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Dans cette mortelle partie de chat-bite disputée dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, et plus précisément dans la vallée d'Ametetai, au sud de Tessalit, la France collabore activement avec le MNLA dans sa traque des narco-jihadistes.

À Kidal, fief des combattants touaregs dans le nord du Mali, l'armée malienne est tout simplement interdite de séjour, par la volonté du Mouvement national pour la libération de l'Azawad.

Le septentrion malien, nous dit-on, a été «libéré», mais de fait, la rébellion touarègue a profité d'un traitement particulier de l'armée française, qui en a fait un allié.

Ce qui revient à dire que la France, au Mali, dans sa prétendue mission d'aide et de pacification du pays, s'appuie en fin de compte sur l'un des terreaux de la désunion nationale... C'est dire son intérêt pour l'unité malienne.

Petit retour vers un temps qui n'a rien d'ancien : le 17 janvier 2012, le MNLA - en coopération étroite avec les islamistes en goguette d'Ansar Dine - attaquait Ménaka, une ville du nord-est du pays, près de la frontière avec le Niger. La violence des combats a alors fait fuir des milliers de civils vers le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, et l'Algérie... La suite de l'histoire est connue.

Aujourd'hui, le MNLA bénéficie grâce à cette alliance tactique avec les Français, d'une grande latitude dans la région pour mener à bien le nettoyage ethnique qui consiste à se débarrasser de tout ce qui n'est pas touareg, c'est-à-dire de tout ce qui est arabe. Le MNLA pille ici et là, estampillant au passage les récalcitrants comme étant des «terroristes», pour mieux les amener dans le viseur des soldats français !

Lors du récent sommet des chefs d'Etat de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), tenu à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire, les participants ont insisté sur le fait que le dialogue inter-malien passe nécessairement par le désarmement des rebelles touaregs du MNLA... Avec en vue des élections présidentielles en juillet prochain. Ils ont le droit de rêver, bien sûr, et c'est d'ailleurs ce qui permet à la France, pendant ce temps, de faire à peu près ce qu'elle veut, avec son ami américain.

Discrètement, comme à leur habitude en pareille occasion, une centaine de militaires américains sont arrivés au Niger, il y a maintenant une quinzaine de jours. Les caméras n'avaient pas été convoquées.

Objectif des boys : l'installation d'une base de drones pour ne rien rater des faits et gestes des enturbannés utiles dans la région sahélienne. Les bases de drones US déjà implantées en Afrique, situées à Djibouti et en Ethiopie, étaient trop éloignées.

Une cinquantaine d'appareils de type Predator sont déjà sur place. En apparence, ces drones ne tuent pas, ils ne font qu'épier et scruter. Ce qui permet de n'effrayer personne. En fait, il suffit de les équiper de missiles pour qu'ils puissent effectuer des missions létales ! On ne peut pas faire plus pratique.

Le Mali est mort, vive le Mali !