Enfant de la Société
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Bomb

Ces petites révoltes qui mettent le feu aux poudres

© Inconnu
En 2014, la violence d'État est devenue la norme. Pour les manifestants de Sivens, les bonnets rouges ou les militants de la Manif pour tous, la liberté est devenue l'exception.

La dernière fois qu'un fonctionnaire de police a été tué dans un attroupement armé, c'était à Montredon-des-Corbières, à côté de Narbonne, en 1976, au cours d'une énième révolte de vignerons. Décharges de chevrotine contre rafales de MAT 49 : des hommes tombent, dont un - le commandant de la Compagnie républicaine de sécurité - ne se relèvera jamais. Son dernier ordre de chef lucide a été de faire cesser le feu, faire cesser le drame. Affrontement d'homme à homme, bref et brutal, les armes à la main, au lendemain de la guerre d'Algérie.

La dernière fois qu'un manifestant a été tué, c'était à Sivens, le 27 octobre 2014. 40 ans séparent ces deux morts tragiques et une chose est frappante : la disproportion flagrante entre « l'agression » et la riposte mortelle des forces de l'ordre. Grenades offensives contre pétards. Casques lourds contre cailloux. Salaires, repos compensateur et retraites garanties contre bénévolat militant. Quel est donc cet ennemi contre lequel on peut dégoupiller, en France, une grenade offensive, c'est-à-dire une arme destinée à réduire, par la manœuvre et le feu, un ennemi armé et retranché ? Le manifestant n'est-il plus un citoyen dont il faut protéger le droit de manifester ? Est-il devenu un ennemi des forces de l'ordre ? Comme si la notion même de liberté et de légitime défense pouvait échapper à ceux qui devraient en être les gardiens et dépositaires ultimes.
People 2

25.000 manifestants contre l'austérité à Athènes

© REUTERS
Vingt-cinq mille personnes, selon la police, ont manifesté samedi à Athènes contre l'austérité à l'appel du Pame, le Front des travailleurs proche du parti communiste.

"Nous ne sommes pas que des chiffres, nous méritons des conditions de vie humaine", ont scandé les manifestants place Syntagma, face au Parlement, à Athènes. Mille organisations syndicales représentant les secteurs public et privé de toute la Grèce se sont réunies samedi pour dénoncer qu'outre "les 1,5 millions de chômeurs officiels il y a plus de 500 000 employés qui ne sont pas payés depuis plusieurs mois" selon les banderoles déroulées par le Front des travailleurs.

"Il faut faire le choix politique de relancer la croissance, rouvrir les usines, créer des emplois, booster la consommation", a affirmé Gregoris Papadopoulos, 45 ans, ancien salarié de l'usine Coca-cola de Thessalonique (nord) fermée il y a un an. Pour Fotini Mitsakosta, enseignante venue de Livadia (centre) pour manifester à Athènes, "la crise n'est pas finie. Mon salaire a été baissé de plus de 40% depuis 2011, j'ai des dettes et je suis dans l'incapacité de payer les frais de scolarité de mes enfants".

Les centrales syndicales du privé et du public, la Gsee et l'Adedy, ont appelé à une grève générale le 27 novembre en Grèce, pour dénoncer la poursuite des mesures d'austérité dans le projet du budget d'État pour 2015. La Grèce s'est engagée auprès de ses créanciers à appliquer le plan d'assainissement de ses finances, dont le volet européen arrive à son terme d'ici à fin décembre.

Le projet de budget d'État 2015, qui doit être présenté au Parlement d'ici à fin novembre, prévoit des allégements fiscaux, mais il poursuit de manière générale la politique d'austérité et la réduction des dépenses publiques.
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Barrage de Sivens : une vingtaine de plaintes déposées contre les gendarmes depuis le 1er septembre

© AFP PHOTO / REMY GABALDA
Face à face entre un gendarme mobile et un opposant au projet du barrage de Sivens, photo prise le 9 septembre 2014 près de Gaillac, dans le Tarn
Selon le site Médiapart, une vingtaine de plaintes ont été déposées devant la justice depuis deux mois, par des opposants au projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, en lien avec des violences supposées de gendarmes.

Une semaine après la mort de Rémi Fraisse, tué lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dans la nuit du 25 au 26 octobre, ces plaintes et témoignages ont été recueillis vendredi sur place par les journalistes de Mediapart. Selon eux, ces témoignages montrent que les occupants de la zone humide du Testet ont été soumis à un régime de violence quotidien, confinant au harcèlement.

Des actes tels que : mise en danger de la vie d'autrui, destruction de biens personnels, tirs de Flashball, tirs tendus de grenades ou interpellations violentes.
Une vingtaine de plaintes ont été déposées devant la justice depuis le 1er septembre par des opposants au projet de barrage de Sivens.

