Annoncé par Donald Trump, le retrait éventuel des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) préoccupe l'Europe et le monde. Milan Syrucek, journaliste tchèque qui avait couvert à l'époque la préparation et la signature de ce document, a commenté pour Sputnik les implications d'une telle démarche américaine.

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Milan Syrucek
Les négociations qui avaient précédé la conclusion du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) avaient une grande importance pour faire baisser la tension dans le monde, y compris pour diminuer le risque d'un conflit nucléaire, tant prémédité que fortuit, a indiqué à Sputnik le journaliste tchèque Milan Syrucek, auteur du livre intitulé « Au seuil de la guerre nucléaire ».

« En tant que journaliste, j'ai pu évidemment assister à toutes les interviews de Mikhaïl Gorbatchev et de Ronald Reagan, à commencer par Genève, ensuite Reykjavik, Washington, Moscou et à Malte où il [Gorbatchev, ndlr] a rencontré le Président Bush », a rappelé l'interlocuteur de l'agence.

Selon ce dernier, pendant qu'il écrivait son livre « Au seuil de la guerre nucléaire », il avait compté, somme toute, 216 moments de risque d'un conflit nucléaire.

« Et le traité sur la liquidation des missiles à courte et moyenne portée a justement été l'un des documents les plus importants. Une base de ces missiles se trouvait d'ailleurs dans notre pays. Cette base à Hodonin, en Moravie, a été liquidée en vertu de ce traité en 1988 quand le matériel militaire a été rapatrié en Union soviétique pour y être démantelé par la suite », s'est souvenu le journaliste.

Et de relever que dans la situation actuelle, un risque de conflit nucléaire augmentait.

M.Syrucek a dit savoir combien d'efforts avait déployé Mikhaïl Gorbatchev afin d'éviter de tels risques.

« Et si la course aux armements se reprenait dans ce domaine, encore que ce soit à un niveau d'aujourd'hui qui est de loin plus élevé, cela pourrait mettre le monde au seuil d'une nouvelle apocalypse », a prévenu l'expert.
«Je pense qu'il est naturellement indigné quand il s'agit d'une rupture du traité. [...] Les missiles à portée intermédiaire, c'est tout simplement l'Europe! [...] Il s'agirait tout bonnement de la destruction du continent », a résumé l'interlocuteur de Sputnik.
Donald Trump avait annoncé en amont que les États-Unis prévoyaient de sortir du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, signé en 1987 par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan. Le document en question abolissait l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres.