De nombreux manifestants allongés en ligne devant des CRS... Quelques mois après l'arrestation polémique de lycéens à Mantes-la-Jolie, des images diffusées sur les réseaux sociaux ainsi que des témoignages variés indiquent que les forces de l'ordre ont procédé à de nouvelles interpellations « humiliantes », cette fois-ci à la Pitié-Salpêtrière.
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© Gaspard Glanz
Un autre fait lié à l'intrusion de manifestants dans l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a provoqué la polémique. Il s'agit de la manière dont les forces de l'ordre ont arrêté 31 d'entre eux. Selon l'AFP, 31 personnes ont été interpellées et non pas 32 comme indiqué dans un premier temps par le parquet.

Les images dévoilant cette scène sont devenues virales sur les réseaux sociaux.



Certains manifestants interpellés ont tenu à témoigner.

« Ils nous font descendre, ils nous allongent sur le ventre sur une sorte de petite butte avant de tous nous fouiller un par un [...] Et on reste comme ça un moment avant de nous dire qu'on va être interpellé », raconte un étudiant en philosophie à Paris 1, interrogé par un journaliste de Là-bas si j'y suis.


​Jacques Leleu, militant CGT de 67 ans, qui a aussi fait partie des personnes placées en garde à vue, a dénoncé les méthodes employées.

« C'était un peu la panique. Autour de moi, il y avait une dame qui pleurait, qui avait peur de mourir. Et puis un CRS est monté et a dit: "il n'y aura plus de violences, vous pouvez redescendre". On est redescendu. On a été couché au sol, certains face contre terre. C'était humiliant », a-t-il déclaré au Parisien.

Mediapart, qui a recueilli de nombreux témoignages, a qualifié d'« agressif » le comportement de policiers.

« C'est un policier à pied qui m'a pris en charge au pied de l'escalier. Il m'a dit qu'il allait m'évacuer et me ramener sur le boulevard, très calmement. Mais un groupe de policiers à moto a surgi, en criant et en disant à tout le monde de se mettre à terre, en plaquant certaines personnes au sol », a indiqué un manifestant, cité par Mediapart.

Le 2 mai, CheckNews de Libération a constaté que l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, n'avait été ni attaqué, ni endommagé la veille, lorsque des manifestants s'étaient introduits dans son enceinte. D'après de nombreux témoignages, ces derniers cherchaient à s'y réfugier pour échapper aux forces de l'ordre.

Ces révélations infirment la version des faits présentée plus tôt par Christophe Castaner, lequel avait dénoncé une « attaque » contre l'hôpital et déclenché une vive polémique. Le vendredi 3 mai, le ministre de l'Intérieur avait déclaré devant les journalistes à Toulon, dans le Var, qu'il n'aurait pas dû employer le mot « attaque » mais plutôt « intrusion violente ».


Commentaire : Il n'aurait pas dû mais il l'a fait. Et "intrusion violente" n'est peut-être pas non plus représentatif de ce qui est arrivé.


En décembre dernier, les méthodes employées par les forces de l'ordre pour les arrestations avaient déjà suscité l'indignation de certains hommes politiques et de nombreux internautes. Nombreux sont ceux qui avaient ainsi qualifié de « choquantes » et d'« insoutenables » les images de l'interpellation de 153 lycéens à Mantes-la-Jolie, les jeunes gens ayant été contraints de se tenir à genoux et mains derrière la tête.