Avec le retour des Talibans aux commandes en Afghanistan, je pense que nous entendrons bientôt parler du 11-Septembre, le prétexte fabriqué pour les renverser il y a vingt ans. Ils n'ont jamais eu la chance de se défendre. Lorsque le moment sera venu de faire une déclaration publique, nous pourrons peut-être apercevoir des responsables chinois en arrière-plan. Ils pointeront du doigt les États-Unis, qui réagiront par une propagande anti-chinoise intensifiée. De nouveaux développements sont à prévoir de toute façon. Voici ma contribution pour ce vingtième anniversaire plein d'espoir.
11-Septembre
La magie du 11-Septembre

James Hepburn a conclu son livre Farewell America de 1968 par ces mots :
« L'assassinat du président Kennedy était l'œuvre de magiciens. C'était un tour de scène, avec des accessoires et de faux miroirs, et quand le rideau est tombé, les acteurs et même le décor ont disparu. »[1]
Le 11-Septembre fut aussi un tour de passe passe de magiciens — la même compagnie, je crois. Ils n'ont pas seulement fait disparaître les plus hauts gratte-ciel de New York dans un nuage de fumée avec le mot magique « Oussama Ben Laden ». Ils ont également fait apparaître puis disparaître des avions. Pas seulement l'UA93, englouti par la terre, ou le AA77, vaporisé dans le Pentagone. Je parle aussi de l'UA175, qui s'est soi-disant écrasé sur la tour sud (laissons de côté l'AA11, dont l'unique image fantomatique a été capturée de manière surnaturelle par les frères Naudet deux fois récompensés aux Emmy Awards).

Un Boeing 767, essentiellement un tube creux en aluminium, peut-il couper des colonnes d'acier massives, y compris les ailes et le reste, sans même ralentir ? Si vous n'y avez pas sérieusement pensé, voici un bon point de départ : 911planeshoax.com. Pour ma part, j'étais d'abord convaincu qu'aucun avion réel n'était impliqué dans le 11-Septembre par le film d'Ace Baker de 2012 9/11 The Great American Psy-Opera (commencer par le chapitre 6 à 2:27). J'ai collecté ci-dessous 18 minutes des extraits les plus révélateurs :


Richard Hall a étudié toutes les vidéos du crash de l'avion dans la Tour Sud et a également conclu qu'il n'y avait pas eu de crash d'avion. Cependant, il a pointé une lacune dans la théorie d'Ace Baker : elle ne peut expliquer pourquoi, dans la cinquantaine de vidéos montrant l'UA175 s'écrasant sur la Tour Sud, la trajectoire de l'avion est conforme aux données officielles fournies par la National Transport Safety Board dans son rapport « Radar Data Impact Speed ​​Study ». Quelque chose de plus que la composition vidéo est impliqué. En 2012, Hall a donc proposé une théorie alternative dans cette vidéo de 23 minutes :


Tout comme la question de la technologie utilisée pour faire tomber les tours, la question de la technologie utilisée pour imiter les avions n'est toujours pas complètement résolue. Pourtant, je pense que, sur la base de ce que l'on sait, l'inexistence des vols AA11 et UA175 (y compris leurs passagers, bien sûr) est une hypothèse bien plus raisonnable que leur existence.

La question est importante, car l'arme du crime est souvent l'indice plus fiable pour trouver le meurtrier. S'il n'y avait pas d'avions, nous n'avons pas besoin de gaspiller de l'énergie à chercher de quel type d'avion il s'agissait et qui ou quoi les a pilotés. Nous avons juste besoin de demander : qui contrôle ce que nous voyons à la télévision ? Et nous connaissons la réponse à cette question, n'est-ce pas ?

Je ne vais pas prétendre que le 11-Septembre était essentiellement un coup d'État sioniste. Je suppose que la plupart des lecteurs d'Unz Review sont déjà arrivés à cette conclusion. Je renvoie ceux qui ne l'ont pas fait au travail de Christopher Bollyn (son dernier livre est une bonne introduction) ou à ma propre contribution, « Les attentats du 11-Septembre ont été commis par les israéliens ». Je tiens ici à faire la lumière sur l'âme sombre qui a conçu cette opération incroyablement audacieuse.

Nous savons tous que le 11-Septembre est l'œuvre d'un réseau de conspirateurs, dont font partie les crypto-israéliens qui se font appeler néoconservateurs — de manière trompeuse, parce qu'ils ne sont en rien « conservateurs ». Ce qu'ils voulaient, c'est déclencher la « Quatrième Guerre mondiale » (ils considèrent la Guerre froide comme la Troisième Guerre mondiale, car elle a fourni le contexte de la guerre des six jours qui a doublé la taille d'Israël). La « Quatrième Guerre mondiale » a été proclamée pour la première fois le 20 novembre 2001 par le néoconservateur Eliot Cohen dans un article pour le Wall Street Journal. Puis, en février 2002, Norman Podhoretz a écrit un article pour Commentary intitulé « Comment gagner la Quatrième Guerre mondiale », plus tard développé dans le livre World War IV: The Long Struggle Against Islamofascism (2007). En 2004, le sujet d'une conférence à Washington d'Eliot Cohen à laquelle ont assisté Podhoretz et Wolfowitz était : « La Quatrième Guerre mondiale : pourquoi nous combattons, qui nous combattons, comment nous combattons » [2].

