Science et Technologie
Carte


Magnify

Comment la peste noire a t-elle remodelé l'humanité pour le meilleur


Crédit Photo Creative Commons by wikipedia : Inspired by the Black Death, The Dance of Death or Danse Macabre, an allegory on the universality of death, is a common painting motif in the late medieval period.
La peste noire (1347-1351) a toujours bien mauvaise réputation : son nom inspirait autrefois la terreur. Pourtant une étude menée par la scientifique Sharon DeWitte de la South Carolina University montre comment la peste a participé à améliorer l'être humain.

La grande peste du XIV siècle aurait amputé l'Europe médiévale de la moitié de sa population modifiant pour des décennies les capacités de croissance économique. Mais quelles ont été les conséquences de cette élimination de la moitié du capital génétique humain de ces nations ? Pour répondre à cette question, les scientifiques ont analysé les ossements de centaines de cadavres décédés de la peste puis de centaines d'autres morts plusieurs générations après cette grande épidémie ayant touché la ville de Londres. Au total, 600 ossements enterrés dans les cimetières de Londres ont été analysés, les plus récents datant du XVIe siècle.

La réponse est étonnante : les descendants des survivants de la peste noire ont vécu bien plus longtemps et étaient en bien meilleure santé que leurs ancêtres. Le nombre d'adultes vivant au delà de 50 ans est bien plus important après le passage de la peste noire. Cette étude démontre à quel point une épidémie a la capacité de remodeler le développement humain. Comment expliquer ces changements? A priori les survivants ont bénéficié d'une amélioration de leur qualité de vie et ont bénéficié d'une nourriture plus abondante ; les premières victimes étaient comme souvent en de pareil cas, les plus faibles; les personnes âgées et les malades. Et si les lendemains ont du être horribles et difficiles pour les survivants, des villes et des villages entiers ayant été vidé de leurs habitants et les terres laissées à l'abandon, il est clair que plusieurs dizaines d'années après son passage, la peste avait remodelé l'être humain, permettant aux descendants des survivants de bénéficier d'avantages qui n'auraient jamais existé sans elle. Il est également probable qu'elle réalisa une sélection génétique de type darwinienne, laissant aux mieux armés génétiquement la capacité d'une descendance en meilleure santé. Ceci d'autant plus que de nombreuses autres récidives épidémiques de peste, certes bien moins importantes, continuèrent à frapper la population, en 1361, 1368, 1375, 1382, et 1390.
Fish

Certains animaux marins capables de régénérer leur système nerveux

© Inconnu
Bathocyroe fosteri, de l'ordre des Lobata, est un cténophore commun dans les eaux profondes. La bouche est orientée vers le bas.
Des études menées sur des créatures sous-marines ont mis en avant d'incroyables facultés de régénération du système nerveux. Si les mécanismes qui sous-tendent ce phénomène sont mieux compris des scientifiques et que des capacités biomoléculaires du même type sont détectées chez l'être humain, une grande avancée dans le domaine médical pourrait bientôt être réalisée.

Au fur et à mesure de la progression des recherches en neurosciences, des moyens d'adaptation et de « réparation partielle» de notre cerveau ont été découverts. Ces derniers se manifestent via un processus qui est connu aujourd'hui sous le nom de générique de neuroplasticité (voir ici). Pour autant, ces aptitudes sont somme toute relatives face à celles qu'a développée une famille de créatures sous-marines. Il s'agit des cténaires ou cténophores.
Chalkboard

Le point sur les ondes gravitationnelles

Gravity Waves_1
© Henze/NASA
Visualisation 3D d'ondes gravitationnelles produites par deux trous noirs
La grosse nouvelle scientifique de la semaine, du mois ou même de l'année a été annoncée par des titres comme « Big Bang : les ondes gravitationnelles d'Einstein enfin détectées » ou « Des physiciens découvrent des preuves du Big Bang ». La découverte est fantastique, mais ces titres sont trompeurs :
  • On avait déjà des preuves du Big Bang d'une part, et de l'existence des ondes gravitationnelles d'autre part.
  • L'observatoire BICEP2 n'a pas détecté directement des ondes gravitationnelles, mais un de leurs effets
  • Il manque un mot clé dans ces titres : « inflation ». Ce que les récents résultats confirment, c'est la théorie de l'inflation cosmique.
« Découverte des Premières Ondes Gravitationnelles de l'Univers et Confirmation de l'Inflation » est un bon titre, et c'est celui d'un excellent article [1] d'un autre c@fetier des sciences sur les résultats récents de l'expérience BICEP2 . Il y en a d'autres [3,4,*]. Ici je vais juste essayer de faire le point sur les ondes gravitationnelles.

Avec la relativité générale Albert Einstein explique la gravité par un champ gravitationnel déformé par les masses. Lorsque des masses sont accélérées, les déformations du champ se propagent, en principe à la vitesse de la lumière, un peu comme l'accélération de charges électriques produit des ondes électromagnétiques.

