande catastrophe s'est passée en Grande-Bretagne et la partie occidentale de l'Empire. Alors que beaucoup de choses sombraient dans une fin criante à de nombreux endroits, il y avait des poches où les choses continuaient, à savoir l'Empire d'Orient. Il y a également des preuves solides, données dans le livre de Yuri Stoyanov The Other God (L'autre Dieu), qu'il y avait des puissants liens sociaux et culturels entre la France méridionale et l'Empire d'Orient. Je veux dire, précisément, la civilisation occitane qui a nourri les Cathares. Dans la discussion qui suit, je vais aussi dessiner quelques connexions entre ce qui se passait alors, et comment cela se compare à aujourd'hui, en France et aux États-Unis. Mais cette comparaison peut être appliquée dans de nombreux autres endroits comme vous le constaterez. Ce que je veux vous faire remarquer particulièrement est que la dynamique est encore et toujours la même quelle que soit l'idéologie.

«Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens».

Un chroniqueur a rapporté que Arnold Amaury, le moine qui a mené la croisade contre les Albigeois, prononça le slogan ci-dessus en dehors de la ville de Béziers le 22 Juillet 1209. Ses croisés lui avaient demandé comment discerner les croyants catholiques des hérétiques cathares. Les instructions d'Arnold ont été suivies, et toute la population de Béziers - quelque 20.000 hommes, femmes et enfants - ont été massacrés indistinctement.

Personne ne sait vraiment si Arnold a vraiment dit ce qui a été rapporté, mais ce qui est connu est que cette idéologie était l'essence de la croisade contre les Cathares, et une telle idéologie a surgi entre les êtres humains encore et encore à travers l'histoire, même de nos jours dans les couloirs du gouvernement des Etats-Unis et la France. Aux États-Unis, cela a pris la forme de la «Guerre contre (de) la terreur » et en France, il s'agit de la croisade de la MIVILUDES afin d'éliminer toute concurrence à l'Église catholique et les grandes sociétés. Il s'élève à peu près à la même chose, sauf que nous remarquons qu'aux Etats-Unis, «l'église» est protestante. Il est intéressant d'imaginer où cette opposition «protestants vs catholiques » entre l'Europe (menée par la France) et les Etats-Unis pourrait finalement conduire ! En tout état de cause, les conséquences sont encore et toujours les mêmes - chose que les gouvernements des États-Unis et français ne semblent pas se rendre compte - ce qui prouve l'adage selon lequel ceux qui oublient l'histoire sont condamnés à la répéter.

Le 10 Mars 1208, le pape Innocent III somma toutes les nations chrétiennes de prendre les armes contre les chrétiens. Il déclara que la destruction de ces hérétiques était non seulement justifiée, mais que c'était une nécessité absolue, car les hérétiques qui habitaient une terre chrétienne étaient ostensiblement « pires que les Sarrasins eux-mêmes ». Cet appel arriva quatre ans après qu'une armée de Croisés ait capturé et pillé Constantinople, encore une autre terre chrétienne, bien que celle-ci prétendait être le vrai siège du christianisme originel. L'église de l'Est considérait l'église de Rome comme une arriviste, une invention des Francs, des envahisseurs germaniques du Nord qui n'avaient rien à voir avec le christianisme du Jésus historique. Des études modernes religieuses indiquent qu'ils avaient probablement raison, mais nous ne voulons pas que la Vérité nous perturbe ici !


Une statue à Toulouse, en France, représentant Raymond VI annonçant la mort de Simon de Montfort

Le nouvel ennemi de l'église de Rome a été l'un des plus grands princes de la Chrétienté, le comte Raymond VI de Toulouse. Raymond était un souverain féodal dont l'autorité s'étendait sur une très grande partie de ce qui est maintenant connue comme la France, mais était alors connu comme le Languedoc. Le crime de Raymond était qu'il gouvernait un pays où l'autorité de l'église était en déclin, et qu'il ne faisait rien à ce sujet. Cela résonne comme aujourd'hui, quand les gens modernes se réveillent au corporatisme qui s'est étendu sur notre monde et se tournent vers des alternatives dans tous les domaines et que quelqu'un doit bien y faire quelque chose ! Entrent la MIVILUDES ,la CIA et la Guerre contre la Terreur !

L'objectif déclaré de la croisade était de renverser un prince à la légitimité incontestée, qui était plus enclin à soutenir son peuple que l'église. L'église de Rome a vu que son existence dans le Midi de la France dépendait de mettre le pays sous le contrôle d'un étranger, d'un gouvernement externe qui écraserait la rébellion et qui ne se rebellerait pas contre l'église elle-même. (Je ne vais pas continuer de souligner combien cela reflète l'attitude de la MIVILUDES en France et de la CIA aux Etats-Unis car je pense que le lecteur va effectuer les connexions !)

En bref, les objectifs de l'Eglise étaient impérialistes. L'impérialisme est toujours un mauvais signe. La principale caractéristique de déviants pathologiques, les psychopathes en particulier, est qu'ils veulent toujours tirer la «grande arnaque», pour prendre ce qui appartient à autrui, ce qui a été légitimement gagné ou travaillé par d'autres, et de le faire sans travailler eux-mêmes, en manipulant émotionnellement et psychologiquement les autres afin de l'obtenir pour eux, ou de le prendre par la force. Dans de grandes arènes comme la politique, c'est ce qu'on appelle «l'impérialisme».

Les cathares étaient des pacifistes qui ont embrassé la tolérance dans une période où la tolérance n'était pas ce dont l'Église avait besoin dans son ambition démesurée de dominer le monde occidental. L'hérésie a grandi pendant une période de changement, d'expérimentation et de l'expansion des horizons - la restauration naturelle de la civilisation après les Âges Sombres. Les Croisés en Terre Sainte étaient revenus apportant de nouvelles idées, de [nouvelles] compréhensions que la vie pourrait être organisée différemment et que ceux qui vivaient ou pratiquaient différemment étaient aussi des êtres humains - et intéressant et précieux pour une société éclectique avec ça ! La propagation de telles idées a conduit à l'insatisfaction extrême avec l'Eglise catholique médiévale qui a été érigée sur la base de grands monastères et d'églises dominant les masses de paysans blottis dans le froid et la faim, et même d'aristocrates désireux de le faire au ciel. L'Eglise catholique a été essentiellement une société vendant le salut et tout le monde était censé être un rouage de cette grande organisation mécanique du « contrôle du salut ».

Cathar Country
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Les régions où le catharisme était dominant vis-à-vis de l'Eglise catholique.

Le catharisme a commencé à prospérer dans ces zones qui étaient de plus en plus démocratiques: les villes marchandes de l'Italie, et les centres commerciaux de Champagne et de la Rhénanie, et les villes indépendantes du Languedoc en France. Le catharisme était parfaitement adapté à la tolérance, le féodalisme protecteur du Languedoc, et pour cette raison, il devait être détruit.

Dans le nord, selon la loi salique des Francs, les femmes étaient exclues de l'héritage, et tout revenait à l'aîné des fils. Les plus jeunes fils et filles qui étaient incapables de se marier héritières ou héritiers, étaient du grain à moudre pour les usines monastiques catholiques, un système conçu pour accroître progressivement le pouvoir de l'Église. Dans le Languedoc, les femmes avaient des droits, pouvaient hériter et gérer leurs propres propriétés, et les fiefs étaient répartis parmi les enfants. Ceci a naturellement conduit à une répartition plus démocratique de la propriété, et a empêché un énorme pouvoir d'être réuni entre les mains d'une seule personne ou de tout groupe de personnes. Ceci a aussi, en quelque sorte, affaibli le Languedoc, car aucune personne ni aucun groupe restreint de personnes ne pouvaient mobiliser tous les hommes d'une région pour aller à la guerre pour l'ambition personnelle ou la cupidité. (Ceci est encore et toujours la faiblesse d'une véritable démocratie dans un monde où l'éducation sur la psychopathologie n'est pas répandue.)

C'est dans la langue occitane que la poésie des troubadours a fleuri. Dans les terres fertiles du Languedoc, l'amour d'une nature spirituelle a été révélé. Les troubadours chantaient l'amour courtois, la sublimation exaltée des désirs physiques pour des buts spirituels. L'ethos de la nostalgie amoureuse, de femmes spirituelles exaltées a révélé le moule différent de l'esprit du Languedoc.

Dans le même temps, au-delà de la Loire et du Rhin, les nobles du Nord étaient en train de chanter à propos d'épées dégoulinantes de sang et de viscères dispersées et exultaient, tout en masquant cette barbarie dans un étrange mélange de piété rapace un peu comme les chrétiens d'aujourd'hui qui soutiennent les extrémistes de droite de toutes nationalités.

Les villes du Languedoc étaient régies par les consuls et le droit romain a constitué la base de toutes les lois locales. Les consuls étaient élus parmi la noblesse de la ville et la bourgeoisie, et le bourgeois était le chevalier de l'égalité. Le comte de Toulouse n'avait aucune autorité légale dans sa propre ville, et on ne lui obéissait que tant qu'il respectait et défendait le droit local commun. Chaque bourgeois avait le droit d'acheter, de vendre, ou de s'engager dans le troc sans payer de droits ou de taxes sur ces transactions. Il n'y avait pas de restrictions placées sur les mariages et les résidents étrangers bénéficiaient de droits citoyens à part entière indépendamment de leur nationalité ou de leur croyance. Ces villes libres étaient les centres de la vie sociale du pays et l'élection d'un consul était un grand événement public avec des processions et des apparats.


La région historique du Languedoc de la France méridionale

Sur les fleuves du Rhône et de la Garonne, on transportait des marchandises et des matières premières à travers toute la terre, et Marseille, Toulouse, Avignon et Narbonne étaient les principaux ports maritimes. Il y avait un relâchement des traditions de caste, et les Juifs et les Arabes se mélangeaient librement dans les villes melting-pot du Languedoc. L'esprit d'indépendance du pouvoir princier était fort dans le Midi.

Principalement commerciales, les villes du Languedoc étaient assez opulentes et modernes comparées aux villes du Nord telles que Paris, Troyes ou Rouen. Les villes du sud avaient des universités qui enseignaient la médecine, la philosophie, les mathématiques, l'astrologie, et plus encore. Les œuvres des philosophes arabes étaient censurées à Paris, mais étaient disponibles à Toulouse. Les médecins arabes et des marchands venaient du Languedoc, et les «infidèles» n'étaient pas considérés comme des «ennemis naturels». Les Juifs étaient pleinement intégrés dans la vie publique et tenus en haute estime par la population en général. Dans certaines villes, les Juifs étaient consuls ou magistrats.

Une chose est certaine, la vie dans le Languedoc était plus laïque que partout ailleurs, et par conséquence, la vie en général prospérait à un degré plus élevé que dans les lieux sous la botte de l'intolérance religieuse. Les villes du Languedoc étaient des centres de culture, de grande industrie et de prestige.

La poésie, la littérature et la musique prospéraient également et faisaient partie de la vie quotidienne aussi bien pour la bourgeoisie et le commun des mortels que pour la noblesse. La poésie du Languedoc n'est pas seulement la plus ancienne dans l'histoire européenne, mais est aussi la plus sublime en termes d'inspiration. Il semble que la langue occitane a été par excellence la langue de la littérature. Même aujourd'hui, personne ne peut penser au Sud de la France sans se rappeler des troubadours. Le phénomène d'une aristocratie passionnément attachée à la poésie d'inspiration spirituelle, qui a consacré leur vie à vivre les idéaux de cet âge et de ce milieu, est inégalé par tout autre groupe ou période de l'histoire. Les nordistes prosaïques auraient pu penser que les Sudistes avaient laissé leurs blousons noirs, mais alors la plus haute ambition de la noblesse du nord était d'aider leur roi à mettre ses sous-vêtements.

