Les entreprises technologiques et les plateformes de distribution les plus importantes du monde, telles que Microsoft et Amazon, ont commencé à s'implanter dans le secteur alimentaire. Quelles sont les implications pour les petits agriculteurs et les systèmes alimentaires locaux ?

Cette évolution conduit à une intégration forte et puissante entre les entreprises qui fournissent des produits aux agriculteurs (pesticides, tracteurs, drones, etc.) et celles qui contrôlent les flux de données et ont accès aux consommateurs. Côté intrants, l'agro-industrie s'inscrit dans la tendance en amenant les agriculteurs à utiliser ses applications de téléphonie mobile pour leur fournir des données, sur la base desquelles elle peut apporter un « conseil » aux agriculteurs. Côté extrants, nous voyons les grandes plateformes électroniques investir pour faire leur entrée dans le secteur et prendre le contrôle de la distribution alimentaire.
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Ensemble, elles favorisent l'utilisation d'intrants chimiques et de machines coûteuses, ainsi que la production de matières premières destinée à des entreprises plutôt qu'à des marchés locaux. Elles encouragent la centralisation, la concentration et l'uniformité, et sont propices aux abus et à la monopolisation.

Il y a quelques années, l'entreprise technologique japonaise Fujitsu a construit une ferme verticale pilote sur une parcelle de terrain aux environs de Hanoï. Cette ferme high-tech, qui ressemble plus à une usine, produit de la laitue sur des étagères superposées dans une serre de haute technologie entièrement fermée, gérée par des ordinateurs centraux au Japon. Les ordinateurs sont connectés à un système de « cloud » (ou de « nuage informatique ») que Fujitsu exploite en partenariat avec l'un des plus grands distributeurs alimentaires du Japon, Aeon. Cette ferme est à la fois impressionnante et déroutante : une telle débauche de ressources et d'énergie pour la production de quelques plateaux de laitue de faible valeur ?

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© Sky Greens
Ferme verticale
L'économie improbable de l'agriculture verticale n'a pas diminué son attrait dans la Silicon Valley. Depuis 2014, les startups de fermes verticales ont amassé 1,8 milliard USD fournis par des investisseurs technologiques comme le fondateur d'Amazon Jeff Bezos et la SoftBank japonaise, un montant plus important que l'ensemble des investissements directs étrangers annuels dans l'agriculture. Pourtant, malgré ces énormes rentrées de fonds, les fermes high-tech construites par ces entreprises n'occupent qu'une surface dérisoire dans le monde, équivalente à 30 hectares.1 Cela ne change guère la donne pour la production alimentaire mondiale.

Tout près de sa ferme verticale dans la banlieue de Hanoï, Fujitsu expérimente une autre ferme qui offre une vision différente et plus réaliste de l'approche adoptée par les entreprises technologiques pour se lancer dans le secteur agricole. Cette exploitation est située sur un terrain extérieur ordinaire et ne se distingue en rien des exploitations voisines. La seule différence significative est que tous les ouvriers de la ferme Fujitsu portent des smartphones fournis par l'entreprise et que chacun de leurs mouvements est surveillé. Les heures de travail, leur productivité, les intrants qu'ils appliquent sont soigneusement consignés et enregistrés au Japon, sur le cloud de l'entreprise. Fujitsu déploie les technologies numériques les plus récentes pour répondre à l'impératif séculaire des entreprises de maximiser l'exploitation du travail.2

Il est essentiel de regarder au-delà du battage médiatique. Oui, il est possible de mettre les technologies numériques au service des agriculteurs, des consommateurs, des travailleurs agricoles et de l'environnement. Mais les technologies ne se développent pas en vase clos ; elles sont déterminées par l'argent et le pouvoir, qui sont tous deux extrêmement concentrés dans le secteur technologique. Dans une époque où quelques grandes sociétés disposent d'un contrôle sans précédent sur les données, les communications et le système alimentaire, l'agriculture numérique va évoluer de manière à renforcer leur pouvoir et leurs bénéfices, à moins que nous ne nous organisions pour agir et éviter que cela se produise.

