Centrale nucléaire
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La centrale nucléaire arménienne de Medzamor s'est vue accorder quelques années de vie supplémentaires, une longévité manifestement proportionnelle aux difficultés que rencontrent les autorités arméniennes à rassembler les fonds nécessaires à la construction de la nouvelle centrale censée la remplacer.

Indispensable à l'équilibre énergétique de l'Arménie, dont elle assure près de 50 % de l'électricité, la centrale datant de l'époque soviétique n'a pas une durée de vie illimitée, malgré les cures de jouvence qu'elle a subies depuis sa réouverture dans les années 1990 afin de renforcer sa sécurité dont la fiabilité était mise en doute, singulièrement par les Européens. Elle est appelée à être démantelée, conformément aux engagements pris par les autorités arméniennes, mais l'échéance a été sans cesse repoussée, l'Arménie ne pouvant trouver de sources d'énergie alternatives.

Le ministre arménien de l'énergie et des ressources naturelles, Armen Movsissian, vient ainsi d'annoncer qu'il faudrait plus d'une décennie pour remplacer la centrale actuelle de Medzamor par un nouveau réacteur, ce qui repousserait sa durée de vie à l'horizon 2026, soit dix ans de plus que la durée de vie initialement prévue. « Toutes les études montrent que dans tous les cas de figure, nous devrons prolonger de plusieurs années la durée de vie de la centrale », a déclaré M. Movsissian, ajoutant que « le gouvernement arménien a d'ores et déjà décidé de prolonger la durée de vie de la centrale actuelle de Medzamor de 10 ans, en tenant compte du temps qu'il faudra pour construire une nouvelle centrale nucléaire ».

Le gouvernement arménien avait officiellement annoncé en avril sa décision de reporter la fermeture de Medzamor, initiallement prévue en 2016. Mais il n'avait pas precise jusqu'à quand la centrale continuerait à fonctionner. Medzamor devait être démanté en septembre 2016, la durée de vie de son unique réacteur encore en activité étant d'une trentaine d'années, comme pour les autres réacteurs de ce type de conception soviétique. Le président Serge Sarkissian avait toutefois indiqué en décembre 2011 qu'il resterait en activité au cas où des retards surviendraient dans la construction d'une centrale moderne et plus puissante prévue par le gouvernement. M. Movsissian avait précisé que la construction de la nouvelle centrale devrait débuter en 2013. Mais le projet est aussi ambitieux que coûteux, puisque sa construction est estimée à quelque 4,5 milliards de dollars, soit plus que la totalité du budget de l'Arménie.

Les responsables arméniens ont fait savoir que le gouvernement de Russie et les groupes énergétiques publics sont prêts à investir jusqu'à la moitié de ce montant dans le projet. Mais il reste à trouver d'autres sources potentielles de financement. M.Movsisian a révélé la date approximative de fermeture de la centrale, à l'issue d'une réunion régulière de la commission inter-gouvernementale, USA-Armenia Joint Economic Taskforce (USATF) à Erevan. L'énergie nucléaire et plus particulièrement l'avenir de la centrale de Medzamor étaient à l'ordre du jour des discussions coprésidées par le ministre arménien des finances Vatché Gabrielian et le secrétaire d'Etat américain adjoint Eric Rubin.

A l'issue de la reunion, M. Movsissian et l'ambassadeur des Etats-Unis en Arménie John Heffern ont signé un protocole d'accord sur la coopération bilatérale dans le secteur énergétique. S'exprimant lors d'une conférence de presse aux côtés de MM.Movsissian et Rubin, M. Heffern a indiqué que même si les Etats-Unis auraient préféré voir la centrale de Medzamor fermée en 2016, ils étaient prêts à continuer à fournir « les ressources nécessaires en vue de garantir le fonctionnement de la centrale en toute sécurité ». Il a aussi précisé que le protocole ne renfermait « aucun engagement particulier » concernant les projets arméniens de construction d'une nouvelle centrale nucléaire sur le site de l'actuelle centrale, située à une trentaine de km à l'ouest de Erevan.

Daniel Rosenblum, un responsable du Département d'Etat américain en charge de la coordination des aides américaines aux anciennes républiques soviétiques, avait indiqué deux ans auparavant que l'administration américaine souhaiterait voir des compagnies américaines participer au projet arménien de centrale nucléaire. M. Rosenblum était présent à la réunion du 18 octobre à Erevan, qui a donné lieu à une « discussion très fructueuse et très ouverte, créative », a commenté pour sa part M. Rubin. Il a précisé que la « task force » avait évoqué les moyens de dynamiser le commerce entre les Etats-Unis et l'Arménie et de faciliter les investissements américains dans l'économie arménienne.

Dans une declaration séparée, l'ambassade américaine à Erevan a laissé entendre que cela impliquait un assainissement du climat des affaires en Arménie. « Les discussions de cette année ont surtout porté sur les moyens de créer un meilleur environnement en vue d'encourager les affaires, notamment pour ce qui concerne la politique duanière et fiscale, la concurrence et le respect des droits de propriété intellectuelle », indique le communiqué de l'ambassade.