La noblesse du Languedoc avait une idée différente de l'honneur que celle de sacrifier sa vie pour son roi, ou à attacher ses chaussures. En dépit de l'opulence de leur environnement, l'aristocrate du Sud avait un certain dédain pour les choses matérielles de la vie, combiné à une haute estime et même à l'exaltation des vertus personnelles qui possédaient une grande et noble volonté. L'adoration de la Vierge fut une déclaration de libre arbitre, une preuve que, même si l'on donne, et donne tout, cela est donné à une divinité privée selon un libre choix.

Il est très probable que la Dame du Languedoc était simplement un symbole de quelque chose de beaucoup plus profond et était directement liée à la connaissance qui a été maintenue par les parfaits cathares. Une chose est certaine : la noblesse du Languedoc permettait non seulement l'hérésie, mais était sa participante la plus célèbre et dévouée, partisane et défenseur.

Bien que le mystère entoure l'origine du catharisme, des recherches récentes indiquent qu'il était connecté au Gnosticisme des Bogomiles de l'Empire byzantin. Cette tradition peut se rapporter directement à la tradition ésotérique chrétienne révélée par Georges Gurdjieff, P.D. Ouspensky, et Boris Mouravieff, et peut effectivement être un conduit de transmission légitime des enseignements originels de l'homme autour duquel le mythe de Jésus a été formé. Il est suggéré qu'il était seulement une autre [tradition ésotérique] dans une longue lignée d'adeptes de cette tradition ancienne qui était également présente dans les sociétés mégalithiques. (Voir The Other God, (l'autre Dieu) de Stoyanov pour une excellente étude du dualisme.)

Le fait est que la soi-disant hérésie cathare était vraiment une religion rivale qui a rapidement gagné du terrain en Europe, et elle prétendait être le christianisme original. Ces croyants n'étaient pas des dissidents, ils étaient pleinement conscients d'appartenir à une foi qui était plus ancienne que l'Église de Rome elle-même. Qui plus est, ce qu'ils prétendaient était probablement la vérité.

Certains historiens modernes ont théorisé que le catharisme n'était pas une hérésie dû au simple fait d'être une religion complètement différente qui n'avait rien du tout en commun avec le christianisme que nous connaissons. La soi-disant hérésie cathare était fondée sur la question du Bien et du Mal. L'os irréductible de discorde entre les Cathares et l'Eglise Catholique était le rôle et le pouvoir du mal dans la vie des êtres humains. Pour les Cathares, le dieu du judaïsme était un Archonte des ténèbres. Ils rejetaient entièrement l'Ancien Testament comme étant le travail de ce dieu maléfique. Les Cathares considéraient l'autorité matérialiste, basée sur la soi-disant Sanction Divine comme l'Église le prétendait, comme une fraude.

Le Dieu cathare était un dieu de la lumière qui gouvernait la conscience invisible et ne se mêlait pas des affaires humaines. Le Dieu des Cathares se moquait tout simplement si vous couchiez avant le mariage, si vous vous associiez avec ou si vous vous mariiez avec des juifs ou des arabes, blancs, noirs, et si c'était un homme ou une femme. Pour les cathares, c'était la vie matérielle, la poursuite des choses matérielles, de l'argent, du pouvoir et de la possession, qui était la marque distinctive de l'idolâtrie.

Les cathares croyaient qu'il s'agissait d'un choix libre pour chaque personne de savoir si oui ou non ils voulaient renoncer à la vie matérialiste pour une vie d'abnégation, afin de se purifier des désirs matériels et donc «monter» dans un monde différent - un état édénique de pureté. Le seul «enfer» que les Cathares admettaient, était que si une personne n'avait pas choisi de se purifier elle-même, elle se réincarnerait encore et encore jusqu'à ce que ses désirs matériels et ses passions soient brûlées dans les souffrances de la vie matérielle. En bref, l'» enfer » était de vivre encore et encore dans cette vallée de larmes que nous appelons la vie terrestre.

Bonne douleur! Quel genre de religion ne cherche pas à contrôler les gens avec des craintes de l'enfer et de damnation ?

Un tel dualisme gnostique n'est pas nouveau, c'est une notion qui a été partagée par d'autres croyances à travers l'histoire. Pour les cathares, cependant, le carrefour unique de choix relevait de chaque être humain. C'est dans la conscience humaine que l'étincelle divine a été trouvée - le «royaume des cieux» - et cette étincelle était un vestige d'un état angélique antérieur de l'existence qui avait le potentiel d'être rachetée. Il était là, en chacun de nous, attendant d'être libéré du cycle de la réincarnation.

Maintenant, qu'y avait-il de mal à ce sujet ?

Cela devrait être évident. Si de telles idées étaient vraies, les sacrements de l'Église catholique étaient nuls et non avenus, et l'Eglise elle-même était une fraude, un canular cruel joué par ceux qui étaient seulement en quête du pouvoir (quel concept !). Si de telles idées étaient vraies, le statut d'être humain ne pourrait jamais être regardé de la même façon. Si tout le monde croyait, comme les cathares le faisaient, qu'un roi dans une vie pourrait être une fille servante dans une autre, un Juif dans une vie pourrait être un Arabe dans une autre, et que les femmes pourraient être des êtres spirituels hautement évolués - même les dirigeants - cela aurait donné un sens tout à fait différent sur la façon dont les êtres humains doivent se comporter les uns envers les autres.

L'une des accusations les plus graves contre les cathares était leur répugnance contre les serments. Il est difficile de comprendre cela maintenant, mais il peut être comparé à l'idée qu'un contrat moderne terrestre n'a aucun pouvoir contraignant lorsque des questions de moralité et d'éthique entrent en jeu. De prêter serment, en particulier les serments de fidélité, était le fondement contractuel de la société féodale. Il donnait un «poids sacré» aux contrôleurs de la hiérarchie, l'Église catholique. Si un individu brisait un serment, il pouvait être condamné par l'autorité de l'Eglise, à l'enfer. Les Royaumes, les successions, les obligations de service, tous étaient créés, transférés et maintenus par la médiation de l'Eglise. On pourrait dire que «jurer serment» était souscrire au corporatisme médiéval et imposé par l'Eglise catholique.


Un bas-relief du pape Innocent III - honoré au Congrès américain

Les cathares croyaient que lier les activités des entreprises et du gouvernement au Divin était un exercice de « Service de Soi » sinon totalement blasphématoire. De leur point de vue, Dieu était détaché de telles choses et toutes les idées selon lesquelles il était soit intéressé, soit portait attention aux agissements et aux gouvernements des êtres humains étaient pure fantaisie. Quiconque prétendait qu'il avait le pouvoir de contrôler les relations humaines, en menaçant de la colère de Dieu juste sur une parole, était orgueilleux à l'extrême.

Le catharisme enseignait que l'homme et la femme ne faisaient qu'un. Un être humain se réincarnait maintes et maintes fois - comme paysan, roi, garçon, fille, maître, serviteur - mais ce qui importait, était le divin, immatériel, androgyne - ou plutôt, sans sexe - le moi spirituel. Cela causait des dommages irréparables sur les enseignements de l'Église catholique au sujet de l'état de péché de la femme, de l'exclusion des femmes de l'héritage, de la «chute de l'homme» via la tentation d'Eve, et ainsi de suite.

En bref, le catharisme a été l'une des plus grandes menaces pour les Pouvoirs en place qui n'ait jamais existé - alors et depuis. (Nous remarquons que le rapport 2010 de la MIVILUDES cible spécifiquement les croyances dualistes comme 'dangereuses'.) L'église, les rois et les gouvernants qui comptaient sur l'Eglise pour contrôler les gens et donner du poids à leurs contrats, ne pouvaient pas permettre qu'une une telle hérésie se propage. Stimulée par l'Eglise catholique dans son alliance impie avec les aristocrates à la recherche du pouvoir, la puissance de l'Europe féodale tomba sur le Languedoc dans une furie vertueuse. Dans un certain sens, on pourrait dire que c'était une guerre entre la liberté spirituelle et le corporatisme spirituel.

La civilisation occidentale a atteint un carrefour similaire à la croisée des chemins où les cathares ont appris l'existence dans le cœur des êtres humains individuels : celui d'un retour à la conscience des royaumes angéliques, ou d'un nouveau cycle de répétition de la douleur et de la souffrance, encore et encore, de l'existence dans cette vallée de larmes que nous appelons la Terre.

L'historien R.I. Moore a fait remarquer que les années autour de 1200 ont été un tournant qui a conduit à la «formation d'une société persécutrice». Des choix ont été faits ensuite qui se propagent encore de nos jours dans la société humaine.

Et il est clair quel choix a été fait alors.

Nous sommes confrontés à des choix similaires aujourd'hui. Quand l'Église corporatiste et la Noblesse sont venues après les cathares démocratiques, le peuple du Languedoc ne s'est pas laissé faire. Mais, comme de tout temps, ceux qui luttent pour les droits du libre arbitre pour tous en sont empêchés par l'humanité elle-même, ils sont incapables d'atteindre la rapacité tenace qui refuse l'humanité aux autres afin d'être en mesure de les détruire sans pitié. (Ceci, bien sûr, est l'endroit où des connaissances psychologiques précises seraient de grande utilité, on ne peut pas traiter un déviant génétique psychologique comme un être humain avec une âme, mais il faut, bien sûr, les traiter avec la considération que l'on donne à une maladie rare - mais dangereuse - d'un espèce animale).

Le pape Innocent III avait besoin d'un incident explosif qui aurait enflammé l'imagination du public et justifié une déclaration de guerre. Le pape n'avait pas d'armée, et les croisades ont été, essentiellement, des opérations de volontaires. Le pape ne pouvait pas forcer quelqu'un à se battre, et donc l'idée était de persuader les nobles propriétaires et leurs escortes de soldats d'accepter de se joindre à eux. Cet incident a été fourni par l'assassinat de Pierre de Castelnau, qui a été attribué au comte Raymond. Ce fut le 9-11 ou l'incendie du Reichstag, ou l'évènement de la journée du golfe du Tonkin. Il y avait de très bonnes raisons, selon les experts historiques, de penser que Raymond n'avait rien à voir avec l'assassinat du Légat Papal, que c'était un coup monté, tout comme la prétendue attaque «terroriste musulmane » contre le World Trade Center de notre époque a été utilisée pour lancer une guerre mondiale impérialiste dans le but de saisir les ressources et de renforcer la dominance étendue.

Une campagne de propagande a été lancée. Les émissaires pontificaux, portant la coutume sanguinolente de Pierre d'un endroit à un autre, expiaient sur la tragédie d'un pays abandonné aux ravages de l'hérésie. Cela a été l'équivalent de montrer la chute des Twin Towers en boucle à la télévision accompagnée de discours incendiaires contre l'Islam. Tout comme nous le voyons de nos jours - et il en est ainsi à travers l'histoire - des calomnies fantastiques ont été créés et diffusées sur les cathares, comme il y en a eu sur les Juifs et plus tard sur les Templiers et maintenant les musulmans (pour ne citer que quelques-uns). On disait qu'ils consommaient les cendres des bébés morts et qu'ils se livraient à des orgies incestueuses. Les cathares ont été accusés d'homosexualité et de sodomie. Les hérétiques étaient accusés de désacraliser la communion du calice et de déclamer des blasphèmes contre les saints, en déclarant qu'ils étaient tous damnés. On peut aussi appeler ça une psy-op médiévale et COINTELPRO.

Les efforts de propagande ont été un tel succès que les volontaires de «Kill 'Em All» ( tuez-les tous) affluaient de toutes parts. Non seulement des chevaliers sans terres et l'espoir d'acquérir leur propre fief, mais aussi des paysans et des bourgeois. De types pathologiques, tous, sans aucun doute, y compris les psychopathes purs.