La Quatrième Guerre mondiale était définitivement le but du 11-Septembre. Derrière leur image publique, les néoconservateurs sont une Cabale comparable aux « Parushim » qui ont comploté pour déclencher la Première Guerre mondiale, avec des membres influents comme le juge de la Cour suprême Louis Brandeis (1856-1941) et son patron Samuel Untermeyer (1858-1940). Sarah Schmidt, professeur d'histoire juive à l'université hébraïque de Jérusalem, a documenté que les initiés de l'Ordre des Parushim devaient se déclarer « soldats de l'armée de Sion » et jurer :
« Par la présente, je m'engage à consacrer ma vie, ma fortune et mon honneur à la restauration de la nation juive. »[3]
Après avoir récolté la Déclaration Balfour grâce au sang et aux cendres de la Première Guerre mondiale, la même cabale a fait pression pour initier la Seconde Guerre mondiale, avec le même objectif sioniste annoncé de manière presque transparente à la Une du journal britannique Daily Express le 24 mars 1933 : « La Judée déclare la guerre à l'Allemagne » (la Judée était l'un des noms envisagés pour leur nouvel État). Après la Seconde Guerre mondiale, ils ont tout mis en œuvre pour souffler sur les braises de la guerre froide au Moyen-Orient, et ont assassiné Kennedy qui voulait y mettre fin.

De la « vérité de Strauss » à la « vérité du 11-Septembre »

Comme Seymour Hersh l'a souligné le 12 mai 2003 dans The New Yorker, les membres principaux des néoconservateurs sont d'anciens étudiants de Leo Strauss ou des étudiants de ses étudiants (le New York Times les a renommés « Leo-Cons »). Il y a donc de fortes chances que la connaissance de la pensée de Strauss puisse nous aider à donner un sens au 11-Septembre. Et le niveau de supercherie est aussi élevé dans ce qui est dit sur Strauss que dans ce qui est dit sur le 11-Septembre.

Leo Strauss

Leo Strauss, (20 septembre 1899 –18 octobre 1973)
Leo Strauss (1899-1973) était un universitaire juif allemand qui a déménagé à New York en 1937 et a enseigné les sciences politiques à l'université de Chicago de 1949 à 1969. Il existe des interprétations divergentes de sa philosophie politique : dans Leo Strauss : Man of Peace (Cambridge UP, 2014), Robert Howse affirme que les néoconservateurs sont de piètres élèves de Strauss, et qu'ils déforment les écrits de Strauss en y interprétant leurs propres fantasmes guerriers. Catherine et Michael Zuckert, deux étudiants de Strauss, font de lui un amoureux passionné de la démocratie américaine dans The Truth about Leo Strauss : Political Philosophy and American Democracy (University of Chicago Press, 2008). Les titres de ces deux livres me rappellent en quelque sorte l'autobiographie d'Arlen « balle magique » Specter, Passion for Truth. Il y a autant de chances de trouver « la vérité sur Leo Strauss » dans un livre écrit par les Chicago Straussiens qu'il y en a de trouver « la vérité sur le 11-Septembre » dans le Rapport de la Commission sur le 11-Septembre.
Note du traducteur : Arlen Specter a travaillé pour la Commission Warren sur l'assassinat du Président John Fitzgerald Kennedy et a le premier défendu la théorie controversée de la balle « magique », cette balle unique qui serait à elle seule responsable de l'ensemble des blessures infligées au président Kennedy et au gouverneur John Connally.
Un autre apologiste de Strauss, Benjamin Wurgaft, a absous Strauss de l'héritage désastreux des néoconservateurs en affirmant que
« Le Strauss que nous connaissons par ses écrits mettait en garde contre l'application directe de la philosophie politique à la politique publique [...] Les vrais penseurs, pensait Strauss, devraient éviter ce monde et sa tendance à compromettre la quête de la vérité philosophique. »[4]
C'est risible : quel genre de philosophe politique découragerait ses étudiants de s'engager en politique ? Même si Strauss l'a effectivement fait, il est évident que ses disciples pensaient le contraire, et ce qui nous intéresse ici, c'est ce que les straussiens ont appris de Strauss.

livre Guyénot
Si Strauss n'est pas un juif épris de paix, il doit nécessairement être un nazi belliqueux. C'est ainsi que William Altman, un autre auteur juif, le dépeint dans The German Stranger : Leo Strauss and National Socialism (Lexington, 2012). Cette position est comparable à la tentative de John Hankey de mettre l'assassinat de JFK sur le dos des nazis dans son film d'animation Dark Legacy (2009).

Je n'ai lu que des fragments de ces livres. Ma compréhension de Strauss doit davantage à Leo Strauss and the American Right (1999) de Shadia Drury, dont les arguments sont de manière bien pratique résumés dans son interview effectuée par Danny Postel . J'ai trouvé que l'analyse de Drury était un bon point de départ (je n'ai pas lu son livre précédent, The Political Ideas of Leo Strauss, qui semble n'avoir guère plus à offrir), mais, avec une seule entrée pour Israël dans son index, il souffre d'un énorme angle mort, déjà évident à partir de son titre et de sa couverture. Je me suis tourné vers la lecture de certaines des œuvres clés de Strauss dans l'espoir d'apprendre ce que Drury cache. J'ai, avec beaucoup de difficulté, parcouru une demi-douzaine de livres de Strauss. Ma conclusion générale est que Strauss est un pan-sioniste super-machiavélique, quelque chose qu'aucun érudit, pas même Drury, n'oserait dire, mais que cela contribue largement à expliquer le 11-Septembre. C'est ce que je souhaite illustrer ici.

