Aaron Swartz
© Noah Berger/Reuters
Aaron Swartz

Des centaines de scientifiques diffusent leurs articles gratuitement sur internet depuis le suicide le 11 janvier de l'« hacktiviste » Aaron Swartz à l'âge de 26 ans. Le jeune homme était une figure importante du militantisme en faveur du libre partage des connaissances et de l'information sur Internet.

Les proches du jeune homme établissent un lien entre son suicide et ses démêlés judiciaires. Il a été inculpé en juillet 2011 de fraude pour avoir dérobé des millions de pages d'archives numérisées du Massachusetts Institute of Technology (MIT) hébergées dans la base de données JSTOR afin de les mettre à la disposition de tous. Son procès devait débuter en avril et il risquait jusqu'à 35 ans de prison, ainsi qu'une amende d'un million de dollars.

« Le patrimoine scientifique et culturel de l'humanité tout entière publié au cours des siècles dans des livres et des journaux est de plus en plus numérisé et mis sous clef par une poignée d'entreprises privées: le partage [de fichiers] n'est pas immoral, c'est au contraire un impératif moral » écrivait-il en 2008.

En réaction à son suicide, le chercheur Micah Allen, spécialisé en sciences cognitives, a lancé le hashtag #pdftribute sur Twitter et a enjoint ses confrères à mettre gratuitement en ligne leurs publications. Plusieurs centaines de scientifiques ont suivi le mouvement.

En octobre 2011, alors que les accusations contre Aaron Swartz faisaient l'actualité, David Monniaux, chercheur français au CNRS, expliquait dans un article intitulé « Les rapaces de l'édition scientifique » publié dans Libération, qu'une poignée de grands groupes se partagent l'édition des articles scientifiques et fait des bénéfices considérables aux dépens des institutions scientifiques et des contribuables. Le coût des abonnements à ces revues sont prohibitifs, alors que les recherches qui y sont publiées sont déjà, pour une grande part, financées par des fonds publics.

« Comme la recherche publique, mais aussi une partie importante de la recherche privée, est financée par le contribuable, cela signifie que celui-ci paye trois fois (recherche, publication, abonnement) pour un document qui in fine n'appartient plus à la collectivité », exposait-il.

Soulignons qu'effectivement en psychologie notamment très peu d'articles scientifiques sont disponibles en libre accès. Ce qui constitue l'une des raisons pour lesquelles le public reçoit si peu d'informations de qualité dans ce domaine.

Voyez également :

« L'oligopole de l'édition scientifique nous prive tous des informations que nous payons déjà »