Enfant de la Société
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People 2

« Nous sommes toujours des esclaves dans un monde qui se prétend libre »

Traduit de l'anglais par Nicolas Casaux

« Ça ne m'intéresse pas de devenir l'égale de mon oppresseur » : 5 questions à Detric Fox-Quinlan, activiste de la communauté noire US et écrivaine d'OccupyTheHood*.

(Carlos Latuff) Ces dernières années, le seul soulèvement provoqué par le racisme aux USA restait celui des années 90 à Los Angeles. Mais aujourd'hui, en un an, il y a eu Ferguson et Baltimore. Qu'est-ce qui a changé ?

(Detric Fox-Quinlan) Internet, c'est ce qui a changé les choses ! La technologie nous permet d'assister aux exactions en temps réel. Cette même technologie nous permet de nous connecter aux gens qui sont fiers d'être noirs ! Quand nous nous aimons nous-mêmes, nous nous battons contre ceux qui ne nous aiment pas ! Ce qui s'est passé en 92 avec Rodney King partait de la même brutalité policière résultant du suprémacisme blanc à laquelle nous faisons face aujourd'hui... les hommes et les femmes noirs étaient en colère parce que les officiers qui avaient brutalement battu Rodney King n'avaient pas été poursuivis, de la même manière qu'ils sont aujourd'hui en colère contre le fait que Darren Wilson n'a pas été inculpé pour le meurtre de Michael Brown. Nous voyons le gouvernement/l'État comme l'ennemi, et nous voulons riposter ! Il y a d'innombrables cas d'usage excessif de la force, de faute grave, et de meurtres d'hommes, de femmes et d'enfants noirs à l'actif des forces de police US sur les 23 années depuis Rodney King, mais la jeunesse de Ferguson a ravivé ce « COMBAT » parce que nous les avons vus SE DRESSER ET RIPOSTER en temps réel ! Baltimore est un cas de figure un petit peu différent de Ferguson, dans la mesure où ils sont un peu plus politisés.

Si on prend la couverture du magazine Time de cette semaine, qui compare les émeutes actuelles de Baltimore avec les soulèvements raciaux passés, aux USA, qu'est-ce qui a changé, et qu'est-ce qui n'a pas changé ?

L'oppression n'a pas changé. Ce qui a changé c'est la quantité innombrable de personnes noires qui sont prêtes à devenir les oppresseurs de leurs semblables, au lieu de travailler avec eux au renversement du système. Nous sommes toujours des esclaves dans un monde qui se prétend libre. Les couvertures comme celle du Time nous rappellent à quel point nous n'AVONS PAS PROGRESSE.

Gear

11 Septembre, peurs, dissonance cognitive : le syndrome de la maltraitance (partie 13b)

Partie 13a

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© Inconnu
Kevin Barrett : un moment de dissociation

Le Dr Kevin Barrett, expert de l'Islam et de littérature, et co-fondateur de l'Alliance islamo-judéo-chrétienne pour la Vérité sur le 9/11, postule que ce processus s'applique directement aux attentats du 11 Septembre 2001 - un événement dont il croit qu'il était conçu pour infantiliser le public à travers un choc psychologique ou la paralysie. « Nous avons connu un moment de dissociation », dit-il, « c'est pourquoi nous pouvons encore nous rappeler où nous étions et ce que nous faisions quand nous avons appris les attaques... Nous avons désespérément eu besoin d'une figure parentale pour nous dire comment donner un sens à la folie. » [16]

Snakes in Suits

Petits mensonges nucléaires entre amis

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© PREMIERES LIGNES TELEVISION
La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux ( Loir-et-Cher)
Une enquête édifiante sur les secrets de cette industrie dont on nous vante les mérites depuis les années 1960 (lundi 4 mai, à 22 h 55, sur Canal+).

