Le profit ou la vie
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Patrick VAN DE VELDE, chercheur pour le laboratoire « Roussel-Uclaf ».
À l'heure de la mondialisation libérale, les molécules doivent être rentables. Un chercheur nous explique pourquoi ses recherches très intéressantes sur le cancer du sein s'arrêtent du jour au lendemain. « 600 millions d'euros de chiffre d'affaires, ce n'est pas suffisant ! » Cette vidéo est une parfaite illustration des intérêts du système ultralibéral.

Pendant 4 ans, Patrick Van de Velde a mené des recherches sur une molécule baptisée RU-58668. Une molécule qui s'annonçait très prometteuse contre certains cancers du sein.
- Je voudrais simplement vous expliquer un petit peu comment on a mené à bien cette expérience. En fait c'est extrêmement simple il suffit de prendre de la tumeur mammaire humaine que l'on implante chez la souris. Au bout de 3 mois, chez les animaux témoins, on avait ces tumeurs là, voyez, neuf tumeurs qui viennent de neuf souris

- Ca remplit entièrement mon flacon. Ca c'était les témoins qui recevaient aucun traitement. Ou alors on traitait avec notre produit, le RU-58668 : je pense qu'à la caméra on voit rien, parce que les tumeurs sont ici, voyez, dans le fond, elles sont 8 à 10 fois plus petites qu'au début du traitement. Ce produit là on l'a arrêté simplement parce que, derrière, y a des gens du marketing qu'ont dit "oui, mais voyez, 600 millions de chiffres d'affaires, c'est pas suffisant. Donc on arrête."

- C'est la loi du marché ?

- C'est la loi du marché. On fabrique des médicaments comme... on fabrique des aspirateurs."