Strauss et le Noble mensonge

Ce que Drury a correctement saisi, je pense, c'est la nature secrète et élitiste de l'enseignement de Strauss. Dans la presse écrite, Strauss n'a exprimé ses opinions les plus controversées que de manière cryptique en les attribuant aux philosophes du passé, souvent à tort, selon ses détracteurs. Il ne partageait ouvertement sa véritable philosophie qu'oralement avec ses étudiants proches, qui se trouvaient être exclusivement juifs (comme Drury ne le remarque pas). Il s'est inspiré de Moïse Maïmonide, dont les « secrets », écrit-il,
« ne peuvent être expliqués qu'en privé et uniquement à des individus possédant à la fois la sagesse théorique et politique ainsi que la capacité de comprendre et d'utiliser un discours allusif. »
Dans Qu'est-ce que la philosophie politique ? (1959), Strauss explique que la philosophie ou la science recherchent la « connaissance », et donc « mettent en danger la société », dont l'élément est « l'opinion ». « Par conséquent, la philosophie ou la science doivent rester l'apanage d'une petite minorité ».
« Les philosophes ou les scientifiques qui ont ce point de vue sur la relation entre la philosophie ou la science et la société sont amenés à employer une manière d'écrire particulière qui permettrait de révéler ce qu'ils considèrent comme la vérité à quelques-uns, sans mettre en danger l'engagement inconditionnel du plus grand nombre envers les opinions sur lesquelles repose la société. Ils distingueront entre les vrais enseignements comme l'enseignement ésotérique et l'enseignement socialement utile comme l'enseignement exotérique ; alors que l'enseignement exotérique est censé être facilement accessible à chaque lecteur, l'enseignement ésotérique ne se révèle qu'aux lecteurs très attentifs et bien entraînés après une étude longue et concentrée. »[6]
Dans La persécution et l'art d'écrire, Strauss insiste sur la nécessité pour les sages de dissimuler leurs opinions, afin de protéger les masses de la laideur de la vérité (oui, la vérité straussienne est laide) et de se protéger des représailles.

L'« élitisme secret » de Strauss pourrait sans doute être une bonne chose si les élites qu'il avait en tête étaient vraiment des « sages ». Strauss le pensait probablement, mais il pensait aussi, évidemment, que seuls les juifs devaient postuler, car le cercle de ses disciples était exclusivement juif. Il a probablement estimé, comme Samuel Untermeyer en 1933, que « les juifs sont les aristocrates du monde ».

Livre Guyénot
Dans plusieurs livres sur Platon, Strauss a abusé du concept de « noble mensonge » développé par Platon (La République) pour approuver l'utilisation de la tromperie de masse en politique. Shadia Drury a déclaré :
« Il ne fait aucun doute que la lecture que fait Strauss des écrits de Platon implique que les philosophes devraient retourner dans la caverne et manipuler les images (sous la forme de médias, magazines, journaux). »
Citant l'ouvrage de Strauss, The Argument and the Action of Plato's Laws, Drury affirme que
« la véritable solution platonicienne, telle que la comprend Strauss, est la règle secrète des sages. »
Comme l'a écrit Abram Shulsky, étudiant de Strauss, dans « Leo Strauss and the World of Intelligence » (1999), pour Strauss, « la tromperie est la norme dans la vie politique »[8] — une règle que Shulsky a appliquée en tant que directeur du Bureau des plans spéciaux, responsable de la fabrication de faux renseignements sur les « armes de destruction massive » de Saddam. L'insistance de Strauss sur la nécessité pour les élites dirigeantes d'utiliser des mensonges et des mythes afin de contrôler les masses est une leçon bien apprise par les néoconservateurs. C'est sous l'inspiration de Strauss que Philip Zelikow, avant d'être nommé directeur exécutif de la Commission du 11-Septembre, s'est spécialisé dans l'art de forger des
« mythes publics [en] 'saisissant' ou 'formant' des événements [qui] prennent une importance 'transcendante' et, par conséquent, conservent leur pouvoir même lorsque la génération qui les a expérimentés quitte la scène. »
Ce sont ses propres mots, tels que cités dans Wikipédia. En décembre 1998, il a cosigné un article pour Foreign Affairs intitulé « Terrorisme catastrophique », dans lequel il spéculait sur ce qui se serait produit si l'attentat du World Trade Center de 1993 (déjà imputé à Ben Laden) avait été réalisé avec une bombe nucléaire :
« Un tel acte de terrorisme catastrophique serait un événement décisif dans l'histoire des États-Unis. Cela pourrait entraîner des pertes de vies et de biens sans précédent en temps de paix et saper le sentiment fondamental de sécurité des États-Unis, comme l'a fait l'essai de la bombe atomique soviétique de 1949. Comme Pearl Harbor, cet événement diviserait notre passé et notre avenir en un avant et un après. Les États-Unis pourraient réagir par des mesures draconiennes, réduisant les libertés civiles, permettant une surveillance plus large des citoyens, la détention de suspects et le recours à la force meurtrière. »[9]
Selon les mots de Drury,
« Strauss pense qu'un ordre politique ne peut être stable que s'il est uni par une menace extérieure ; et à la suite de Machiavel, il a soutenu que si aucune menace extérieure n'existe, alors il faut en fabriquer une. »[10]
C'est ce qui a justifié l'invention par les néoconservateurs du « choc des civilisations » pour remplacer la Guerre froide.