Les croisades en général ont longtemps fait partie de la structure sociale de l'aristocratie de l'Europe occidentale. C'était une façon de s'emparer des terres et de piller. Ce qui a fait devenir les croisades si populaires a été l'approbation de l'Église. Ceux qui allaient à la guerre « pour l'Eglise », étaient convaincus que, en pratiquant un métier (celui de guerrier et d'assassin) qui dans des circonstances différentes ne contribuent en rien à leur salut, ils servaient non seulement Dieu, mais épargnaient aussi leurs propres âmes. Les croisés appréciaient l'indulgence, les privilèges et pouvaient gagner le pardon pour les péchés les plus odieux tout en commettant des péchés encore plus odieux tels que tuer de façon brutale pour le plaisir de s'approprier des biens, piller, la célébrité et la fortune. Un très joli système pour les psychopathes et leurs disciples autoritaires, hein? Pas très différent d'aujourd'hui, quoi qu'il en soit.

Un autre leurre pour justifier les croisades était que c'était un moyen pratique de sortir de la dette. Les propriétés et les biens d'un croisé étaient sacro-saints pour toute la durée de son absence, et ses créanciers ne pouvaient toucher à rien, peu importe combien il leur devait. Malheureusement, ce n'est pas un avantage offert aux soldats de nos jours - ils sont utilisés, maltraités et abandonnés à un manque stupéfiant de préoccupation par les gouvernements du monde entier. Vous pourriez penser qu'ils pourraient se regrouper et demander une certaine considération. Oh, attendez, exact. Ils l'ont fait, encore et encore ... mais rien ne change jamais et les gens ne semblent pas être au courant de cet état de choses. Ils continuent de sacrifier leurs fils à la guerre après avoir été convenablement « programmés mentalement avec » un 'noble patriotisme' et terrorisés par la peur de méchants terroristes sous leurs lits.

La foi des Croisés qui pouvait exterminer d'autres êtres humains pour la Gloire de Dieu peut sembler méprisable pour nous maintenant, mais ce qu'a fait l'Amérique en Irak est-il différent? En Afghanistan ? En Libye ? Et l'Iran est-il le prochain [pays] ? Et les mains de la France ne sont pas propres non plus ! De même concernant les Britanniques. Il semble que, pour de tels esprits, la moralité humaine ordinaire, ne peut être considérée lorsque les intérêts de Dieu sont en cause. Peu importe que « les intérêts de Dieu « sont étonnamment assoiffés de sang et similaires aux intérêts de celui qui se trouve être au pouvoir. Il en est ainsi quand une religion est basée sur une construction de l'imagination humaine.

La foi catholique parmi les masses du Moyen Age a été profonde, sincère et violente dans son attachement à des manifestations extérieures. Ce fut une période de « religions terre à terre «, car l'envie de percevoir Dieu comme plus ou moins humain et concret avec un intérêt spécial dans son choix de certains êtres humains, a été un vigoureux mouvement (une allusion à la science matérialiste peut être vue ici). Quand l'Eglise avait interdit le mysticisme sublime des anciens Celtes (qui était étonnamment similaire aux croyances des cathares, cela dit en passant), ils se sont également emparés des mythes et légendes liés, en les transformant en Saints et histoires fictives relatant le martyre pour le christianisme.

Le monde de l'antiquité chrétienne a été rempli avec la vie des saints et des lectures de livres sacrés, qui a pris la place du théâtre, du cinéma, des magazines, et ce que nous appellerions des best-sellers. La littérature qui n'était PAS de caractère religieux, était presque inconnue, et généralement réservée pour le plaisir d'une petite élite. L'énergie créatrice de toute la société était entièrement axée sur la vie religieuse. Le désir frénétique d'incarner le Divin, pour le rendre concret, suggère un matérialisme très profond ; une grande estime pour les valeurs du monde physique mélangée à du mépris pour la vie humaine - et probablement BEAUCOUP de peur ! Ceux qui écoutaient les mots des envoyés des papes ont sans doute pensé qu'un crucifix mutilé était plus affligeant qu'un corps humain mutilé.

Et donc, une hérésie qui était opposée à la construction massive d'entreprises de la foi - cathédrales, églises, monastères, et la puissance royale accordée par cette foi - s'opposait vigoureusement à ceux qui s'accrochaient le plus frénétiquement à leurs coutumes religieuses comme si celles-ci étaient un patrimoine national. Et tout comme maintenant, il y avait incontestablement un grand segment de la population que l'on pourrait décrire comme des Disciples Autoritaires dans les termes de Bob Altemeyer - une population mécanique ignorante cherchant quelqu'un pour lui dire quoi faire, et les psychopathes volontiers obligés. En bref, les émissaires du Pape avaient peu de mal à mixer la colère et l'indignation de larges auditoires, et les cathares sont devenus des «ennemis de Dieu».

La guerre contre les cathares qui s'ensuivit était une guerre symbolisée par une vue particulière de Dieu et de l'Univers qui était portée par ceux dont les motivations du sentiment et de passion, étaient particulièrement brutales et corporatistes. La destruction du catharisme n'a été obtenue que par l'anéantissement de tout ce qui compose les traditions vivantes du Languedoc.

L'histoire de la croisade contre les cathares est une terrible histoire du triomphe de l'Archonte des ténèbres sur la lumière de l'Esprit et de la Liberté. Nous vivons, depuis, dans cette société qui persécute et qui a été formée par la chrétienté occidentale de cette époque.

La création de l'Inquisition

Beaucoup de gens pensent que l'Inquisition était comme quelque chose qui commença à éliminer les sorcières et le culte du diable, et le mot évoque des images de chevalet et les demoiselles de fer et toutes sortes d'équipements de torture bizarres et tordus. Bien sûr, la torture faisait partie de l'Inquisition, mais pas autant que certaines personnes pourraient le penser. Vous devez vous rappeler que l'Inquisition a commencé au cours d'une période de l'histoire où la vie humaine a été traitée avec tant de désinvolture par certains que couper le nez ou les oreilles ou les mains, ou crever les yeux était connu pour être une punition légale.


Un bas-relief du pape Grégoire IX - également honoré au Congrès américain

Après des années de massacres brutaux, de destruction des terres, de certains des événements les plus horribles jamais endurés, témoins de l'inhumanité de l'homme envers l'homme, le pape Grégoire IX décida que ce n'était que les résultats qui comptaient. Il avait l'intention d'anéantir le catharisme de la surface de la terre. Il avait dû se lever la nuit pour avoir créé le système bizarre qui a été mis en place pour faire face à l'hérésie. Ou peut-être que cette réflexion est naturelle pour les psychopathes.

D'abord, il créa des légats pontificaux spéciaux qui obtinrent de larges pouvoirs de poursuites similaires à ce que nous avons aujourd'hui dans l'absurdité de la patrie de la Sécurité aux États-Unis, et la MIVILUDES en France, et les envoya dans toute l'Europe. Les hommes choisis pour cette tâche étaient clairement psychopathes, et leur mission était de répandre la terreur dans toute l'Europe.

Grégoire trouva du personnel pour le palais épiscopal du Sud de la France avec les évêques psychopathes qui offraient une récompense en espèces à quiconque dénonçait un hérétique. Les incitations à trahir son prochain étaient sûrement tentantes en de meilleures périodes. Mais après plus de 20 ans d'armées de croisés déchaînés, à une époque où la famine et la destruction était partout, il était presque impossible de résister. Les termes étaient que les biens confisqués à l'hérétique étaient divisés entre l'informateur, l'église et la couronne. Naturellement, dans une terre qui était financièrement dévastée, où les gens étaient déplacés et affamés, après avoir été battus par cette même église et la couronne pendant des années, il y avait beaucoup d'individus dénonçant leurs voisins contre de l'argent du sang. Peut-être est-ce pourquoi les Pouvoirs en place) ont conçu la crise économique actuelle : afin de rendre les gens plus disposés à se monter les uns contre les autres pour une miette ? Il est certainement plus facile de renforcer le spectre complet de la dominance lorsque la population coopère !

Robert le Bourgre, qui signifie « le bougre «, (suggérant le mépris dans lequel il a été maintenu par le peuple), terrorisa le nord de la France autrefois en paix. Un autre légat, Conrad de Marburg trouva des hérétiques insoupçonnés un peu partout dans les terres de Rhénanie. Des milliers ont été envoyés au bûcher, souvent le jour même où ils étaient accusés. La MIVILUDES ? Et que dire de la « restitution extraordinaire « et de la « détention illimitée « issue de la nouvelle « Loi sur l'autorisation de la défense nationale « récemment promulguée aux États-Unis par Obama ?

Conrad allait sur sa mule avec deux assistants, apportant la terreur dans chaque village et ville qu'ils approchaient. Apparemment, même le clergé régulier a perçu ce non-sens et a finalement décidé de faire quelque chose. Le 30 Juillet 1233, un moine franciscain, poussé à agir au nom de la justice, intercepta Conrad et l'assassina. Ce fut la fin du règne pour le Pape. Il n'a PAS été amusé et il n'allait pas être privé de ses ambitions impérialistes. Il se tourna vers les Dominicains.

Au printemps de 1233, les inquisiteurs pontificaux furent nommés à Toulouse, Albi et Carcassonne. Ces inquisiteurs s'étaient succédés sur une lignée ininterrompue depuis 600 ans. (Je suggère qu'ils ont maintenant été remplacés par la MIVILUDES.) Des milliers de personnes furent sommées de témoigner devant les inquisiteurs. Les questions étaient répétitives, conçues pour semer le doute dans l'esprit de la personne interrogée jusqu'à ce que, exactement, l'inquisiteur sache, et qui lui avait dit. (Après avoir été interrogée par la police française 2 FOIS, j'ai une assez bonne idée de la façon dont ce genre de chose se passe !)

Une personne soupçonnée d'affinités avec les cathares n'était pas toujours informée des charges pesant sur sa tête ; si au courant du danger, elle n'avait aucun droit de savoir qui étaient ses accusateurs, et si elle osait demander de l'aide juridique, son avocat pouvait être accusé de complicité d'hérésie.

Ça ressemble de plus en plus à la MIVILUDES en France et à la guerre contre le terrorisme et Gitmo et toutes les nouvelles lois adoptées par la droite américaine depuis le 11/9 : la nouvelle Inquisition !

Quel que soit le verdict de l'inquisiteur - qui était tout à la fois procureur, juge et jury - aucun appel n'était autorisé. N'importe qui pouvait être détenu indéfiniment en prison pour un interrogatoire plus poussé sans explication. Hummm ... ce n'est pas que ce qui se passe aujourd'hui ??!

L'inquisition a détruit les liens de confiance qui maintiennent ensemble les sociétés. Informer sur son prochain est devenu non seulement un devoir, mais une stratégie de survie nécessaire.

Et c'est devenu ainsi en France et en Amérique aujourd'hui, comme le résultat des tactiques de la terreur d'une bande de déviants psychologiques.

Les Etats-Unis et la France partagent certaines idées inquiétantes


Les États-Unis et la France partagent certaines idées inquiétantes

Durant 100 ans, l'inquisition a été un fait sur le terrain de la vie dans le Languedoc. L'arrivée d'un inquisiteur dans une ville a été l'occasion d'un humiliant étalage de l'effondrement moral de même que l'arrivée de l'AIPAC ou de la MIVILUDES est l'occasion pour les législateurs et les journalistes d'enlever leurs chemises et d'afficher les larges stries jaunes en bas de leurs dos.

En théorie, bien sûr, nul ne pouvait être puni si personne ne parlait car l'inquisiteur ne pouvait pas agir sans une assignation de dénonciation, mais dans la pratique, aucune communauté ne possédait la cohésion requise pour lutter contre la puissance d'un tribunal secret. Et c'est le problème auquel sont confrontées les masses de l'humanité d'aujourd'hui. Parce que les déviants pathologiques existent parmi nous, et que nous n'avons pas la connaissance psychologique précise afin de les identifier et de les éliminer, nous courons constamment le risque d'être trahis par les autoritaires de droite qui se cachent dans notre société attendant juste le tour des Etats-Unis parce qu'ils ont une dent contre nous ou veulent nos biens.