Récolter des données

Dans le monde des technologies numériques, le pouvoir est basé sur les données, sur la capacité à collecter et traiter d'énormes quantités de données. Ainsi, tout comme les autres secteurs de l'économie, les grandes entreprises (qu'il s'agisse d'entreprises technologiques, de fournisseurs de télécommunications, de chaînes de supermarchés, d'entreprises alimentaires, d'agro-industries ou de banques) se précipitent pour collecter le plus de données possible à partir de tous les nœuds du système alimentaire et de trouver des moyens d'en tirer profit. Ces efforts sont de plus en plus intégrés et connectés grâce à des partenariats d'entreprise, des fusions et des rachats, et ils ouvrent la possibilité d'une mainmise des entreprises beaucoup plus profonde et complète sur le système alimentaire.3

Les principaux acteurs de ce mix sont les entreprises technologiques mondiales, plus connues sous le nom de Big Tech. Le tableau 1 recense certaines de leurs initiatives dans le secteur alimentaire. Elles sont nouvelles dans l'agriculture, mais elles y investissent désormais massivement, en particulier dans les plateformes d'informations numériques connectées à leurs services cloud.

Microsoft, par exemple, est en train de mettre en place une plateforme d'agriculture numérique appelée Azure FarmBeats qui fonctionne grâce à la technologie de cloud computing massive et mondiale de l'entreprise, Azure.4 La plateforme est destinée à fournir aux agriculteurs des données et des analyses en temps réel sur l'état de leurs sols et de leur eau, la croissance de leurs cultures, la situation au niveau des ravageurs et des maladies et les changements météorologiques et climatiques imminents auxquels ils peuvent être confrontés. La valeur de ces informations et conseils dépend des volumes et de la qualité des données que Microsoft peut récolter et analyser avec des algorithmes. C'est pourquoi il s'associe aux principales entreprises développant des drones agricoles et des systèmes de capteurs, ainsi qu'aux entreprises développant des technologies qui peuvent recevoir et agir sur les informations transmises par FarmBeats : les tracteurs high-tech, les drones de pulvérisation de pesticides et d'autres machines connectées au cloud d'Azure.

Les entreprises agro-industrielles, en particulier celles qui vendent des semences, des pesticides et des engrais, ont une longueur d'avance sur les Big Tech. Les plus grands acteurs de l'agro-industrie disposent tous d'applications, couvrant désormais des millions d'hectares d'exploitations, qui amènent les agriculteurs à leur fournir des données en échange de conseils et de réductions sur l'application de leurs produits Bayer, la plus grande entreprise de pesticides et de semences au monde, affirme que son application est déjà utilisée dans des fermes couvrant plus de 24 millions d'hectares aux États-Unis, au Canada, au Brésil, en Europe et en Argentine.

Bayer, comme les autres entreprises agro-industrielles, doit louer l'infrastructure numérique dont elle a besoin pour exécuter son application auprès de l'une des grandes entreprises technologiques qui contrôlent les services en cloud mondiaux.5 En l'occurrence, il s'agit d'Amazon Web Services (AWS), la plus grande plateforme de services cloud au monde, devant Microsoft, Google et Alibaba. Amazon, qui, comme Microsoft, développe sa propre plateforme d'agriculture numérique, peut potentiellement exploiter les données collectées par Bayer et les nombreuses autres entreprises qui utilisent ses services cloud. Elle a ainsi un énorme avantage sur ces entreprises, non seulement en termes de quantité de données auxquelles elle peut accéder, mais aussi en termes de capacité à analyser ces données et à en tirer profit à plus long terme. Ensuite, la logique que nous commençons déjà à voir se concrétiser va dans le sens d'une intégration entre les entreprises qui fournissent des produits aux agriculteurs (pesticides, tracteurs, drones, etc.) et celles qui contrôlent les flux de données.6
L'agro-industrie passe au numérique

Les dernières années ont vu apparaître une explosion d'applications mobiles proposées aux agriculteurs par les sociétés de pesticides et d'engrais pour les « aider » à prendre des décisions sur ce qu'il faut planter, les quantités de produits phytosanitaires à pulvériser, le moment de récolter, et bien d'autres choses.