A en croire ce documentaire, les mensonges sur le nucléaire français sont aussi toxiques que la radioactivité. Depuis les années 1960, les différents gouvernements nous assurent que les centrales nucléaires sont extrêmement sûres, au point qu'ils n'ont jamais eu à déplorer le moindre accident. Et ce n'est pas tout : l'énergie électrique - produite par les 58 réacteurs du pays - est propre et peu onéreuse. Un mythe, selon les auteurs de Nucléaire, la politique du mensonge ?,qui se font un malin plaisir de déconstruire - pour ne pas dire dégommer - la trop belle « fable » des bienfaits de l'atome.

Cette nouvelle enquête de « Spécial investigation » commence dans un village du Loir-et-Cher, Saint-Laurent-Nouan, où se trouve la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux qui, depuis son inauguration en 1963, a connu deux accidents passés sous silence par EDF. Le premier date de 1969, le second - plus grave - remonte à 1980. En cause : un défaut de maintenance qui a entraîné la surchauffe et la fusion de l'un des deux cœurs de réacteur, libérant ainsi du plutonium - matière hautement radioactive et dangereuse - que les responsables du site ont décidé, pour s'en débarrasser, de rejeter dans... la Loire. Une pratique illégale à cette époque et qui l'est toujours de nos jours.

Commentaire: Dernier petit mensonge en date :

- Tchernobyl : un incendie de fôret qui triplera la radioactivité en France... mais pas de quoi s'inquiéter on vous dit!


Cow Skull

Les traités de libre-échange et la malbouffe : le cauchemar mexicain

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Les transnationales de l’alimentation ont compris que les principaux marchés pouvant assurer leur croissance se trouvent dans le Sud. Elles cherchent donc à changer les régimes alimentaires et à accaparer les marchés des gens les plus pauvres de la planete
Cela fait plusieurs années que les transnationales de l'alimentation ont compris que les principaux marchés qui peuvent assurer leur croissance se trouvent dans le Sud de la planète. Pour augmenter leurs profits, ils doivent « fouiller dans la pyramide », comme le dit une société privée, c'est-à-dire développer et vendre des produits destinés particulièrement aux millions de pauvres de la planète. Des gens qui ingèrent des aliments locaux produits par eux-mêmes et obtenus dans des marchés informels qui leur fournissent leur propre nourriture. Pour atteindre ces consommateurs potentiels, les sociétés alimentaires inondent et s'emparent des canaux traditionnels de distribution et remplacent les aliments locaux avec une nourriture bon marché, transformée, la malbouffe, bien souvent avec l'appui direct de gouvernements. Les accords de libre-échange et sur les investissements sont un facteur crucial de ce processus d'accaparement, de substitution et de profits accrus. Le cas du Mexique nous présente un portrait cru et sombre des conséquences de ces transformations.

Malnutrition, insécurité alimentaire et « diabésité » au Mexique

Au Mexique, la pauvreté, la faim, l'obésité et les maladies viennent ensemble. Les gens luttent pour pouvoir acheter suffisamment de nourriture pour survivre, mais en plus, beaucoup des aliments qu'ils ingèrent les rendent malades.

En 2012, l'Instituto Nacional de Salud Pública de México (Institut national de santé publique) a publié les résultats d'une enquête nationale sur la nutrition et la sécurité alimentaire connue sous le nom d'Encuesta Nacional de Salud y Nutrición (Ensanut) (1) L'étude d'Ensanut a utilisé l'échelle latino-américaine et caribéenne de sécurité alimentaire pour établir le seuil de consommation minimal nécessaire à une vie saine et active. (2) Les résultats montrent clairement que le problème est beaucoup plus grave que l'on croyait. Examinons les tableaux 1, 2 et 3. (3)

Eye 1

Souriez, à l'hôpital aussi vous êtes fichés

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Les principaux sites Web des hôpitaux du Québec, dont celui du CHUM et du CUSM, transmettent des données personnelles sensibles sur leurs visiteurs à des entreprises privées spécialisées dans l'analyse et le profilage des internautes, a découvert Le Devoir. La précision de certaines des informations collectées à l'insu des visiteurs et en toute discrétion peut compromettre leur vie privée en révélant leur état de santé ou des préoccupations en matière médicale à une tierce partie versée dans le marketing et la publicité en ligne.

