Les niveaux de radiations sont "extrêmement élevés" sur le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Fukushima
La piscine de stockage du réacteur ne contient plus d'eau, a déclaré mercredi le président de l'Autorité américaine de régulation nucléaire (NRC).

La situation est "très grave", a déclaré mercredi le directeur général de l'AEIA. Les coeurs des réacteurs 1, 2 et 3 étaient touchés, selon le Japonais Yukiya Amano.

Les Américains ont été appelés à évacuer une zone de 80 km autour de Fukushima.

L'armée pourrait être appelée pour refroidir les combustibles nucléaires après l'échec de l'arrosage du combustible du n°4 par un hélicoptère en raison de la radioactivité.

La radioactivité mesurée à l'entrée de la centrale nucléaire de Fukushima a atteint un nouveau pic vers 10H45 locales (01H45 GMT), a rapporté l'agence japonaise de sûreté nucléaire.
Du coup, le personnel de la centrale a été temporairement évacué à cause du risque que représente cette élévation de la radioactivité.

Toutefois, le porte-parole du gouvernement a assuré que les radiations au-delà de la zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima "ne posent pas de danger immédiat pour la santé".

Quant à l'intégrité de l'enceinte du réacteur 2, elle risquait d'être affectée aussi, a indiqué l'AIEA mardi. Quatre réacteurs de la centrale sont accidentés au total.

Réacteur n°1

L'enceinte de confinement du réacteur 1 est "restée intègre", précise l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN).

Réacteur n°2

les deux explosions de mardi ont "probablement entraîné une dégradation de l'enceinte de confinement en sa partie inférieure", rapporte l'ASN, ce qui "serait à l'origine de l'augmentation significative des rejets radioactifs détectés de manière ponctuelle en limite du site".

Réacteur n°3

L'évolution de la sûreté du réacteur 3 où "l'enceinte de confinement (...) pourrait avoir été endommagée" et où le niveau d'eau s'avérerait difficile à maintenir, est jugé préoccupante par l'ASN.

Réacteur n°4

Avec des risques de rejets radioactifs "directement dans l'atmosphère", la piscine de stockage de combustible usé du réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi constitue désormais "la principale préoccupation", a estimé mercredi l'Autorité de sûreté nucléaire française.Faute d'apport d'eau pour les refroidir, très rapidement on peut craindre des dégâts sur les barres à combustible et des rejets très importants de radioactivité directement dans l'atmosphère. Comme dans une bouilloire dont les résistances grillent en l'absence d'eau, les barres de combustibles risquent de se désagréger. La gaine de zirconium qui entoure les pastilles de combustible s'oxyderait vivement, telle une allumette qui s'enflamme, explique Thierry Charles, directeur de la sûreté à l'IRSN.

Le combustible en miettes, directement à l'air libre, "on serait dans la même gamme de rejets que Tchernobyl", estime cet expert.

Lauvergeon: "nous sommes dans l'urgence absolue"

"Nous sommes dans une catastrophe (...) les combustibles ne sont plus refroidis (...) la situation devient extrêmement difficile", a déclaré Mme Lauvergeon au cours d'une audition sur la catastrophe nucléaire au Japon.

Bruxelles critique la gestion japonaise

Le commissaire européen à l'Energie a critiqué mercredi la réaction à ses yeux peu professionnelle des Japonais à la "véritable catastrophe" de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, estimant que le destin du pays était désormais "entre les mains de Dieu". La façon dont la crise est gérée et "les moyens du bord incroyables avec lesquels les Japonais travaillent" conduisent à "corriger la haute opinion que j'avais jusque là de la compétence des ingénieurs, de la compétence technique, de la compétence industrielle, de la perfection, de la précision des Japonais", a estimé Günther Oettinger.

La porte-parole du commissaire a ensuite rectifié les propos du commissaire européen affirmant que ces propos se fondaient sur des informations de presse et sur ses craintes personnelles.

"Les Japonais travaillent avec des pompes à incendie, on essaie de jeter de l'eau avec des hydravions, on ne sait plus comment se tirer d'affaire", a-t-il ajouté devant une commission du Parlement européen, "c'est une véritable catastrophe et on réagit par à-coups".

Le commissaire avait déjà parlé mardi "d'apocalypse" à propos de la situation dans la centrale de Fukushima.