Lorsque Monsanto a racheté la Climate Corporation en 2013 pour près d'un milliard de dollars, beaucoup étaient perplexes. Pourquoi une société agrochimique rachèterait-elle une société qui vend une assurance contre les intempéries aux agriculteurs ? Une partie de la réponse se trouve dans « Climate FieldView », une série d'applications de téléphonie mobile sur lesquelles l'entreprise travaillait pour amener les agriculteurs à transmettre des données sur leurs champs en échange de conseils ce qu'il faut planter et quand le faire. Monsanto a alors affirmé que la « science des données » pourrait être une opportunité de revenus de 20 milliards USD au-delà de son activité principale portant sur les semences et les produits chimiques.7

Fieldview 8 est désormais fonctionnel, principalement aux États-Unis. Peu importe que Monsanto ait été repris par Bayer entre-temps, intégrant encore plus de « science des données ». La stratégie visant à amener les agriculteurs à transmettre des données en échange de « conseils » semble intéressante pour toute entreprise qui vise à vendre des intrants chimiques aux agriculteurs. Le fonctionnement du système est en gros le suivant :
  • Vous ouvrez un compte Fieldview en ligne et vous téléchargez des données historiques sur le terrain (normalement fournies par une société de services dans votre région) et toutes sortes d'autres données (telles que des informations sur les semis, les pulvérisations, les semences utilisées, etc.).
  • Ensuite, vous installez le « cab-app » sur votre tracteur, un petit dispositif de localisation qui enregistre des données sur toutes sortes d'opérations effectuées par le tracteur sur le terrain et télécharge les données sur le lecteur FieldView de l'entreprise dans le cloud. Désormais, Bayer a accès à toutes les données agricoles que vous saisissez et téléchargez (densité de semences, utilisation d'engrais et de produits chimiques, etc.).
  • Bayer va ensuite superposer vos informations avec ses propres bases de données sur la qualité du sol, les ravageurs et les maladies, la météo, l'humidité, etc., et va vous recommander ce que vous devriez acheter auprès d'eux pour résoudre les problèmes - le tout à partir de votre application.
  • Vous pouvez associer votre compte Fieldview aux « PLUS Rewards » de Bayer et bénéficier de remises et de services liés à tous les produits chimiques qu'ils vous font acheter, notamment leur herbicide phare, le « Roundup ».
  • Avertissement : cela ne fonctionne qu'avec le maïs et le soja.
Bayer n'est que l'une des entreprises qui s'efforcent d'obtenir un accès direct aux champs de leurs clients pour vendre leurs produits. BASF propose son application Xarvio pour faire la même chose 9. Leur outil « scouting » vous aide à identifier les mauvaises herbes, les maladies, les insectes, etc. dans votre champ et à prévoir quand ils deviennent un problème. L'outil Field manager vous indique quand pulvériser et fertiliser, en quelle quantité et, si vous le souhaitez (et moyennant un supplément), l'application Healthy Fields vous propose de « laisser [BASF] s'occuper de la planification, de la mise en œuvre et de la documentation des activités de protection des cultures ». BASF envoie ensuite les pulvérisateurs dans vos champs lorsque ses équipes décident que c'est nécessaire.

En 2019, Syngenta a acheté Cropio, ajoutant ainsi la principale société d'agriculture numérique d'Europe de l'Est à sa plateforme numérique CropWise en pleine expansion. Avec l'acquisition de Cropbio, Syngenta s'est vantée d'être « la seule entreprise agricole à avoir accès à des plateformes de gestion de premier plan dans les quatre principaux marchés agricoles : aux États-Unis avec Land.db, au Brésil avec Strider, en Chine avec la Modern Agricultural Platform et maintenant l'Europe de l'Est avec Cropio. Au total, plus de 40 millions d'hectares au niveau mondial seront gérés à l'aide d'un outil numérique Syngenta, avec le projet d'un doublement d'ici la fin de l'année 2020. »10

Pour ne pas se laisser distancer, Yara - la plus grande entreprise d'engrais au monde - propose tout un ensemble d'outils numériques pour évaluer vos besoins en engrais, comme Yaralrix, qui transforme votre téléphone en analyseur d'azote et Atfarm, qui vous permet d'analyser vos champs par des images satellite et de procéder à une application sélective des engrais. Et bien sûr, une fois que vous savez ce dont vous avez besoin, Yara est là pour vous vendre le produit.11
Une fracture numérique