Ils n'ont même pas à être déviants génétiques pour être dangereux. Dans l'Amérique d'aujourd'hui, les masses ont été soigneusement conditionnées en regardant la télé-réalité et Survivor, et ils connaissent les règles du psychopathe ainsi que la vie selon eux : Fais aux autres avant qu'ils ne te fassent. Cela est aussi vrai en France en raison de son système d'éducation/endoctrinement psychologiquement traumatisant. Et il en a été ainsi dans le Languedoc, le modèle historique de ce qui se passe en France et aux Etats-Unis aujourd'hui, et pour ce qui est arrivé en Allemagne sous Hitler, et de nombreux autres exemples de l'histoire.

Dès son arrivée dans une ville, l'inquisiteur consultait le clergé local. Tous les hommes âgés de plus de 14 ans, et les femmes âgées de plus de 12 ans, étaient tenus de faire une profession de foi dans l'Église catholique. Ceux qui n'étaient pas les premiers à être interrogés.

Ensuite, l'inquisiteur donnait un discours dans lequel il invitait les gens à passer quelques jours à réfléchir très, très fort sur leurs activités passées, présentes et futures, puis à venir dans la semaine suivante pour donner des dépositions confidentielles. Après une période de grâce de sept jours, ceux qui ne s'étaient pas dénoncés recevaient une citation à comparaître. Les peines allaient de la perte de biens à la perte de la vie. Comme vous pouvez le deviner, tout le monde se surpassait dans un effort de dénonciation d'eux-mêmes et de chacun d'entre eux.

Mis à part le crime capital d'être un cathare, les délits passibles de peines incluaient le délit d'abriter un cathare, ou même d'avoir omis de déclarer tout cas d'hérésie.

La véritable preuve de piété sincère envers l'Eglise catholique était définie comme le nombre de personnes que le pécheur était disposé à trahir !

Il n'a fallu que dix ans pour l'Inquisition, le travail de quelques fanatiques psychopathes, pour devenir une bureaucratie compétente qui a duré pendant les 600 ans déjà mentionnés |plus haut]. Celle-ci employait des centaines de personnes qui interrogeaient des milliers de personnes avec une régularité monotone telle qu'un «glossaire» régulier a été créé pour les «travailleurs». Armé d'une liste d'infractions proposées pour être considérées comme «hérétiques» ou «soutenant l'hérésie», qui incluait également le fait de savoir qu'un hérétique avait traversé la propriété de quelqu'un et d'avoir omis de le signaler, l'Inquisition procédait à l'intimidation de la population de l'Europe sur une échelle qu'il était impossible d'imaginer. Le grand nombre de personnes appelées à témoigner, et re-appelées à témoigner encore et encore, était stupéfiant. Maintenant, pensez au genre de questions que la TSA demande aux voyageurs dans les aéroports.

Dans un tournant étrange de l'ironie historique, les cathares - qui croyaient que le monde matériel est mauvais et hors de propos - inspirèrent la codification de l'Etat de police - la Théologie matérielle ultime.

Un recueil des recoupements des aveux extorqués à des dizaines de milliers de personnes fut compilé, créant ainsi une carte du paysage mental du Languedoc. Les quelques 5 000 transcriptions et plus des interrogatoires qui survécurent, ne représentent qu'une petite fraction du travail de l'Inquisition. Des manuels de l'Inquisiteur furent créés pour servir de guides pour le nombre croissant de tribunaux pontificaux en Europe. Ces manuels rappelaient aux inquisiteurs qu'ils étaient au service d'une entreprise qui sauvait les âmes, mais je pense que la distinction a été perdue pour ceux dont les vies ont été perdues ou ruinées par les jugements de l'Inquisition.

Le Languedoc était, essentiellement, le laboratoire de la répression.

La réputation de l'Inquisition fut renforcée par le talentueux inquisiteur de Toulouse, Bernard Gui, qui avait le rôle du méchant dans le film de Umberto Eco Le Nom de la Rose. Les inquisiteurs persuadèrent une poignée de cathares capturés de convertir et de vendre leur témoignage. Sicard de Lunel d'Albi donna aux frères une liste exhaustive de sympathisants cathares, et pointa même ses propres parents du doigt. Tous ceux qui l'avaient aidé dans sa vie de cathare, ne serait-ce juste lui donner un lit pour la nuit, un peu de nourriture, ou même un pot de miel, furent traînés pour être punis - et cela seulement basé sur sa parole. Lui et plusieurs autres personnes comme lui furent logés par la suite, dans un château en dehors de Toulouse dans la version médiévale du «Programme de protection des témoins». Sicard fut bien payé pour sa perfidie et vécut jusqu'à un âge avancé.

Torture
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"Poser la question"

L'usage de la torture a été délicatement mentionné comme « poser la question «. Dans le Languedoc, des vagues successives d'inquisiteurs hautement qualifiés, aidés par des informateurs et des tortionnaires, enflammés par la croyance totalitaire en l'église catholique, avec des manuels détaillés et des registres à rallonge sur «l'intelligence», mirent à genou lentement mais sûrement le catharisme - et une merveilleuse société productive - dans l'oubli. Des milliers de drames de conscience périrent dans les donjons ou dans les feux éteints par le sang. À la fin du siècle, seul le vrai héros osait dire que ce monde était l'enfer ...

Ce n'était pas un système juridique, c'était un système conçu pour générer la peur. Et c'est donc la guerre basée sur la terreur dans l'Amérique d'aujourd'hui, qui est né dans l'esprit dément de prêtres qui ont «sauvé des âmes » en tuant des gens. Et, malheureusement, la contagion a déjà infiltré la France et se développe, sous Sarkozy, en métastases via le nouvel organe inquisitorial : la MIVILUDES.

Maintenant, comment tout ceci est lié à la Renaissance et à la naissance de la Science ?

Les croisades contre les cathares ainsi que l'Inquisition ont été suivies de très près par la peste noire. Comme je l'ai souligné dans mon article «Nouvelle lumière sur la Peste Noire », en citant le dendrochronologiste Mike Baillie, on pense que la peste noire, l'une des pandémies les plus meurtrières de l'histoire humaine, a tué peut-être les deux tiers de la totalité de la population de l'Europe, sans parler des millions de morts partout sur la planète, et ce n'était probablement pas la peste bubonique mais plutôt une mort due à une comète(s)! (incluant également des éléments pathogènes apportés par la comète). L'astronome, Victor Clube écrit:
Au moins un chroniqueur rapporte, concernant la cause la plus immédiate de la peste en 1345 qu'«entre Cathay et la Perse il tomba une grande pluie de feux ; tombant en flocons comme la neige et brûlant les montagnes et les plaines et les autres terres, avec les hommes et les femmes; et déposa alors de grandes masses de fumée, et celui qui voyait cela mourait en l'espace d'une demi-journée...» Il semble y avoir également peu de doute qu'un refroidissement mondial de la Terre ait joué un rôle fondamental dans le processus. La calotte polaire arctique s'est étendue, changeant le modèle cyclonique et menant à une série de récoltes désastreuses. Ceci à son tour conduisit à une famine généralisée, à la mort et à des perturbations sociales

En Angleterre et en Écosse, il y a une situation de villages et de fermes abandonnés, de flambée des prix du blé et de baisse de la population.

En Europe de l'Est il y a eu une série d'hivers de gravité sans précédent et accompagnés d'énormément de neige. Les chroniques des monastères en Pologne et en Russie parlent de cannibalisme, de fosses communes débordant de cadavres, et de migrations vers l'ouest.

Avant même que la Peste Noire ne survienne, une catastrophe humaine de grande proportion était en route à la fin du Moyen Âge. En effet, la vague de froid dura bien au-delà de la période de la ... peste. Un certain nombre de ces fluctuations se trouvent dans les archives historiques, et il y a de bonnes preuves que ces contraintes climatiques sont liées non seulement à la famine, mais aussi à une époque de grands troubles sociaux, de guerres, de révolutions et de migrations de masse. (Clube, L'Hiver Cosmique)
Comme le note Clube, la réforme protestante a été en partie due au fait que les puissances de l'époque, l'Église catholique, avaient construit leur système de contrôle basé sur le système aristotélicien d'un «Dieu est au ciel et tout ira bien dans le monde si vous êtes un bon chrétien catholique «. Évidemment, ils ne voulaient pas parler d'un cosmos qui se déchaînait et sur lequel leur dieu vanté n'avait aucun contrôle. Et le fait que les choses se déchaînaient ainsi et que l'église ne pouvait rien y faire (sans parler de la corruption de l'église qui était manifeste pour les masses) a donné des munitions aux réformistes, qui étaient alors en mesure d'attirer de nombreux adeptes tout comme le christianisme a attiré Constantin à une époque où les dieux païens ne semblaient pas être capables d'aider face au bombardement cométaire.

Les protestants étaient donc en mesure d'utiliser la situation à leur avantage, suggérant que c'était «La Fin des Temps» et que tout cela faisait partie du plan et les gens pourraient être sauvés seulement s'ils rejoignaient le camp des protestants!

Incubus
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Qu'est-ce qui se cachait vraiment derrière les chasses aux sorcières massives au Moyen Age ?

Bien sûr, une fois que les protestants eurent « gagné leur place «, pour ainsi dire, eux aussi, avaient à établir l'autorité et à adopter le point de vue aristotélicien ! « Maintenant, Dieu est au ciel et tout ira bien et il n'y aura plus de perturbations catastrophiques tant que tout le monde ira à l'église, [paiera] les dîmes, et obéira aux autorités désignées ! ».

En 1450, 100 ans après que la peste noire eut détruit environ la moitié de la population de l'Europe, la guerre de Cent Ans arrivait à sa fin, la soi-disant Renaissance surgit à la suite de toutes les questions posées et travaillées par ceux qui voulaient la vérité et qui avaient été élevés dans l'idée qu'il y AVAIT Une Vérité.

La persécution des sorcières commença à ce moment-là. Les protestants et les catholiques s'accusaient mutuellement et les premières décennies des années 1600 furent infectées par une véritable épidémie de démons ! Cela dura jusqu'à la fin de la Guerre de Trente Ans. Il est dit que si la publication du Malleus Maleficarum fut le début de la terreur, la Paix de Westphalie en 1648 en fut la fin. Ces derniers temps, le Malleus a été examiné de façon critique, mais pas par des personnes ayant une prise de conscience sur des événements cosmiques de l'époque. Néanmoins, ce qu'ils ont observé a une incidence sur notre sujet ici : les Démons Sexy.
Un soir, il y a 10 ans, Walter Stephens était en train de lire le Malleus malificarum. Le Malleus, comme les érudits s'y réfèrent, ne serait pas le choix de tout le monde pour un livre de fin de soirée. Habituellement traduit comme Le Marteau des Sorcières, il a d'abord été publié en Allemagne en 1487 comme un manuel pour les chasseurs de sorcières pendant l'Inquisition. C'est un texte effrayant - utilisé pendant 300 ans, surtout dans l'Age de Raison - qui justifie et détaille l'identification, l'arrestation, l'interrogatoire, et l'exécution de personnes accusées de pactiser avec les démons, signant des pactes avec le diable, et effectuant des maléfices ou de la magie noire.

