Un attentat à la voiture piégée a secoué vendredi le secteur est de Beyrouth, faisant au moins huit morts et 78 blessés. Le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure a été tué.

Au moins huit personnes ont été tuées et 78 blessées vendredi dans un attentat à la voiture piégée qui a secoué le secteur est de la capitale libanaise Beyrouth. Cette information a été rapportée par l'Agence nationale d'information (ANI), citant un bilan de la Défense civile.

Attentat à Beyrouth au Liban
© KeystoneAprès l'explosion, les pompiers et secouristes sur les lieux.

L'attentat, qui a eu lieu dans une rue près de la place Sassine, dans le quartier chrétien d'Achrafieh, a provoqué d'énormes destructions et des scènes de panique.

Le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) au Liban, Wissam al-Hassan, a été tué dans l'attentat qui a secoué vendredi Beyrouth, a affirmé une source gouvernementale.

Le général Hassan est un proche de Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise hostile au régime de Damas et était pressenti pour prendre la tête des FSI à la fin de l'année.

L'explosion s'est produite à une heure de pointe, 14h00, à 200 mètres d'un bureau des Kataëb (Phalanges), parti chrétien de l'opposition libanaise hostile au régime syrien de Bachar al-Assad.

Un photographe de l'AFP a vu deux immeubles dévastés. Un immeuble était en feu et les volontaires de la Croix-Rouge faisait sortir des blessés, le visage ou le corps ensanglanté. Des passants sous le choc étaient en pleurs.

Attentat beyrouth
© Keystone
Des balcons étaient à moitié effondrés. Dans les rues, des carcasses de voitures calcinées étaient visibles et des vitres brisées jonchaient le sol. Des pompiers et des membres de la défense civile entraient dans les immeubles à la recherche des victimes.

« Le sol a tremblé sous nos pieds »

« Nous avons entendu une puissante explosion. Nous avons senti le sol trembler sous nos pieds », a expliqué Roland, 19 ans.

Des parents des employés de la Banque européenne du Moyen-Orient (BEMO), dont les vitres ont été soufflées, tentaient d'avoir des nouvelles de leurs enfants. « Où est Pierre? », criait un homme.

Non loin, une jeune femme de 25 ans sous le choc s'écriait « maman, maman », en recherchant sa mère dans les décombres.

« Cela me rappelle les attentats durant la guerre civile (1975-1990) et durant la période post-guerre », déplorait une infirmière, Rahmé, venue secourir les blessés. L'armée et le ministre de l'Intérieur, Marwan Charbel, sont arrivés sur place.

Le dernier attentat dans la région de Beyrouth remontait à janvier 2008, lorsqu'un officier des renseignements libanais, le capitaine Wissam Eid, avait été assassiné dans une attaque à la voiture piégée. De 2005 à 2008, le Liban été secoué par une série d'assassinats de personnalités, en majorité hostiles au régime de Damas.

Réaction syrienne

Cet attentat survient alors que la guerre fait rage entre les rebelles et les troupes du régime de Bachar al-Assad en Syrie voisine, autrefois puissance de tutelle au Liban. "Ces attentats terroristes sont injustifiables où qu'ils se passent", a réagi le ministre syrien de l'Information, interrogé par la télévision officielle.

La Syrie condamne

La Syrie a condamné l'attentat meurtrier à la voiture piégée qui a secoué vendredi la capitale libanaise Beyrouth. Le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi a dénoncé un acte « lâche » et « terroriste », selon l'agence officielle Sana.

« Ces attentats terroristes sont injustifiables où qu'ils se produisent », a ajouté le ministre syrien de l'Information, Omrane al-Zohbi, cité para Sana.

La Syrie est l'ancienne puissance de tutelle au Liban et a été pointée du doigt pour la série d'assassinats de personnalités libanaises hostiles à Damas en 2005 et 2008, notamment celui de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri. (afp)