Strauss considérait les nations comme entièrement façonnées par leurs « régimes », et est à l'origine de l'obsession des néoconservateurs pour le « changement de régime », considérée comme un moyen de transformer une nation en une nation totalement différente — les peuples n'étant guère plus que des morceaux informes d'argile. D'après les Straussiens Catherine et Michael Zuckert (lire ICI),
« la plus grande menace vient des États qui ne partagent pas les valeurs démocratiques des États-Unis. Changer ces régimes et faire progresser les valeurs démocratiques constitue [selon les mots d'Irving Kristol] « la meilleure méthode pour renforcer la sécurité (des États-Unis) et la paix. »
C'est, bien sûr, le sermon exotérique straussien pour la consommation de masse américaine. Même les Zuckert doivent admettre :
« L'une des questions très difficiles soulevées par la vision composite de Strauss que nous venons de résumer concerne la relation entre le côté idéaliste wilsonien et le côté réaliste machiavélique. Il y a, pour le moins, une tension entre les deux. »[11]
Strauss s'est émerveillé du pouvoir de la télévision et du cinéma pour façonner l'opinion publique et l'émotion. C'était un critique amateur du cinéma « occidental », un genre qu'il considérait comme un cas réussi de construction mythique nationale fondée sur une distinction nette entre les bons (nous) et les méchants (eux). Selon son élève Stanley Rosen (s'exprimant dans le documentaire d'Adam Curtis sur la BBC, The Power of Nightmares, premier épisode à 8:49), la série télévisée préférée de Strauss était un western du nom de Gunsmoke. Cette série
« a eu un effet salutaire sur le public des États-Unis, car elle montrait le conflit entre le bien et le mal d'une manière qui serait immédiatement intelligible pour tout le monde. »
Ce n'est pas un hasard si en 1980, les néoconservateurs ont tout misé sur l'acteur de westerns d'Hollywood Ronald Reagan, un homme qui a un jour résumé sa vision politique en ces termes :
« La différence entre le bien et le mal semble aussi claire que les chapeaux blancs (ou noirs ou des sombreros) que les cow-boys à Hollywood portaient toujours pour que vous sachiez dès le début qui était le bon gars. »[12]
Strauss savait parfaitement, comme Neal Gabler, que la culture hollywoodienne en général était la création d'émigrés juifs d'Europe de l'Est[13]. Dans le film documentaire Hollywoodism: Jews, Movies and the American Dream (1998), Gabler dit que
« La grande ironie de tout ce qui constitue Hollywood est que les citoyens des États-Unis en viennent à se définir par cette Amérique fictive créée par les immigrants juifs d'Europe de l'Est. »
Le mensonge à double niveau pour Jérusalem

L'attachement de Strauss au judaïsme est probablement la partie la plus ésotérique de son enseignement, en ce sens qu'elle est la moins publique. Même Drury reste très insaisissable à ce sujet : elle s'en tient à la fiction selon laquelle les néoconservateurs sont aux États-Unis des impérialistes de droite. Elle prend le « nationalisme » des États-Unis autoproclamé d'Irving Kristol pour argent comptant, et elle ignore que certains des rédacteurs ou des proches collaborateurs du « Projet pour le nouveau siècle américain » ont également écrit des rapports secrets à Benyamin Netanyahou recommandant une politique agressive d'expansion territoriale[14].
Projet pour le nouveau siècle américain
Drury cite Harry Jaffa, l'un des premiers étudiants en doctorat de Strauss, en disant que « l'Amérique est la Sion qui illuminera le monde entier »[15]. Elle ne perçoit absolument pas l'ironie et le sens cryptique, à savoir que, au nom de Sion, les États-Unis vont mettre le monde à feu et à sang. C'est ce que les néoconservateurs ont vraiment fait.

Nous avons ici une illustration du mensonge à deux étages, une technique familière à ceux que Schopenhauer appelait « les grands maîtres du mensonge » (cité par son disciple autrichien le plus célèbre). Ayant levé le voile du mensonge « exotérique » des Straussiens (le mythe de l'Amérique contre le Mal), Drury est convaincue qu'elle voit leur vérité « ésotérique » (l'Amérique a besoin du mythe), alors qu'en fait il ne s'agit que d'un mensonge plus sophistiqué. La vérité est encore un niveau en dessous.

Avec son documentaire de la BBC The Power of Nightmares, Adam Curtis est un autre exemple d'intellectuel qui effleure à peine la mince surface de la propagande néoconservatrice et croit à l'épaisse couche de mensonges sous-jacente. Curtis pense que, pendant la Guerre froide, Strauss et les Straussiens voulaient fournir aux citoyens des États-Unis un ennemi mythique et maléfique, comme moyen
« de sauver le pays de la décadence morale, [...] de réengager le public dans une vision grandiose du destin des États-Unis, qui donnerait un sens et un but à leur vie. »
Bien sûr, Curtis doit alors expliquer pourquoi, sous cette noble justification patriotique, les néoconservateurs ont entraîné les États-Unis dans des guerres illégitimes causant des dommages irrémédiables à la nation. Curtis n'arrivait pas à se convaincre que les néoconservateurs déclenchent des guerres mondiales juste pour remonter le moral des citoyens des États-Unis. Il spécule donc plutôt que les néoconservateurs sont tellement stupides qu'ils sont tombés dans le piège de leurs propres mensonges :
Du Yahvisme au sionisme, Guyénot
« Ce qui avait commencé comme le genre de mythe que Leo Strauss avait dit être nécessaire pour le peuple des États-Unis est devenu de plus en plus considéré par les néoconservateurs comme la vérité. Ils ont commencé à croire à leur propre fiction » [dans l'épisode 1. Et encore dans l'épisode 2 :] « dans les années 1970 [...] Paul Wolfowitz, Richard Perle et d'autres néoconservateurs avaient entrepris de réaffirmer le mythe des États-Unis comme étant un pays unique, dont le destin était de lutter contre le mal à travers le monde. Maintenant au pouvoir, ils en étaient venus à croire à ce mythe. Ils se considéraient comme des révolutionnaires qui allaient transformer le monde, à commencer par la défaite de l'Empire du Mal. »[16]
Selon Curtis, les néoconservateurs se font tellement d'illusions qu'ils ont, une seconde fois, été trompés par leur propre mensonge, finissant par croire à l'hypocrite « guerre contre le terrorisme » qu'ils avaient initialement inventée dans le seul but de maintenir le moral des citoyens des États-Unis après la chute de l'URSS. Ils avaient décidé de créer le fantasme d'un
« puissant réseau du mal, contrôlé de manière centrale par Ben Laden depuis sa grotte en Afghanistan [...] parce que cela correspondait à leur vision du destin unique des États-Unis qui devait mener une bataille épique contre les forces du mal dans le monde entier. »
Mais encore une fois, selon Curtis, les néoconservateurs ont commencé à croire à leur propre mensonge, ce qui les a conduits au passage à détruire en toute innocence le Moyen-Orient et la démocratie des États-Unis :
« les néoconservateurs étaient désormais de plus en plus ancrés dans ce fantasme, et ils ont ensuite entrepris de mettre en lumière le réseau existant au sein même des États-Unis. »
Je me demande si Curtis lui-même croit ce qu'il dit, ou fait semblant de le croire. Quoi qu'il en soit, cela montre l'efficacité du mensonge à deux étages. Il s'agit d'une stratégie dialectique : les menteurs de premier niveau doivent pouvoir compter sur les menteurs de second niveau et leurs idiots utiles — l'opposition contrôlée — pour les couvrir en feignant de les exposer. Par exemple, les inconditionnels d'Israël ont besoin d'un Chomsky qui tel un bouclier les protège de l'accusation de trahison et qui puisse déclarer aux citoyens des États-Unis dotés d'un demi-cerveau que quel que soit le mal commis par Israël, Israël le fait parce que les États-Unis le lui imposent (la théorie du « Triangle fatidique ») .

