Paris | Transports perturbés et musées en alerte: Paris se préparait samedi au pic de la crue de la Seine qui continuait à monter, même si elle ne devrait finalement pas atteindre le niveau de juin 2016. Cette année-là, avec la Seine montant à 6,10 m, le Musée du Louvre avait dû évacuer des oeuvres d'art et le musée d'Orsay fermer ses portes.
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Pas encore sous l'eau... mais presque
Actuellement, après un mois de pluies exceptionnelles, le fleuve traversant la capitale française atteignait 5,73 m samedi après-midi, soit plus de quatre mètres au-dessus de son niveau en temps normal.

Les prévisionnistes estiment que la Seine va monter encore, jusqu'à environ 5,95 m dans la nuit de dimanche à lundi. Le scénario catastrophe, craint par tous les Parisiens, d'une crue comme en 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m, est, lui, clairement écarté, d'autant que le temps est annoncé plus sec pour les jours à venir.

Les musées ont cependant de nouveau pris leurs précautions, le Louvre fermant notamment l'une de ses ailes au public. Plusieurs ministères, situés le long de la Seine, se sont aussi préparés à un repli éventuel sur des sites de secours.

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Les transport étaient également perturbés. La ligne de chemin de fer du RER C, une des plus fréquentées de la capitale, est fermée pour sa partie qui longe la Seine jusqu'au 31 janvier au moins.

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Pas de train ? On prend la chaloupe
Sur la Seine, totalement fermée à la navigation, les bateaux de croisière sont à l'arrêt et les péniches-restaurants vides, contraignant les commerçants au «chômage technique».

Eric Merour, le responsable de la péniche-restaurant Le Marcounet, estime que la fermeture de son établissement coûtera au moins 40.000 euros. « On est partis pour un à deux mois d'inexploitation », soupire-t-il.

Canards et canoës gonflables

L'eau marron clair atteignait samedi les cuisses de la célèbre statue du Zouave du pont de l'Alma, « repère » traditionnel de la montée des eaux.

La crue produit des paysages cocasses: un panneau de signalisation est esseulé au beau milieu de l'eau. Une aire de jeux engloutie ne laisse apparaître que le haut d'une structure grillagée. À la pointe de l'île de la Cité, des canards slaloment entre les lampadaires submergés.

Sur les trottoirs qui surplombent les quais, curieux et touristes sortent leur smartphone pour prendre des photos.

Deux personnes à bord d'un canoë gonflable ont été verbalisées samedi matin. La préfecture a rappelé qu'il était « interdit et surtout extrêmement dangereux de faire du canoë ou de se baigner dans la Seine, dont le débit est actuellement de 1600 mètres cubes par seconde », selon le lieutenant-colonel Olivier Gaudard.

Alors que les images montrant la Seine léchant presque les pieds de la tour Eiffel sont spectaculaires, la situation était surtout difficile en banlieue parisienne.

Mille personnes ont été évacuées en région parisienne, parfois en barque, et plus d'un millier de personnes a été privé d'électricité.

Dans les Yvelines, à l'ouest de la capitale, un centre hospitalier, où étaient soignés 86 patients, a été évacué vendredi soir.

La situation s'améliorait samedi en amont de la capitale, selon Vigicrues qui a abaissé en vigilance « jaune », contre « orange » auparavant, plusieurs tronçons de cours d'eau du bassin parisien.

« Ce pic de crue est plutôt un plateau », a souligné François Duquesne, directeur de Vigicrues, mais « il faudra attendre plusieurs jours pour que cette décrue s'amorce franchement à Paris, donc à partir de mardi-mercredi ».

À l'origine de ce phénomène de crue, qui touche diverses régions de la France, des précipitations importantes sur des sols gorgés d'eau.

Le bimestre décembre-janvier est l'un des trois plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France.