Enfant de la Société
Carte


Propaganda

Médias et chasses aux sorcières

© Inconnu
Au tour des Inrocks de sonner la charge contre Étienne Chouard. L'hallali tous azimuts lancé par le système contre le héraut du non au projet de référendum européen en 2005, chantre d'une Constituante élue par tirage au sort, ne se dément décidément pas.

Le tort d'Étienne Chouard ? Avoir soutenu la liberté d'expression de gens de tous bords, y compris de l'autre bord que le sien : les Soral, Meyssan et autres "conspirationnistes" désignés à la vindicte de l'opinion par les médias mainstream. Un brin de naïveté ? Sans doute, et l'intéressé vient de publier une mise au point concernant Soral sur son blog.

Mais les Inrocks citent-ils à l'appui de leurs accusations des slogans de "conspirationnistes" repris par Étienne Chouard ? Non, ils avancent, comme si cela valait contamination par retour, qu'Étienne Chouard est cité par ceux-là, voire même qu'il est inscrit sur certaines de leurs pages ou de leurs groupes Facebook.
Che Guevara

Manifestations violentes contre le régime néocolonial US de Martelly en Haïti


Des milliers de manifestants ont manifesté dans les rues de Port-au-Prince en Haïti vendredi dernier pour exiger la démission du président haïtien Michel Martelly porté au pouvoir avec l'aide des Etats-Unis. Ils ont également appelé à la libération de prisonniers détenus pour des motifs politiques.

Les manifestants ont mis le feu à des pneus dans les rues et renversé une camionnette. Haïti n'a pas tenu d'élections depuis 2011, malgré les promesses de Martelly de le faire. Des élections présidentielles seraient prévues en octobre 2015. Sur la vidéo ci-dessus, on verra des affrontements violents avec la police devant l'ambassade des USA en novembre 2013. La police haîtienne du régime Martelly est entraînée par la police new-yorkaise (voir la quatrième vidéo 17 nov 2014) : tout un programme quand on connaît leur méthode de traitement des minorités noires aux Etats-Unis.
Magnify

France : les privilégiés de la République

© Inconnu
Imaginez une corporation qui créerait son propre code du travail, qui déciderait des créations d'emplois, qui aurait un régime spécial de retraite, au revenu non imposable, qui pourrait cumuler plusieurs fonctions qui déciderait de travailler ou non et ou la cooptation vaudrait compétence.
Impossible me diriez-vous ! Et pourtant elle existe cette corporation qui bénéficie de privilèges exorbitants. Ce sont nos élus.


Ne comptez pas sur moi pour déclamer la complainte du « tous pourris ». Non, car il existe des élus compétents, qui travaillent, mais qui bénéficient néanmoins des privilèges énoncés ci-dessus par le biais d'un statut voté par leurs ainés au Parlement et sans cesse amélioré au gré de « réformes ».

Le « numérus clausus » régional

Comme dans les professions règlementées, les élus se sont concoctés une règle pour conserver leurs effectifs. Ils la mettent à jour au gré des lois sur l'organisation territoriale. C'est le cas actuellement pour les Régions dont le nombre passe de 22 à 13. Bonne nouvelle me direz-vous : le nombre d'élus en France va donc diminuer ! Eh bien non, car les élus, dans leur « grande sagesse » ont décidé d'appliquer la loi sur la nouvelle carte des régions au 1er janvier 2016, APRÈS les élections régionales de décembre 2015, qui prennent en compte le découpage et consacrent les effectifs actuels. Futé, non ?

Commentaire: Pour aller un peu plus loin dans la réflexion :

- Pourquoi réagissons-nous si peu à la corruption des élites?
- Pouvoir, corruption & mensonges
- Corruption dans l'administration française : un risque bien réel

Megaphone

John Pilger : « L'essence des médias n'est pas l'information. C'est le pouvoir. »

© Inconnu
La semaine dernière, le célèbre journaliste John Pilger a participé à une série de Questions-Réponses avec Des Freedman (le 18 novembre 2014), membre de la Media Reform Coalition (coalition pour la réforme des média); c'était à l'occasion de la sortie du nouveau livre de Des Freedman « The Contradictions of Media Power » (les contradictions du pouvoir des médias.) Nous avons extrait les meilleures citations de cette intervention de John Pilger, ce qui donne un aperçu de son expérience et de sa compréhension du pouvoir des médias ; nous pouvons tous en apprendre. Et il a véritablement été brillant.

