Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection, et défenseur de l'utilisation de la chloroquine dans le traitement du coronavirus, était l'invité de la matinale de Renaud Blanc. Il a critiqué ses pourfendeurs, des « gens qui ne sont ni praticiens, ni scientifiques » et qui s'érigeraient « contrôleurs du travail des autres ». Contester ses méthodes relève pour lui d'un problème « de société », qui nous ferait manquer de « lucidité » face à « la montée en puissance de la recherche » asiatique et orientale.
Radio Classique
« Ce sont des histoires de spécialistes scientifiques, pas des histoires de plateaux télé ». Le professeur Didier Raoult, défenseur de l'utilisation de la chloroquine dans le traitement du coronavirus, était l'invité exceptionnel de Radio Classique ce matin. L'infectiologue s'est attaqué à ceux qui critiquent le mode opératoire de ses études cliniques. « Le fait que les gens croient que la méthode qu'ils rapportent est une méthode adaptée à cette situation témoigne du fait qu'ils ne connaissent absolument pas l'histoire de la médecine et des sciences », a-t-il jugé, s'appuyant sur ses connaissances historiques.


« Je suis un épistémologiste, c'est à dire un scientifique de la science. Dans l'histoire des maladies infectieuses, on ne s'est pratiquement jamais servi de cette méthode pour montrer l'efficacité d'un médicament ». Les études scientifiques, qui font appel à des groupes témoins de plusieurs centaines de personnes, ne constituent pour lui qu'une « mode ». « Les grandes études ont été rendues nécessaires par l'industrie pharmaceutique, et tout le monde a fini par prendre cette méthode pour de la science ».

« Ce n'est pas de la science, c'est une habitude, une manière d'approcher les problèmes. Il n'y a jamais eu d'évidences que ces études soient plus efficaces que ce que l'on appelle les études historiques ». A savoir, la comparaison de la mise en place d'un traitement avec ce qui se passait avant son administration. Il a pourfendu les « gens qui ne sont ni des praticiens, ni des scientifiques » , dont le métier serait devenu d'être « contrôleurs des travaux des autres ». « Quand j'étais jeune, la mode c'était : on ne peut pas faire de traitements des maladies infectieuses si on a pas fait un modèle expérimental, ce qui est tombé en désuétude maintenant. Ce sont des modes, pas une réalité scientifique ». Le professeur Raoult n'a donc pas changé d'approche pour sa dernière étude, parue hier.

« On a publié une étude sur 80 patients, mais des patients inclus, on en a plus de 1000″, a-t-il précisé, assurant que les résultats de ses recherches étaient confirmés par la dernière parution de scientifiques chinois. « Il vient encore de sortir un très joli travail fait en comparant l'hydroxyde chloroquine contre un placebo, qui montre qu'il y a une différence importante dans les formes modérées à modérément sévères. Nous, ce que l'on a fait de différent, c'est que l'on a rajouté un antibiotique banal, celui qui est le plus prescrit en cas d'infection respiratoire dans le monde, l'azithromycine ». Il a assuré qu'avec cette combinaison, il obtenait « des résultats spectaculaires» , aussi bien en laboratoire avec des cultures virales qu'avec ses patients.

Il a toutefois reconnu les effets secondaires possibles de la chloroquine. « On sait très bien qu'il faut faire 2 examens, quand on en donne pendant longtemps : un électro-cardiogramme et regardez si les gens n'ont pas de potassium bas dans le sang, en particulier s'ils prennent des diurétiques ». Si les chercheurs chinois ont aussi tablé sur un autre médicament, le remdesivir, probant aux yeux de l'OMS, le professeur Didier Raoult n'y voit pas une solution adaptée à la crise sanitaire. « Quant (les Chinois) ont commencé à travailler, ils ont trouvé que le remdesivir et la chloroquine étaient tous les deux efficaces. Sauf qu'ils ont conclu, de bon sens, qu'il y a un médicament qui n'est pas cher et que l'on peut prescrire partout. Donc, ils ont travaillé sur la chloroquine ».

Source : Radio Classique
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