Sortis de l'accord sur le nucléaire, les Etats-Unis ont menacé l'Iran de lourdes sanctions financières s'il ne respectait pas 12 conditions fixées par la Maison Blanche. Les Etats-Unis ont menacé les entreprises continuant de commercer avec Téhéran.
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Mike Pompeo, celui qui dicte des ordres aux Iraniens
Lors d'une réunion organisée ce 21 mai par le think-tank conservateur Heritage Foundation, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a annoncé la volonté de son pays de travailler sur un nouvel accord concernant le nucléaire iranien. Il a toutefois fixé des conditions particulièrement contraignantes pour Téhéran qui avait fait part de son refus catégorique de renégocier.

Si le chef de la diplomatie américaine a demandé le « soutien » des Européens pour parvenir à un nouvel accord, il les a en revanche avertis que les Etats-Unis tiendraient pour « responsables » les entreprises qui continueraient d'entretenir des relations commerciales dans certains secteurs avec Téhéran.


Commentaire : Quelle audace.


Une menace déjà brandie par le conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Il avait fait savoir que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement après la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien. Quant aux entreprises déjà engagées en Iran, elles n'auraient que quelques mois pour en sortir. En réponse, la Commission européenne avait décidé de recourir le 18 mai à une loi dite de «blocage» des sanctions américaines, afin de tenter de préserver les intérêts économiques des pays membres.


L'annonce de la Maison Blanche a fait réagir l'Iran, dont le président Hassan Rohani, cité par Reuters, a tempêté : « Qui êtes-vous pour décider pour l'Iran et pour le monde ? Le monde d'aujourd'hui n'accepte pas que l'Amérique décide pour le monde. Les pays sont indépendants. Cette époque est révolue. Nous continuerons notre chemin avec le soutien de notre nation.»

12 conditions pour conclure un nouvel accord avec l'Iran

Au cours de son discours, le chef de la diplomatie américaine a dévoilé les 12 conditions que l'administration Trump souhaitait voir respectées pour la concrétisation éventuelle d'un nouvel accord. L'Iran doit, entre autres, arrêter de développer des missiles balistiques, libérer les ressortissants américains détenus dans ses prisons ou encore cesser de soutenir le Hezbollah en Syrie et dans d'autres pays de la région.

Mike Pompeo a également appelé à la fermeture du réacteur à eau lourde d'Arak. Dans l'accord signé à Vienne, Téhéran avait pourtant accepté de modifier cette infrastructure pour y rendre impossible la production de plutonium à des fins militaires, ce qui a été opéré sous la supervision d'organisations internationales. Si Mike Pompeo a reconnu que ces 12 conditions pouvaient « sembler irréalistes », il les a qualifiées de « basiques ».

Mike Pompeo a en outre assuré que les Etats-Unis exerceraient une « pression financière sans précédent » sur l'Iran, avec « les sanctions les plus fortes de l'Histoire », si Téhéran refusait de se plier aux exigences de Washington.

L'annonce de l'ancien directeur de la CIA intervient environ deux semaines après l'annonce par le président américain du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 à l'issue de 21 mois de négociations. Le président iranien Hassan Rohani avait alors réagi en évoquant une «guerre psychologique» menée par Washington.