© Clement Sabourin / AFP/Archives [Zoomer]
Les eaux de l'Arctique le 27 septembre 2015
Un mystérieux « bip » entendu à plusieurs reprises depuis cet automne par des Inuits intrigue en Arctique. Si bien qu'une patrouille militaire et des spécialistes vont être dépêchés sur place pour enquêter sur le phénomène. Le bruit a été entendu à plusieurs reprises au large du détroit de Fury et Hecla, à environ 2.700 km au nord de Montréal. Et depuis les spéculations vont bon train. Mammifères marins ? Sous-marin étranger ? Hallucination collective ? L'enquête permettra de le déterminer.

Les animaux ont quitté les lieux

Situé entre le Passage du Nord-Ouest et le nord de la Baie d'Hudson, le détroit de Fury est peu profond et est d'ordinaire très fréquenté par les narvals, les baleines boréales, les phoques annelés et les phoques barbus. Mais depuis l'été dernier, la vie animale a disparu, selon les chasseurs inuits. "Il n'y avait plus aucun animal", avait affirmé à l'époque Paul Quassa, élu local de cette région, à l'assemblée législative du Nunavut (territoire autonome inuit), attribuant cette absence à ce "bip". Quelle qu'en soit l'origine, ce bruit "provient du fond de la mer" et éloigne les animaux, avait-il ajouté, après s'être rendu sur place avec les chasseurs l'ayant entendu.

Une première patrouille en novembre

En novembre, l'armée avait déjà été appelée en renfort et avait envoyé un avion de patrouille équipé d'une batterie de radars. Après 1h30 de survol, "aucune anomalie acoustique" ni "aucune présence à la surface de l'eau ou sous-marine" n'ont été constatées, a résumé jeudi à l'AFP Josée Bilodeau, major de la Force opérationnelle interarmées Nord. En revanche, l'équipage de l'appareil a observé deux bancs de baleines et six narvals, a-t-elle remarqué.

A la suite de cette patrouille, l'enquête a été officiellement classée mais, "afin de répondre aux inquiétudes de la population locale", deux soldats spécialistes de l'acoustique vont être dépêchés sur place entre le 25 janvier et le 2 février. Ils vont se joindre à une patrouille de Rangers --un corps de l'armée canadienne formé de réservistes inuits-- qui devait déjà inspecter la zone, a indiqué la major Bilodeau. "Cela va permettre de rassembler des informations de première main auprès de ceux qui avaient rapporté en premier" ce son inconnu, a-t-elle dit.