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© NASA/AP
La comète Hartley 2 a été photographiée jeudi par la sonde de la Nasa Epoxi, qui s'est approchée d'elle à 700 kilomètres.

La sonde américaine Deep Impact/Epoxi vient de frôler ce petit astre chevelu.

Au terme d'une course-poursuite de deux ans et demi à l'intérieur du système solaire, la sonde américaine Deep Impact/Epoxi s'est approchée, jeudi après-midi, à 700 kilomètres de la petite comète Hartley 2, dont elle a pris de splendides images. C'est la cinquième fois dans l'histoire de l'astronomie qu'un engin spatial frôle d'aussi près l'un de ces objets célestes dont la longue traînée lumineuse fascine les hommes depuis la nuit des temps.

Si, après la comète Tempel 1, en juillet 2005, Deep Impact/Epoxi en est à son deuxième rendez-vous, ce sont les Européens qui ont ouvert le bal il y a vingt-quatre ans lorsque la sonde Giotto de l'ESA a survolé la célèbre comète de Halley.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aucun de ces astres chevelus ne se ressemble. Avec son noyau allongé (2 km de long pour 700 m de large) en forme d' «haltères» , d' «os» ou de «cacahouète», selon les appréciations, Hartley 2 a surpris les astronomes. «On n'avait encore jamais vu de comète comme ça !», confie Jacques Crovisier, chercheur CNRS à l'Observatoire de Paris-Meudon.

Les comètes sont des mines d'informations

«Deux types de surface sont clairement visibles: aux extrémités, une surface rugueuse, recouverte de nombreux blocs rocheux dont les plus gros font plusieurs dizaines de mètres, et, au milieu, une surface beaucoup plus lisse, sans relief apparent», note de son côté Olivier Groussin, astronome au Laboratoire d'astrophysique de Marseille. Comprendre comment cette configuration s'est formée et persiste encore aujourd'hui devrait permettre d'en savoir plus sur l'histoire de Hartley 2, découverte en 1984 par un astronome australien dont elle a hérité du nom. Comme toutes les comètes, cette infatigable voyageuse qui revient tous les six ans à proximité de la Terre est constituée d'un noyau de poussières, de roches, de glace d'eau et de gaz carbonique. À l'approche du Soleil, la fonte de cette glace est à l'origine de la traînée caractéristique de ces astres qui résident la plupart du temps dans la ceinture de Kuiper, une zone très froide située au-delà de l'orbite de Neptune.

Les comètes ont très peu évolué depuis leur formation il y a 4,5 milliards d'années et constituent une véritable mine d'informations pour décrypter l'origine de notre système solaire. Les données recueillies par le spectroscope infrarouge et les deux caméras de Deep Impact/Epoxi, dont le dépouillement va prendre des mois, sont donc attendues avec impatience par les astronomes du monde entier. Mais on devrait encore en savoir plus, en novembre 2014, lorsque la sonde européenne Rosetta larguera sur le noyau de la comète Churyumov-Gerasimenko le petit module Philae capable de prélever et d'analyser des échantillons sur place.