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Viande clonée, aliments aux nanomatériaux : bataille au parlement européen

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Etiquetage obligatoire
Etiquetage de la viande clonée, moratoire sur les aliments contenant des nanomatériaux... la commission Envi [1] du Parlement européen a infligé un camouflet sévère à la Commission européenne au sujet du règlement sur les nouveaux aliments. Un vote sans appel : 57 voix pour, 4 contre, 2 abstentions.

Décidément, le sujet des aliments nouveaux est toujours aussi polémique : en mars 2011, ce projet de règlement avait déjà échoué devant les eurodéputés. Certes, le Parlement européen et la Commission étaient d'accord pour interdire le clonage pour la production alimentaire et la consommation de produits issus d'animaux clonés. Mais la convergence s'arrêtait là : le Parlement était opposé aux produits issus d'animaux descendant de clones, alors que la Commission y est favorable. Craignant d'indisposer ses partenaires commerciaux, notamment américains, celle-ci ne voyait même aucune raison d'apposer un étiquetage spécifique.

Dans l'impasse, il avait été décidé d'exclure la question des aliments clonés du règlement, en leur consacrant des textes séparés. Peine perdue, ils y sont revenus lundi 24 novembre à la commission Envi du Parlement! Et ce via des amendements du groupe Socialistes & Démocrates, qui demande l'étiquetage de tous ces produits, le temps qu'ils disposent de leur propre législation.

Commentaire: Concernant clonage et nanomatériaux :

- Vous reprendrez bien un peu de clone ?
- L'ADN endommagé par les nano-particules
- Risque «nano» au travail: comment se protéger?
- Du saumon OGM bientôt dans notre assiette ? Il n'y a pas lieu de s'en réjouir

Pistol

Mexique : gouverner par la terreur

© Inconnu
Moins d'un mois avant l'assassinat de six jeunes et la disparition de 43 étudiants de l'École Normale rurale Ayotzinapa aux mains de la police municipale d'Iguala, un rapport d'Amnistie internationale révélait une augmentation de 600% des cas de torture administrée par les agents de l'État au Mexique, au cours des dix dernières années.

Intitulé Hors contrôle : torture et autres mauvais traitements au Mexique, ce rapport montrait également que l'impunité y est presque totale et que les deux institutions chargées de protéger les victimes, soient le Procureur général de la République et la Commission nationale des droits humains, n'agissent pratiquement jamais en leur faveur. Or, l'épouvantable massacre, survenu dans la nuit du 26 au 27 septembre, fait ressortir ce qui permet toutes les barbaries et toutes les impunités: une profonde collusion entre le crime organisé et toutes les institutions mexicaines.

Cette nuit-là, autour d'Iguala, les policiers ont attaqué à plusieurs reprises d'humbles étudiants sans arme avant de les livrer morts ou vifs à leurs complices du crime organisé. Pendant des heures, des coups de feu ont éclaté, mais aucune force de l'ordre officielle, qu'elle soit locale ou fédérale, n'a protégé les jeunes et, cela, malgré leur omniprésence dans la région supposément pour combattre les trafiquants de drogue.
Che Guevara

Mexique : la présidence de Peña Nieto risque de finir plus tôt que prévu

La lutte pour réclamer justice pour les étudiants disparus de l'École Normale Rurale d'Ayotzinapa est rapidement devenue une bataille historique pour le présent et l'avenir de la nation. D'un côté, les forces de la mort, la répression, la corruption et l'ignorance. Face à cela se dresse l'esprit libertaire d'un peuple mexicain plein de créativité, de dignité et d'espoir.

Le contraste entre la détestable vidéo insultante où Angélica Rivera (femme du président) étale ses propriétés de millionnaire et n'importe quelle interview d' Omar García, ou d'autres membres de la grande famille d'Ayotzinapa, met en évidence l'infranchissable gouffre culturel entre l'indolente classe dirigeante et le peuple travailleur. Ni Enrique Peña Nieto ni les membres de son cabinet ne pourraient survivre à un débat public en face, sans prompteur, avec des étudiants ou des parents d'Ayotzinapa. Ils seraient submergés en quelques minutes par la clarté, la conviction et l'intelligence énormes des voix rebelles de Guerrero.

Nous sommes malgouvernés par un groupe de personnes incultes, sans instruction ni éthique ni connaissances historiques, dont le seul intérêt est d'accumuler de l'argent et du pouvoir. Mais leur ignorance les condamne à répéter l'histoire et à rester accrochés à un immobilisme conservateur qui finira par causer leur défaite fracassante. Le vent de l'histoire souffle à grande force et l'extraordinaire ingéniosité du peuple mexicain saura remplir ses voiles avec l'énergie du processus de transformation mondial en cours.
USA

L'hypocrisie de la Maison Blanche entre les émeutes à Ferguson et en Ukraine

Aux Etats-Unis les émeutes qui ont éclaté à Ferguson, dans le Missouri, ne se sont calmées que dans la matinée du 26 novembre. Les protestations contre la disculpation du policier ayant abattu en août un Afro-Américain de 18 ans sans arme ont gagné 35 Etats de New York à la Californie. Les jurés ont décidé que le policier n'avait pas violé les instructions.

