
© Photo : Soffía Snæland / Wikimédia Commons / CC BY 2.0Voici à quoi ressemble le mont Keilir.
Une série de séismes secoue le sud-ouest de l'Islande depuis plusieurs semaines. Les secousses pourraient bien déclencher une éruption volcanique autour du mont Keilir. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce petit sommet qui culmine 379 mètres d'altitude.

© Infographie : Ouest-FranceLe mont Keilir.
Une petite montagne aux pentes raides, qui se dresse au-dessus de la péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l'Islande. Le mont Keilir, qui culmine à 379 mètres d'altitude, concentre beaucoup d'attentions, ces derniers jours : une éruption volcanique pourrait se dérouler dans les environs de celui-ci, comme le souligne l'
Agence France-Presse (AFP).
Une conséquence possible de la série de séismes qui secoue la région depuis plusieurs semaines maintenant. Plus de 20 000 tremblements de terre y ont été enregistrés depuis le 24 février 2021, soulignait la chaîne de télévision américaine
CBS le 5 mars. Et les secousses continuent : dans la seule journée du dimanche 7 mars, quelque 2 800 séismes ont secoué la péninsule, selon les chiffres livrés par le Bureau de météorologie islandais sur le réseau social
Twitter.
Une montagne qui se gravit en « deux ou trois heures »Le mont Keilir est situé à une trentaine de kilomètres de Reykjavik, le capitale islandaise. Le volcan se trouve également à une quarantaine de minutes de route, environ, de l'aéroport international de Keflavik, le plus important du pays. Il est donc très facile d'accès, pour les touristes qui visitent l'Islande, très nombreux avant la pandémie de Covid-19.
À pied, l'ascension se fait
« en deux ou trois heures », note
l'office de tourisme de Reykjavik sur son site web . Du sommet, la vue s'ouvre sur la péninsule de Reykjanes, l'océan Atlantique, ou encore la capitale, indique l'agence de voyage islandaise Guide to Iceland sur
son site internet.
L'origine de son nom est entourée de mystère : « Keilir est un mot masculin qui n'est utilisé nulle part ailleurs dans la langue islandaise », relève cette même entreprise. En revanche, la variante féminine de ce mot, keila, signifie « cône », ce qui colle à la silhouette du mont.
Le Keilir est une montagne hyaloclastite, c'est-à-dire formée de « fragments de roches composées de laves solidifiées qui ont été projetées par une éruption volcanique », selon la définition de l'encyclopédie
Universalis .
Intense activité sismiqueL'activité volcanique est importante, dans la région, souligne encore l'AFP. « Nulle part ailleurs sur la Terre, la séparation des plaques tectoniques eurasiatique et américaine n'est aussi visible » qu'ici, indique
Visit Iceland, l'office de tourisme islandais, sur son site. Celles-ci s'éloignent « de deux centimètres par an » et le magma « se charge de combler sans cesse la faille ». Le magma, c'est « de la roche fondue qui est encore emprisonnée sous terre » qui, si elle « arrive à la surface » et coule le long d'un volcan sous forme liquide, est qualifiée de lave, explique la revue américaine
National Geographic .
Ce qui surprend les spécialistes, c'est le nombre de séismes enregistrés ces derniers temps. « Je n'avais jamais observé autant de tremblements de terre de toute ma vie », lance Pall Einarsson, professeur émérite de géophysique à l'Université d'Islande, au quotidien américain
The New York Times , qui n'explique pas vraiment l'origine du phénomène constaté depuis plusieurs semaines.
Or, dans certaines conditions bien précises, les séismes peuvent déclencher des éruptions volcaniques, comme le note
l'Institut d'études géologiques des États-Unis. Et « des secousses similaires ont été observées en amont de précédentes éruptions volcaniques en Islande », dit, de son côté, le Bureau de météorologie islandais sur
son site internet.
Dans ces régions du sud-ouest de l'Islande, des « poussées » d'activité volcanique se déroulent en règle générale tous les 800 ans, en moyenne, souligne encore le New York Times. Les dernières remontent à une période s'étendant du XI
e et XIII
e siècle. Il y a huit siècles, donc.
Plusieurs scénarios sur la tableMalgré tous ces éléments, « il est impossible de dire si une éruption pourrait bien avoir lieu dans les prochains jours ou les prochaines semaines », note le
National Geographic . Cette possibilité n'est d'ailleurs que l'un des scénarios envisagés par le Bureau de météorologie islandais : les secousses pourraient aussi s'arrêter d'elles-mêmes.
Dans tous les cas, une éruption dans ces régions de la péninsule ne « menacerait pas des régions habitées », indique le New York Times.
Si cette éruption venait à se dérouler, elle ne prendrait pas la forme d'une explosion, tempère encore Freysteinn Sigmundsson, professeur en géophysique à l'Université d'Islande. Il exclut donc la possibilité d'une violente éruption envoyant d'immenses colonnes de cendres dans le ciel, comme cela avait été le cas lors de celle
du volcan Eyjafjöll, en 2010 dans le sud de l'Islande. Le phénomène avait
fortement perturbé le trafic aérien en Europe.
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