Comme la gravitation est l' interaction élémentaire de très loin la plus faible, cent milliards de milliards de milliards de milliards de fois plus faible que l'électromagnétisme, il faut des masses énormes soumises à des accélérations fantastiques pour que les ondes gravitationnelles émises aient une puissance suffisante pour provoquer un effet mesurable, et des instruments de mesure incroyablement sensibles pour les détecter.
Pi

Un bond en avant majeur pour l'ordinateur quantique

Un nouveau pas de géant vient d'être réalisé dans le milieu de l'informatique quantique, des chercheurs annoncent avoir enfin réalisé un « ordinateur quantique parfaitement fonctionnel ».

La science et la physique pourraient prochainement obtenir le saint Graal grâce aux dernières avancées dans le domaine de l'informatique quantique. Des chercheurs de l'UC Santa Barbara dirigés par le professeur John Martinis viennent de faire la démonstration d'un nouveau niveau de fiabilité des qubits.

silicium
© inconnu
Le qubit ( Quantum bit ) est la plus petite unité de stockage d'information de l'information quantique. En informatique traditionnelle, le bit classique ne se trouve que sous deux états différents : 0 ou 1 . Le qubit ajoute un principe de superposition et peut ainsi prendre la valeur 0 , 1 ou les deux en même temps.

L'informatique quantique promet un gain tant en rapidité de calcul qu'en puissance disponible, mais actuellement, la technologie se heurte à des problèmes de fiabilité induite par la nature fragile des états quantiques.

Grâce au principe de superposition, il est possible de mener des opérations de calcul multiples en simultanée, malheureusement, le qubit se veut particulièrement instable et a tendance à « oublier » rapidement son état. C'est pourquoi les chercheurs ont développé le code stabilisateur, un code quantique autocorrecteur qui fait l'objet d'améliorations dans le but d'atteindre les 99% de fiabilité et pouvoir enfin proclamer l'existence d'un ordinateur quantique pleinement opérationnel.
Attention

Un nouvel organisme crée avec de l'ADN semi-synthétique

© REUTERS/National Human Genome Research Institute/Handout
La double hélice de l'ADN, dont chaque barre est une paire "lettres" ou base. Leur succession, dans un ordre précis, constitue des gènes.
Une équipe américaine de chercheurs a enrichi « l'alphabet du vivant » avec une nouvelle paire de bases dans l'ADN d'une bactérie. Cet OGM d'un nouveau genre promet de révolutionner les médicaments et les nanotechnologies.

A, T, G, C... Ces quatre lettres, correspondant à des bases associées par paires, sont les notes de la partition de la vie, l'ADN. Il faudra en compter désormais six: une équipe américaine de chercheurs explique ce mercredi dans la revue scientifique Nature avoir créé le tout premier organisme vivant semi-synthétique.

Nouveau genre d'organisme génétiquement modifié (OGM), la bactérie au coeur de l'expérience accueille ainsi dans son ADN une paire de bases (nucléotides) artificielle. La biologie synthétique pourrait avoir de nombreuses applications sur les médicaments ou dans de nouvelles formes de nanotechnologies. La découverte remet en question l'idée de la nature universelle de l'ADN.

Commentaire: Bien évidemment, pas un mot sur les possibles effets secondaires et pernicieux de ce type de "création".

Galaxy

Astronomie - Un mystérieux sursaut radio rapide venu de l'espace détecté par Arecibo à Porto-Rico

Une poignée d'énigmatiques sursauts radio ultrarapides ont été détectés depuis 2007 par un observatoire en Australie. Un autre de ces événements, identifié cette fois à Arecibo, sur l'île de Porto Rico, a calmé les sceptiques. Bien que leur distance reste difficile à déterminer de même que la nature de leur source, si l'existence de ces sursauts se confirme, elle représenterait une découverte astrophysique majeure de ce nouveau siècle.

En consultant des données collectées dans les longueurs d'onde radio du Petit Nuage de Magellan (galaxie naine dans le voisinage de la Voie lactée), l'astrophysicien Duncan Lorimer a identifié pour la première fois en 2007 un sursaut radio de moins de cin
© Duncan Lorimer, NRAO, AUI, NSF
En consultant des données collectées dans les longueurs d'onde radio du Petit Nuage de Magellan (galaxie naine dans le voisinage de la Voie lactée), l'astrophysicien Duncan Lorimer a identifié pour la première fois en 2007 un sursaut radio de moins de cinq millisecondes. Leur galaxie hôte et leur origine demeurent inconnus.
Depuis quelques années, les scientifiques sont confrontés à une nouvelle énigme astrophysique. D'étranges sursauts radio qui ont la particularité d'être très rapides (quelques millièmes de seconde) sont émis par des sources lointaines et encore inconnues. Depuis leur découverte en 2007, ils sont appelés FRB (fast radio bursts) ou « sursauts Lorimer », du nom de leur découvreur. Dans un premier temps, ces phénomènes (une poignée) furent exclusivement détectés par un radiotélescope basé en Australie.

