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© (Richard Box’s ‘FIELD’ February 2004 Photo: Stuart Bunce, www.richardbox.com) [With permission – Henshaw 1]
Des néons allumés par des lignes électriques aériennes
Cet article fait partie d'une série qui démarrera avec une présentation rapide du contexte, se poursuivra par une description détaillée des sources artificielles de champs électromagnétiques, discutera des résultats des dernières études, et se terminera par ce que vous pouvez faire pour mesurer votre exposition aux champs électromagnétiques et quelles démarches vous pouvez entreprendre pour la minimiser.

Sans aucun doute, ce qui finit par devenir une maladie chronique comporte de nombreuses causes potentielles dont la génétique, un régime alimentaire déficient, une exposition à des toxines, et même des émotions refoulées. Ces deux dernières décennies, la recherche a contribué à faire ajouter l'exposition aux champs électromagnétiques (CEM) en haut de la liste des causes de maladies chroniques (incluant les dommages causés au génome). Il est probable qu'une maladie chronique résulte d'une combinaison unique et individuelle de ces causes premières, aussi l'exposition aux CEM doit être considérée dans le contexte d'autres sources de causes comme le suggère l'illustration 1.

figure 1 CEM
© Sott.net
Illustration 1 : Effets sur la santé des CEM dans le contexte de l'alimentation et de l'exposition à des toxines.
Contexte

Au cours des millions d'années d'évolution, l'humanité a bénéficié de niveaux naturels de CEM très faibles. Ces sources naturelles de CEM naturels sont liées au cosmos, au soleil et à la planète, chacune de ces diverses parties prépondérantes du spectre allant des extrêmement basses fréquences (EBF/TBF) aux rayons gamma à l'énergie la plus élevée. Pour autant que nous le sachions, ce spectre est demeuré relativement stable au cours de millions, voire peut-être de milliards d'années à l'exception des événements solaires (effets magnétiques) et des supernovas cosmiques (rayonnement gamma).

Ce n'est que ces 100 dernières années environ que ce spectre est devenu dominé de manière écrasante par les produits électroniques d'une civilisation fondée de plus en plus sur la technologie. Par exemple, en 1977, on a mesuré que la densité de puissance moyenne dans 15 villes (dominée par les bandes UHF/VHF) était 50 millions de fois plus importante que le rayonnement naturel. Depuis 1977, nous avons connu une explosion de l'électronique, de l'informatique et des dispositifs de télécommunication qui ont engendré des niveaux croissants d'exposition aux CEM sous la forme d'électricité sale (50/60 Hz), de champs magnétiques/électriques alternatifs EBF, et d'un énorme réseau de signaux sans-fil radiofréquence digitaux à large bande.

Pouvons-nous vraiment nous attendre à ce que ce niveau d'exposition aux CEM n'aura que peu ou pas d'effet sur notre santé collective - sans oublier toutes les plantes et tous les animaux qui dépendent d'un environnement relativement propre pour prospérer ? Les dernières études indépendantes et impartiales répondent par la négative, chaque catégorie d'exposition aux CEM a des effets néfastes sur la santé mesurables - chez les plantes, les animaux et les êtres humains. De manière intéressante (ou peut-être prévisible), nombre de ces études « scientifiques » qui mesurent peu ou pas d'effets impliquaient une participation ou un financement de l'industrie. Si les résultats reflétaient des effets néfastes sur la santé de l'exposition aux CEM et étaient diffusés à grande échelle, ce sont ces mêmes industries qui auraient le plus à perdre. Bien que la menace soit évidente, notre fascination collective pour tout ce qui va du dernier modèle d'iPhone ou d'application au super plan de travail trucmuche nous rend aveugle aux risques pour notre environnement, nous-mêmes, et en particulier nos enfants - une situation où la pensée magique peut s'avérer véritablement très mortelle.

