Les Maîtres du Monde
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Handcuffs

La nouvelle logique de la répression étatique

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A Nantes, le 22 février 2015
La dégradation continue de l'esprit démocratique se poursuit avec un cynisme ahurissant. Après l'émoi qu'avait causé l'homicide d'un manifestant écologiste, Rémi Fraisse, en octobre 2014, par une grenade lancée par un gendarme, une commission d'enquête parlementaire a été créée en décembre. Son titre : « Commission d'enquête sur les missions et modalités du maintien de l'ordre républicain dans un contexte de respect des libertés publiques et du droit de manifestation ». La motivation en était de comprendre comment les forces de l'ordre avaient pu tuer un manifestant et comment changer les modalités de leur action pour éviter de tels drames - que complète, hélas, le nombre croissant de manifestants blessés gravement par les projectiles policiers.

Ce rapport a été présenté le 21 mai (il ne sera publié que dans quelques jours sur le site de l'Assemblée nationale). Mais que dit-il ? Par un stupéfiant retournement de raisonnement, les députés qui l'ont adopté ont ciblé essentiellement les manifestants. Et leur principale proposition est de créer une interdiction de manifester pour les personnes signalées par les services de renseignement comme « individus connus en tant que casseurs violents ».

Bad Guys

TAFTA et ses dangers : l'exemple de l'eau

Traduction/correction : Maître Confucius/Chalouette

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© Inconnu
Discrimination

La gestion de l'eau en Europe est principalement assurée par les municipalités, mais il est aussi accordé des licences pour son exploitation, sur 20 ou 30 ans par exemple. Les municipalités peuvent aussi décider d'appliquer leur propre concession de distribution d'eau, ou de la confier à un prestataire privé au plus offrant. Donc avec le TAFTA/TTIP, un groupe américain titulaire d'une licence régionale pour l'approvisionnement en eau, pourrait intenter des poursuites dans le cadre «des tribunaux d'arbitrage» de la Banque mondiale privée CIRDI, si la municipalité s'accorde la concession à elle-même. Ici, le prestataire privé pourrait prétendre qu'il serait pénalisé par l'État, et insister sur l'indemnisation pour perte de profits. De là, un fournisseur américain pourrait également se plaindre parce qu'il voit inhibé sa liberté d'investissement dans son ensemble. Cela semble fou et bizarre ? Regardez par exemple ici, ces poursuites farfelues sont déjà traitées par la Banque mondiale du CIRDI. Le simple soupçon que l'on puisse avoir un projet qui ne dispose que d'une idée, qu'il risque d'être lésé ou de faire perdre des bénéfices, est un plaidoyer apparemment.

Bomb

Daesh : les Etats-Unis ne bombardent pas leur créature

Traduit par SLT

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Selon Press TV, un ancien conseiller de la sécurité nationale de l'Irak affirme que la plupart des avions de combat US déployés pour bombarder les terroristes en Irak ne bombardent pas leurs positions.

Dimanche, Mowaffak al-Rubaie a vivement critiqué les frappes aériennes des États-Unis contre l'EI comme inefficaces.

De Bagdad, d'après mes constations, a déclaré Rubaie, "huit sur dix" avions chargés de munitions retournent à leurs bases sans frapper leurs cibles. Seulement 20% des avions US bombarderaient leurs cibles.

Bizarro Earth

La chute de Palmyre renverse l'équilibre géopolitique au Levant

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La situation s'est considérablement aggravée au Levant avec la coupure par l'Émirat islamique de l'antique « route de la soie », c'est-à-dire du passage de l'Iran à la Méditerranée. Il n'existe que deux options possibles : soit par Deir ez-Zor et Alep, soit par Palmyre et Damas. Le premier chemin est coupé depuis début 2013, le second vient de l'être. La chute de Palmyre aura donc des conséquences considérables sur l'ensemble de l'équilibre régional.

La presse occidentale consacre ces jours-ci ses « unes » à la Syrie ; une situation que l'on n'a pas connue depuis deux ans, lors de l'affaire des bombardements chimiques de la ghouta et du projet d'intervention de l'Otan. Les journalistes s'inquiètent de la progression de l'Émirat islamique et de la possible destruction de la ville antique de Palmyre.