«Il était 11 heures du soir », se souvient Stephens. «Ma femme était allée se coucher, et sur la première page [du Malleus], il y avait cette phrase étrange au sujet des gens qui ne croient pas en la sorcellerie et ne croient pas aux démons: «Par conséquent, se fourvoient ceux qui disent que de telles choses comme la sorcellerie n'existent pas, mais que c'est purement imaginaire, même malgré le fait qu'ils ne croient pas que les démons existent, excepté dans l'imagination des ignorants et des vulgaires, et qu'il attribue à tort à quelque diable supposé les accidents naturels qui arrivent à l'homme. »

Cette phrase alambiquée concordait avec une curieuse ligne que Stephens connaissait issue de Il messaggiero, un travail de 1582 du poète italien Torquato Tasso : «Si les magiciens et les sorcières et les possédés existent, [alors] les démons existent, mais il ne peut pas être mis en doute qu'on les retrouve dans tous les échantillons d'époque issus des trois époques précédentes : ainsi il n'est pas raisonnable de douter que les démons existent dans la nature«.

Stephens, le professeur Charles S. Singleton d'études italiennes dans le département Hopkins des langues romanes, est un critique littéraire, et il a senti que quelque chose d'intriguant se cachait derrière le texte de la page. Tasso, et surtout l'auteur du Malleus, un théologien et inquisiteur dominicain nommé Heinrich Kramer, avaient investi, dans leurs travaux, une quantité d'énergie similaire en réfutant le doute sur l'existence des démons. Quelle était cette histoire?

Durant 8 années, Stephens lut chaque traité qu'il pouvait trouver sur la sorcellerie, ainsi que les récits des interrogatoires, des traités théologiques, et d'autres œuvres (sa bibliographie en liste 154 de base et plus de 200 sources secondaires). La plupart des 86 traités de sorcellerie qu'il cite avait été écrit dans l'Europe de l'ouest durant les 15ème, 16ème, et 17ème siècles, et l'un après l'autre (y compris le Malleus) [chacun] contient des récits de relations sexuelles avec des esprits sataniques. Pourquoi ? Les auteurs étaient-ils d'impitoyables misogynes déterminés à représenter les femmes sous la pire lumière qui soit ? Étaient-ils, de sinistres célibataires refoulés qui se lâchaient en écrivant des récits de parties de sexe démoniaques ? Stephens ne le pense pas ; les textes, de son point de vue, ne supportaient pas cette lecture. Ailleurs, dans le Malleus, il avait trouvé une référence clé concernant les sorcières accusées sous la torture d'être « des témoins experts de la réalité de l'interaction charnelle entre humains et démons. » Ces gars-là essaient de construire des preuves que les démons existent, pensait-il. Ils essaient de convaincre les sceptiques. Et puis il pensait, ils essaient de se convaincre eux-mêmes.

La thèse de Stephens revoit profondément la sagesse conventionnelle des siècles de cruauté et d'injustice. La grande chasse aux sorcières européenne, dit-il, étaient une excroissance d'une grave crise de la foi. Les hommes qui écrivaient des livres comme le Malleus, les hommes qui approuvaient la torture et l'incinération de dizaines de milliers de personnes innocentes, avaient désespérément besoin de croire aux sorcières, parce que si les sorcières étaient réelles, alors les démons étaient réels, et si les démons étaient réels, alors Dieu était réel. Non seulement réel, mais présent et attentif. En lisant attentivement les travaux rédigés par les auteurs de sorcellerie, Stephens dit, et vous le verrez, comment ces hommes éduqués, lettrés étaient profondément dérangés par une accumulation de soupçons à propos du fait que si Dieu existait, il ne prêtait pas beaucoup attention aux descendants d'Adam.

[...]

La persécution et la poursuite des sorcières autorisées, organisées, qui a culminé de 1560 à 1630 et a été presque entièrement un phénomène d'Europe occidentale, a commencé au cours d'une période de grave préoccupation dans l'église catholique romaine. Le monde européen dans le début des années 1400 était une épave. Le siècle précédent a été étiqueté par l'historienne Barbara Tuchman de « calamiteux «, et elle n'a pas exagéré. À partir d'environ 1315, une grande famine ravagea une grande partie de l'Europe occidentale. De 1347 à 1352, la peste noire tua plus d'un tiers de la population du continent. D'autres maladies et des épidémies supplémentaires de peste flagellèrent les survivants affaiblis. Comme si une catastrophe naturelle ne suffisait pas, l'Angleterre et la France choisirent de s'investir dans la guerre de Cent Ans de 1337 à 1453, la plus longue guerre de l'histoire. L'Eglise elle-même se fractura, déchirée par des hérésies massives organisées, et par un schisme qui conduisit trois hommes à se poser en même temps en tant que vrai pape. Comment un monde créé par un Dieu attentif, bienveillant, et engagé peut-il être un tel gâchis ? (Sexy Devils).
La question qui a conduit à la persécution des sorcières d'une part, et à la Renaissance d'autre part, était la suivante: Comment un monde créé par un Dieu attentif, bienveillant, et engagé pouvait être un tel gâchis ? La Réponse à cette question a conduit à la naissance de la Science.

En bref, à la fin, l'Eglise catholique abusa dans ses actions au cours de l'Inquisition, puis plus tard, elle conduisit à de nombreuses questions qui conduisirent à la Renaissance qui conduisit à la Réforme protestante, qui conduisit à la naissance de la Science, dont les types pathologiques se sont ensuite emparés comme cela arrive toujours de tout temps et tout lieu à moins que les gens ne prennent conscience de l'existence de types pathologiques parmi eux.

La religion de la Science

Ici, permettez-moi de noter que, au cours du dix-huitième siècle, il n'y avait pas ce que l'on appelle un « chercheur professionnel «. Ceux qui ont enquêté sur les questions scientifiques étaient des membres bien instruits issus des classes supérieures qui avaient beaucoup de loisirs et beaucoup d'argent pour soutenir leurs recherches. Ce fut l'âge d'or des Sciences. Plus tard, au XIXe siècle, certaines découvertes conduisirent à des considérations économiques et politiques, et c'est alors que la Science a pris le mauvais tournant, car ces gens-là qui ont tendance à penser en noir et blanc, ont aussi d'autres traits de personnalité qui incluent un besoin de dominer les autres, ainsi qu'une forte tendance à la cupidité. La poursuite de la science est devenue une carrière plutôt qu'un passe-temps, et une armée de travailleurs scientifiques cherchaient à servir les plans de ce qui allait devenir connu sous le nom de complexe militaro-industriel.


Pour en revenir à Darwin : quand Darwin a publié De l'origine des espèces, en 1859, les lignes de bataille entre Science et Religion (par opposition à une religion vs une autre différente, bien que nous devrions remarquer que c'est encore une guerre entre «croyances») commencèrent à se dessiner. Même ceux qui ne considéraient plus la Bible comme une référence, voyaient qu'un conflit se profilait. L'un devait choisir la science dans son aspect matérialiste total, ou bien être de « l'autre côté «. Aucune des deux parties ne permettait un juste milieu.

Alfred Russel Wallace
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Alfred Russel Wallace

Un certain nombre d'esprits scientifiques de l'époque s'aperçurent que la preuve de la conception - ou la conscience qui existait en dehors de la matière - pouvait être trouvée en investiguant scientifiquement le domaine du surnaturel. Alfred Russel Wallace - le co-fondateur avec Darwin de la théorie de l'évolution - était l'un d'eux. Son idée fut dans un premier temps de faire une étude de faisabilité afin de déterminer si les preuves pouvaient être collectées. Il ne vit rien qui approchait le niveau de preuve scientifique, mais il avait certainement vu des choses qui n'avaient pas été expliquées - et peut-être ne pouvaient pas l'être - par les Lois de la Science. Pour Wallace, l'évolution mécanique et la survie du plus apte ne répondaient pas à toutes les questions ou ne résolvaient pas tous les problèmes.

A la fin des années 1860, Wallace invita un certain nombre de scientifiques respectés - y compris le célèbre physicien John Tyndall - afin de l'aider dans ses recherches sur les phénomènes psychiques. Son idée était de créer une nouvelle branche de l'anthropologie. Il invita également le darwiniste convaincu, T.H. Huxley. Huxley refusa l'invitation par écrit: « tout cela peut être vrai, pour tout ce que je sais du contraire, mais vraiment je ne trouve pas d'intérêt dans le sujet ». Wallace le pressa et Huxley déclara qu'il avait « assez entendu de communications spirites pour savoir qu'elles n'avaient aucun sens ». (Gardez à l'esprit que Huxley est un biologiste autodidacte à une époque où la biologie était assez primitive, et devint l'un des anatomistes les plus qualifiés de son temps. Cependant, il semble avoir eu des motivations politiques. Il est dit à propos de Huxley que « Avant lui, la science était la plupart du temps une occupation de gentilhomme, après lui, la science était une profession. »)

Wallace renonça finalement à intéresser ses collègues scientifiques au paranormal. Au lieu de cela, il publia un document portant sur ses idées à propos desquelles la sélection naturelle pourrait avoir des limites et qu'une «intelligence outre-passante » pourrait être responsable du développement du comportement mental et moral. Il nota qu'un scientifique cherchant à explorer le soi-disant [domaine du] «surnaturel» se trouvait instantanément diffamé, « catalogué comme crédule et superstitieux, ou presque ouvertement accusé de mensonge et d'imposture, et ses expériences soigneuses et maintes fois répétées ignorées comme ne valant pas même un moment de considération. »

Mais Wallace était certain que la vie était quelque chose de plus que simplement de la matière. Il était convaincu qu'étudier le surnaturel pourrait aider à élucider la nature de la vie elle-même. Il déclara (sans doute à juste titre) que toutes les branches de la science souffriraient jusqu'à ce que les nombreux événements dans le monde de l'inexplicable soient sérieusement étudiés et «traités comme constituant une partie essentielle des phénomènes de la nature humaine.»

Wallace convainquit finalement l'un des scientifiques les plus acclamés de Grande-Bretagne, le chimiste et inventeur, William Crookes, d'enquêter sur les phénomènes. Crookes a été le découvreur du thallium, un métal mou qui est aussi une puissante neurotoxine. Plus tard, les scientifiques affirmèrent que Crookes s'était impliqué dans des recherches sur le paranormal seulement parce que son cerveau avait été endommagé par sa recherche sur les produits chimiques !

De son côté, Crookes a dit qu'il n'avait pas trouvé les idées de Wallace particulièrement convaincantes, et son engagement initial dans les expériences avait simplement pour but d'essayer de mettre Wallace dans le droit chemin. Il allait examiner quelques médiums, les discréditer complètement, et passer à plus de recherches scientifiques.

Le seul problème était le suivant : Crookes devint convaincu qu'il y avait nettement quelque chose d'un intérêt scientifique intense qui se passait. En 1871, il publia ses conclusions dans le Quarterly Journal of Science. Quelques mois plus tard, il publia un autre rapport sur les essais qu'il avait effectués sur le célèbre médium Daniel Dunglas Home.


Le médium doué Daniel Dunglas Home

D.D. Home était une épine dans la chair de la communauté scientifique matérialiste. Robert Browning était furieux que sa femme, la poétesse Elizabeth Barrett Browning, soit une partisane de Home. Après la mort de sa femme, il publia une attaque vicieuse sur Home sous la forme d'un poème, «M. crasse, le Médium». Au plus D.D. Home produisait des phénomènes au plus la communauté scientifique devenait furieuse. De nombreux critiques de Home avaient demandé à Michael Faraday d'intervenir et de démystifier Home. Faraday accepta à une seule étrange condition : que Home signe d'abord une déclaration stipulant que même si Faraday constatait que ses résultats étaient des « miracles ou le fait d'esprits », Home dénoncerait tout ce qu'il a fait comme «méprisable et indigne de l'humanité.» Quel est le plus curieux au sujet de tout cela, c'est la religiosité fervente de Faraday lui-même. Faraday, apparemment, ne trouvait aucune contradiction entre sa facilité à accepter les textes de la Bible tout en rejetant les phénomènes de Daniel Dunglas Home comme «blasphématoires».