Dans le cas du 11-Septembre, Israël se cache derrière deux faux drapeaux : sous le mensonge de premier niveau — « Al-Qaïda l'a fait » — a été planté le mensonge de deuxième niveau (ou demi-mensonge) — « Les États-Unis l'ont fait » — comme l'expliquait le regretté et bienheureux Victor Thorn en 2011 :
« En substance, le « mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre » a été créé avant le 11 septembre 2001 comme un moyen de supprimer [par anticipation - NdT] les informations relatives à la complicité israélienne. En 2002-2003, des « vérités » ont commencé à apparaître lors de rassemblements avec des pancartes indiquant « le 11-Septembre était un attentat commis de l'intérieur ». Au départ, ces signes ont donné de l'espoir à ceux qui ne croyaient pas aux récits absurdes du gouvernement et des médias grand public. Mais ensuite, une terrible prise de conscience a émergé : le slogan « Le 11 septembre était un attentat commis de l'intérieur » fut probablement le plus grand exemple de propagande israélienne jamais conçu. »
Slogan 11-Septembre
La règle de base de toutes ces astuces peut être formulée comme suit : proférer un énorme mensonge pour les masses, mais disposer d'un mensonge plus petit pour les quelques personnes qui réfléchissent. D'ailleurs, la raison pour laquelle un gros mensonge est bien plus efficace auprès des masses a été expliquée en 1925 par un célèbre antisémite autrichien :
« Dans la simplicité primitive de leur esprit, ils [les grandes masses] succomberont plus facilement à un gros mensonge qu'à un petit, dans la mesure où ils racontent parfois eux-mêmes de petits mensonges, mais auraient honte de le faire pour un mensonge trop gros. Elles n'envisageraient jamais de dire un mensonge d'une telle ampleur elles-mêmes, ou alors, sachant que cela nécessiterait une telle impudence, elles considéreraient qu'il est impossible à d'autres de le proférer. Même après avoir été informés et avoir constaté que le mensonge est un mensonge, elles continueront à douter et à hésiter pendant longtemps et à croire qu'il existe forcément une part de vérité quelque part, et qu'il doit y avoir une autre explication. Pour cette raison, certains éléments d'un mensonge des plus audacieux et effronté sont assurés de perdurer. C'est un fait que tous les grands menteurs et les sociétés de menteurs de ce monde ne connaissent que trop bien et utilisent régulièrement. »
Le suprémacisme juif de Strauss

La tromperie straussienne doit être comprise comme à deux étages. Quiconque pense que les fantasmes exotériques des Straussiens sont motivés par une forme de préoccupation pour les États-Unis (ses valeurs, son empire, etc.) est victime de leurs mensonges ésotériques. La clé pour comprendre l'essence du straussianisme est le mot que Curtis ne prononce jamais dans son documentaire de trois heures sur les straussiens : Israël.

Pour avoir un aperçu du sionisme de Strauss, nous devons nous tourner vers une source primaire (que Drury, à son honneur, mentionne) : sa conférence de 1962 à la Fondation Hillel, « Pourquoi nous restons juifs », l'une de ses communications orales enregistrées rendues accessibles au public dans les années 90[17]. Strauss commence sa conférence en déclarant que, pour une fois, « je ne tournerai en aucune façon pas autour du pot ». Puis il révèle que, « depuis très, très tôt, le thème principal de mes réflexions a été ce que l'on appelle la 'question juive' », ce qui en surprendra beaucoup. Son message principal à son auditoire juif des États-Unis est : « Retournez à la foi juive, retournez à la foi de nos ancêtres ».