Pourtant, rares sont ceux qui connaissent l'histoire de la reine Zénobie qui, profitant au IIIe siècle de la faiblesse de Rome, dont les Gaules s'étaient déjà affranchies, proclama son propre fils empereur et elle-même régente. Elle libéra non seulement la Syrie, mais aussi les peuples d'Égypte, de Palestine, de Jordanie, du Liban, d'Irak, d'une partie de la Turquie et même de l'Iran actuels. Sa capitale, Palmyre, fut une cité d'un grand raffinement, ouverte à toutes les religions, étape brillante de la route de la soie reliant la Méditerranée à la Chine. Cependant, le général Aurélien ayant réalisé un coup d'État à Rome parvint à rétablir l'unité de l'empire, écrasant d'abord l'impératrice Zénobie, puis l'empire des Gaules, avant de mettre un terme à la liberté religieuse, d'imposer le culte du Soleil invaincu et de se proclamer Dieu. Cette histoire prestigieuse fait de Palmyre le symbole de la Résistance du Levant à l'impérialisme occidental de son époque.

Pistol

Déplacement de populations, glyphosate et malformations congénitales : le terrorisme d'état colombien

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Dans le système capitaliste le Terrorisme d'État est un fait récurent, celui-ci est employé pour produire la paralysie des revendications sociales, et pour provoquer des massifs déplacements de populations favorisant le grand capital.

En Colombie le Terrorisme d'État est étroitement lié à l'accumulation capitaliste : 40% du territoire colombien est octroyé en concessions à des multinationales minières. La stratégie du déplacement de populations tente de briser la résistance populaire face à la déprédation des ressources naturelles, et vide de leur population les zones convoitées par les multinationales. Cette stratégie s'exerce aussi selon les lignes directrices des États-Unis de dépeupler la campagne, dans la tentative d'exterminer la base sociale de la guérilla. Ce que les étasuniens appelèrent au Vietnam « enlever l'eau au poisson », lorsqu'ils exécutèrent leur macabre plan des « villages rasés ».

Gear

Un Système atlantiste en décomposition s'enfonçant dans le totalitarisme

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© Inconnu
On dirait une accélération filmée au ralenti. En vision panoramique, on voit la multiplication exponentielle des crises qui agitent la scène géopolitique mondiale. Et si l'on zoome sur une crise ou sur l'autre, on observe que toutes, absolument toutes, s'aggravent et s'amplifient par la grâce d'une lente mécanique de pourrissement quasi automatique. Moteur de ce désordre globalisé : un Système atlantiste en décomposition qui, comme pris dans des sables mouvants, précipite sa disparition d'autant plus vite qu'il s'agite en tous sens. C'est que l'effondrement de sa contre-civilisation se fracasse désormais à la fois contre la montée en puissance des pays émergents ; et contre le mur des contradictions de son modèle néolibéral. Comme attendu, le Système atlantiste cherche dès lors à persévérer dans son être par la guerre à l'extérieur (1), et la dérive totalitaire à l'intérieur. Et là, du « flash » français au stroboscope US, les choses se précisent.

Bomb

Palmyre : Daesh aurait tué 400 personnes, des femmes et des enfants en majorité

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Des combattants de l'Etat islamique aurait tué au moins 400 personnes dans la ville antique de Palmyre, dont la plupart sont des femmes et des enfants, a signalé la chaîne de télévision syrienne, s'appuyant sur des témoignages de résidants locaux.

Selon Reuters, les rebelles qui combattent la région de Bachar al-Assad affirment sur les réseaux sociaux que des centaines de corps sont éparpillés dans les rues de la ville.

«Les terroristes ont tué plus de 400 personnes...mutilé leurs corps au prétexte que ces derniers auraient coopéré avec le gouvernement et n'ont pas obéi aux ordres», a confié un résident de Palmyre à l'agence de l'agence de presse étatique syrienne.

Des fonctionnaires figurent parmi les victimes du massacre. Parmi ces dernières, on a trouvé le responsable de la maternité de l'hôpital de la ville et toute sa famille.