Commentaire: En substance, pour ceux qui ne peuvent avoir accès à l'article de Médiapart, on y apprend que :

- c'est « deux mois de tension imposée par la préfecture du Tarn et les gendarmes aux habitants de la zone à défendre (ZAD), qui ont culminé en un quasi état de guerre le week-end dernier. »
- la plupart des plaintes mettent en cause le comportement des gendarmes mobiles, du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), des gendarmes locaux et réservistes, et ceci pendant les interventions.
- que les plaintes concernent aussi des violences volontaires et menaces avec armes, sur courtes distances (flashball notamment)
- les manifestants sont confrontés au refus de dépôt de plainte
- que même des personnes âgées ont eu à subir les violences policières
- que des agresseurs extérieurs s'en prennent aux manifestants
- utilisation d'armes incapacitantes
- que même les personnes totalement pacifistes sont matraqués à même le sol
- dégradation volontaire des biens personnels des militants (voiture abimées)

Stop

Barrage de Sivens : chantier suspendu

© AFP
Le chantier du barrage de Sivens est suspendu jusqu’à nouvel ordre
Contrairement à ce qui avait été prévu, aucun débat ni vote n'ont eu lieu au conseil général, la suspension ayant visiblement été entérinée lors de deux réunions préparatoires jeudi soir et vendredi matin.

Comme attendu, le conseil général du Tarn a suspendu vendredi le chantier du barrage de Sivens, sans fixer de date butoir, cinq jours après la mort d'un manifestant lors d'affrontements avec les forces de l'ordre. « Le drame intervenu dans la nuit de samedi à dimanche conduit l'assemblée départementale à prendre acte de l'impossibilité de poursuivre toute activité liée au déroulement du chantier sur le site de Sivens », a déclaré le président socialiste du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, lors d'un discours au conseil général du Tarn à Albi.

Contrairement à ce qui avait été prévu, aucun débat ni vote n'ont eu lieu au conseil général, la suspension ayant visiblement été entérinée lors de deux réunions préparatoires jeudi soir et vendredi matin. M. Carcenac a appelé à « mettre en oeuvre les préconisations des experts mandatés par le ministère de l'Écologie  ». Ces ingénieurs recommandent de poursuivre le projet mais de réduire le volume d'eau destiné à l'irrigation afin d'en minimiser l'impact environnemental.
Che Guevara

De Ben Ali à Compaoré : la France contre les peuples

© Inconnu
Alors que le régime de Blaise Compaoré vacille sous la pression de centaines de milliers de burkinabè, la classe politique française ne se départit toujours pas clairement du soutien qu'elle apporte depuis 27 ans à l'autocrate. La France semble même tenter de s'opposer à un départ précipité de Compaoré revendiqué par le peuple du Burkina Faso.

On ne trouvera pas cette fois de Michèle Alliot-Marie pour proposer au régime de Compaoré le "savoir-faire de nos forces de sécurité", comme elle l'avait fait en janvier 2011 à propos de la Tunisie de Ben Ali : la coopération militaire et policière avec le Burkina est déjà en place depuis bien longtemps [1]. Les manifestants tués à Ouagadougou l'ont été par des forces qui ont déjà pu bénéficier de la formation et de l'équipement français.

C'est au regard de ce soutien historique qu'il faut lire les appels de la diplomatie française « à toutes les parties de faire preuve de retenue ». Nombreuses sont les voix françaises qui appellent les manifestants, mis sur le même plan que les policiers et militaires, au calme et dénoncent indistinctement "les violences", renvoyant ainsi dos à dos l'explosion populaire et la répression d'un régime dictatorial [2].
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À Gorlovka, dans le Donbass, la vérité telle qu'elle est

Extraits avec sous-titres français de l'interview d'Igor Bezler publiée par la chaine1+1 le 21 octobre 2014 (original en russe et ukrainien ici)

Pour compléter l'article du Saker Quelque chose de très, très intéressant s'est passé en Novorossia, publié hier 30 octobre, nous vous proposons des extraits vidéos, sous-titrés en français, de l'interview d'IgorBezler de plus de deux heures, qui est mentionnée dans l'article. Ce reportage capital permet de comprendre comment cette guerre est vécue par la population du Donbass. Il a été tourné le 18 octobre par la chaine ukrainienne 1+1. Nous en présentons ici la diffusion par la chaine Kanal 6.

Nous remercions Laurence Guillon de les avoir signalés, dans un article qu'elle a publié le 30 octobre sur Agoravox : Sous le béton du mensonge, la honte, et surtout Thalie Thalie pour avoir réalisé les sous-titres et les avoir publiés.