Tout cela peut sembler assez déconnecté des réalités et des besoins des quelque 500 millions de petites exploitations agricoles familiales dans le monde, qui produisent une grande partie de la nourriture mondiale. Les applications high-tech comme les tracteurs sans conducteur et les drones de pulvérisation de pesticides actuellement développés ne leur sont clairement pas destinés. Surtout, ce sont les données collectées qui font la qualité des informations que les plateformes numériques fournissent aux agriculteurs. Ainsi, pour les fermes situées dans des zones où il y a une importante collecte de données (analyses régulières du sol, études sur le terrain, mesures de rendement, etc.) et pour les fermes qui peuvent s'offrir de nouvelles technologies qui collectent des données (comme de nouveaux tracteurs, des drones ou des capteurs de terrain), les sociétés technologiques peuvent collecter de gros volumes de données de haute qualité et en temps réel. Elles ont développé des algorithmes pour traiter et analyser les données et prétendent qu'elles peuvent fournir à ces agriculteurs des conseils sur l'application d'engrais, l'utilisation de pesticides et les périodes de récolte qui sont assez spécifiques et utiles à leurs exploitations.Néanmoins, si les exploitations agricoles de la région pratiquent la monoculture, cela fait également une énorme différence, car cela simplifie considérablement la collecte et l'analyse des données, ainsi que les recommandations.

Les petites exploitations, cependant, ont tendance à être situées dans des zones où il y a peu ou pas de services de vulgarisation et pratiquement aucune collecte centralisée de données de terrain. Ces services ont été détruits dans les pays du Sud au cours de décennies d'ajustement structurel. Les petites exploitations agricoles ne peuvent pas non plus se permettre les technologies de collecte de données à prix élevé que les grandes exploitations agricoles peuvent utiliser pour transmettre des informations au cloud. De ce fait, les données que les entreprises technologiques collectent dans les petites exploitations seront inévitablement de très mauvaise qualité.

Les entreprises technologiques et les gouvernements promouvant l'agriculture numérique ne cherchent pas à remédier à ce manque de données de terrain sur les petites exploitations. Si des fonds, en particulier des fonds publics, sont investis dans les infrastructures reliant les populations rurales aux réseaux de téléphonie mobile et Internet, notamment dans le cadre de la nouvelle course à la 5G, aucun nouveau financement n'est investi dans les services de vulgarisation agricole publics. Au contraire, les fournisseurs d'intrants qui assurent actuellement une vulgarisation minimale aux agriculteurs qui achètent leurs produits se tournent vers l'agriculture numérique pour réduire leur présence sur le terrain. L'objectif est plutôt de contourner ce déficit d'informations, d'utiliser des données satellitaires et tout le fatras de données de terrain pouvant être collectés auprès des agronomes privés et publics, des ONG et des entreprises alimentaires qui continuent de rendre visite aux agriculteurs.

Les conseils que les petits agriculteurs recevront de ces réseaux numériques, via des messages texte sur leurs téléphones portables, seront loin d'être révolutionnaires. Et si ces agriculteurs pratiquent l'agroécologie et la polyculture, les conseils qu'ils recevront seront totalement inutiles. Mais, de toute façon, le but recherché n'est pas vraiment de fournir de bons conseils aux agriculteurs. Pour les entreprises qui investissent dans l'agriculture numérique,
l'objectif est d'intégrer des millions de petits agriculteurs dans un vaste réseau numérique contrôlé de manière centralisée, dans lequel ils sont fortement encouragés, voire obligés, à acheter leurs produits (intrants, machines et services financiers) et de leur fournir des produits agricoles qu'ils peuvent ensuite revendre.
Comment les « big tech » et l'intelligence artificielle contrôlent nos achats

De plus en plus, les grandes plateformes de distribution alimentaire utilisent des logiciels d'intelligence artificielle (IA) pour prédire nos préférences alimentaires et nous amener à acheter plus.

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© Shinya Suzuki sur Flickr
"Puisque les produits que vous emportez vont dans votre panier virtuel, veuillez ne pas prendre des choses pour d'autres acheteurs."

