
Un site funéraire datant de l'âge du Bronze
La présence d'une nécropole à cet endroit est a priori étonnante : aucune trace de grand peuplement urbain n'est recensée dans cette zone. Les archéologues pensent que le site a été choisi car il comportait déjà des enclos funéraires, datant de l'âge du Bronze (-2200 à -800 avant notre ère).
Ces sites funéraires, élevés sur des tertres et alignés sur au moins deux kilomètres, « devaient constituer des marqueurs du paysage, visibles de très loin » dans ces plaines champenoises, explique Cécile Paresys, de l'Inrap.
Dans la terre, un guerrier et sa compagne, épée au côté
Dans une tombe, le squelette d'un grand guerrier, épée au côté, côtoie celui d'une jeune femme, inhumée après lui avec torque (sorte de collier antique souvent porté chez les Celtes) et bracelet de bronze. Ces bijoux caractéristiques permettent de dater les tombes entre 325 et 260 avant J.-C.
Les objets doivent être analysés de manière approfondie, mais les détails de leurs ornements permettent déjà de deviner l'époque précise à laquelle vivaient ce couple aux airs de Tristan et Iseult, car les modes en la matière changeaient rapidement. Ainsi, sur le fourreau de l'épée, « le style potentiel du décor serait deux dragons qui se font face, la gueule ouverte, avec le corps qui s'enroule », explique Emilie Millet, spécialiste du mobilier métallique.
Pour la jeune femme, la bonne surprise gît surtout dans une tombe voisine, celle d'un autre guerrier de l'élite gauloise. Outre sa longue épée (70 cm environ) typique des fantassins de l'époque, l'homme a aussi été enseveli avec un grand bouclier (120 à 130 cm) en ogive. Si le bois et le cuir qui le composaient ont depuis longtemps disparu, l'armature métallique qui en protégeait le pourtour est elle bien visible. « Ce n'est pas inédit mais je n'en ai jamais vu de semblable », souligne la jeune femme.



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