A Ferguson le gouverneur a décrété l'état d'urgence et a fait venir la garde nationale pour aider la police. Pour disperser les manifestants cette dernière a utilisé des blindés, des gaz lacrymogènes et des matraques électriques. Plus de 60 manifestants ont été interpellés. Le président des Etats-Unis Barack Obama s'est adressé à deux reprises aux Américains ayant promis de punir sévèrement conformément à la loi tous les coupables de violences, d'incendies et de pillages.

Ce qui étonne surtout, ce n'est pas l'événement en tant que tel. De telles choses ne sont pas extraordinaires aux Etats-Unis. Ce qui étonne, ce sont les chiffres et la réaction aux manifestations de la part de la Maison Blanche.

Selon les dernières statistiques du FBI, en 2013 la police américaine a commis 461 « meurtres justifiés ». L'histoire américaine n'a jamais connu auparavant un si grand nombre de victimes de la violence d'Etat. Le « meurtre justifié » est de fait l'élimination physique d'un homme par les employés de la police, du FBI ou d'autres organes d'Etat en exercice de leur fonction justifiée par les circonstances. C'est environ 3 % du nombre total de meurtres recensés aux Etats-Unis en 2013.
Eiffel Tower

La livraison des Mistral reportée sine die, ou le déshonneur de la France

© B.Grua
Le Mistral Vladivostok
Hier 25 novembre 2014, la France, par la bouche du président de la République, vient de confirmer que la livraison aux Russes des Bâtiments de projection et de commandement (BPC) Mistral, qui leur appartiennent, est reportée sine die. On ne trouve pas de mots trop forts pour qualifier cette forfaiture. Brigandage, gangstérisme à l'échelle internationale ? Même pas. Les gangsters prennent quelques risques personnels quand ils commettent leurs actes. C'est de la couardise. François Hollande, du fond de son bureau, ne prend aucun risque, sinon celui de déshonorer la France, et de compromettre, là aussi sine die, nos relations avec la Russie, indispensables pour l'avenir, autant de la France que de l'Europe.

Une nation maritime comme la France, ayant toujours cultivé (sauf devant Hitler) des traditions d'honneur naval, acceptera-t-elle de voir laisser débarquer du Vladivostock des marins russes qui avaient pu penser y être chez eux, malgré les rebuffades incessantes dont les autorités de Saint-Nazaire les accablaient, au mépris de toute solidarité entre gens de mer ? Et s'ils n'acceptaient pas d'abandonner leur bord volontairement, leur enverra-t-on les CRS ?
Pistol

USA : libéralisation, militarisation, incarcération

© aclu.org
Les émeutes de Ferguson ont repris avec l'annonce que le policier qui a tué Michael Brown ne serait pas poursuivi. L'affaire illustre la fuite en avant du pays dans une répression brutale... mais pas tout à fait aveugle quant au choix de ses victimes.

Le 9 août dernier, Michael Brown, un adolescent noir, était abattu à Ferguson dans le Missouri. Ce véritable assassinat, après tant d'autres, a suscité une immense vague de protestations et d'émeutes contre les méthodes brutales d'une police militarisée et raciste.

Lundi 24 novembre, le grand jury chargé de la question a tranché : le policier blanc qui a fait feu à douze reprises dans une histoire de vol présumé de cigarillos ne sera pas poursuivi. Cette décision a immédiatement suscité la colère de centaines de manifestants à Ferguson même, où le couvre feu a été décrété, et des manifestation ont eu lieu dans plusieurs grandes villes américaines.

Une police américaine brutale et militarisée

Il y a quelques jours seulement, le 22 novembre, un jeune afro-américain de douze ans qui s'amusait sur une aire de jeux à Cleveland avec un pistolet en plastique a été tué par deux policiers. Ces deux événements récents viennent allonger la longue liste des victimes de la police américaine, avec une constance : les forces de l'ordre ont la gâchette d'autant plus facile que le suspect est noir.
Snakes in Suits

Mexique : la violence et la raison désespérée

Traduction : Marie-Rose Ardiaca

© Inconnu
Trois des facteurs que Nikos Poulantzas pointait comme étant les symptômes de tout procès de fascisation se font jour aujourd'hui au Mexique : la « radicalisation des partis bourgeois vers des formes d'État d'exception », une distorsion caractéristique entre « pouvoir formel » et « pouvoir réel » et, enfin, « la rupture du lien entre représentants et représentés ». Felipe Calderon a d'abord introduit une violence étatique, camouflée en guerre contre la drogue, comme une exception, ensuite, il l'a convertie en routine et puis il l'a transformée en règle. Tout régime d'exception trouve son origine dans une crise politique ou idéologique, voire les deux en même temps. Le Mexique connait aujourd'hui une crise profonde. Mais la crise existait bien avant et elle s'est approfondie suite aux événements de Iguala.