USA

L'Occident facilitera la montée de l'Etat Islamique « afin d'isoler le régime syrien », lit-on dans un document de la Defense Intelligence Agency de 2012

Traduction : Dominique Muselet

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Le lundi 18 mai, Judicial Watch, le groupe de vigilance du gouvernement conservateur, a publié une sélection de documents autrefois classifiés obtenus du Département américain de la Défense et du Département d'Etat grâce à un procès fédéral.


Alors que les grands médias se concentraient sur le traitement par la Maison Blanche de l'attaque du consulat de Benghazi, un bien plus « grand tableau » se dégage de la lecture d'un document de la Defense Intelligence Agency rédigé en 2012 : à savoir que l'avènement d'un « État islamique » dans l'est de la Syrie est souhaitable pour que l'Occident puisse arriver à ses fins dans la région.

De manière surprenante, le rapport récemment déclassifié stipule que pour « l'Occident, les pays du Golfe et la Turquie [qui] soutiennent l'opposition [syrienne]... il y a la possibilité d'établir une principauté salafiste officielle ou pas, dans l'est de la Syrie (Hasaka et der Zor), et c'est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l'opposition, afin d'isoler le régime syrien ... ».

Le rapport de la DIA, anciennement classé « SECRET // NOFORN* » et daté du 12 août 2012, a été largement diffusé dans les divers organes gouvernementaux, y compris CENTCOM, la CIA, le FBI, le DHS, NGA, le Département d'État et beaucoup d'autres.

Padlock

Les lois antiterroristes, à l'assaut des droits démocratiques

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© Inconnu
Dans l'année qui marque 800 ans depuis la Magna carta de l'Angleterre, qui affirmait que les rois ne pouvaient pas simplement imposer leur volonté comme bon leur semblait et les hommes libres ne pouvaient pas être punis à moins de violer la loi du pays, le nouveau gouvernement conservateur britannique prépare un assaut massif sur les libertés civiles.

Les conservateurs sont prêts à adopter une nouvelle législation visant les « extrémistes » qui pose une menace fondamentale pour les opposants politiques du gouvernement et pour la classe ouvrière. L'affirmation selon laquelle la nouvelle loi vise tout simplement ou principalement des terroristes islamiques est un mensonge.

En vertu des dispositions de la législation, les autorités pourront punir quiconque fait preuve d'un comportement «nocif», allant de désordres publics à des menaces au fonctionnement de la démocratie. Des individus et des groupes sujets à des «arrêtés de perturbation par des extrémistes» et à des «arrêtés d'interdiction" seront obligés de donner à la police tous les documents qu'ils ont l'intention de publier, y compris sur les médias sociaux. On pourrait aussi interdire à des particuliers de participer à des rassemblements publics et de parler lors de manifestations ou protestations.

Snakes in Suits

Sommet de l'Otan : quand des hauts responsables malades se mettent à chanter « We Are the World »

Traduction : Marie-Ange Patrizio

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C'est un mauvais rêve. Lors du sommet de l'Otan en Turquie, le commandeur Philip Breedlove a invité les ministres des Affaires étrangères à chanter avec lui « We Are the World ». Cette mascarade était d'autant plus pénible que l'œuvre avait été composée pour collecter des fonds afin de vaincre la famine en Éthiopie (1984-85) ; un terrible épisode de la Guerre froide.

Federica Mogherini, la « Lady Pesc » [1] qui représente la politique étrangère de l'Union européenne, prise bras dessous bras dessus par le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, chante « We are the world » (la chanson de Michael Jackson) avec lui et les ministres des Affaires étrangères l'Alliance. Avec cette scène emblématique (voir la vidéo ci-dessus) s'est conclu en Turquie le sommet de l'Otan, auquel Mogherini a eu l'honneur d'être invitée.

« L'Ue et l'Otan —a-t-elle déclaré— ont une nature différente mais partagent les mêmes valeurs ». Il y a des « défis autour de nous qui nous unissent », de l'Ukraine à la Libye. Est donc « extrêmement importante l'étroite, excellente coopération que nous avons entre Union européenne et Otan au niveau de la Défense et de la Politique étrangère, entre moi et le secrétaire général, et nos staff, qui se rencontrent régulièrement ».