Ce qui était - et est - remarquable dans cette bataille, fut la façon dont cela a été combattu: pas dans un laboratoire de sciences, ou dans l'évaluation équitable de la preuve, mais plutôt par la calomnie et la diffamation anonyme. Crookes était un scientifique brillant et sa réputation était si solide que ses expériences étaient difficiles à rejeter, même par les sceptiques confirmés. Charles Darwin, après avoir lu les rapports de Crookes a admis qu'il était «un homme beaucoup plus perplexe. Je ne peux pas ne pas croire les déclarations de M. Crookes, ni croire en ses résultats.»

Après que Crookes ait publié ses rapports, est apparu un article anonyme [écrit] par un individu qui prétendait connaître très bien Crookes dans le numéro suivant de la revue trimestrielle de Londres, un journal connu pour son dévouement pour le statu quo politique. Ce diffamateur anonyme décrit Crookes comme un scientifique d'une excellente capacité technique mais avec un triste manque d'intelligence. L'écrivain a ensuite déclaré: « Nous parlons à bon escient, quand nous disons que l'association de la Royal Society lui a été conféré avec beaucoup d'hésitation.» Ce fut un sous-entendu vicieux. Les faits sont que Crookes a été élu à la Société par un vote unanime et, comme il a été noté à l'époque, sans aucun débat !

Crookes attendait certainement que ses collègues scientifiques lui demandent de reproduire ses expériences, et peut-être de faire leurs propres expériences. Il s'était attendu à la critique de ses résultats, et peut-être à de meilleures propositions de protocole de test. Ce à quoi il ne s'attendait pas, était d'être calomnié de façon anonyme, ainsi que ses amis.

John Tyndall
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John Tyndall, physicien irlandais.
Il soutenait vigoureusement la séparation nette entre la science et la religion. Il était aussi un fervent chrétien et anti-catholique.

John Tyndall, qui avait déjà refusé l'invitation de Wallace, fit valoir qu'il n'y avait pas de place dans les salles de la science même pour la possibilité que la conscience puisse primer sur la matière. Il était un fervent évangéliste, partisan d'une science qui était irrévocablement contre toute notion de réalité au-delà du physique. En 1874, Tyndall fut élu président de l'Association britannique pour l'avancement des sciences. Il précisa qu'aucun chercheur digne de confiance ne pourrait poursuivre ces axes de recherche et garder leur réputation. Dans son allocution présidentielle, il appela tous les chefs spirituels de toutes les confessions religieuses, à se retirer : «La position inexpugnable de la science peut être décrite en quelques mots. Nous revendiquons, et nous devrions arracher à la théologie, l'ensemble du domaine de la théorie cosmologique. Tous les programmes et les systèmes qui donc empiètent sur le domaine de la science doivent, dans la mesure où ils le font, se soumettre à son contrôle, et renoncer à toute pensée de la contrôler."

En réponse à la rigidité croissante de la science, Henry Sidgwick, un classique au Trinity College, Cambridge, ainsi que Frédéric Myers, Edmund Gurney, et William James, constituèrent la British Society for Psychical Research. Ces hommes, et d'autres scientifiques éminents de l'époque, pensaient que des enquêtes objectives et intelligentes pourraient fournir des réponses à des questions métaphysiques. C'est là où les choses deviennent un peu étrange. Le BSPR se réunissait dans la maison d'Arthur Balfour, le futur Premier ministre britannique.

La sœur d'Arthur, Nora (Eleanor), était une mathématicienne douée qui appréciait de travailler avec son beau-frère, le célèbre physicien, John Strutt, lord Rayleigh. Durant des vacances en Egypte, Nora aida Rayleigh à améliorer la précision de la mesure expérimentale de la résistance électrique. Lors de son mariage avec Henry Sidgwick, elle tourna son esprit doué vers les questions de contrôle de la véracité des phénomènes psychiques. Mais même si un très talentueux - même brillant - groupe de chercheurs persistait dans ses explorations, avec des résultats remarquables répertoriés dans ses livres et procédures, la science traditionnelle et la religion ne s'intéressaient seulement qu'à défendre leur position, afin de prouver qui avait raison, et n'étaient pas le moins du monde intéressés dans la résolution de la confusion, ni dans la résolution des problèmes pressants des origines de la vie et du cosmos, lui-même, par défaut.

La question était - et est la suivante : s'il y a une existence au-delà du monde matériel évident, le royaume de la pensée morale et de l'inventivité, quelqu'un ne devrait-il pas y penser, l'investiguer, y répondre ? Et ces personnes ne devraient-elles pas être ces scientifiques qualifiés qui pourraient appliquer la méthode scientifique pour les problèmes, même s'il était nécessaire de reformuler la méthode pour faire face à des problèmes non matériels ?


Sir William Crookes - une des premières victimes de la mafia scientifique

On n'a qu'à observer ce qui est arrivé à William Crookes et ses expériences tout à fait extraordinaires ainsi que ses résultats pour voir comment une carrière peut être détruite si l'on sort des rangs rigides de la vision matérialiste. (Le lecteur pourrait vouloir explorer davantage cette bataille fascinante des Titans par la lecture de The Psychic de Pater Lamont et Ghost Hunters de Deborah Blum.)

Nora Balfour Sidgwick remarqua que la Science avait prouvé sa puissance et sa valeur chaque jour. Mais pour beaucoup de gens instruits, cela avait remplacé la religion comme le moyen le plus crédible pour expliquer le monde. Et c'est ça le problème: c'est devenu un système de croyance et a perdu ses racines d'un véritable style cognitif exploratoire. Elle a écrit: «le danger surgit lorsque le système devient un système de dogme qui est le maître au lieu de l'esclave

C'est le danger qui nous guette aujourd'hui.

Les 100 dernières années ont vu une explosion dans la connaissance de centaines - sinon de milliers - de nouveaux sujets, conduisant à une telle complexité qu'elle a nécessité une armée de scientifiques spécialisés et des budgets de recherche correspondant aux budgets nationaux de certains pays. Les gens ordinaires, peu importe l'éducation, ont été laissés pour compte, incapable de percer le nuage impénétrable des idées complexes qui ne sont intelligibles que par morceaux, et seulement pour les « experts attitrés «. Si nous vivions dans un monde où les choses iraient bien, où la faim et les disparités de ressources ne seraient pas si grandes, peut-être que ça importerait peu. Mais nous vivons dans un monde où la technologie développée par un soi-disant progrès scientifique nous affecte tous les jours dans nos vies ordinaires. Il y a des préoccupations quant à la toxicité de nos sources de nourriture, manipulées par génie génétique. Il y a des préoccupations quant à la manipulation génétique de la reproduction humaine. Il y a des préoccupations au sujet de la domination croissante de l'industrie pharmaceutique sur la santé. Il y a des inquiétudes quant aux implications sociologiques de contrôle du comportement par le biais des médias de masse mondiaux qui dominent. Il est à craindre que la science couche avec le pouvoir et qu'elle soit utilisée au détriment de l'humanité dans son ensemble. Et la conséquence évidente de ces perceptions au sein des masses de gens ordinaires est une réaction anti-Science. Cette réaction n'est pas seulement dirigée contre les gouvernements et les sociétés multinationales qui emploient des scientifiques, mais aussi contre les scientifiques et la Science, elle-même.

Les scientifiques sont généralement réticents à se présenter et à parler de ce sujet; c'est aussi mauvais pour la carrière que d'enquêter sur un cosmos non-matériel. Donc, quand les scientifiques ne se regroupent pas et surveillent vraiment leur profession et leur image vis-à-vis des gens qu'ils sont supposés servir, le public est laissé à la merci de l'hystérie des tabloïds. Le niveau de confusion infligée à la population par les médias est horrible. Ceci est illustré par l'incapacité incessante des médias à faire la distinction entre un fait scientifique et une théorie.

Cela nous amène au livre Le Tabou de la subjectivité par B. Alan Wallace. Il écrit :
Comme un jeune homme aspirant à une carrière dans les études environnementales, j'ai trouvé cette position de scientifique exclusiviste aussi insatisfaisante que des revendications similaires de croyants religieux. La pollution mondiale, l'épuisement rapide des ressources naturelles, l'explosion démographique, l'extinction de plus en plus d'espèces, de la vie végétale et animale, et la prolifération des armes nucléaires, conventionnelles, chimiques et biologiques ont été quelques-uns des problèmes énormes pour lesquels des solutions purement scientifiques et technologiques étaient manifestement inadéquates. Ces problèmes ont non seulement été créés par manque de connaissances scientifiques - en réalité, beaucoup d'entre eux n'auraient pas surgi sans la connaissance scientifique -, mais par des vices de l'homme tels que l'avidité, l'agressivité et l'égoïsme. ...

Alors que la connaissance scientifique seule me semblait, en tant que jeune homme, être insuffisante pour faire face aux problèmes mondiaux, j'ai également été frappé par son inadéquation pour faire face à mes propres aspirations personnelles et conflits. Il était évident pour moi que l'on pouvait être bien éduqués, aisés, et vivre en bonne santé dans un environnement confortable et pourtant être toujours tendus, anxieux, et insatisfaits. Beaucoup de gens qui se trouvent dans cette situation tombent tout simplement dans la dépression, pour laquelle la médecine moderne prescrit des médicaments puissants afin de soulager leurs symptômes. Mais la discipline scientifique de la psychiatrie n'a pas de formule ou prescription pour trouver un sens inné aux choses, de contentement, d'accomplissement....

Je suis devenu tellement désenchanté avec toutes les options qui m'ont été présentées à la fois par l'éducation religieuse et scientifique que j'ai tourné le dos à ma société d'origine, à la recherche de la sagesse d'une civilisation radicalement différente et dégagée de l'Occident moderne. Cette quête m'a amené à Dharamsala, en Inde, la maison du Dalaï Lama et un noyau de la civilisation tibétaine en exil....

En 1949, les communistes chinois avaient envahi le Tibet, et dans les décennies qui ont suivi, en particulier pendant la Révolution culturelle, ils furent responsables de la mort de jusqu'à un million de Tibétains et de la destruction génocide de la civilisation tibétaine. Le cœur de cette culture est le bouddhisme tibétain, et à ce jour, il a été la cible privilégiée de l'agression chinoise. Cela indique qu'à l'heure actuelle le principal objectif idéologique de la mission chinoise au Tibet n'est pas l'imposition d'un système économique socialiste - dont le Dalaï Lama et de nombreux autres Tibétains sont heureux d'embrasser - mais un système de croyance qui est profondément en désaccord avec la vision du monde du bouddhisme tibétain. Cette idéologie est toujours propagée de force au Tibet, longtemps après que les idéaux socialistes de Mao ont été supplantés par les idéaux capitalistes de consumérisme et de développement industriel débridé.

Quelle est donc cette idéologie ? Selon la propagande chinoise actuelle au Tibet, c'est la doctrine selon laquelle la science présente le vrai point de vue de la réalité et les solutions aux problèmes de l'humanité doivent toutes être trouvées dans la technologie. La religion, cette doctrine déclare, c'est la superstition, et elle doit être extirpée par tous les moyens nécessaires, y compris l'endoctrinement forcé et la violence. Alors que ce serait merveilleux pour les Tibétains d'apprendre à propos de la science et la technologie - et le Dalaï Lama lui-même est très intéressé par une telle connaissance et il soutient fortement l'enseignement des sciences pour les Tibétains en exil - les Chinois ont plus l'intention de promouvoir une idéologie matérialiste plutôt que la science elle-même. Ainsi, j'ai trouvé que soutenue par le pouvoir politique et militaire sans restrictions par les idéaux de la démocratie, l'idéologie de la science peut être tout aussi intolérante et vicieuse dans sa répression des visions du monde concurrentes que n'importe quelle religion traditionnelle. En outre, alors que les Tibétains ont maintenu une économie durable pendant des siècles ainsi qu'une population en équilibre avec leur environnement naturel, depuis l'invasion chinoise, le Tibet a été largement dépouillé de ses forêts, sa faune a été ravagée, et ses villes ont été polluées; son plateau nord est maintenant utilisé comme un site de décharge pour les déchets nucléaires. Au lieu d'avoir la possibilité d'une éducation libérale dans la science moderne, les Tibétains ont été martelés par la poigne de fer d'une idéologie fondée sur la science qui a supprimé la liberté de pensée ...