Aujourd'hui les médias sont, comme l'avait décrit le père de la propagande, Edward Bernays, "un gouvernement invisible". Ils font partie du gouvernement. Ils défendent les intérêts du gouvernement. Le premier ministre est un chargé de relation publique de profession, et pas des meilleurs. C'est tout ce qu'il est. Il ne doit pas être pris au sérieux, c'est juste son rôle. Cette position lui confère certains aspects du pouvoir. Mais le véritable pouvoir réside dans la propagande et les médias. C'est aujourd'hui le cas sur la planète entière.
Propaganda

Enseignement de l'ignorance, oubli de l'Histoire

© Inconnu
J'ai découvert incidemment en commentaire (merci encore d'enrichir autant cet espace de discussion d'ailleurs), une très intéressante étude de l'Ifop (Institut français d'opinion publique). Je ne savais pas que cet institut de sondage était le plus ancien du pays, et surtout qu'il avait été créé en 1938 - et donc qu'il avait réalisé des sondages forts intéressants dans la période 1938-1945 dont, hélas, beaucoup ont été détruits par son fondateur Jean Stoetzel lors de l'occupation.
On apprend ainsi deux choses intéressantes.

Les accords de Munich

Commentaire: En droite ligne :

- Du mythe d'aujourd'hui à la réalité historique - Le débarquement du 6 juin 1944

Bizarro Earth

L'encampement du monde

© T. KARUMBA/AFP PHOTO

Vue aérienne du camp de Dadaad, au Kenya. Avec 450 000 personnes, Dadaad est le plus grand camp de réfugiés de la planète.
On n'a jamais compté autant de camps sur la planète : camps de réfugiés, de déplacés, de migrants... En théorie provisoires, ces lieux qui regroupent près de 20 millions de personnes sont l'un des nouveaux visages de la société mondiale, estime l'anthropologue Michel Agier, qui a dirigé un ouvrage sur le sujet.

Vous parlez dans l'ouvrage Un monde de camps d'un « encampement » du monde... De quoi s'agit-il exactement ?

Michel Agier (1) : Les camps sont en train de devenir une composante majeure de la société mondiale et le lieu de vie de près de vingt millions de personnes ayant fui les conflits, la misère ou les catastrophes écologiques. Les 460 camps de réfugiés situés au Moyen-Orient, en Afrique de l'Est (Soudan, Kenya, Éthiopie, RDC...) ou encore au Pakistan, abritent entre 5 et 7 millions de personnes poussées par la guerre hors de leur pays ; le plus grand, le camp de Dadaad, au Kenya, regroupe à lui seul 450 000 personnes, l'équivalent d'une ville moyenne en plein milieu du désert ! Les camps de déplacés internes, qu'on peut évaluer à 1 500 faute de données officielles, comptent au moins 6 millions de personnes ; rien qu'en Haïti 400 lieux de ce type abritent encore 400 000 habitants déplacés à la suite du séisme de 2010. Encore plus difficiles à chiffrer du fait de leur clandestinité, les camps de migrants auto-installés seraient plusieurs milliers à l'échelle de la planète, dont une bonne part en Europe. Ces regroupements de petite taille, qu'on appelle aussi « ghettos » ou « jungles », sont installés le long des frontières ou dans les interstices urbains - dans des friches, sous des ponts... - , à l'instar des campements de migrants afghans de Calais et de Dunkerque ou des campements roms de la région parisienne.
Bad Guys

Tanzanie : menace d'expulsion de Maasaï pour cause de safari...

© Inconnu
C'est la mauvaise nouvelle du jour : la Tanzanie envisage d'expulser des dizaines de milliers de Maasaï de leurs terres ancestrales pour, accrochez-vous, les transformer en terrain de chasse pour une société de restauration travaillant pour la famille royale des Émirats arabes unis.

Il y a un an, le gouvernement de Tanzanie déclarait qu'il avait réservé près de 1.500 kilomètres carrés de terres qui bordent le parc national de Serengeti pour organiser des chasses commerciales d'Ortelo Business Corporation (OBC), une société organisatrice de safari de luxe basée aux Emirats arabes unis et créée par un fonctionnaire proche de la famille royale de Dubaï. Cette fois-ci c'est bien réel, les Maasaï ont été sommés de quitter leurs terres ancestrales d'ici la fin de l'année.