On ne peut mieux résumer ce reportage que ne le fait Laurence Guillon en commentaire de la cinquième partie : « Cette vidéo nous montre des gens nobles et normaux, pris dans une guerre organisée par des monstres. Et quoique puisse raconter notre « élite » politico-médiatique, si elle laisse massacrer le Donbass dans le silence ou la calomnie, c'est non seulement parce qu'elle est vendue aux grands de ce monde, mais encore parce qu'elle déteste viscéralement tout ce qui est noble et normal

Sous-titrage en français

Première partie (15 :08)
Un échange de points de vue entre Ukrainiens de l'Ouest et Novorossiens, qui commence par l'étonnante interview par des habitants du Donbass de la journaliste ukrainienne venue les interviewer.

Quenelle

Nouvelle vidéo : Dieudonné répond à Elie Semoun 3

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Propagande anti-écologiste : quand on parle de « djihadistes verts »

© AFP PHOTO / REMY GABALDA
Un militant écologiste faisant face à un gendarme sur le site de Sivens le 9 septembre 2014.
Les écologistes ont déjà été, par le passé, comparés à des Khmers (sous-entendus rouges) ou à des ayatollahs.

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé mercredi que l'opposition au barrage de Sivens (Tarn) avait généré "des djihadistes verts" et que ce qui était "présenté comme un mouvement pacifique est extrêmement bien organisé".

Ce n'est pas la première fois que les écologistes sont comparés à des intégristes. En novembre 2011, le maire PS de Lyon Gérard Collomb avait réagi ainsi à un accord conclu entre EELV et le Pari socialiste : "Je me suis toujours battu contre les Khmers rouges, je ne plierai pas aujourd'hui devant les Khmers verts!" Et de dénoncer une "forme de terrorisme intellectuel" chez les écologistes.


Commentaire : On atteint ici des sommets dans l'ignorance crasse de l'Histoire pour oser faire ce genre de comparaison.


"Ayatollah vert", presque un compliment pour Denis Baupin

Commentaire: Dans le même sens :

- Le mouvement écologiste, nouvel ennemi intérieur.

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La reconnaissance de l'État palestinien par la communauté internationale

Dans un débat publié le 20 octobre 2014 par Russia Today dans le cadre de son émission Cross Talk, Norman Finkelstein s'exprime sur la reconnaissance de l'État palestinien par la communauté internationale.

Il rappelle qu'Israël n'a jamais accepté de conclure la paix avec les Palestiniens, même aux termes les plus favorables, ayant toujours privilégié l'expansion au détriment de la sécurité. Selon lui, si de plus en plus de pays reconnaissent unilatéralement l'État palestinien, c'est parce que la communauté internationale a compris qu'Israël ne reconnaîtra jamais la Palestine et s'opposera toujours à ce qu'un État palestinien viable voie le jour.

Extrait vidéo de ce Cross Talk entre Norman Finkelstein et Amir Oren, animé par Peter Lavelle
sous-titrage en français


Sous-titrage et mise en ligne réalisés par Sayed Hasan
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Défense intérieure face à Ébola : nous ne sommes pas prêts

Préambule par l'auteur

Nous ne défendons ici que les informations ou opinions données à la date de cet article, soit le 29 octobre. Dans un domaine aussi évolutif et sensible, il faut se tenir prêt à prendre en compte d'autres opinions et informations, si elles paraissent crédibles.


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Le 18 octobre 2014, le secrétaire à la Défense américain Chuck Hagel a ordonné au commandant du Northern Command (zone militaire de défense à l'intérieur des États-Unis), de mettre en place un corps expéditionnaire d'assistance médicale composé de 30 personnes convenablement entraînées. Ce dispositif devra fournir sur demande une assistance d'urgence et de courte durée aux médecins civils exerçant sur le territoire de l'Union (le territoire des États-Unis). Il sera composé de 20 soignants, entrainés à l'intervention dans les situations critiques, de 5 médecins habitués à combattre les épidémies et de 5 spécialistes dans la mise en œuvre des protocoles anti-épidémiques. Une fois formés, ces personnels devront se tenir prêts à intervenir sur n'importe quel point des États-Unis, sur la base d'un statut de 30 jours renouvelables. Ils n'opéreront pas en dehors des États-Unis.


Panneau avertissant d’une zone de quarantaine aux États-Unis
Mais pourquoi des militaires au sein même des États-Unis ? Il serait tendancieux, pensons-nous, d'y voir là, comme cela a déjà été dit, une volonté de militariser la société américaine. Faire appel à l'armée est une solution d'urgence pratiquée par tous les gouvernements, quand il s'agit de renforcer, au moins temporairement, les moyens de défense civils.
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