Ces deux dernières décennies, on a observé une augmentation considérable du nombre de personnes électrosensibles. Ces patients souffrent de détérioration rapide se traduisant par tout un tas de symptômes après des temps d'exposition relativement brefs. L'effet est tellement direct et accablant que certaines de ces personnes peuvent détecter directement des champs magnétiques alternatifs, de l'électricité sale et des signaux WiFi dans leur environnement. L'électrosensibilité oblige nombre de ces personnes à planifier soigneusement leurs déplacements de sorte à minimiser leur exposition à des CEM, et de là à diminuer leur temps de récupération. Cette brève description de l'électrosensibilité pourrait rappeler à certains lecteurs la sensibilité au gluten et la référence à l'« iceberg cœliaque » que Sayer Ji a faite dans son article The Dark Side of Wheat où il comparait la maladie cœliaque au sommet immergé d'un gros iceberg représentant les effets néfastes du gluten sur la santé de tous ceux qui en consomment. Comme les personnes électrosensibles, les personnes atteintes de la maladie cœliaque souffrent de réactions immédiates et douloureuses. Dans l'article cité en référence, Sayer apporte des preuves que la plus grande menace de la consommation de gluten est une détérioration de la santé, une maladie chronique, et une mort précoce pour tout un chacun. Les personnes électrosensibles pourraient nous dire la même chose des CEM. Autrement dit, les personnes électrosensibles et celles qui sont atteintes de la maladie cœliaque pourraient être les canaris proverbiaux dans la mine de charbon.

Champ électromagnétique naturel

Avant d'aborder les sources des CEM artificiels nuisibles, jetons un œil sur une source de CEM naturel qui a été probablement présente tout au long de l'évolution de la vie sur cette planète. Cette source implique le Soleil et la Terre, comme le montre l'illustration 2.

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© wikipedia.org
Illustration 2 : Les protons et les électrons de haute énergie éjectés du Soleil sont déviés par le champ magnétique de la Terre (magnétosphère), provoquant la déformation des lignes de champ et l'accumulation de charges dans l'ionosphère.
Des variations dans le nombre et la vitesse des protons et des électrons solaires produisent des variations du champ magnétique de la Terre sur et autour de la planète, tandis que la magnétosphère nous sert de bouclier contre la majeure partie des particules entrantes (voir l'illustration 2). L'ionosphère terrestre collecte ces particules chargées qui traversent le bouclier et interagissent avec la surface de la Terre sous forme d'éclairs nuage-sol et de décharges (courants) entre les couches de l'atmosphère. Ces interactions provoquent divers modes de propagation électromagnétique dans l'enveloppe sphérique définie par la surface de la Terre et l'ionosphère - une couche sphérique qui sépare deux régions de charge différente (guide d'ondes sphérique). Ces modes sont limités par la taille de la Terre et de l'ionosphère qui l'entoure. Puisque la Terre a rarement été dépourvue de champ magnétique (sauf lors de brèves périodes d'inversion de polarité), on peut supposer que ces modes caractéristiques de propagation électromagnétique due au Soleil sont présents depuis peut-être des milliards d'années et ont influencé le développement de la vie sur la planète depuis le début.

À quoi ressemble ce champ électromagnétique ? L'illustration 3 montre une mesure sur 4 secondes du champ magnétique à un endroit sur Terre.

image 3 CEM
© Sott.net [adapté de http://en.wikipedia.org/wiki/File:Eeg_raw.svg et http://www.glcoherence.org/monitoring-system/earth-rhythms.html]
Illustration 3 : L'électroencéphalogramme (EEG) humain est extrêmement comparable au spectre des résonances de Schumann dérivé des mesures du champ magnétique sur Terre.
Juste en dessous, on voit un tracé d'une seconde d'un électroencéphalogramme (EEG) humain. Les échelles temporelles ont été préservées afin de pouvoir voir que leurs variations sont très similaires. Si l'on analyse le contenu fréquentiel des tracés temporels du champ magnétique, on trouve que les bosses du graphique du bas (illustration 3) sont les résonances de Schumann1 associées à la Terre (en fait, le guide d'ondes terre-ionosphère). La première résonance se produit à 7,8 Hz (cycles par seconde) - une plage en plein dans la gamme des ondes alpha de l'EEG humain [la dominance des ondes alpha dans l'EEG humain est associée à l'état conscient apaisé]. Ces résonances de Schumann s'étendent jusqu'à 45 Hz environ et couvrent une gamme qui correspond étroitement à celle de l'EEG humain (et probablement d'autres animaux).

Ainsi, nous avons ici une source de CEM qui est probablement enracinée dans notre développement évolutionnaire depuis l'aube des temps. Elle fait partie de notre environnement « natal » et s'exprime apparemment dans les signaux de chaque cerveau humain. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ?

