Baisse des crédits aux collectivités : des maires s'inquiètent de la situation des quartiers sensibles.

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Stéphane Gatignon, maire de Sevran, fait partie des cosignataires d'une tribune appelant à "une nouvelle ère de la politique de la ville".
Après la baisse des crédits aux collectivités prononcée par le gouvernement, des maires s'inquiètent de la situation dans les quartiers sensibles, dans une tribune publiée dans le "JDD".

Les maires sont alarmistes. Dans une tribune publiée dans le JDD dimanche, des maires ne masquent pas leur mécontentement face à la baisse de budget concernant la politique de la ville, comprise dans la baisse des crédits aux collectivités décrétée par le gouvernement. Au cœur de leurs inquiétudes ? Les quartiers sensibles.

"Notre pays est menacé d'explosion à tout moment"

"Aujourd'hui de nombreuses villes sont au bord de l'épuisement", interpellent les huit cosignataires (dont six maires) de cette tribune : "Les quartiers se sont ghettoïsés, les trafics s'y sont largement intensifiés. Dans ces quartiers dits prioritaires, notre pays est menacé d'explosion à tout moment."

Si "l'arrivée de réfugiés" et "la hausse du décrochage scolaire" font partie des problèmes notables dans ces quartiers, la tribune a également vocation à attirer l'attention sur "le phénomène alarmant de la radicalisation". "Tout cela concerne l'ensemble de la société française et fragilise notre République", estiment les cosignataires.

Ils pointent par ailleurs la situation des "femmes isolées surreprésentées dans les quartiers de zones urbaines sensibles" alors qu'une "famille monoparentale sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté" : "Ces femmes se démènent pour tenter d'éduquer leurs enfants et survivre. Soutenons-les pour les aider à s'en sortir."

"Une nouvelle ère de la politique de la ville doit s'ouvrir"

Selon eux, "une nouvelle ère de la politique de la ville doit s'ouvrir, elle est vitale". Ils appellent donc à lancer "le Grenelle de la fraternité dans les quartiers" et ce "dès la rentrée" et invitent à ouvrir "un grand débat pour définir quelques grandes priorités". "C'est ici que réside l'état d'urgence", préviennent-ils.

Les quartiers "regorgent de solutions innovantes auxquelles il faut oser faire confiance", affirment les cosignataires de cette tribune, qui s'adressent également aux entreprises qui, selon eux, "doivent se mobiliser pour recruter différemment".

Cet appel est directement adressé à la "vague de nouveaux élus qui vient de déferler à l'Assemblée" : "Qu'ils aient l'audace et le courage, avec les maires, de faire le pari d'une nouvelle politique de la ville pour l'avenir de notre pays."
La liste des cosignataires :

Jean-Philippe Acensi, président de Bleu Blanc Zèbre

Stéphane Gatignon, maire (PÉ) de Sevran

Michel Heinrich, maire (LR) d'Épinal

Marie-Claude Jarrot, maire (LR) de Montceau

Frédéric Leturque, maire (UDI) d'Arras

Thierry Mandon, ancien secrétaire d'État chargé de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

Gilles Le Proust, maire (PC-FdG) d'Allonnes

Thierry Philip, maire (PS) du 3e arrondissement de Lyon