Drury considère la défense de Strauss de la « foi juive » comme une forme de tromperie ou d'hypocrisie, puisque Strauss est un athée déclaré et appelle ouvertement le judaïsme une « illusion héroïque » et « un rêve » (comme « aucun rêve plus noble n'a jamais été rêvé »). Mais l'accusation est injuste, je pense, parce qu'elle néglige les qualifications de Strauss de « foi » et de « rêve ». Tout d'abord, Strauss précise que, par « foi », il n'entend pas nécessairement « croyance », mais « fidélité, loyauté, piété au sens latin ancien du mot pietas ». Deuxièmement, immédiatement après avoir qualifié le judaïsme de « rêve », Strauss ajoute que
« le rêve s'apparente à une aspiration. Et l'aspiration est une sorte de divination d'une vision énigmatique. »
Bien qu'il n'élabore pas, c'est assez clair : pour Strauss, la judéité n'est pas un choix de Dieu, mais un choix de soi. C'est un point de vue très courant parmi les intellectuels juifs, apparenté à la notion kabbalistique selon laquelle Yahweh est comme l'âme collective du peuple juif. Dans son essai Nomades : essai sur l'âme juive (1929), par exemple, Isaac Kadmi-Cohen écrit que « la divinité dans le judaïsme est contenue dans l'exaltation de l'entité représentée par la race »[18]. C'est pourquoi les Juifs peuvent être des non-croyants en Dieu tout en croyant en la promesse de Yahweh. Lorsque Drury reproche à Strauss de ne s'intéresser qu'aux avantages politiques de la religion[19], elle doit savoir qu'il ne s'agit pas forcément d'une trahison de la tradition juive. La notion de « mission politique » que contient la prophétie (Strauss, Philosophy and Law) est une évidence pour de nombreux sionistes laïcs.

Le passage central de la conférence de Strauss « Pourquoi nous restons juifs » est une longue citation de l'aphorisme 205 du livre Aurore de Nietzsche, dans lequel l'auteur prédit que les juifs deviendront « les seigneurs de l'Europe ». Après dix-huit siècles de formation en Europe, dit Nietzsche, « les ressources psychiques et spirituelles des juifs d'aujourd'hui sont extraordinaires ». Entre autres atouts,
« ils ont compris comment créer un sentiment de puissance et de vengeance éternelle à partir des métiers mêmes qui leur étaient laissés. »
Pour cette raison, dit Nietzsche (cité par Strauss) :
« l'Europe peut, à un moment donné, tomber comme un fruit parfaitement mûr dans leur main qui ne fait que se tendre négligemment. En attendant, il leur faut se distinguer dans tous les domaines spécifiquement européens et se positionner aux premières places, jusqu'à ce qu'ils soient assez avancés pour déterminer eux-mêmes ce qui les distingue. Alors on les appellera les inventeurs et les guides des Européens. »
Strauss note que dans l'aphorisme de Nietzsche « l'Europe » devrait désormais être remplacée par « l'Occident », et commente qu'il s'agit de « la déclaration la plus profonde et la plus radicale sur l'assimilation que j'ai lue ». Elle pourrait bien être, en fait, la clé de l'agenda straussien. L'assimilation comme dissimulation et comme stratégie à long terme pour le suprémacisme juif est la seule assimilation approuvée par Strauss.

Dans cette même conférence, Strauss critique le sionisme politique comme appartenant au mauvais type d'assimilation, puisque son but est de créer une nation comme les autres. Si Israël devenait une nation comme les autres, l'identité juive périrait, car l'identité juive est fondée sur la persécution inhérente à la diaspora. Strauss appelle à un « sionisme religieux » qui transcende le projet national. Il croit que les juifs doivent continuer à être une nation dispersée parmi d'autres nations. Pourtant, Strauss félicite l'État d'Israël d'avoir donné l'exemple avec son interdiction des mariages mixtes, accomplissant « un acte de nettoyage ou de purification nationale », « une réaffirmation de la différence entre juifs et non-juifs ». Strauss a également défendu le racisme d'État d'Israël dans la National Review : Il y écrit que
« Le sionisme politique a rempli une fonction conservatrice » en enrayant la « marée de nivellement « progressif » des vénérables différences ancestrales »[20].
L'accent mis par Strauss sur l'endogamie mène au cœur même de la Torah, qui insiste sur la stricte égalité entre le monothéisme et la pureté raciale ; commettre l'idolâtrie (« servir d'autres dieux ») et épouser des non-juifs sont une seule et même chose (par exemple Deutéronome 7 :3-4 et Nombres 25 :1-2). Toutes les lois juives sont essentiellement des murs construits autour du devoir sacré : garder le sang ! « Tout est race — il n'y a pas d'autre vérité », a écrit un autre juif « assimilé »[21].

Ce que Strauss dit des autres nations en relation avec la nation juive prouve également la compréhension et l'approbation pénétrantes de Strauss quant à l'idéologie biblique : se référant à « l'antijudaïsme de l'Antiquité classique tardive, lorsque nous [...] étions accusés par les païens romains d'être convaincus de haine de la race humaine », il ajoute :
« Je soutiens qu'il s'agit d'un très grand compliment. Et je vais essayer de le prouver. Cette accusation reflète un fait indéniable. Car la race humaine se compose de plusieurs nations ou tribus ou, en hébreu, goyim. Une nation est une nation en vertu de ce qu'elle admire. Dans l'antiquité, une nation était une nation en vertu de son respect pour ses dieux. À l'époque, ils n'avaient pas d'idéologies ; ils n'avaient même pas d'idées. Au sommet, il y avait les dieux. Et maintenant, nos ancêtres affirmaient a priori — c'est-à-dire sans regarder aucun de ces dieux — que ces dieux n'étaient que néant et abominations, que les plus hautes choses de toute nation n'étaient que néant et abominations. »
Le machiavélisme radical de Strauss

