Les militaires et policiers colombiens soupçonnés d'avoir commis des crimes de guerre pourraient échapper aux poursuites grâce aux réformes constitutionnelles préparées par le gouvernement de Bogota, mettent en garde des experts des Nations unies.

Dans une lettre adressée au gouvernement et au parlement colombiens et rendue publique lundi à Genève, ces spécialistes des droits de l'Homme demandent un réexamen de ces réformes constitutionnelles, dans l'intérêt de la paix. Le gouvernement du président Juan Manuel Santos et les rebelles marxistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ouvriront le mois prochain à La Havane des négociations visant à mettre fin à près d'un demi-siècle de combats.

Les réformes proposées par Bogota prévoient notamment de confier à des tribunaux militaires, et non plus civils, les affaires de violations des droits de l'homme commises par les deux camps. « Si cette mesure est approuvée, cela risque de nuire à la bonne administration de la justice dans les cas de violations des droits de l'Homme et de manquements au droit international par des militaires ou des policiers », soulignent dans leur lettre onze experts dépendant du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.