La lecture fine du code de programmation de plusieurs sites Web de centres hospitaliers, réalisée par Le Devoir avec la contribution d'une poignée de programmeurs et d'informaticiens indépendants, a permis de révéler la présence dans ces espaces numériques de plusieurs « mouchards » — les anglophones les appellent des trackers — dont la fonction est d'enregistrer et de transmettre des détails sur l'internaute et sur ses visites sur les sites. Ces informations sont souvent anonymes et bénignes. Elles ciblent le modèle de l'ordinateur et le type de fureteur utilisé, le nombre de pages vues, le temps de consultation, le nom de son fournisseur d'accès à Internet... Elles permettent de comprendre et d'analyser les déplacements sur le site afin d'améliorer le service, d'organiser l'information diffusée de manière optimale, tout en facilitant la navigation pour le visiteur.

Commentaire: Et ce qui est valable pour le Québec l'est très certainement pour bien d'autres pays.


Heart

La violence n'a pas toujours existé

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Grand-mère et petite-fille bochimnanes de Namibie. « Il n’y a pas de violence éducative chez eux. La fessée, la claque, ça n’existe pas »
Des scientifiques et des militants de l'empathie sont rassemblés dans un projet simple et ambitieux: montrer que la brutalité n'est pas inhérente à l'animal humain - et que nous pouvons changer.

Il fut un temps où la violence n'existait pas. Ce n'est pas un rêve, une fable, de la spéculation philosophique. De plus en plus, c'est le scénario qu'ébauchent les sciences, au confluent de l'archéologie, de l'anthropologie, de la biologie de l'évolution, des disciplines qui étudient le cerveau et la psyché. A l'image d'une nature humaine pétrie de violence et de compétition, le savoir contemporain en substitue une autre, faite d'empathie et de coopération. Les connaissances sur la nature humaine rendent ainsi possible d'imaginer un monde sans massacres, sans guerres, sans brutalité: rien de ceci ne serait en effet inévitable, eu égard à ce que nous sommes... Médecin, psychothérapeute et cinéaste, le Français Michel Meignant explore ce territoire dans un documentaire en production, pour lequel est en cours une campagne de financement participatif (lire ci-dessous). Nous avons interrogé deux de ses intervenantes.

Eye 1

Loi sur le renseignement : mais si, vous êtes déjà coupable, la preuve en 3 mn

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Vous n'avez pas compris comment les boîtes noires qui rechercheront des terroristes impacteront votre vie privée et votre liberté d'expression, alors que vous n'avez rien à vous reprocher ? Regardez Klaire vous l'expliquer.

Vous vous souvenez peut-être que dans un article récent sur les critiques du Conseil de l'Europe contre la surveillance de masse, nous avions cité les propos tenus à l'ONU par les Catalina Botero, Rapporteuse spéciale sur la liberté d'expression auprès de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qui expliquait l'an dernier les dangers pour la liberté d'expression de la simple idée d'être potentiellement surveillé. L'experte expliquait que l'impact de la surveillance "pouvait être soit direct, quand ce droit ne pouvait être exercé anonymement à cause d'une surveillance, soit indirect, quand la simple existence de mécanismes de surveillance pouvait avoir un effet paralysant, inspirer la crainte et inhiber les personnes concernées en les contraignant à la prudence dans leurs dires et leurs agissements".

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Lutte antiterroriste, la grande imposture

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« La vérité est que le risque pour un Américain d'être tué par un terroriste est presque égal à zéro ; pour être plus précis, il est estimé à un pour vingt millions ». Cette phrase, que les medias dominants qualifieraient d'iconoclaste, a été prononcée par John Chuckman, ancien employé d'une grande entreprise pétrolière canadienne et auteur du livre : « The Decline of the American Empire and the Rise of China as a Global Power » (Magpie Book).

