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Le Congrès américain examine deux projets de loi antipiratage auxquels s'opposent en bloc tous les principaux acteurs de l'Internet.

D'un côté, le "Stop Online Piracy Act", ou SOPA est discuté par la chambre des représentants. De l'autre, le Sénat examine quant à lui le "Protect IP Act", deux textes destinés à lutter contre le piratage.

Les dispositions contenues par ces deux textes, soutenus par les lobbies des industries de la musique et du cinéma, outrepassent tout ce qui avait pu être imaginé jusque là.

L'objectif principal des mesures envisagées consiste à éradiquer tout site contenant ou pointant vers un contenu illégal, et notamment soumis au copyright.

Ces lois permettraient, si elles étaient votés, le blocage des noms de domaine à la demande de l'Etat, et leur exclusion des moteurs de recherche par décision judiciaire.

Mais elles prévoient aussi de couper les vivres aux sites concernés, par la suppression de leurs comptes chez des prestataires tels que Paypal ou autres régies publicitaires en ligne.

Déjà, les géants Google, Facebook, Twitter, eBay, AOL, Mozilla, Yahoo, LinkedIn et Zinga ont pris une page de publicité dans le "New York Times" pour exprimer leur opposition aux deux textes.

La plateforme Tumblr, sur laquelle sont publiés quantité de contenus faisant l'objet d'un copyright, a pour sa part intégré un encart informatif dans le tableau de bord de ses membres, pour les alerter de cette menace.

Et bien sûr, les associations telles que l'Electronic Frontier Foundation (EFF) et d'autres ont déjà fait savoir qu'elles s'opposaient fermement à l'adoption de ces textes jugés liberticides.

Des professeurs de droit ont enfin publié une lettre ouverte pour faire savoir que plusieurs dispositions de ces deux projets de loi sont par ailleurs anticonstitutionnelles.

Exemples : le fait qu'un site puisse être bloqué sans possibilité pour ses responsables de se défendre, ou qu'il puisse être bloqué pour un seul contenu illégal alors que tout le reste est conforme à la législation.

Pour la députée démocrate Zoe Lofgren, élue de la Silicon Valley et citée par CNET à propos du SOPA, "ce projet de loi (...) signe la fin d'Internet tel qu'on le connaît". Vue sous cet angle, son adoption semble peu probable.