La révolution scientifique qui a marqué le début de l'ère moderne a introduit un scepticisme nouveau concernant les hypothèses incontestées tant aimées, ainsi que de nouvelles méthodes afin d'explorer le monde naturel. ... Je plaide pour l'importance d'une pluralité de méthodes et de théories pour briser la domination de tout dogme qui insiste sur le fait que le monde doit être conçu et étudié uniquement en fonction de ses impératifs. ... Je soutiens que les principes fondamentaux du matérialisme scientifique, vrais pour le monde du matérialisme scientifique, ne sont pas nécessairement vrais pour la réalité dans son ensemble. Ces principes nous ont aidés à comprendre une certaine gamme de phénomènes naturels objectifs... mais ils ont en même temps occulté un large éventail de phénomènes subjectifs, y compris la conscience elle-même, et de cette façon l'adhésion dogmatique à ces hypothèses a limité la recherche scientifique et a appauvri notre compréhension de la nature dans son ensemble. ... le matérialisme scientifique a pris le rôle d'une religion, avec tous ses tabous et hérésies. (Wallace, 2004)
Encore une fois, je voudrais juste suggérer à Wallace qu'il lise Ponérologie politique afin de comprendre ce qui s'est passé pour le domaine de la science. La même dynamique se joue encore et encore. Et à la fin, de quoi est-il question ?

Il s'agit de la conscience. Cette question est cruciale, au cœur de la définition même de l'être humain.

La plupart des religions affirment que la conscience existe en dehors de la matière, que la matière est devenue vivante à la suite d'une certaine forme de conscience disposée à ce que cela se produise. De la même façon, Ils affirment que la conscience qui anime les êtres humains continue après la mort. Le courant principal de la Science insiste sur le fait que la conscience individuelle disparaît à la mort du corps. Cependant, il y a un problème avec ce point de vue. Vous voyez, à l'heure actuelle, il n'existe aucune technologie capable de détecter la présence ou l'absence de toute forme de conscience. Autrement dit, il n'existe aucune preuve directe de l'existence ou de la non-existence de la conscience. La science moderne n'a même pas un cadre théorique dans lequel mener des expériences. Donc, compte tenu de son ignorance de la présence ou l'absence de la conscience, la science est incapable de soutenir cette affirmation.

C'est en fait ahurissant que, avec toutes les nombreuses branches de la science, et toutes les technologies qui ont été développées (la plupart pour l'éradication de la conscience !) qui explore tous les aspects de notre univers, notre réalité, nous n'avons toujours pas de science de la conscience. En bref, il y a un énorme fossé dans nos connaissances sur le phénomène qui est le substrat même de nos questions et de notre savoir sur tout le reste ! Wallace nous dit :
... le Dictionnaire international de la psychologie affirme: «[c]onscience est un phénomène fascinant mais insaisissable : il est impossible de préciser ce que c'est, ce qu'elle fait, ni pourquoi elle a évolué. Aucun livre n'a été écrit à ce sujet » (Wallace, 2004)
Alfred Russell Wallace, le co-fondateur de la théorie de l'évolution, est finalement parvenu à la conclusion que la sélection naturelle ne peut expliquer l'homme lui-même. Il a écrit que «la nature ne dote jamais une espèce au-delà des exigences de la vie quotidienne.» Cela signifie qu'il y a un problème majeur en matière de comptabilité pour de nombreux aspects des êtres humains - du moins pour certains êtres humains. Stephen Jay Gould écrit:
« La seule alternative honnête est d'admettre la stricte continuité en nature entre nous et les chimpanzés. Et qu'est-ce que nous perdons ainsi ? Seul un concept archaïque de l'âme ...»
Ici Gould exprime le cœur du matérialisme évolutionniste, «le postulat que la matière est la substance de toute existence et que tous les phénomènes mentaux et spirituels sont ses sous-produits. » C'est le pivot du débat.

Feu Weston La Barre, professeur d'anthropologie à l'Université Duke, était consumé par une ferveur idéologique contre «l'ennemi» et a écrit que toutes les religions autres que l'évolution étaient des retraites mal adaptées de la réalité. Lors de l'examen de la philosophie platonicienne qui soutient les idées selon lesquelles les formes, les modes, les types et les archétypes ont une existence et leur propre réalité et par conséquent, sembleraient avoir une pertinence évidente pour l'évolution et les origines de l'espèce, il comparait régulièrement Platon à Adolf Hitler. Il négligait de mentionner- comme le font les vrais croyants des deux côtés du débat - que Hitler était un darwiniste convaincu - même extrême - croyant que l'homme a évolué à partir de singes, une proposition que Platon aurait jugé absurde.

Les écrits de nombreux grands chercheurs, y compris Carl Jung, les physiciens et les mathématiciens, suggèrent que Platon avait juste et qu'il y a des réalités immatérielles telles que les âmes, les archétypes, la conscience indépendante du cerveau physique, et bien plus encore. La preuve de ceci est réellement plus importante que les morceaux de preuve qui sont collés ensemble afin d'essayer de valider la macroévolution. Et, bien sûr, cela signifie que les partisans du darwinisme matérialiste sont ceux qui travaillent sous l'une des plus grandes illusions de l'histoire.

La physique quantique indique que la «matière» semble non seulement se dissoudre en vibrations aux niveaux les plus fondamentaux, mais qu'il est devenu évident qu'il y a un rôle structurant joué par la conscience. Il y a maintenant de nombreuses preuves accumulées concernant le fait que l'esprit existe de manière séparée du cerveau physique et que les phénomènes tels que la télépathie ne sont pas seulement démontrables, mais qu'ils sont conformes aux modèles de l'Univers par rapport aux causes non-locales.

En d'autres termes, le monde a changé sous les pieds des matérialistes évolutionnistes et il y a beaucoup plus dans notre réalité que le réalisme naïf sur lequel est basé le néo-darwinisme. Le fait que la plupart des évolutionnistes contemporains continuent de s'accrocher à des théories anciennes, brutes et mécaniques, en dépit des évolutions bien connues dans d'autres domaines scientifiques, est une preuve supplémentaire du caractère religieux de leurs croyances.

Et ici nous arrivons à une idée intéressante : la difficulté pour les deux types de croyants en une évolution purement mécaniste et pour les créationnistes, c'est que toutes les cosmologies qui sont suffisamment explicatives à propos des phénomènes que nous observons dans notre univers, ont des dynamiques et des implications plus profondes. A la fois les évolutionnistes et les créationnistes ne semblent pas être capables de véritablement saisir, d'avoir la pensée subtile nécessaire pour analyser ces implications. C'est comme si les deux genres étaient confinés dans une série de restrictions cognitives qui contrôlent leurs perceptions, leurs expériences et priorités. Lorsque nous recueillons des données sur ces genres d'individus - et ils se retrouvent dans toutes les classes et les professions - nous trouvons un certain facteur commun qui a été identifié comme le «type de personnalité autoritaire». Ce type d'individu est caractérisé par trois ensembles d'attitudes et de comportements qui sont liés entre eux tel que rapporté par Bob Altemeyer.
1. La soumission autoritaire - un haut degré de soumission aux autorités qui sont perçues pour être établies et légitimes dans la société dans laquelle on vit ou le groupe de collègues avec qui on est impliqué ou on travaille. Naturellement, si un grand nombre de ses collègues présentent des troubles de la personnalité - et il y a une forte probabilité pour que ce soit le cas dans n'importe quel domaine où il doit y avoir autorité sur les autres - alors on est inculqué dans la soumission à l'idéation psychopathologique.

2. L'agression autoritaire - une agressivité générale dirigée contre d'autres personnes qui sont perçues comme des cibles, selon les autorités établies telles que définies dans le numéro 1.

3. Le conventionnalisme - un degré élevé de respect des traditions et des normes sociales qui sont perçues comme étant approuvées par la société - ou son groupe de collègues - et ses autorités établies, et une croyance que les autres dans sa société devraient également être tenus de se conformer à ces normes. Une fois de plus, si les traditions et les normes sociales sont établies par les autorités avec ordres du jour contrôlés, tout est corrompu de haut en bas.
Selon Altemeyer :
«les autoritaires ont tendance à présenter des erreurs cognitives et des symptômes de mauvais raisonnement. Plus précisément, ils sont plus susceptibles de faire des déductions incorrectes à partir de preuves et de tenir des idées contradictoires qui résultent de la pensée compartimentée. Ils sont également plus susceptibles d'accepter sans critique des preuves insuffisantes qui soutiennent leurs croyances, et ils sont moins susceptibles de reconnaître leurs propres limites.» (Robert Altemeyer, Right-Wing Authoritarianism (l'autoritarisme de droite), University of Manitoba Press, 1981.)
Comme on peut le voir, cette description s'applique également aux deux côtés du «débat», chacun se soumettant de manière rigide à ses propres choix des autorités, se sur-identifiant avec ses propres groupes de collègues, en rejetant des preuves contradictoires et en attaquant ceux qui mettent en avant ces mêmes preuves ! Rappelez-vous que ce n'est pas nécessairement identifié par ce qui est cru, mais par la façon dont cela est cru et promu.

Les anthropologues sociaux soulignent l'étonnante diversité des sociétés humaines modernes comme une preuve de la plasticité de la psychologie humaine. Différentes sociétés ont des normes, des mœurs, des croyances religieuses, des coutumes, des rituels différents, et bien plus encore. Ils se demandent même comment cette diversité est possible ? Le fait que des êtres humains, qui sont, dit-on, tous membres de la même espèce, puissent éclore avec tant de façons différentes d'ordonner leur vie, est extraordinaire. Aucune autre espèce n'a cette variabilité. Cela implique qu'une espèce capable de cette diversité à travers les frontières spatiales peut aussi être capable d'une grande diversité sur les limites temporelles. Autrement dit, [les individus] peuvent changer et cela peut signifier soit l'évolution soit la régression.

Un autre point important ici est le suivant : de toute évidence, en général, les êtres humains ne sont pas génétiquement programmés pour être membres d'un groupe social spécifique ou d'un autre, mais il peut y avoir des implications génétiques ici comme les études de jumeaux de ces dernières années l'ont montré. Ce qui a été noté, c'est qu'un enfant né dans un [certain] ordre social peut être élevé dès l'enfance au sein d'un autre ordre social et apprendre à fonctionner parfaitement dans cet ordre adopté.

Chaque groupe social crée ses propres contraintes et les impose à ses membres. Cela signifie qu'il y a beaucoup de diversité à noter entre les différents groupes sociaux, mais dans un seul groupe, la diversité n'est pas très bien tolérée ! (Rappelez-vous les traits de personnalité autoritaire énumérés plus tôt) Si vous vous déplacez en tant que membre d'un groupe à un autre, vous devez changer toute votre pensée, vous adapter à un ensemble différent de contraintes qui sont imposées à vous par le groupe dans lequel vous vivez.

Bien sûr, il y a la question de savoir qui arrive avec les règles pour un groupe social donné pour commencer ? Certaines personnes peuvent se déplacer à partir du groupe social dans lequel elles sont nées vers un autre assez facilement parce qu'elles sont nées avec la mentalité qui est normale pour ce groupe. (Les anthropologues ne veillent généralement pas à mettre à jour les résultats des sciences cognitives.)