Si d'aucuns s'inscrivent en faux par rapport à cette analyse, admettons qu'un peu de pensée critique ne fait pas de mal. « En 2001, avant le 11-Septembre, la police américaine avait tué plus du double au moins de citoyens qui sont morts dans cette tragédie », explique-t-il.
« Chaque année, entre 30 à 40.000 Américains meurent dans un accident de la route, 15.000 sont assassinés (ils étaient 25.000 à l'avoir été il n'y a pas si longtemps que ça). Chaque année, ce sont près de 100.000 Américains qui décèdent des suites d'erreurs médicales et un peu plus de 40.000 mettent fin à leur jour. En replaçant ces chiffres sur une période de quatorze ans, on peut dire que 420.000 personnes ont perdu la vie sur la route, 210.000 ont été tuées au cours de faits divers, 1,4 millions ont été victimes d'erreurs médicales fatales et 560.000 ont décidé pour une raison ou une autre d'arrêter de vivre ».
En ne prenant en compte que ces derniers chiffres, on obtient un total de 2,6 millions de personnes... soit 867 fois le nombre de victimes causées par les attentats du World Trade Center.

Handcuffs

Loi sur le renseignement et répression à tout-va : les supporters de foot

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© cc psgmag.net
Les supporters de football, cobayes du fichage et de la surveillance généralisée
La répression des supporters de football vous indiffère ? Vous avez tort : elle anticipe et illustre le régime de répression, de surveillance et de discrimination des citoyens que veut instaurer le projet de loi sur le renseignement.

Prenez un groupe de population relativement bien identifié, régulièrement stigmatisé dans les médias, victime d'amalgames avec sa frange violente, doté d'une dimension militante, qui ennuie des intérêts privés et leurs soutiens politiques en s'en prenant à la marchandisation de son univers. Ajoutez les violences policières dont il fait l'objet, ainsi que les mesures attentatoires aux libertés individuelles de ses membres. Constatez que, de surcroît, il est désormais la cible d'un dispositif de fichage et de surveillance bafouant tous les principes du droit. En toute logique, un tel tableau devrait susciter de vives protestations.

Las, la médiocre popularité des supporters de football ne leur vaut pas une très grande attention. Les amalgames entre "Ultras" et hooligans, la médiatisation exclusive des incidents impliquant une extrême minorité d'entre eux, le mépris auquel reste voué le football en tant que sous-culture populaire... tout concourt à ce que leur cause reste perdue. C'est justement pour ces raisons qu'ils constituent, depuis quelques années, le laboratoire idéal pour l'expérimentation des lois d'exception et des politiques privatives de liberté. Des raisons de s'y intéresser de près, donc.

Hearts

Les Mosos : un exemple de société matriarcale

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Aux confins du sud-ouest de la Chine, non loin de la frontière Tibétaine, réside un peuple qui intrigue le reste du monde pour ses coutumes, mais surtout pour sa vision de l'amour et de la relation intime. Les Mosos sont le dernier peuple matriarcal et ont gagné le titre de communauté-modèle à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'ONU.

Les femmes, au centre de la communauté

Les Mosos vivent autour du lac Lugu, sur les rives des régions du Yunnan et Sichuan. Ce lac serait né des larmes de la déesse Gemu, que tous vénèrent. Depuis plus de 800 ans, les Mosos ont les mêmes traditions régissant leur quotidien. Tous les enfants vivent auprès de leur mère. Ils ne quittent jamais la maison familiale, qui se transmet de génération en génération aux filles. Ce sont les femmes qui sont au centre de la vie des Mosos et gèrent le patrimoine de la famille, ce sont elles qui héritent du nom et des biens.