Cette source de CEM a probablement une fonction d'équilibrage homéostatique pour les formes de vie (humains y compris) et suggère cette question : que se passe-t-il si ce champ électromagnétique est masqué ou dominé par d'autres champs électromagnétiques environnementaux ? Dévalons-nous vers des maladies chroniques de l'esprit et du corps ? Est-ce cela qui arrive aux abeilles (et autres animaux) ?

Nous savons pertinemment que les tempêtes solaires sévères altèrent considérablement ces CEM naturels et peuvent durer plusieurs jours. Ces périodes ont été reliées à la maladie, la dépression et le suicide - certains des mêmes effets de l'exposition à une source de CEM connue chez de nombreuses personnes. Ce lien avec les tempêtes solaires sévères pourrait être un indice suggérant que le problème ne vient pas uniquement de l'exposition à des CEM artificiels : c'est le masquage du champ électromagnétique naturel au cours de longues périodes qui entraîne ou contribue à l'apparition de nombreux états maladifs, y compris les symptômes de l'électrosensibilité.

Si la Terre ne possédait pas de champ magnétique, il n'y aurait guère de protection contre les particules solaires chargées à haute énergie - un environnement très dur pour le développement de la vie.2 On estime que la Terre dispose d'un champ magnétique substantiel depuis environ 3,5 milliards d'années.3 Il ne serait pas surprenant de découvrir que les formes de vie ont évolué pour se servir de ce champ, par exemple pour se diriger et possiblement pour d'autres buts - et que ces capacités sont toujours utilisées aujourd'hui. L'illustration 4 illustre ceci sur une échelle de temps grossière en montrant le développement des bactéries magnétotactiques, des oiseaux, des humains, et le début de l'électrification (il y a environ 130 ans). La plupart des formes de vie sur cette planète pourraient exprimer cet héritage sous des formes latentes ou inconnues. Par exemple, les vaches et les cerfs sauvages ont tendance à aligner leur corps sur la direction nord-sud lorsqu'ils se reposent, mais pas lorsqu'ils se trouvent sous des lignes à haute tension.

figure 4 CEM

Illustration 4 : Chronologie de l'évolution sur une échelle logarithmique montrant que les premières formes de vie utilisaient le champ magnétique terrestre [reproduit avec l'autorisation de Henshaw4]
Ces deux dernières décennies, de nombreux articles à comité de lecture ont suggéré des effets dus à la variation géomagnétique sur les êtres humains, dont des éléments comme la production de mélatonine dans la pinéale, le comportement, dépression/suicide, perturbation du rythme cardiaque, pression sanguine artérielle, EEG, le syndrome de mort subite du nourrisson, et d'autres effets biologiques. Toutes ces recherches suggèrent que même l'animal humain est considérablement relié aux phénomènes géomagnétiques primordiaux Terre-Soleil. Ces recherches suggèrent également, indirectement, que les CEM artificiels pourraient interférer avec la signalisation naturelle dont nous dépendons tous pour maintenir un fonctionnement sain de l'esprit et du corps.

Dans la prochaine partie de cette série, nous aborderons les sources artificielles de champs électromagnétiques et ce que suggèrent d'anciennes études importantes au regard des effets sur la santé de ces sources.

Notes :

1- La mesure des ondes de Schumann est actuellement étudiée pour prédire les séismes. Un taux de réussite de 85 % aurait été obtenu dans un rayon de 250 km2 autour d'un capteur. « Les résonances de Schumann ont aussi dépassé les frontières de la physique pour pénétrer le domaine de la médecine où elles ont suscité l'intérêt vis-à-vis des interactions entre rythmes planétaires et santé et comportement humains. » (Voir ici pour de plus amples détails.)

2- Seul 1 % de l'énergie du vent solaire est couplée à la magnétosphère, et la plupart reste confinée et isolée de la surface de la Terre. [PDF]

3- Une étude paléomagnétique de dacite rouge et de basalte en coussin d'Australie a estimé que le champ magnétique était présent depuis au moins 3,45 milliards d'années. (wikipedia.org)

4- Denis Henshaw, professeur émérite (à la retraite), école de physique, université de Bristol


Commentaire : Écoutez la dernière émission(en anglais) Santé et Bien-être sur l'exposition aux champs électromagnétiques pour en apprendre davantage sur les sources artificielles de CEM, les résultats des dernières études, ce que vous pouvez faire pour mesurer votre exposition aux champs électromagnétiques et quelles démarches entreprendre pour la minimiser.

Ne manquez pas la seconde partie.