Ce que cela signifie, c'est qu'il y a un potentiel génétique pour la pensée et la manière d'être en ce qui concerne la diversification dans chaque être humain, un potentiel qui permet la croissance, mais avec à l'intérieur des paramètres particuliers comme l'a révélé la science cognitive. Dans ces paramètres, l'individu peut être inhibé et/ou formé par la société dans une certaine mesure plus ou moins grande en fonction de l'individu. La question est, comment? Ernest Gellner décrit la théorie de base de l'anthropologie sur la façon dont les sociétés sont formées. Il écrit :
«le fait de retenir les gens de faire une grande variété de choses, en incompatibilité avec l'ordre social dont ils sont membres, conduit à les soumettre au rituel. Le processus est simple : vous les faites danser autour d'un totem jusqu'à ce qu'ils deviennent agités par l'excitation et deviennent comme de la gelée dans l'hystérie de frénésie collective, vous améliorez leur état émotionnel par tous les moyens, par toutes les aides audio-visuelles disponibles localement, par des médicaments, de la danse, de la musique et ainsi de suite, et une fois qu'ils sont vraiment à un haut niveau, vous tamponnez leurs esprits avec le type de concept ou la notion à laquelle ils deviennent ensuite réduits en esclavage. Le lendemain matin, le sauvage se réveille avec une mauvaise gueule de bois et un concept profondément intériorisé. L'idée est que l'élément central de la religion est le rituel, et le rôle central du rituel est de doter les individus de concepts compulsifs qui définissent en même temps leur monde social et naturel et qui limitent et contrôlent leurs perceptions et leurs comportements, de manières à se renforcer mutuellement. Ces notions désormais profondément intériorisées les obligent à agir dans le cadre des limites prescrites. Chaque concept a un contenu normatif obligé, ainsi qu'un type de contenu descriptif organisationnel. Le système conceptuel trace les routes de l'ordre social et de la conduite nécessaire, et inhibe les inclinations à penser ou à se comporter de manière à transgresser ses limites.

« Je ne vois aucune autre explication sur la façon dont l'ordre social et conceptuel et l'homogénéité sont maintenus au sein des sociétés qui, en même temps, sont si étonnamment diversifiées les unes par rapport aux autres. L'espèce a en quelque sorte échappé à l'autorité de la nature, et n'est plus génétiquement programmée pour rester dans une fourchette relativement étroite de conduite, donc elle a besoin de nouvelles contraintes. La gamme incroyable de conduite génétiquement possible est réduite à un troupeau, et est obligée de respecter des limites sociales nettes. Ce ne peut être atteint que par des moyens de contrainte conceptuelle qui à son tour doit être en quelque sorte instillé. D'une certaine manière, des limites sémantiques culturellement transmises sont imposées aux hommes... » (Ernest Gellner, Anthropology and Politics, Blackwell, 1995.)
Bien que j'aie beaucoup d'admiration pour Gellner, je dois souligner que cette théorie sur la façon de contrôler les êtres humains a été comprise à peu près de cette façon des milliers d'années auparavant. Au cours de ma lecture, je suis tombée une fois sur un passage traduit à partir d'une fouille archéologique - une tablette hittite - où le roi écrivait que le clergé avait besoin du roi pour asseoir son autorité religieuse et le roi avait besoin des prêtres pour établir son droit de se prononcer. Ce contrôle prend tout son relief dans la falsification de l'histoire. L'Histoire, elle-même, devint une partie du contrôle. Après tout, le contrôle de l'information quotidienne est une fabrication de l'histoire. Quant à savoir comment fonctionne ce processus au niveau individuel, un passage dans Evil Genes de Barbara Oakley décrit ce que fait la « danse autour du totem dans un des groupes sociaux» sur le cerveau humain - y compris les scientifiques et les créationnistes, qui ont tous deux un attachement très fort pour leur système de croyance :
Une étude récente d'imagerie par le psychologue Drew Westen et ses collègues à l'Université Emory fournit un appui ferme sur l'existence du raisonnement émotionnel. Juste avant les élections présidentielles de 2004 de Bush-Kerry, deux groupes de sujets ont été recrutés - quinze ardents démocrates et quinze ardents républicains. On présenta à chacun des groupes des déclarations contradictoires et apparemment préjudiciables au sujet de leur candidat, ainsi que sur des objectifs plus neutres tels que l'acteur Tom Hanks (qui, paraît-il, est un gars sympathique pour les gens de toutes tendances politiques confondues). Sans surprise, lorsque les participants ont été invités à tirer une conclusion logique sur le candidat de l'autre - «mauvais» - parti politique, les participants ont trouvé un moyen d'arriver à une conclusion présentant le candidat comme mauvais, même si la logique aurait atténuée les circonstances particulières et permis de parvenir à une conclusion différente. Voici où ça devient intéressant.

Quand ce «contrôle émotionnel» a commencé à se produire, les parties du cerveau normalement impliquées dans le raisonnement n'ont pas été activées. Au lieu de cela, une constellation d'activations a eu lieu dans les mêmes zones du cerveau où les émotions telles que la punition, la douleur, et les émotions négatives sont vécues (c'est-à-dire dans l'insula gauche, le cortex frontal latéral, et le cortex préfrontal ventromédian). Une fois que le chemin a été trouvé pour ignorer les informations qui ne pourraient pas être rationnellement écartées, les zones neuronales de la punition s'éteignent, et le participant reçoit une rafale d'activation dans les circuits impliquant les récompenses semblables à la haute récompense qu'un toxicomane reçoit lors de l'obtention de sa dose.

En substance, les participants n'étaient pas prêts à laisser les faits influer sur leur prise de décision et leur éviter ainsi la dose rapide de la récompense. «Aucun des circuits impliqués dans le raisonnement conscient n'a été particulièrement engagé », dit Westen. «Principalement, c'est comme si les partisans faisaient tournoyer le kaléidoscope cognitif jusqu'à ce qu'ils obtiennent les conclusions qu'ils veulent, et ainsi ils les renforcent massivement, avec l'élimination des états émotionnels négatifs et l'activation des effets positifs... »

En fin de compte, Westen et ses collègues estiment que «le raisonnement biaisé émotionnellement conduit à « l'estampage » » ou le renforcement d'une croyance défensive, associant le discours «révisionniste» des données du participant avec une émotion positive ou de soulagement et d'élimination de la détresse. Le résultat est que les croyances partisanes sont calcifiées, et la personne peut apprendre très peu des nouvelles données, raconte Western. Les études remarquables de Westen ont montré qu'un processus de l'information neurale lié à ce qu'il appelle des « raisonnements motivés» ... apparaît comme étant qualitativement différent d'un raisonnement d'une personne qui n'a pas de participation émotionnelle forte dans les conclusions à atteindre.

Cette étude est donc la première à décrire les processus neuronaux qui sous-tendent le jugement politique et la prise de décision, et les processus impliquant les contrôles émotionnels, de défense psychologique, un biais de confirmation, et certaines formes de dissonance cognitive. La signification de ces résultats va au-delà de l'étude de la politique : «Tout le monde, des cadres aux juges en passant par les scientifiques et les politiciens, peut raisonner avec des jugements biaisés émotionnellement quand ils ont un intérêt direct dans la façon d'interpréter « les faits », Selon Westen. (Barbara Oakley, Evil Genes, Prometheus Books, 2008.)
C'est, essentiellement, un coup d'œil à l'intérieur du cerveau de la personnalité autoritaire.

Compte tenu de ce qui précède, il n'est pas difficile de voir comment se joue la corruption de la science, et ce que cela signifie pour l'humanité. Les psychopathes, une fois dans des positions de pouvoir et d'influence, interdisent les domaines de la science dont ils savent qu'elles sont dangereuses pour leur position. C'est une progression naturelle pour appliquer ceci à l'étude de la conscience. Ils font la promotion de leur propre paysage intérieur (matérialisme) par l'intermédiaire des sciences et la projette sur l'humanité dans son ensemble, bloquant efficacement les moyens par lesquels ils peuvent être identifiés comme anormaux. En créant une telle barrière sémantique, ils peuvent inhiber et façonner notre « potentiel génétique pour la diversification de la pensée et du comportement» dans le sens de leur choix. Nous perdons les outils nécessaires avec lesquels découvrir les véritables origines de leur pathologie, et les potentiels véritables de l'humanité normale. En niant l'existence d'un principe d'ordre de la conscience, ils nient l'existence d'un ordre potentiel vers lequel nous pouvons nous efforcer de tendre.

C'est là que nous trouvons la clé pour comprendre la corruption de la science et ainsi, de la société et de sa compréhension du monde. Il semble qu'une nouvelle construction sémantique a été en cours depuis que les individus pathologiques ont réalisé que la science pouvait être utilisée pour obtenir et maintenir le pouvoir : une domination totale.

Au moment où Darwin publia son Origine des Espèces au dix-neuvième siècle, un événement qui a marqué l'aboutissement d'une évolution progressive dans la société de la domination par la religion vers une domination par ce qu'on a appelé «la pensée rationnelle» et la science, les autoritaires savaient qu'ils avaient leur théorie du Tout : les processus aléatoires de la matière, pas de conscience nécessaire.

Ainsi s'est poursuivie l'application régulière de la pensée évolutionniste matérialiste qui est derrière l'explication de l'ordre de l'univers qui prévaut aujourd'hui. Il y a, sans aucun doute, des psychopathes dans le tas de bois agissant ici comme l'éminence grise derrière la science - la chose qui contrôle la plupart de nos constructions sociales et institutions - parce que nous ne pouvons certainement pas dire que tous les scientifiques, voire la plupart d'entre eux, sont des psychopathes. La profession elle-même exclut la plupart des psychopathes en vertu de l'exigence d'une intelligence supérieure. Cependant, il peut certainement inclure un grand nombre de membres qui sont autoritaires dans le type de personnalité.

En regardant l'histoire - plus particulièrement, l'archéologie - nous remarquons combien notre civilisation actuelle ressemble à l'Empire romain en réalité. Les Romains étaient certainement rationnels et scientifiques à de nombreux égards. Ils avaient des usines qui produisaient de la vaisselle qui a été trouvée dans les confins de l'empire, même dans les maisons paysannes. Ils avaient des usines qui fabriquaient des tuiles couvrant les têtes, même des travailleurs les plus pauvres et leur bétail. Une cachette contenant des lettres a été trouvée dans le nord de la Grande-Bretagne où les soldats écrivaient à la maison pour qu'on leur envoie des chaussettes qui apparemment étaient produites en grande quantité. L'armée romaine était supérieure parce qu'elle avait des équipements standardisés, produits en grandes quantités dans les usines situées dans les centres de l'empire. Grain, olives, huile, produits alimentaires de toutes sortes, produits de luxe, ont été produits en masse et distribués partout dans le monde romain. L'alphabétisation était évidemment très répandue, même pour les classes laborieuses. Il y avait des routes, des systèmes d'assainissement, de la cuisine raffinée, en un mot, tout ce que nous tenons pour acquis comme essentiel à la civilisation. La seule différence semble être que nous avons exploité des sources d'énergie que les Romains n'ont pas eu ce qui a permis à notre civilisation d'aspirer à la mondialisation. Mais dans presque tous les autres domaines, nous sommes exactement comme eux. C'est seulement la science qui nous a rendu plus grands et plus méchants, pour ainsi dire. Et, comme dit le dicton, plus ils sont grands, plus dure sera la chute. Cette chute peut être l'extinction de la race humaine.
La fin de l'Empire romain fut témoin des horreurs et des dislocations d'un genre que j'espère sincèrement ne jamais avoir à vivre, et cela a détruit une civilisation complexe, poussant les habitants de l'Ouest à revenir à un niveau de vie typique de l'époque préhistorique. Les Romains d'avant la chute étaient aussi certains que nous sommes aujourd'hui que leur monde continuerait toujours, pratiquement sans changement. Ils avaient tort. Il serait sage de ne pas répéter leur complaisance. (Ward-Perkins, 2005)