Vingt-trois personnes, dont 18 policiers, ont été blessées et 63 manifestants arrêtés lors d'échauffourées lundi à Pristina entre policiers et plusieurs centaines de Kosovars albanais qui manifestaient contre la reprise du dialogue entre le Kosovo et la Serbie, a indiqué la police kosovare.

Un précédent bilan faisait état de 22 blessés dont 18 policiers et de 26 arrestations.

Réunis à l'appel du mouvement Autodétermination, troisième force parlementaire au Kosovo, les manifestants massés devant le bâtiment du gouvernement protestaient contre la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade, sous la houlette de l'Union européenne (UE), a rapporté un journaliste de l'AFP.

Les organisateurs ont annoncé qu'ils comptaient reprendre les manifestations mardi.

Les manifestants ont jeté des pierres sur l'important dispositif policier en tenue antiémeute qui a riposté par des gaz irritants pour les repousser.

La police a indiqué dans un communiqué qu'elle avait arrêté 63 protestataires membres du mouvement Autodétermination, dont plusieurs députés qui ont été immédiatement libérés après identification.

La police a précisé qu'une ressortissante allemande, mariée à un membre d'Autodétermination, avait été blessée alors qu'elle regardait la manifestation, sans toute fois y participer.

Une télévision locale a rapporté qu'elle serait dans le coma, mais des sources sanitaires n'ont pas confirmé cette information.

La rencontre vendredi à Bruxelles entre les Premiers ministres serbe, Ivica Dacic, et kosovar, Hashim Thaçi, sous l'égide de l'UE, première étape d'un dialogue qui doit se poursuivre prochainement après des mois d'interruption, a provoqué une vive colère des sympathisants du mouvement Autodétermination.

Nous protestons contre la rencontre entre Thaçi et Dacic, contre le dialogue politique (avec la Serbie) (...). La Serbie est un Etat anormal avec lequel nous ne voulons pas normaliser nos relations, a déclaré à l'AFP Albin Kurti, le leader d'Autodétermination.

M. Thaçi amnistie et réhabilite la Serbie et lui permet ainsi de poursuivre sa voie vers l'adhésion à l'Europe, a-t-il ajouté.

La réunion Thaçi-Dacic à Bruxelles était la première à ce niveau depuis l'ouverture en mars 2011 de ce dialogue, au point mort depuis le printemps dernier.

Pour sa part, M. Thaçi a condamné cette manifestation.

Les voix de ces individus sont toujours celles qui sont contre la mise en place de processus positifs au Kosovo et sont ainsi des adversaires de l'agenda de l'indépendance, a-t-il dit.

Un conflit (1998-99) a opposé la guérilla indépendantiste kosovare aux forces de Belgrade. Au printemps 1999, l'Otan a mené une campagne de frappes aériennes contre la Serbie qui s'est traduite par un accord aux termes duquel, les forces serbes ont quitté le Kosovo.

Le Kosovo a unilatéralement proclamé en 2008 son indépendance que Belgrade rejette fermement.

La reprise du dialogue et l'obtention de résultats concrets dans la normalisation des relations sont les conditions imposées par l'UE à la fois à Belgrade et à Pristina pour poursuivre leur rapprochement avec l'Union européenne.