L'adhésion de Strauss au programme biblique de domination juive du monde est la moins mentionnée, mais elle constitue sans doute la caractéristique la plus importante de l'enseignement ésotérique de Strauss. La deuxième caractéristique la plus importante est son machiavélisme.
citation Machiavel
Strauss admirait beaucoup Machiavel, le philosophe politique du XVe siècle qui rejetait la notion classique selon laquelle la vertu devrait être le fondement du pouvoir, et affirmait que seule l'apparence de la vertu compte, et que le prince qui réussit doit être un « grand simulateur » qui manipule et trompe l'esprit des gens. Dans ses Pensées sur Machiavel, Strauss se démarque de la tendance à vouloir minimiser l'immoralité de l'auteur de Le Prince, et est plutôt d'accord avec la « simple opinion » qui considère sa théorie politique comme immorale. Relativiser l'immoralité de Machiavel, dit Strauss,
« empêche de rendre justice à ce qui est vraiment admirable chez Machiavel ; l'intrépidité de sa pensée, la grandeur de sa vision et la gracieuse subtilité de son discours. »
La pensée de Machiavel est si révolutionnaire, croyait Strauss, que ses implications ultimes ne pouvaient être précisées :
« Machiavel ne va pas au bout de son raisonnement ; cette dernière partie doit être empruntée par le lecteur qui est en mesure de comprendre ce qui est omis par l'écrivain. »
Strauss est le guide en la matière, car
« découvrir dans les écrits [de Machiavel] ce qu'il considérait comme la vérité est difficile ; ce n'est pas impossible. »
La vérité de Machiavel est loin d'être une lumière aveuglante, mais plutôt un abîme sans fond que seul le philosophe accompli peut contempler sans se transformer en bête : il n'y a pas d'au-delà, ni de bien ni de mal, et l'élite dirigeante n'a donc pas besoin d'être inhibée par la morale. Machiavel, selon Strauss, est un patriote d'un genre supérieur car « il se soucie plus du salut de sa patrie que du salut de son âme. » Pour Strauss, seules les nations peuvent être éternelles, puisque les hommes n'ont pas d'âme individuelle ; il n'y a donc pas de limites morales à ce qu'un patriote (sioniste) peut faire pour sa nation[22].

Le sionisme et le machiavélisme sont dans la perspective straussienne des concepts à ce point jumeaux que le disciple de Strauss, Michael Ledeen, membre fondateur de l'Institut juif pour les affaires de sécurité nationale (JINSA), a émis l'hypothèse que Machiavel était un juif dissimulé. « Écoutez sa philosophie politique, et vous entendrez la musique juive », a écrit Ledeen, citant le mépris de Machiavel pour l'éthique non violente de Jésus et son admiration pour le pragmatisme de Moïse, qui a pu tuer des milliers de personnes de sa propre tribu afin d'établir son autorité[23].

Le caractère crypto-juif de Machiavel est plausible : son nom pourrait provenir de l'hébreu Mashiah bé El, « Messie de Dieu ». Dans tous les cas, sa perspicacité, selon laquelle la peur est le moyen le plus efficace de gouverner, est exactement ce que l'on attend d'un Lévite. La menace de destruction en cas de non-respect de la loi mosaïque est un leitmotiv de la Torah :
« Et si, malgré cela, vous ne m'écoutez pas mais allez contre moi, j'irai contre vous avec fureur et vous punirai sept fois pour vos péchés. Vous mangerez la chair de vos propres fils, vous mangerez la chair de vos propres filles. Je détruirai vos hauts lieux et briserai vos autels d'encens ; J'empilerai vos cadavres sur les cadavres de vos idoles immondes et je vous rejetterai. Je réduirai vos villes à l'état de ruines, etc. (Lévitique 26:27-31). »
La peur de la colère de Yahweh a été profondément intériorisée par le peuple juif, en ce qu'elle a toujours constitué le moyen par lequel les élites juives contrôlent leur troupeau. La religion de l'Holocauste est une version laïque du Yahvisme.

Si l'esprit d'une nation résulte de la menace — réelle ou imaginaire — de son ennemi, comme le croit Strauss, alors Israël a l'esprit le plus fort, car elle considère le reste du monde comme ses ennemis. Les juifs sont « le peuple choisi pour la haine universelle », comme l'a écrit le proto-sioniste Leo Pinsker dans sa brochure Auto-Emancipation (1882)[24]. Il existe une complémentarité dialectique entre la menace perçue d'extermination et la lutte pour la domination du monde, car cette dernière est le seul moyen de surmonter la première. C'est l'essence de la paranoïa juive inoculée par la Bible.

En conclusion, Strauss a une vision très claire d'Israël comme étant celle d'une nation unique destinée — par le rêve le plus noble — à régner sur d'autres nations, et même à les détruire spirituellement, par tous les moyens immoraux possibles. On peut appeler sa vision pansionisme machiavélique, ou simplement suprémacisme juif. Quel que soit son nom, elle est profondément biblique, aussi biblique que la philosophie politique de David Ben Gourion, le « père de la nation juive ». En 1962, la même année que la conférence de Strauss « Pourquoi nous restons juifs », Ben Gourion se plaignait au président Kennedy de la destruction imminente de sa nouvelle nation par les nazis égyptiens, mais en même temps il prédisait dans le magazine Look que, dans 25 ans, Jérusalem
« sera le siège de la Cour suprême de l'humanité, pour régler toutes les controverses entre les continents fédérés, comme prophétisé par Isaïe. »[25]
En effet, Isaïe a prophétisé : « Car la loi sortira de Sion et la parole de Yahvé de Jérusalem. Alors il jugera entre les nations et arbitrera entre plusieurs peuples » (2 :3-4). En d'autres termes, Israël gouvernera le monde.

