Facial identification
© LP/Matthias Galante
Le système, actuellement testé sur quatre sas, doit permettre de fluidifier le passage des frontières.
À partir du 6 août, la reconnaissance faciale atterrit à l'aéroport Nice-Côte d'Azur (Alpes-Maritimes) pour le contrôle hors Schengen des Européens majeurs munis d'un passeport biométrique.

Pour franchir les frontières, il ne faudra pas faire les timides devant les caméras à l'aéroport Nice-Côte d'Azur (Alpes-Maritimes). Le 6 août prochain, après un mois de test, seize sas Parafe (Passage rapide automatisé aux frontières extérieures) à reconnaissance faciale seront déployés pour la première fois en province, après les aéroports parisiens. Déjà installés par groupe de quatre, les « eGates » high-tech sont fin prêts à être utilisées lors des contrôles de passagers à l'arrivée et au départ des deux terminaux niçois, en zone non-Schengen.

La procédure, que nous avons pu expérimenter, est simple. Une condition cependant : être un Européen majeur muni d'un passeport biométrique. Il suffit de poser le document, ouvert, bien à plat, sur un lecteur numérique afin d'accéder au sas. Une fois à l'intérieur d'un espace entièrement vitré, on se positionne sagement sur des silhouettes de pieds posées au sol, puis on regarde l'objectif face à soi.

« Les cheveux longs doivent être ramenés derrière les oreilles. Mieux vaut aussi enlever son chapeau, le système tient compte de l'évolution des visages et même... de la chirurgie esthétique », précise Arnaud Ladreyt, chargé de mission de la police aux frontières auprès de l'aéroport. Durant une courte attente, un opérateur policier, dans une cabine située en retrait, voit trois images sur son ordinateur. L'une scannée depuis le passeport, l'autre issue de la puce biométrique et une dernière prise par les caméras. Tout est OK, aucun message d'alerte. Ouf, le fonctionnaire valide l'ouverture des portes.

Marseille et Lyon sont intéressés

Avec cet investissement 100 % privé au montant « très significatif », explique Dominique Thillaud, directeur du site, le plus gros aéroport français derrière Paris, avec 13,3 millions de passagers en 2017, veut accélérer le rythme des contrôles traditionnels pour les voyageurs « car qu'il y a un vrai problème de saturation parfois ». En rythme de croisière, les sas accueilleront trois personnes par minute.

Mais sans sacrifier la sécurité promettent leurs instigateurs. Dans « un contexte de rétablissement des contrôles aux frontières depuis deux ans et demi et face à la menace terroriste », souligne Jean-Philippe Nahon, directeur départemental de la Paf des Alpes-Maritimes, le logiciel vérifie quasi instantanément la situation des passagers parmi « une quinzaine de fichiers européens ».

Le site niçois, privatisé en 2016 et détenu majoritairement par Azzurra Aeroporti (Atlantia, EDF Invest et la principauté de Monaco), fera-t-il des émules ? Selon l'Imprimerie nationale (IN Groupe) et Gunnebo (l'un des leaders mondiaux dans la fourniture d'équipements et de systèmes de sécurité), qui ont développé ces matériels, deux de leurs clients, les aéroports de Marseille (Bouches-du-Rhône) et Lyon (Rhône), réfléchiraient à adopter la même technologie pour mettre à jour leur dispositif automatisé basé actuellement sur la reconnaissance par empreinte digitale.