Une vaste étude portant sur 18 pays suggère que ce sont les glucides (les sucres), plus que les graisses, qui sont dangereux pour la santé. Les auteurs souhaiteraient que certaines recommandations officielles soient réévaluées afin d'inciter les populations à manger moins de glucides.

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Ce qu'il faut retenir :
  • Les régimes les plus riches en glucides sont associés à une augmentation du risque de mortalité.
  • Une alimentation très pauvre en graisses accroît aussi le risque de mortalité.
  • Les chercheurs suggèrent une proportion « idéale » de 50-55 % de glucides et 35 % de graisses.
L'alimentation est l'un des facteurs de risque qu'il est le plus simple de modifier pour prévenir certaines maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires. Nos aliments contiennent trois grandes familles de nutriments : les glucides, les protides et les graisses. En quelles proportions faut-il les consommer pour être en bonne santé ?

Pour le savoir, des chercheurs ont étudié l'alimentation et la santé de plus de 135.000 personnes âgées de 35 à 70 ans dans 18 pays du monde, dans le cadre de l'étude Pure (Prospective Urban Rural Epidemiology). Le suivi a duré environ sept années. Les chercheurs ont trouvé que les régimes riches en glucides étaient courants : plus de la moitié des gens obtenaient leurs calories avec au moins 60 % de glucides, et un quart avec au moins 70 % de glucides. En Chine, en Asie du Sud et en Afrique, les apports glucidiques étaient élevés par rapport à d'autres régions du monde.

Au cours du suivi, il y a eu 5.796 décès et 4.784 évènements cardiovasculaires. Les chercheurs ont séparé les participants en cinq groupes selon leur consommation de glucides et comparé les 20 % qui en consommaient le plus aux 20 % qui en consommaient le moins. Ils ont ainsi vu que des apports élevés en glucides augmentaient le risque de décès de 28 %.


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Inversement, les 20 % de personnes qui consommaient le plus de graisses (plus de 35 % de leurs apports énergétiques) réduisaient de 23 % leur risque de décès par rapport aux 20 % qui en consommaient le moins. Une consommation élevée de graisses saturées réduisait de 21 % le risque d'AVC. Les graisses totales, saturées ou pas, n'étaient pas associées de manière significative au risque d'infarctus ou de mortalité cardiovasculaire. Les chercheurs ont aussi noté que de très faibles apports en graisses saturées (moins de 3 %) sont associés à un risque plus élevé de décès.

Une mortalité élevée avec des apports en glucides importants

Les auteurs concluent que des apports élevés en glucides sont associés à un risque élevé de mortalité, alors que les graisses sont liées à une mortalité plus faible. Les auteurs suggèrent que les recommandations alimentaires officielles soient reconsidérées au vu de ces résultats.

Pour Mahshid Dehghan, de l'université McMaster (Ontario, Canada), qui s'exprime dans CBS News, « l'étude a montré que, contrairement à la croyance populaire, la consommation accrue de graisses alimentaires est associée à un risque de mort moins élevé ». Elle ajoute : « Nous n'avons trouvé aucune preuve [qu'un apport de] moins de 10 % [en] énergie par les graisses saturées est bénéfique, et aller en dessous de 7 % peut même être nocif. Les quantités modérées, en particulier lorsqu'elles sont accompagnées d'un apport en glucides plus faible, sont probablement optimales ».

En France, les recommandations sont que les glucides couvrent environ 55 % des apports nutritionnels quotidiens, les lipides 30 à 35 %, et les apports protéiques 10 à 15 %. Mais l'OMS recommande que les graisses ne dépassent pas 30 % de l'apport énergétique total. Pour la chercheuse, « les meilleurs régimes incluent un équilibre des glucides et des graisses, avec environ 50 à 55 % de glucides et environ 35 % de graisse totale, y compris les graisses saturées et insaturées ». Des valeurs proches des recommandations françaises en somme...

Cette recherche paraît dans la revue The Lancet.