Commentaire : Jouons les rabats-joies, mais pas trop quand même : il ne s'agirait pas d'être un peu trop conscient pendant ces fêtes, en passant, tiens, à la loupe, la nature réelle de ce qui défile sous le sapin et dans nos assiettes, la nature réelle des relations que nous entretenons avec notre famille et nos amis, la nature réelle d'une célébration détournée, aux origines oubliées, devenue désormais un alibi merveilleux pour notre soif de possession matérielle. Non, ne faisons pas cela.


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Le magasinage de Noël, les décorations, les parties et les réunions de famille peuvent engendrer beaucoup de stress. Pour certains, cette pression pour diffuser la joie de fêtes par des cadeaux, des repas et des rassemblements peut conduire à des comportements excessifs, qui a un impact négatif sur le bien-être, souligne une étude publiée dans le Journal of Public Policy & Marketing.

Sonya A. Grier de la Kogod School of Business et ses collègues font valoir que la pleine conscience (« mindfulness ») peut être un antidote aux effets néfastes d'une consommation insuffisamment réfléchie résultant de pensées automatiques, d'habitudes et de modes de comportements malsains.

« Les consommateurs peuvent s'engager dans des pratiques de consommation plus consciente pour atténuer potentiellement les effets négatifs qu'une consommation automatique, telle que trop manger, trop boire ou faire des achats frivoles, peut avoir sur le bien-être" », dit-elle. La pleine conscience « permet à un esprit entraîné de faire des choix délibérés et d'être moins sensible aux messages persuasifs. Pour l'esprit non entraîné, la conscience objective est régulièrement détournée par une abondance de souvenirs, de perceptions, de pensées, d'émotions et de jugements, ce qui a pour conséquence un gaspillage de temps, d'énergie et d'attention, qui sont toutes des ressources limitées. »

« Dans un monde pressé, la consommation attentive peut aider à rester en contact avec les priorités les plus importantes dans sa vie et aider à s'autoréguler pour faire des choix basés sur ces priorités plutôt que de mauvaises habitudes», explique Grier. La capacité d'agir selon ses valeurs, grâce à la conscience de ses processus cognitifs et émotifs, a été appelée flexibilité psychologique.
Pour pratiquer la consommation consciente, Grier recommande de prendre conscience de ce qui déclenche des comportements ou des relations malsaines, de prêter attention à la réaction du corps à la consommation d'aliments ou de produits et de comprendre l'« impermanence » des envies. L'étude recommande également d'être conscient des motivations sous-jacentes à dépenser de l'argent, de la valeur accordée aux articles matériels et de la construction d'un sentiment d'identité basé sur des biens matériels.
La recherche, dit-elle, suggère que l'entrainement à la consommation consciente peut mener à :
  • une capacité accrue de prendre des décisions financières habiles alignées avec des valeurs plus profondes et qui facilitent le bien-être ;
  • une capacité accrue de gérer les pressions sociétales pour dépenser de l'argent ou valoriser les possessions et une plus grande capacité à trouver des moyens de satisfaire les besoins psychologiques à un niveau plus profond ; les consommateurs conscients sont plus susceptibles d'avoir une meilleure estime de soi car ils ne sont pas motivés par l'approbation des autres ;
  • une meilleure qualité de temps et d'expérience avec sa famille, ainsi qu'une capacité accrue de prendre de meilleures décisions pour le bien-être des membres de la famille ;
  • une plus grande capacité à pratiquer l'ouverture et la tolérance envers d'autres groupes et perspectives.