Une explosion s'est produite samedi, à 15h36 locales (7h36 en France), à la centrale nucléaire de Fukushima N°1, à 250 km au nord de Tokyo, alors qu'un nuage blanc s'élevait au-dessus du site. Plusieurs employés ont été blessés. Après le violent séisme qui a frappé le pays, les autorités japonaises avaient décrété dès vendredi l'évacuation d'une zone de dix kilomètres autour de cette centrale. Le rayon a été porté à 20km samedi après l'explosion. Un niveau de radioactivité mille fois supérieur à la normale a été détecté dans la matinée dans la salle de contrôle du réacteur.

Du césium ayant été détecté aux alentours, l'Agence de sécurité nucléaire et industrielle craignait un phénomène de fusion dans le réacteur N°1 de la centrale, endommagé par le séisme. La compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), qui exploite le site, contestait qu'un tel phénomène soit en cours, expliquant qu'elle tentait «de faire remonter le niveau d'eau» pour refroidir le réacteur.

Un porte-parole du gouvernement a assuré que le caisson du réacteur n'avait pas subi de dégâts lors de l'explosion, citant Tepco. Il a précisé que les radiations avaient baissé à la suite de cette déflagration. Le Premier ministre a appelé la population locale au calme.

Une pression et des températures anormales relevées vendredi

Des dysfonctionnements du système de refroissement de ce réacteur numéro 1 avaient été signalés vendredi, ainsi qu'une élévation anormale de la pression interne. Tepco avait reçu des autorités l'instruction de laisser s'échapper des vapeurs comportant des substances radioactives pour faire descendre la pression. L'armée de l'air américaine a livré du liquide de refroidissement sur place pendant la nuit.

C'est le Premier ministre Naoto Kan lui-même qui a demandé à la population d'évacuer le secteur, peuplé de 45 000 habitants, vers 6h30 samedi matin (22h30 vendredi soir, heure de Paris) en raison d'une radioactivité 8 fois supérieure à la normale et d'une fuite radioactive à l'extérieur de la centrale. Selon l'agence Kyodo, ce taux de radioactivité était beaucoup plus alarmant : 1000 fois supérieur à la normale dans la salle de contrôle du réacteur numéro 1. Pire : une autre centrale de la région, Fukushima N°2, connaissait aussi des problèmes de refroidissement sur quatre de ses réacteurs. Tepco a pris des mesures de prévention similaires et la population a été appelée à évacuer les environs..

L'état d'urgence nucléaire a été décrété au Japon à titre de précaution. Un total de onze réacteurs sur 55 se sont automatiquement arrêtés, selon le ministère de l'Industrie.Un départ de feu a par ailleurs été signalé dans un bâtiment abritant une turbine dans la centrale nucléaire d'Onagawa située dans la préfecture de Miyagi.

La centrale la plus importante du pays, Kashiwazaki-Kariwa, dans la préfecture centrale de Niigata, plus éloignée de l'épicentre, restait quant à elle opérationnelle. Quelque 4,4 millions de foyers étaient privés d'électricité dans le nord-est du Japon.