Notification pour les clients d'Amazon Go.
Will Broome est le fondateur d'Ubamarket, une entreprise britannique qui a créé une application d'achat qui permet aux gens de payer des articles via leur téléphone, de créer des listes et de rechercher les ingrédients et les allergènes contenus dans les produits.
« Notre système d'IA surveille les comportements des gens plutôt que leurs achats, et plus vous faites d'achats, plus l'IA en sait sur les types de produits que vous aimez », explique-t-il. « Le module d'IA n'est pas seulement conçu pour faire les choses évidentes, il apprend au fur et à mesure et devient anticipatif. » « Nous avons découvert qu'avec l'application, le contenu moyen des paniers est en hausse de 20 % et les gens qui possèdent cette application sont trois fois plus susceptibles de revenir faire leurs achats dans ce magasin », dit M. Broome.
Le consultant en vente au détail Daniel Burke, de Blick Rothenberg, appelle cela « le Saint Graal [...] pour construire un profil de clients et suggérer un produit avant qu'ils ne se rendent compte que c'est ce qu'ils voulaient. »

En Allemagne, une start-up berlinoise appelée SO1 fait quelque chose de similaire avec son système d'IA pour les détaillants. Elle affirme que neuf fois plus de personnes achètent les produits suggérés par l'IA plutôt que ceux proposés par les promotions traditionnelles, même lorsque les remises sont inférieures de 30 %.

Le géant de la vente en ligne Amazon n'est pas en reste au niveau de la collecte des données. Il dispose d'immenses quantités d'informations sur ses clients à partir de leurs achats en ligne et via ses produits tels que ses enceintes interactives Echo Dot, auxquelles vous pouvez demander de faire les choses à votre place. Il se lance maintenant dans la vente physique, avec des magasins physiques regorgeant de technologies de vision informatique assistées par IA. Cela signifie que dans ses épiceries Amazon Go, actuellement en service dans 27 localités aux États-Unis, les gens peuvent faire leurs achats sans interaction avec un humain ou une caisse. Ils passent simplement leur smartphone sur le scanner lorsqu'ils entrent dans le supermarché, prennent ce qu'ils veulent acheter, puis ressortent tout simplement du magasin.

Bien sûr, l'IA surveille et vous envoie une facture à la fin.

Lorsqu'en 2017 Amazon a racheté Whole Food Markets, un important réseau d'épiceries bio avec plus de 400 magasins à travers les États-Unis, cela a fait trembler le secteur. Amazon veut que vous achetiez en ligne, mais ne se soucie pas de savoir si vous voulez qu'on vous livre votre nourriture à domicile ou si vous voulez la récupérer en boutique ; vous pouvez maintenant faire les deux. Il ne fait aucun doute qu'ils vous inciteront bientôt à acheter certains produits, en fonction de vos préférences qu'ils ont stockées dans leurs bases de données géantes.

Selon la société de recherche Gartner, plus des trois quarts des grandes enseignes dans le monde disposent déjà de systèmes d'IA ou prévoient d'en installer bientôt. Son expert, Sandeep Unni, explique que la pandémie mondiale a accéléré cette tendance, car elle a radicalement changé les habitudes de consommation.

Tout cela peut sembler agréable et pratique pour les clients qui s'y intéressent, mais pour les entreprises, c'est encore mieux, car les gens ont tendance à acheter plus en réponse aux incitations personnalisées. De plus, la banalisation du profilage personnalisé lié au commerce électronique suscite de sérieuses inquiétudes. Qui contrôle les quantités massives de données collectées, à qui appartiennent-elles et qu'en fait-on ? « L'expérience client est en train de devenir la nouvelle monnaie », affirme Gartner.12

Ainsi, vos préférences pourraient déjà être mises en vente quelque part au plus offrant. Et si le profilage des personnes était basé sur l'origine ethnique, le statut socio-économique, la sexualité ? Et que deviennent les petits magasins d'alimentation et les marchés locaux qui n'ont pas les moyens de se lancer dans l'intelligence artificielle ?

(Source: https://www.bbc.com/news/technology-54522442)
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Un nuage à l'horizon

Au cours des vingt dernières années, le co-fondateur de Microsoft, Bill Gates, a consacré une grande partie de sa fortune à essayer de faire adopter par les petits agriculteurs des pays du Sud ce qu'il présente comme « les semences, les pesticides et les engrais les plus avancés », vendus et développés par les plus grandes entreprises agroalimentaires du monde. Bien qu'il ait investi des millions, voire des milliards, dans les centres de recherche internationaux promouvant ces technologies et des programmes comme l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), ses efforts ont eu peu d'impact, et les taux d'adoption des technologies restent faibles.13

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