Fusillade en Suisse - Cops in the village
© keystoneUn homme âgé de 30 ans a tué par balles trois personnes et en a blessé deux autres mercredi soir à Daillon, près de Conthey (VS).

Pour Heiner Studer, membre du comité militant pour la protection des armes, le drame de Daillon (VS) montre à nouveau que l'accès aux armes doit être mieux contrôlé en Suisse.

Heiner Studer se bat depuis des années pour un meilleur contrôle des armes en Suisse. Pour cet ancien conseiller national, actuellement président du Parti évangélique suisse, il est urgent que le sujet revienne sur la table des discussions au Parlement.

Il l'a dit jeudi dans un entretien au site du Tages-Anzeiger, en réaction à la fusillade de Daillon (VS) qui a fait trois morts et deux blessés mercredi soir.

Ce drame illustre bien selon lui à quel point l'initiative « Pour la protection face à la violence des armes », rejetée par le peuple en février 2011, était importante. Les armes devraient être contrôlées par l'Etat dans une vraie démocratie, et non laissées aux mains de privés. Hélas, la volonté fédérale d'établir des lois plus restrictives en la matière fait défaut, déplore Heiner Studer.

Il en appelle ainsi à relancer le débat lors de la prochaine session parlementaire de mars. Tout en sachant que le sujet est un véritable serpent de mer en Suisse.

En tant que membre de l'initiative «Pour la protection face à la violence des armes», Heiner Studer ne connaît que trop bien l'attachement aux armes que ressentent de nombreux Suisses.

Symbole de la neutralité

« La culture des armes en Suisse n'est pas celle des Américains, mais beaucoup de gens considèrent que l'arme de service fait parie de notre tradition », explique l'ex-conseiller national. « Les gens de ma génération, celle de l'après-guerre, ont grandi dans l'idée qu'ils doivent la défense de la Suisse (face au IIIe Reich de Hitler, ndlr) à l'armée de milice. Les armes sont aussi un symbole de notre neutralité ».

Mais cette vieille idée doit prendre fin, selon Heiner Studer. Pour lui, trop de personnes ont un accès facilité aux armes, et notamment aux armes de service de l'armée, que l'on trouve dans de nombreux foyers. Celles-ci représentent autant de menaces potentielles à la sécurité.

Le tireur présumé de Daillon a pu se procurer plusieurs armes alors que la police lui en avait confisqué en 2005 pour des raisons de sécurité. La facilité qu'il a eue à en acheter n'étonne guère Heiner Studer.

Une police mieux équipée

Pour lui, il paraît peu probable d'éviter un tel drame dans l'état actuel de la législation. Par contre, donner plus de moyens à la police, pour qu'elle soit bien formée et mieux équipée, pourrait minimiser les risques de tueries similaires à l'avenir.

« Les armes doivent appartenir à l'Etat. Les gens doivent savoir que l'Etat leur assure une protection suffisante et qu'ils n'ont ainsi pas besoin de posséder eux-mêmes des armes », conclut-il.