Pour faire passer la pilule, le gouvernement aurait proposé aux Maasaï une compensation de 1000 millions de shillings (environ 10 euros par personne), sachant que cette somme ne leur serait pas directement reversée, mais investie dans des projets de "développement économique". Les Maasaïs ont bien sûr refusé cette offre.
Pistol

14 adolescents tués par la police depuis la mort de Michael Brown à Ferguson

Au moins quatorze jeunes ont été abattus par des policiers aux Etats-Unis depuis la mort de Michael Brown de 18 ans au mois d'août. Six d'entre eux étaient afro-américains.

Le dernier incident a eu lieu en novembre quand deux policiers ont abattu dans l'Ohio un enfant de 12 ans qui portait sur lui un pistolet à billes.

D'autres jeunes ont été tués dans les Etats de Louisiane, de Missouri, de Californie, de Kansas, d'Ohio, de Géorgie, de Texas, d'Oklahoma et d'Illinois.
Propaganda

France : quartiers populaires, mépris de « classe » et humiliation de « race »

© Inconnu
Le mi-mandat de François Hollande a été l'occasion d'une émission télévisée avec le président de la République soigneusement préparée et tout aussi attentivement scrutée par les « experts » et « chroniqueurs » divers en charge d'éclairer « l'opinion ». Les quartiers populaires et leurs habitants ont été les grands absents, tant dans l'émission télévisée elle-même que dans les commentaires de nos chroniqueurs compétents. Pourtant, lors des dernières présidentielles de 2012, les quartiers populaires sont au cœur de la campagne socialiste. « Avec François Hollande, nous avons fait un choix qui n'était pas évident : celui de ne pas vouloir annoncer un "plan gadget" de plus, mais plutôt d'aborder de manière transversale la priorité donnée aux quartiers populaires (1) » déclare par exemple au Monde, Razzy Hammadi, le chargé de la politique de la ville auprès de François Hollande. Pourtant les quartiers populaires connaissent une véritable descente aux enfers depuis plusieurs décennies que les choix économiques de François Hollande confortent et accélèrent. Regardons nos quartiers populaires.

Paupérisation, précarisation, discrimination

Avec sensationnalisme les médias lourds reviennent régulièrement sur les quartiers populaires pour en souligner les « dangers » : réserves de « djihadistes », espaces soi-disant de « non-droit », violences endémiques, lieux de deals incontrôlables et incontrôlés, etc. Ces images chocs sont décontextualisées. Les contextes historiques et économiques sont éludés avec un double résultat : une réduction des quartiers populaires à la négativité avec l'occultation des résistances et des initiatives populaires pour résister à la dégradation de leurs environnements ; une imputation des responsabilités de la situation aux habitants, aux jeunes, aux parents, etc. Pour ne citer qu'un exemple, citons celui du reportage d'Envoyé spécial consacré au quartier de la Villeneuve à Grenoble, intitulé « La Villeneuve : le rêve brisé ». Véritable caricature imbibée de mépris de classe, ce reportage a suscité la réaction suivante d'habitants du quartier :
Magnify

En 2014, l'esclavagisme se porte bien, merci

© Muniz Uz Zaman / AFP
Les enfants sont particulièrement vulnérables dans les pays en voie de developpement. A l'instar de ce petit garçon travaillant dans une usine de Ballon au Bangladesh.
Le rapport publié le 17 novembre par une organisation de défense des droits de l'Homme fait les comptes : en 2014, près de 36 millions de personnes sont victimes de travail forcé, d'exploitation sexuelle, de traite d'êtres humains ou de servitude pour dette ou de mariage forcé/arrangé. Dans ce rapport, la fondation Walk Free montre que les pays occidentaux y sont aussi impliqués.

Des crevettes pêchées par des esclaves asiatiques sont vendues dans les supermarchés occidentaux. C'est ce que révélait, en juin dernier, une enquête du quotidien britannique The Gardian. Le reportage avait choqué tout le monde: les lecteurs, les consommateurs et les acheteurs de l'entreprise visée, Charoen Pokphand (CP) Foods. Ce producteur de crevettes basé en Thaïlande est en effet le principal fournisseur mondial des géants de la grande distribution comme Walmart, Costco, Aldi et Carrefour. Il est accusé d'acheter de la nourriture pour ses élevages à des fournisseurs impliqués dans un vaste réseau d'esclavage de migrants venus de Birmanie ou du Cambodge... Après les révélations du Guardian, certains distributeurs comme Carrefour avaient alors suspendu toute relation commerciale avec l'entreprise.
Top