Dans ces circonstances, le doute était permis quant à leur existence tangible. Après tout, il pouvait s'agir d'artefacts d'origine terrestre, comme cela a été plusieurs fois suggéré par les sceptiques. Toutefois, la détection le 2 novembre 2012 à 6 h 35 TU d'un sursaut d'une durée de trois millisecondes par la célèbre grande antenne de 305 mètres de diamètre d'Arecibo à Porto Rico n'a pas manqué d'attirer l'attention. Aux premières loges, le professeur Duncan Lorimer (université de Virginie-Occidentale, États-Unis) rappelle à ce propos que « lorsque vous faites une nouvelle découverte, il est très important qu'elle soit confirmée par d'autres groupes [de chercheurs] utilisant d'autres instruments ».
Galaxy

Univers électrique : une autre définition du redshift

Traduction copyleft de Pétrus Lombard

Dans le spectre lumineux d'une étoile ou d'une galaxie, si les raies apparaissent à une fréquence plus basse (décalées dans le spectrogramme vers le rouge ou redshifted) que celle observées dans le spectre du Soleil, nous disons de cet objet qu'il présente un « redshift positif ». L'explication admise de cet effet est que l'objet doit être en train de s'éloigner de nous. Cette interprétation est une analogie avec le glissement vers le grave de la tonalité du sifflet d'un train s'éloignant rapidement de nous. La question est : Est-ce que les astrophysiciens modernes supposent que ce redshift est le seul effet produit par la vitesse de récession ? Il est devenu clair que la réponse à cette question est un NON ! catégorique.

Si la longueur d'onde d'une raie d'absorption dans le spectre d'un objet analysé apparaît à une longueur d'onde qui est, disons, 1,56 fois sa « longueur d'onde normale » (longueur d'onde observée en laboratoire sur Terre), nous disons alors que cet objet présente un redshift positif de z = 0,56. La valeur de z est tout simplement la partie fractionnaire de la longueur d'onde des raies spectrales analysées. L'interprétation simple de ceci est que cet objet doit donc s'éloigner de nous à 56% de la vitesse de la lumière (c), soit 0,56 x 300.000 km/s. Pour la majorité des astrophysiciens, la vitesse de récession étant : v = cz, cet objet doit donc être très loin de la Terre.

Mais une grande valeur de redshift ne signifie pas nécessairement que l'objet est éloigné. Il existe une autre cause, plus importante, de la valeur élevée du redshift.
Music

Le Son : système nerveux du cosmos ?

© laethian
Il existe un moyen de rendre les sons visibles. On appelle « cymatique » cette science énigmatique, qui puise ses racines dans l'histoire de l'univers. Quelle est la nature de l'onde sonore? Que sait-on vraiment de son pouvoir sur nous?

Allemagne, 18ème siècle. Ernst Chladni est un mathématicien doué et discret. L'homme est aussi musicien et sa passion pour le violon va le conduire à une découverte extraordinaire. Saupoudrant de sable un disque de cuivre, il en frotta le bord avec son archet. La plaque se mit à vibrer et le sable à se déplacer, dessinant d'authentiques formes géométriques. « Qu'on juge de mon étonnement voyant ce que personne n'avait encore vu », dira plus tard son ami et philosophe Lichtenberg, auteur de travaux sur l'électricité statique.
Beaker

Élément 117 : l'existence de l'ununseptium est confirmée

Une première confirmation de l'existence d'un nouvel élément de numéro atomique 117 avait été obtenue par un groupe de chercheurs en physique nucléaire états-uniens et russes en 2010. Récemment, une nouvelle équipe utilisant l'accélérateur d'ions lourds du GSI en Allemagne annonce à son tour qu'elle a créé et observé des noyaux de ce nouvel élément baptisé pour le moment ununseptium.

© G. Otto, Gesellschaft für Schwerionenforschung
L'intérieur de l'accélérateur linéaire de 120 mètres long du GSI (Gesellschaft für Schwerionenforschung) à Darmstadt en Allemagne. Il a permis d’accélérer les ions utilisés pour produire de nouveaux éléments et des isotopes radioactifs.
Blue Planet

Comprendre le cycle du carbone des océans

© PublicDomainPictures, pixabay.com, DP
Le lien entre hydrosphère et atmosphère est étroit, et c’est à l’interface des océans et de l’air que s’échangent d’abondantes quantités de gaz, notamment de dioxyde de carbone. Ces quantités dépendent notamment des écosystèmes marins, eux-mêmes liés à l’activité d’une bactérie, Alteromonas.
Les scientifiques pensaient que la décomposition du carbone organique dissous dans les océans était possible grâce à la complémentarité des espèces microbiennes. Pas forcément. Une seule bactérie, du genre Alteromonas, est capable de digérer le carbone sous toutes ses formes organiques, et contribue ainsi grandement à son cycle dans les océans, en libérant une partie sous forme de CO2 et en stockant le reste pour les autres maillons de la chaîne alimentaire.

Océans et atmosphère sont en communication permanente. Chaque année par exemple, ils échangent des dizaines de milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Ces flux dépendent entre autres fortement du cycle du carbone sous-marin, résultant aussi du fonctionnement des écosystèmes, qui le transforment, le stockent et le rejettent.

Commentaire: Il convient de garder à l'esprit toutes les âneries que l'on nous débite à longueur de temps sur le réchauffement climatique.

Top