Isaïe, le prophète préféré des sionistes, a également déclaré :
« La nation et le royaume qui ne vous serviront pas périront, et [...] sera entièrement détruite » (60 :12) ; « Vous sucerez le lait des nations, vous sucerez les richesses des rois » (60 :16) ; « Vous vous nourrirez de la richesse des nations, vous les supplanterez dans leur gloire » (61 :6).
Il s'agit du plan biblique de l'ordre mondial sioniste, également promis par le diable jaloux d'Israël dans le Deutéronome :
« dévorez tous les peuples que Yahvé votre dieu met à votre merci, ne leur montrez aucune pitié » (7 :16) ; « il vous élèvera plus haut que toutes les autres nations qu'il a faites » (28:1) ; « Vous assujettirez de nombreuses nations, mais vous ne serez soumis à aucune » (28 :12).
Si nous ne creusons pas dans les racines bibliques du sionisme, nous ne pouvons pas comprendre le sionisme. Ben Gourion disait souvent :
« Il ne peut y avoir sur Israël aucune éducation politique ou militaire valable sans une connaissance approfondie de la Bible. »[26]
Cette déclaration doit être prise au sérieux. Si c'est vrai pour les dirigeants israéliens — et Benyamin Netanyahou ne s'y opposerait certainement pas — alors c'est également vrai pour tous les analystes sérieux : il ne peut y avoir de réelle compréhension d'Israël et de son objectif à long terme, sans la connaissance de la Bible hébraïque. La conspiration sioniste pour la suprématie mondiale y est écrite en langage clair.

Yahvé est un dieu sociopathe, et Yahvé est le dieu d'Israël, donc Israël est une nation sociopathe. Telle est la vérité toute simple du sionisme, l'équation dont découle finalement le 11-Septembre.
Notes

[1] James Hepburn, Farewell America: The Plot to Kill JFK, Penmarin Books, 2002, p. 269.

[2] Stephen Sniegoski, The Transparent Cabal: The Neoconservative Agenda, War in the Middle East, and the National Interest of Israel, Enigma Edition, 2008, p. 193.

[3] Sarah Schmidt, "The 'Parushim': A Secret Episode in American Zionist History," American Jewish Historical Quarterly 65, no. 2, December 1975, pp. 121-139, on ifamericansknew.org/history/parushim.html

[4] Benjamin Wurgaft, "A Cabal We Deserve: Leo Strauss, the Straussians, and Public Intellectual Culture", APSA 2011 Annual Meeting Paper, available at https://ssrn.com/abstract=1900150

[5] Strauss's "Introductory Essay" to Moses Maimonides, The Guide to the Perplexed, vol. 1, University of Chicago Press, 1963, pp. xiv-xv. On Strauss's esotericism, read Nicholas Xenos, "Leo Strauss and the Rhetoric of the War on Terror". According to Xenos, Strauss learned from Maimonides that true philosophers "wrote for at least two different audiences. To one audience was addressed the so-called exoteric meaning of their texts, which was the edifying, superficial level, while to another audience was addressed an esoteric meaning, which is embedded in the text but which only some people are capable of drawing out."

[6] Leo Strauss, "On a forgotten kind of writing," in What is Political Philosophy? (1959), pp. 221-222.

[7] Drury's 2003 interview on http://www.opendemocracy.net/en/article_1542jsp/

[8] "Leo Strauss and the World of Intelligence (By Which We Do Not Mean Nous)", in Kenneth L. Deutsch and John Albert Murley, ed., Leo Strauss, the Straussians, and the American Régime, Rowman & Littlefield, 1999.

[9] Ashton Carter, John Deutch, and Philip Zelikow, "Catastrophic terrorism: Tackling the new danger," Foreign Affairs, 77 (1998), p. 80.

[10] Shadia Drury, Leo Strauss and the American Right, St. Martin's Press, 1999, p. 23.

[11] Excerpt from pages 1-20 of The Truth about Leo Strauss, on press.uchicago.edu/Misc/Chicago/993329.html

[12] Quoted in David Hamilton Murdoch, The American West: The Invention of a Myth, Welsh Academic Press, 2001, p. 100.

[13] Neal Gabler, An Empire of Their Own: How the Jews Invented Hollywood, Anchor, 1989.

[14] Patrick J. Buchanan, "Whose War? A neoconservative clique seeks to ensnare our country in a series of wars that are not in America's interest," The American Conservative, March 24, 2003, on https://www.theamericanconservative.com/articles/whose-war/

[15] 2003 interview of Drury on www.opendemocracy.net/en/article_1542jsp/

[16] The full transcript is available here: http://aireform.com/wp-content/uploads/200410..-The-Power-of-Nightmares-The-Rise-of-the-Politics-of-Fear-aall-three-episodes-combined-A.Curtis-53p.pdf

[17] Leo Strauss, "Why We Remain Jews: Can Jewish Faith and History Still Speak to Us?" in Jewish Philosophy and the Crisis of Modernity: Essays and Lectures in Modern Jewish Thought, ed. Kenneth Hart Green, State University of New York Press, 1997, pp. 311-356, online here. An audio recording is also accessible here.

[18] Isaac Kadmi-Cohen, Nomades: Essai sur l'âme juive, Felix Alcan, 1929 (archive.org), p. 143.

[19] Drury, Leo Strauss and the American Right, op. cit., p. 56.

[20] Leo Strauss, "The State of Israel," National Review, vol. 3, n°1, 5 January 1957, p. 23, quoted in Drury, Leo Strauss and the American Right, op. cit., p. 41.

[21] Sidonia, in Coningsby by Benjamin Disraeli.

[22] Leo Strauss, Thoughts on Machiavelli, University of Chicago Press, 1995, pp. 10-13.

[23] "What Machiavelli (A Secret Jew?) Learned from Moses", Jewish World Review, June 7, 1999, on www.jewishworldreview.com

[24] Leon Pinsker, Auto-Emancipation: An Appeal to His People by a Russian Jew (1882), on http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Zionism/pinsker.html .

[25] David Ben-Gurion and Amram Ducovny, David Ben-Gurion, In His Own Words, Fleet Press Corp., 1969, p. 116.

[26] Dan Kurzman, Ben-Gurion, Prophet of Fire, Touchstone, 1983, p. 26.
Source de l'article publié initialement en anglais le 20 août 2021 : Unz Review
Traduction : Sott.net