Macron, Collomb
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Une enquête préliminaire va s'intéresser aux "moyens publics de la métropole de Lyon" qui auraient été "indûment détournés et mis à disposition" du futur président.
La campagne d'Emmanuel Macron aurait-elle été financée par des fonds publics ? Philippe Cochet, maire de Caluire dans la métropole de Lyon, et Stéphane Guilland, conseiller municipal de Lyon, tous deux membres du parti Les Républicains, avaient annoncé la semaine dernière avoir saisi le procureur de la République après plusieurs mois d'opposition avec l'exécutif LREM local. Selon leur plainte déposée contre X, "des moyens publics (humains, matériels et financiers) sous le contrôle de la ville et de la métropole de Lyon", que dirigeait M. Collomb avant d'entrer au gouvernement, auraient été "indûment détournés et mis à disposition" du futur président.

Le parquet a donc ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics. Confiée à la police judiciaire, elle vise également des faits présumés de financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel, a précisé à l'AFP une source proche de l'enquête. Dans leur plainte, les élus LR estiment que M. Macron a bénéficié "d'une mise à disposition gratuite" de locaux publics "à des fins électorales et partisanes", alors que la campagne présidentielle était "juridiquement ouverte" ; et que les collectivités lyonnaises, en payant les factures, ont financé un candidat alors que le code électoral l'interdit aux personnes morales, à l'exception des partis et groupements politiques.
"Tout le monde savait déjà que Macron serait candidat, des gens de chez nous avaient été reçus à Bercy pour discuter d'un grand rassemblement de la droite et du centre. Et Collomb avait dit qu'il voulait lui donner un coup de main", abonde aujourd'hui une source LR. La mairie mit de fait les petits plats dans les grands et on se bouscula dans ses salons pour voir M. Collomb accueillir son "cher Emmanuel": un millier d'invités et presque autant de participants, dont les plaignants n'ont jamais pu obtenir la liste ; plus de 19.000 euros de frais, principalement pour le buffet et la sonorisation des lieux, confiés à un traiteur et une société d'événementiel - GL Events - bien connus sur la place. La réception avait été organisée le 2 juin 2016 à l'Hôtel de Ville de Lyon, où l'actuel ministre de l'Intérieur avait reçu le ministre de l'Économie d'alors, Emmanuel Macron, deux mois après le lancement d'En Marche! La veille, Philippe Cochet avait dénoncé "une opération de "fundraising" en vue de la prochaine présidentielle" et souligné que les élus d'opposition n'avaient pas été conviés à cette rencontre avec les "forces économiques et créatives" du territoire.
Public Senat
Et ce n'est pas tout. "La situation particulière" de Jean-Marie Girier, ancien chef de cabinet de M. Collomb à Lyon, est mise en cause. Il aurait joué un rôle actif dans la campagne de M. Macron avant de rejoindre le ministère de l'Intérieur. M. Girier a bénéficié d'un temps partiel au cabinet de la métropole à partir d'octobre 2016, puis il a mis fin à ses fonctions en décembre pour devenir directeur de campagne en janvier 2017. Mais les plaignants affirment, documents à l'appui, que son implication au sein d'En Marche! a commencé bien avant: un cumul de fonctions "juridiquement interdit" selon eux, qui masquerait un emploi "partiellement ou totalement fictif" au sein de la collectivité "selon les périodes". L'enquête devrait notamment se pencher sur les prises de congés de M. Girier. Pour finir, les élus LR s'interrogent sur une utilisation des locaux parisiens de la métropole lyonnaise durant la campagne de M. Macron et entre les deux tours.

"Il n'y a rien de nouveau dans ces informations dont le seul objet est de jeter le discrédit. La plainte des élus Les Républicains de Lyon reprend une polémique que l'opposition locale tente d'alimenter depuis plusieurs mois. La collectivité a eu l'occasion de leur répondre dans le détail à plusieurs reprises", avait-on rétorqué dans l'entourage du ministre la semaine dernière.