Cerné par les mots d'ordre prononcés urbi et orbi : « Exit l'Etat », « Peña Nieto, dehors », le Président de la République est fâché et le général en charge de la Défense Nationale aussi. Ce n'est pas bon... La rage leur a voilé la vue et les empêche de comprendre ce qui est en train de se passer au Mexique ; elle les a poussés à tenir des propos irresponsables. Elle pourrait aussi les pousser à prendre des décisions erronées dramatiques.

Commentaire: Quelques articles concernant le Mexique, dans un état catastrophique :

- Le Mexique à l'avant-garde de l'inhumanité : futur modèle pour l'Occident ?
- Mexique : domination par le massacre
- Mexique : la faillite planifiée d'un état

Bad Guys

Les semences de fermes criminalisées par des accords commerciaux

© Raúl Zamora
L’accord commercial avec les États-Unis oblige le Guatemala à adhérer à la Convention UPOV. Mais la résistance populaire a forcé le gouvernement à abroger une loi nationale allant dans ce sens.
Quoi de plus normal que de conserver les semences d'une saison à l'autre ? Après tout, c'est bien comme ça que nous faisons pousser les plantes dans nos fermes et nos jardins. Et pourtant, du Guatemala au Ghana, du Mozambique à la Malaisie, cette pratique courante est transformée en délit, pour permettre à une demi-douzaine de grandes multinationales de faire des semences une propriété privée et d'en tirer de l'argent. Mais les gens réagissent et dans plusieurs pays, la mobilisation populaire force déjà les gouvernements à mettre les plans de privatisation des semences en attente.

Les accords commerciaux sont devenus l'outil idéal pour les gouvernements, qui travaillent main dans la main avec les lobbies des grandes entreprises, pour faire passer les nouvelles règles destinées à restreindre le droit des paysans à se servir des semences. Jusqu'à relativement récemment, le plus important de ces accords était l'Accord de l'Organisation mondiale du Commerce (l'OMC) sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). Adopté en 1994, l'accord sur les ADPIC était, et c'est encore le cas, le premier traité international à établir des normes mondiales pour les droits de « propriété intellectuelle » concernant les semences.1 Le but est de garantir que des sociétés comme Monsanto ou Syngenta, qui dépensent de l'argent pour la sélection végétale et le génie génétique, puissent contrôler ce qui arrive à leurs semences en empêchant les agriculteurs de les réutiliser, ce qui ressemble fort aux procédés employés par Hollywood ou Microsoft pour essayer d'empêcher les gens de copier ou de partager les films ou les logiciels en attachant des verrous juridiques ou technologiques à leurs produits.

Commentaire: On comprendra aisément que ce que nous réservent les dirigeants européens avec le TAFTA soit du même acabit.
Comment presque concevoir que des textes de loi accolés à une simple graine puisse faire trembler les fondements même de nos libertés et de notre santé?
Ne nous y trompons pas : il n' y aura jamais de lois pour nous obliger à consommer des OGM. Nous serons obligés de manger cette monstruosité car nous ne trouverons plus que cela.

Pour une vue générale, terrifiante, de la situation africaine :

- Necro-agriculture : les multinationales à l'assaut des semenciers africains

Pirates

Poutine sur le combat contre l'extrémisme, les révolutions colorées

© Presidential Press and Information Office
Poutine à l’assemblée du Conseil de sécurité, le 20 novembre.
Lors d'une assemblée élargie du Conseil de sécurité au Kremlin, le Président russe Vladimir Poutine a récemment parlé de contrer l'extrémisme dans la prochaine décennie. Comme d'habitude, il avait des choses intéressantes à dire. Voici quelques points forts, avec des commentaires.
Sherlock

Comment manipule-t-on des jihadistes ? Qui le fait ?

Alors que la France et le Royaume-Uni découvrent avec horreur que des personnes normales peuvent être subitement transformées en égorgeurs, Thierry Meyssan revient sur ce phénomène qu'il n'a cessé de dénoncer depuis 13 ans : certains jihadistes ne sont ni des takfiristes, ni des mercenaires, mais ont été conditionnés pour devenir des assassins.


Soldat syrien décapité par les « modérés » de l'Armée syrienne libre.
Les dirigeants européens semblent soudain pris d'effroi à la découverte du nombre de jihadiste qu'ils ont produits dans leur propre pays et à la vue des crimes qu'ils commettent. Cependant, au Royaume-Uni et en France, des voix s'élèvent pour comprendre comment des personnes appréciées par leur entourage ont pu, parfois subitement, partir en Syrie ou en Irak et s'y muer en égorgeurs. Ils parlent de « manipulations mentales », sans aller toutefois au bout de leur raisonnement : car si les jihadistes européens actuels ont pu être manipulés, alors certains autres jihadistes, au cours des 13 dernières années l'ont peut-être été également et nous devons réviser toutes nos certitudes sur ce qui a précédé.

Avant de revenir sur cette question qui modifie profondément l'appréhension que les Européens ont pu avoir de la « guerre au terrorisme », je voudrais revenir sur l'hypocrisie des leaders européens qui feignent de découvrir aujourd'hui des crimes qu'ils ont longtemps consciemment soutenus et financés.
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