Arret sur Image, gilets jaunes, Ludiwine
Attention, ne pas confondre ! Il y aurait d'un côté les "vrais" Gilets jaunes, ceux des fins de mois impossibles et des problèmes de pouvoir d'achat, et de l'autre côté les casseurs, les pillards, les incendiaires. Telle a été, tout au long des quatre premiers actes du mouvement des Gilets jaunes le discours médiatique et politique dominant.

Que vaut cette distinction en 2018, et que vaut-elle en regard de tous les mouvements insurrectionnels, petits et grands, dont notre Histoire est jalonnée, en remontant à mai 68 et pourquoi pas aussi à la Révolution française ? Questions posées à nos trois invités : Isabelle Sommier, sociologue spécialiste des mouvements sociaux et de la violence politique ; Gérard Bras, philosophe, auteur des "Voies du peuple" (Ed. Amsterdam, 2017) ; et Ludivine Bantigny, historienne spécialiste notamment de mai 68.

Montrer une foule "barbare" ?

"Bons" Gilets jaunes contre "mauvais" casseurs, faut-il vraiment distinguer ? Pour Isabelle Sommier, cela n'est rien d'autre qu'une "rhétorique tout à fait classique", que l'on retrouvait en mai 68, ou dans les conflits autour de la sidérurgie en Lorraine, dans les années 1970. Pour Ludivine Bantigny, "ce qui est intéressant, c'est la manière dont un certain nombre de protagonistes de ce mouvement réinterrogent cette violence". Et s'en prennent à la violence sociale, la violence du système. "Ces images tendent à montrer que la foule est hystérique, sauvage, barbare", déplore Gérard Bras. Une vision de la foule qui rappelle celle développée par le sociologue Gustave le Bon dans sa théorie de la "psychologie des foules...


L'article complet en accès payant sur Arrêt sur Images