Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez a profité de sa présence la semaine dernière au sommet de l'OTAN à Vilnius (Lituanie) pour confirmer l'envoi de soldats en Slovaquie. "L'Espagne, en tant que membre engagé [de l'Alliance atlantique], annonce le déploiement de forces espagnoles en Slovaquie pour renforcer le front oriental, et nous allons renforcer notre présence en Roumanie avec un plus grand nombre de troupes", a déclaré le Pedro Sánchez, dès son arrivée à Vilnius mardi 11 juillet, accompagné des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, José Manuel Albares et Margarita Robles.
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© Odd ANDERSEN / AFPLe secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg (à droite), embrasse le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez à son arrivée au sommet de l'OTAN à Vilnius, en Lituanie , le 11 juillet 2023.
Le chiffre de 800 soldats espagnols est évoqué afin de renforcer les positions de l'OTAN dans un pays qui partage une centaine de kilomètres de frontière avec l'Ukraine, à proximité immédiate du conflit.

Bataillon en Slovaquie et renforts en Roumanie

Il s'agit d'une nouvelle mission. Jusqu'à maintenant, l'Espagne était présente dans des pays tels que la Roumanie, la Lituanie et la Lettonie, sans bénéficier de la direction du groupe de combat otanien, alors commandé par la Tchéquie (République tchèque).

Quelque 600 soldats espagnols seront envoyés pour renforcer ces effectifs qui, à l'origine, devaient compter 2.100 soldats de la Tchéquie, de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Pologne, de la Slovaquie, de la Slovénie et des États-Unis.

En outre, l'Espagne soutiendra le bataillon multinational stationné en Roumanie et piloté par la France, avec environ 200 soldats supplémentaires. On ignore de quelles unités seront issues ces nouvelles forces dépêchées. Leur déploiement final aura lieu en 2024.

L'Espagne s'est engagée à porter ses dépenses en matière de défense à 2% du PIB d'ici à 2029. Mais elle reste l'un des pays dont le budget militaire demeure le plus bas. Cet élément contraste avec les orientations manifestement bellicistes du gouvernement espagnol Pedro Sánchez.

Un engagement "aussi longtemps qu'il le faudra"

Le Premier ministre socialiste souhaite une participation espagnole à l'ensemble des missions de l'OTAN dans le cadre de la guerre en Ukraine. Lors de sa rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, il s'est engagé à soutenir l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra" à soutenir l'Ukraine, "quel que soit le prix à payer". Sans surprise, Sánchez soutient la candidature de l'Ukraine à devenir un membre de l'OTAN.

L'Espagne a déjà déployé des troupes sur le flanc Est du conflit, au plus proche de la Russie. Elle contribue à l'EAP (enhanced Air Policing), soit à la police aérienne de renfort, en Bulgarie et en Roumanie avec des avions de combat. En plus des moyens aériens, l'Armée de l'air espagnole déploie quelque 130 militaires dédiés aux tâches de maintenance, de logistique, de surveillance et de contrôle des détachements.

Par ailleurs, un radar du Groupement mobile de contrôle aérien (GRUMOCA) a été déployé en Roumanie, avec une quarantaine de militaires chargés de maintenir l'équipement opérationnel. Toujours en Roumanie, Pedro Sánchez a également prévu que l'Espagne allait "renforcer le contingent avec un plus grand nombre de troupes".

En Lettonie, l'Espagne fournit quelque 450 soldats et ses moyens technologiques les plus avancés, tels que les chars de combat Leopard 2 E et les véhicules de combat d'infanterie (VCI) Pizarro. Jamais ce pays n'avait déployé autant de forces et de matériel pour ce type de mission.